On appelle arbres d'alignement les arbres plantés de manière linéaire et régulière en allées dans les jardins, le long des routes. Groupe de travail « Plantations ». Les arbres de nos routes. Plan de rénovation des plantations d'alignement des routes du département de la Loire. Direction départementale de l’Équipement. Conseil Général du département de la Loire (1992) et des rues pour les orner. et les ombragerCollectif, sous la direction d’Ernest Chancrin et Rémi Dumont, Larousse agricole : encyclopédie illustrée, tome 1, Paris, Larousse, 1921, page 90 lire en ligne.

En Europe, les premiers alignements d'arbres apparaissent dans les jardins italiens ou les parcs des châteaux. En parallèle, les premières politiques de plantation d'arbres d'alignement le long ds voies semble débuter au . Les alignements d'arbres se développent particulièrement au et s'exporte dans les colonies françaises ou britanniques. Il existe également une tradition multiséculaire de plantation d'arbres en alignement en Asie. À la fin du les alignements d'arbres subissent une forte régression avec le développement de l'automobile qui entraine une modification importante des infrastructures.

Plusieurs essences peuvent être rencontrées en alignement. En France, le platane est particulièrement présent en bord de voirie, le tilleul et le marronnier sont fréquent en ville. Au Japon, les arbres à fleurs sont privilégiés. En Chine, une grande variété d'arbre est plantée, avec le peuplier qui domine depuis les années 1980. Dans les pays d'Afrique de l'ancien empire colonial français, on trouve souvent des manguiers.

Dans certaines régions, les alignements de bocage et de bord de route contribuaient ou contribuent encore à une part importante au paysage., à la trame verte et au stock de bois sur pied (bois d’œuvre, bois de chauffage, arbres têtards producteurs de perches, fruitiers.…)..

Ils font partie du cadre de vie et peuvent contribuer au bien-être psychologique, et leur destruction ou un élagage trop « dur » sont de moins en moins appréciés..

Histoire Dans le récit de ses voyages en Chine (à partir de 1271), Marco Polo relate que le grand Kubilai Khan avait ordonné la plantation d'arbres pour délimiter les routes de son empire, et offrir de l'ombrage aux voyageurs. Là où aucun arbre ne pousse les routes furent délimitées par des bornes de pierre. Il est cependant difficile de dire si cette tradition s'est perpétuée sans interruption.

vignette|Jardin à l'Italienne du Palais des papes de Castel Gandolfo. En Europe, les premiers alignements d'arbres apparaissent au sein des jardins italiens sous l'influence de la Renaissance, dans la première moitié du . Les « allées » (chemin bordés d'alignement d'arbres) vont ensuite être très utilisés dans les parcs et jardins des châteaux en particulier les jardins « à la française » et enfin s'étendre au delà des jardins à la campagne environnante pour offrir une perspective plus ouverte aux regards. Les allées relient également les châteaux aux villes formant des « avenues ».

En France, les plans reliefs montrent qu'aux ils étaient assez communs autour des villes, le long de grands axes routiers.

Dans les campagnes, les monarques européens ordonnent la plantation d'alignements d'arbres le long des voies de communications, ainsi en France, le roi de France Henri II ordonna par lettres patentes, en 1552 . Son exemple est rapidement suivi par la Saxe en 1580, puis la Hesse en 1625, la Prusse en 1714 et d'autres pays européens. Les objectifs des souverains sont multiples : ils cherchent à empêcher l’empiétement des parcelles agricoles sur les chemins publics, tout en produisant du bois, une ressource indispensable, ainsi que des productions alimentaires, fruits pour l'Homme et feuilles pour le bétail. Selon Chantal Pradine, la a toujours été présente dans la création de ces alignements.

vignette|Alignement d'arbres au somment du demi-bastion de l'ouvrage à couronne de Klundert. Au , les manières de faire la guerre évoluent, les remparts deviennent obsolètes et sont remplacés par des buttes de terre massives. Celles-ci sont ensuite plantées d'allées bordées d'arbres que l'on appellera des « Boulevards » , déformation du néerlandais « Bolwerk » . C'est en effet par les villes du nord comme Anvers, Amsterdam et Strasbourg que cette technique de défense militaire émerge. Les autres villes européennes s'adaptent progressivement : Lucques, Gdansk, Vienne puis Hambourg, par exemple. On peut citer l'exemple de Göteborg en Suède où les remparts ont été supprimés dès 1807 pour être remplacés par des boulevards, qui ont ensuite été végétalisés en 1823. À Bruxelle, la même opération est réalisée entre 1820 et 1840.

vignette|Avenue de la Marine, puis avenue Jules Ferry, aujourd'hui avenue Habib Bourguiba, vers 1885, par Bertrand Bouret. Un exemple d'avenue coloniale dans la ville de Tunis. Les puissances coloniales européennes mènent des politiques de renouvellement urbain, voire de création de nouvelles villes, dans les pays colonisés, dont la plantation d'arbres d'alignement fait partie intégrante. Ainsi l'urbanisme colonial se distingue par trois principes : la planification marquée par l'attribution de rôles différents en fonction des quartiers avec une forte ségrégation entre colons et autochtones ; la création de larges avenues rectilignes (et l'organisation général en quadrillage) ; et un apport massif de végétal dans la ville, entre autres en alignement le long des nouvelles avenues. On retrouve de nombreux exemples d'alignements d'arbres créés à cette période, en Afrique, comme à Sokodé au Togo, à Tuléar (Madagascar) ou, dans l'empire britannique, à Bangalore en Inde. Avant l'arrivée des Européens, les arbres n'avaient que peu leur place dans les villes en Afrique, ou étaient cantonnés aux jardins dans le cas des villes du Maghreb, comme à Tunis. Les essences plantées proviennent de tous les coins des empires coloniaux, par exemple les premiers arbres d'alignement plantés à M'Sila dans les Hautes plaines algériennes sont des Eucalyptus originaires d'Australie et des Faux-poivriers odorants originaires d'Amérique du Sud. L'essence qui semble avoir été la plus largement plantée en alignement dans l'ancien empire français en Afrique subsaharienne est le manguier. qui est originaire d'Asie.

