Les Pyrénées sont une chaîne de montagnes du Sud-Ouest de l'Europe. Elles s'étendent en longueur selon une direction est-ouest sur une distance approximative de depuis la mer Méditerranée (cap de Creus) jusqu'au golfe de Gascogne (cap Higuer) et culminent à d'altitude au pic d'Aneto. Barrière géographique résultant de la collision des plaques ibérique et eurasiatique, les Pyrénées séparent la péninsule Ibérique, au sud, du reste de l'Europe continentale, au nord. Elles s'étendent sur trois États, l'Andorre, l'Espagne et la France, et constituent depuis des siècles une frontière naturelle entre ces deux derniers.
En France, la chaîne des Pyrénées traverse deux régions administratives et six départements, qui sont d'est en ouest : l'Occitanie (Pyrénées-Orientales, Aude, Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées) et la Nouvelle-Aquitaine (Pyrénées-Atlantiques). Côté espagnol, elle traverse quatre communautés autonomes et sept provinces d'Espagne : la Catalogne (Gérone, Barcelone et Lérida), l'Aragon (Huesca et Saragosse), la Navarre (communauté composée d'une seule province du même nom) et le Pays basque (Guipuscoa).
Trois parcs nationaux protègent la biodiversité exceptionnelle des Pyrénées qui compte plusieurs centaines d'espèces endémiques : le parc national des Pyrénées en France, le parc national d'Aigüestortes et lac Saint-Maurice et le parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu en Espagne.
Trois sentiers de grande randonnée traversent les Pyrénées sur toute leur longueur, d'une mer à l'autre : le GR 10 sur le versant français, le GR 11 sur le versant espagnol et la Haute randonnée pyrénéenne qui longe la ligne de crête.
Toponymie Étymologie L'origine du nom « Pyrénées » reste incertaine. De nombreuses étymologies qui furent proposées au cours des siècles ne sont plus retenues aujourd'hui, où l'on estime que Pyrénées est un toponyme savant emprunté tardivement aux géographes grecs..
Au , l'historien grec Hérodote croit savoir que l'Istros (le Danube) « vient du pays des Celtes et de la ville de Pyréné »Hérodote, L'Enquête, II, 33.. Le terme se trouve ensuite, par exemple, chez l'écrivain Plutarque (vers 46 - 125 ap. J.-C.)Plutarque (vers 46 - 125 ap. J.-C.) : Vie de Sertorius, chap. 7.. Plus tard, le mot transitera par le latin , avant de devenir un emprunt savant au Moyen Âge : à titre d'exemple, sa première apparition en occitan est, en 1660, (…) lei Pirenèus, au masculin, segon la primiera reïntroduccion sabenta d’aqueu nom dins lei lengas modèrnas, que comencèt tot bèu just dins un document en occitan de 1660: "als confins dels Pireneus" (Dauzat & al. 1978. 196). Pasmens lo francisme las/eras Pirenèas* s'es espandit a causa dau francés les Pyrénées que sa finala -ées sembla tau femenina. Ara lo conseu generau deis Auts Pirenèus (Hauts/Nauts Pirenèus en gascon) se sent obligat de promòure la forma Hautas Pirenèas*, en se fabricant una autenticitat factícia qu’ignora tot de l’istòria occitana dau nom (cf. Atau que’s ditz 1998. 8)., L’occitan, lenga fantasmada : l’exemple de la toponimia, Nouvelle recherche en domaine occitan - L’occitan, lenga fantasmada : l’exemple de la toponimia - Presses universitaires de la Méditerranée.. Dans les diverses langues de la chaîne montagneuse donne : en aragonais , en catalan , en espagnol , en gascon eths / los Pirenèus, en occitan los Pirenèus, ainsi qu'en basque ou Auñamendiak. Dans toutes ces langues (sauf en basque, langue ne possédant pas de genre), le nom est masculin ; en français, cependant, « les Pyrénées » est aujourd'hui un mot féminin, inversion entretenue par le fait que l'article pluriel n'a pas de genre. De plus, par contact linguistique, l'occitan a développé la forme erronée .
Dans la mythologie grecque, le terme « Pyrénées » est associé au personnage légendaire nommé Pyrène (), fille du roi Bebryce. Selon Silius Italicus, la jeune fille fut aimée d'Héraclès qui la délaissa. Elle donna naissance à un serpent et alla enfouir sa honte dans les forêts où elle fut dévorée par les bêtes sauvages. Héraclès lui construisit un tombeau« C'est le nom de la vierge, fille de Bébryce, qu'ont pris ces montagnes : l'hospitalité donnée à Hercule fut l'occasion d'un crime. Alcide se rendait, pour l'accomplissement de ses travaux, dans les vastes campagnes du triple Gérion. Sous l'empire du dieu du vin, il laissa dans le redoutable palais de Bébryce la malheureuse Pyrène déshonorée ; et ce dieu, s'il est permis de le croire, oui, ce dieu fut ainsi la cause de la mort de cette infortunée. En effet, à peine eut-elle donné le jour à un serpent, que, frémissant d'horreur à l'idée d'un père irrité, elle renonça soudain, dans son effroi, aux douceurs du toit paternel, et pleura, dans les antres solitaires, la nuit qu'elle avait accordée à Hercule, racontant aux sombres forêts les promesses qu'il lui avait faites. Elle déplorait aussi l'ingrat amour de son ravisseur, quand elle fut déchirée par les bêtes féroces. En vain elle lui tendit les bras, et implora son secours pour prix de l'hospitalité. Hercule, cependant, était revenu vainqueur; il aperçoit ses membres épars, il les baigne de ses pleurs, et, tout hors de lui, ne voit qu'en pâlissant le visage de celle qu'il avait aimée. Les cimes des montagnes, frappées des clameurs du héros, en sont ébranlées. Dans l'excès de sa douleur, il appelle en gémissant sa chère Pyrène : et tous les rochers, tous les repaires des bêtes fauves retentissent du nom de Pyrène. Enfin il place ses membres dans un tombeau, et les arrose pour la dernière fois de ses larmes. Ce témoignage d'amour a traversé les âges, et le nom d'une amante regrettée vit à jamais dans ces montagnes. » Silius Italicus, "La Guerre punique", tome III, trad. sous la direction de Désiré Nisard (1878).. Diodore de Sicile (vers 90 - 30 av. J.-C.) explique en revanche le nom Pyrénées à partir du grec ancien (devenu pyr), « feu » à cause d'un immense incendie qui aurait ravagé toutes les forêts de la chaîne« Autrefois elles étaient en grande partie couvertes de bois épais et touffus ; mais elles furent, dit-on, incendiées par quelques pâtres qui y avaient mis le feu. L'incendie ayant duré continuellement pendant un grand nombre de jours, la superficie de la terre fut brûlée, et c'est de là que l'on a donné à ces montagnes le nom de Pyrénées. La combustion du sol fit fondre des masses de minerai d'argent et produisit de nombreux ruisseaux d'argent pur. » Dans Diodore de Sicile, (trad. Ferdinand Hoefer), Bibliothèque historique, livre V, chap. XXXV, (1851)..
Terminologie pyrénéenne Un certain nombre de termes sont spécifiques des Pyrénées, notamment en oronymie : Soulane (en Gascogne), équivalent de l'adret Estive, équivalent d'alpage (dans les Hautes-Pyrénées) et gave (Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), équivalents de torrent ou rivière Cayolar, cuyala ou coueila, selon le lieu (Béarn), équivalent de cabane. Port, de l'occitan pòrt, équivalent de colCol. . et tuc, issus de l'occitan, équivalents de sommet
Géographie thumb|Carte topographique des Pyrénées montrant le bassin de l'Èbre au sud, celui de l'Adour et de la Garonne au nord. thumb|Les Pyrénées se jetant dans la mer au cap de Creus. thumb|Piémont pyrénéen dans le Pays basque.
Situation En géographie physique, les Pyrénées forment une chaîne d'allure rectiligne, assez étroite, d'une longueur totale de de la Méditerranée (cap de Creus) à l'Atlantique (Jaizkibel). La délimitation occidentale peut paraître arbitraire puisque les Pyrénées se fondent progressivement dans les Montagnes basques qui à leur tour rejoignent les monts Cantabriques (soit un axe pyrénéo-cantabrique atteignant de continuité montagneuse). La plus simple définition géographique des Pyrénées tient à leur caractère « isthmique » : entre la Méditerranée et le point le plus proche du golfe de Gascogne. Au-delà commence la chaîne (cordillera) basco-cantabrique.