vignette|Avenue d'honneur, Learmonth, Victoria, Australie. Au début de la Première Guerre mondiale en France, les routes étaient bordées d'environ 3 millions d'arbres d'alignements. Dans le nord et l'Est, ces arbres qui ont été des repères pour les soldats, les canons et les populations ; de plus en plus déchiquetées au fur et à mesure qu'on approchait le front. Ils ont fortement marqué de nombreux soldats, dont ceux venus du Commonwealth (souvent cités ou dessinés dans leurs lettres et récits). Un officier anglais (Gillespie) propose ainsi en 1915 que soit commémorativement plantée après la guerre , suggestion ensuite portée 4 ans plus tard par l'abbé Lemire à chambre des Députés (1919). La reconstruction n'a pas retenu ce projet, mais des milliers d'arbres et notamment en allées d'honneur ont été plantés par exemple en France (à Vimy par les Canadiens), et en Australie où chaque arbre (parfois avec une plaque d’identification) représentait un engagé ou un soldat mort au champ de bataille. L'idée a aussi été reprise ou adaptée en Nouvelle-Zélande, au Canada, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Italie.

Ainsi, les alignements d'arbres connaissent leur essor maximum au et au tout début du . Puis, après la Seconde Guerre mondiale, en Europe de l'Ouest, les alignements d'arbres entament leur déclin. La nouvelle logique du développement de l'automobile impose d'élargir et de rendre plus droites les routes, ce qui mène à la suppression des arbres d'alignement. De plus, dans les années 1970, les arbres en bord de route vont être considérés comme des obstacles mortels en cas de sortie de route. La même logique gagne les pays d'Europe de l'Est dans les années 1990.

Dans la seconde moitié du et au la croissance des villes et le renouvellement urbain, portés par l'accroissement de la population mondiale, a également conduit à la perte de nombreux alignements urbains. Dans certains pays anciennement colonisés, les inégalités dans la distribution des alignements d'arbres se sont encore accentuées après les indépendances, les alignements ayants été mieux préservés dans les anciens quartiers administratifs et quartiers résidentiels européens alors qu'ils ont plus disparu dans les anciens quartiers résidentiels indigènes pour laisser la place à la croissances des logements. À Tuléar, les arbres ont été mieux préservés dans les quartiers aujourd'hui utilisés par le tourisme, mais sont parfois incorporés aux propriétés privées alors qu'ils faisaient partie de l'espace publique à l'origine.

À partir des années 2000, les projets d'aménagement impliquant des abattages d'arbres font systématiquement face à une opposition citoyenne, en France.

Aspects techniques vignette|300px| (un seul côté est ici illustré), par Jacques-Joseph Baudrillart en 1827 dans son Traité général des eaux et forêts, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches. Sur les bords de l'avenue plantée d'un double alignement d'arbres, l'auteur planifie une coupe d'une partie des arbres tous les 30 ans, mais de manière à toujours conserver l'alignement paysager, et une ressource en bois. Les espèces (essences) choisies pour ces plantations doivent répondre à divers critères, notamment de résistance à des conditions de milieu parfois difficile, surtout en milieu urbain (sol tassé, sel de déneigement, manque d'eau et de lumière, chocs divers, imperméabilisation, manque de place pour les racines, travaux répétés…). Elles doivent en outre supporter facilement les bulles de chaleur urbaines, l'élagage et ne pas produire de fruits salissants ou dangereusement toxiques ou écotoxiques et répondre aussi à des critères esthétiques, qui peuvent varier selon les lieux et les époques. Il faut rappeler ici que l'élagage de ces arbres doit respecter strictement les règles techniques de l'élagage raisonné. Pour les arbres en port libre ou semi libre, l'élagage doit se limiter aux tailles d'adaptation vis-à-vis des immeubles riverains et pour maintenir la commodité de passage. L'entretien courant consiste seulement dans l'enlèvement des bois morts ou des branches fragiles (fourches à écorces incluses par exemple). Si les arbres sont taillés de façon architecturée ou en volume constant (têtes de chats, rideaux…), la gestion de l'élagage doit respecter les règles de l'art de chaque type de conduite.

En France, un guide technique de plantation le long des routes nationales a été publié en 1979 par la Direction des routes et de la circulation routièreDirection des routes et de la circulation routière (1979), Les plantations des routes nationales ; Guide technique. Ministère des transports. Direction générale des transports intérieurs ainsi que des recommandations pour l'entretien des arbresDirection Générale de l'Aménagement du territoire, du Logement et du Patrimoine, Direction générale des Ressources naturelles et de l'Environnement, Préserver les arbres. Recommandations pour éviter les dégâts aux arbres.

Aménités Esthétique paysagère vignette|250px|Une allée de cyprès, typique des paysages ruraux de Toscane, ici dans le Val d'Orcia.