Pour fixer une largeur limite approximative au massif, on peut dire que le piémont pyrénéen se dilue dans le bassin de l'Èbre versant espagnol, dans le Bassin aquitain et la basse vallée de l'Aude versant français.
Topographie thumb|Pyrénées centrales vues depuis le pic du Midi de Bigorre. thumb|Reflet hivernal d'un lac pyrénéen.
D'ouest en est, on distingue traditionnellement trois aires de montagneOu parfois quatre : ainsi, le Larousse encyclopédique en couleurs (1979), article Pyrénées, distingue les Pyrénées centrales (du pic d'Anie au val d'Aran) des Pyrénées ariégeoises (du val d'Aran au col du Puymorens), se fondant sur l'extension plus importante des vallées ariégeoises donnant lieu à une opposition entre versant ombré et versant ensoleillé (ou soulane). : les Pyrénées atlantiques, encore appelées les basses Pyrénées. Elles s'étendent entre le golfe de Gascogne (Atlantique) et le pic d'Anie (Pyrénées-Atlantiques). Peu élevées, elles ne dépassent pas les . L'altitude des cols est donc aussi relativement basse (exemple : le col de Roncevaux, ) ; mais les vallées peuvent être très encaissées (exemple : gorges de Kakouetta). C'est la zone du Pays basque et d'une partie du Béarn (col du Somport) ; les Pyrénées centrales entre le pic d'Anie et le col de Puymorens (Pyrénées-Orientales). C'est là que se trouvent les plus hauts sommets dépassant (voir l'article liste UIAA des 3000 pyrénéens) comme l'Aneto (plus haut sommet des Pyrénées avec ses ) ou le Vignemale (plus haut sommet côté français avec ). Il existe à cet endroit peu de points de passage entre la France et l'Espagne (col de Puymorens) ; les Pyrénées orientales, encore appelées Pyrénées catalanes. Elles comprennent la zone à l'est du col de Puymorens jusqu'à la Méditerranée. Moins hautes que les Pyrénées centrales, elles comprennent de hauts sommets comme le pic Carlit (), le Puigmal (), le pic du Canigou () et de grands massifs naturels comme le massif des Corbières.
thumb|right|upright|Cirque de Gavarnie avec la Grande Cascade en fond () donnant naissance au gave de Pau.
Parmi les caractéristiques distinctives des paysages pyrénéens., on peut citer : l'absence de grands lacs, comparativement au massif des Alpes par exemple ; la rareté et l'altitude élevée des cols (appelés parfois ports, portillons, porteilles, ) ; le nombre important de torrents de montagnes, typiques des Pyrénées françaises, plus escarpées dans leur ensemble que les Pyrénées espagnoles ; la fréquence des cas où la partie supérieure d'une vallée se termine en un cirque rocheux. Parmi les plus connus se trouvent le cirque de Gavarnie, cirque de Troumouse, cirque de Barrosa, cirque du Litor, ou encore le cirque de Cagateille.
vignette|gauche|Besiberri en Catalogne : paysage typique avec petit lac et vallée suspendue.
La plus haute chute d'eau () se trouve à la source du gave de Pau au niveau du cirque de Gavarnie. Ce dernier fait partie avec le massif du Mont-Perdu d'un massif montagneux transfrontalier plus vaste désigné sous le nom de Pyrénées-Mont Perdu, et inscrit depuis 1997 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des paysages naturels et des paysages culturels...
Massifs et sommets
vignette|Le massif de la Maladeta dominé par le pic d'Aneto ().
Le point culminant des Pyrénées est le pic d'Aneto ( d'altitude), situé en territoire espagnol. Les hauts sommets, situés au-dessus de , se situent principalement dans les Pyrénées centrales, en région Occitanie, côté français, et dans la communauté autonome d'Aragon côté espagnol : il existe en tout principaux et se hissant au-dessus des et répartis en . Cette limite mythique des est née courant à la suite de la Révolution française qui a institutionnalisé le système métrique (avant on comptait en toise), engendrant un véritable engouement pour l'ascension de tels sommets (voir pyrénéisme).