thumb|Armoiries de l'Autriche. L’histoire de l'Autriche est l'histoire du pays d'Europe centrale appelé aujourd'hui Autriche. Mais la définition géopolitique du pays ayant connu de profonds changements au cours des périodes moderne et contemporaine, cette histoire concerne donc aussi les pays voisins : Allemagne, Hongrie, Suisse, Italie

Déjà peuplée par les Celtes (culture de Hallstatt), appartenant à l’Empire romain (provinces Norique ainsi qu’une partie de la Pannonie et de la Rhétie) puis en partie possédée par la Francie orientale, l’Autriche est pendant tout le Moyen Âge une des nombreuses principautés de langue allemande composant le Saint-Empire romain germanique. Grâce au Privilegium Minus et à la Maison de Babenberg, indépendante de la Bavière depuis 1156, l'Autriche adoptée par la maison de Habsbourg en 1278 () a longtemps été la force dominante de l’Empire, plaçant à sa tête beaucoup de ses souverains, jusqu’à sa dissolution en 1806 par le « double-empereur » autrichien François II/I.

À la fin de l'antiquité, la maison de Habsbourg (plus tard Habsbourg-Lorraine) transforme ses possessions en puissance européenne par rattachement des pays germanophones et non germanophones, centralise l’administration et le droit dans l’archiduché d'Autriche et forme enfin en 1804 l’empire d'Autriche. En 1889, après le congrès de Vienne, l’Autriche et les autres pays germanophones essayent à nouveau de former une confédération germanique, mais l’opposition austro-prussienne domine, donc la guerre austro-prussienne achève cette confédération en 1866 et résout la question allemande définitivement de la part de l’Autriche. En 1867, l’Autriche, sous le règne de , se tourne vers le sud-est de l’Europe de sorte que l’empire d’Autriche se transforme et s’agrandit pour former la « monarchie danubienne » (allemand : ), l’Autriche-Hongrie.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la défaite des empires centraux aboutit, au nom du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et selon le point de Wilson, à la dislocation de la « monarchie danubienne » en plusieurs nouveaux États indépendants, ce qui réduit l’Autriche à son territoire actuel : ses habitants souhaitent s’unir à l'Allemagne républicaine mais les vainqueurs leur refusent le « droit des peuples » et le pays se laisse alors tenter par l'austrofascisme, puis par le nazisme. En 1938, l'Autriche est annexée au Troisième Reich (Anschluss). La défaite hitlérienne à la fin de la Seconde Guerre mondiale laisse le pays exsangue. Vienne, la capitale historique, connaît alors pendant dix ans un sort similaire à celui de Berlin et connaît une division quadripartite. En 1955, le pays recouvre sa souveraineté et mène une politique de stricte neutralité.

En dépit d'un rapport parfois difficile avec son passé, l'Autriche est un pays de l'Union européenne, depuis 1995.

En 2024, l'Autriche, pays sans littoral, sur un territoire de , est riche d'une population d'environ d'Autrichiennes et Autrichiens, parlant très majoritairement la langue allemande. La démographie de l'Autriche est dynamique : , , , , , .

Étymologie Le nom Ostarrîchi (nom populaire, du latin Marcha orientalis, « Marche de l’est ») est documenté dans un acte impérial d’Otton III pour la première fois en novembre 996.. Il est à l’origine à la fois de l’allemand moderne Österreich et du nom français Autriche. En latin, on emploie la forme courte Austria dès le .

Avant l'Autriche La géographie des Alpes et l'histoire des Alpes déterminent leur habitabilité. Les périodes interglaciaires permettent le développement d'une flore alpestre, d'une faune alpestre et un peuplement humain durable, nécessairement exogène. Le peuplement de l'arc alpin par l'Homme est attesté à partir du Paléolithique moyen, vers avant notre ère.

Le peuplement humain initial du massif alpin est le fait de l'homme de Néandertal, qui y établit des campements saisonniers en altitude, à la faveur de la dernière période interglaciaire Riss-Würm ou Éémien. L'extinction de l'homme de Néandertal s'accomplit vers AEC durant la dernière période glaciaire, glaciation de Würm pour l'Europe.

Avec le réchauffement du dernier interglaciaire ou holocène, le repeuplement humain dans les Alpes est le fait d'humains anatomiquement modernes, de type Homo sapiens, à la fin du Paléolithique supérieur, durant la période estivale pour pratiquer la pêche, la chasse et aussi rechercher le silex.

Préhistoire

Dès l’époque paléolithique et jusqu’à environ AEC, le territoire de l’Autriche actuelle, la vallée fertile du Danube et les vallées des Alpes sont peuplés.

Au Néolithique, l'arc alpin est occupé par des agriculteurs-éleveurs à partir du

Le musée des palafittes d'Unteruhldingen (au lac de Constance) reconstitue les cités lacustres sur pilotis. Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes.. sont en Autriche Attersee am Attersee, Seewalchen am Attersee, Keutschach am See, Mondsee, définissant une culture du lac de Mondsee (3600-2900 AEC).

Leur contemporain Ötzi (3300-3255 AEC), découvert en 1991 dans les Alpes de l'Ötztal, entre Autriche et Italie, est le premier individu connu des populations néolithiques.

Cette population de fermiers néolithiques est en Autriche comme dans la plus grande partie de l'Europe presque totalement remplacée ou assimilée par l'arrivée de nouvelles populations, de la fin du Néolithique au début de l'âge du bronze. Une migration très importante de populations probablement locutrices de langues indo-européennes s'est produite depuis la steppe pontique (culture Yamna) vers le centre de l'Europe, puis les autres parties de l'Europe à partir de ... Un poignard de type Manych trouvé dans une double tombe à Vienne-Essling dans l'est de l'Autriche est ainsi lié à la pénétration de communautés nomades le long du Danube en direction de l'ouest. Les poignards de ce type sont des artefacts métalliques typiques de la culture des catacombes, où ils sont le plus représentés dans la région des steppes nord-pontiques-caucasiennes..

Différents sites archéologiques en Autriche (et dans la région) attestent de diverses cultures : culture de la céramique cordée, culture rubanée, culture de la céramique décorée au poinçon ; culture campaniforme, culture lusacienne (et de Billendorf), cultures de Hallstatt et de La Tène ; culture d'Unétice, culture des tumulus, culture des champs d'urnes ; Europe néolithique.

Protohistoire À l’époque des Celtes (800 à 400 ans ) naît un premier royaume, la Norique, dont les agglomérations prospèrent notamment grâce à la production et au commerce du sel. Des trouvailles archéologiques à Hallstatt donnent son nom à cette époque : la culture de Hallstatt.

Peuples préceltiques, Histoire des Celtes Âge du bronze en Europe, Âge du fer germanique

Liste de peuples celtes de Bohême et d'Europe centrale : , , , , , Sénons, Cotini Liste de peuples germaniques : Ruges, Marcomans, Suèves, Hérules, Hermions, Hermundures, Chattes, Chérusques, Semnons, Lombards, Varisques, Vendéliques, Bavarii, Alamans… Migrations germaniques, Magna Germania

De cette époque datent des traditions alpines préchrétiennes (Autriche, Suisse, Savoie, Italie du nord, Slovénie), dont les personnages de Krampus, Berchta (Perchten), homme sauvage, participent d'un patrimoine culturel, folklorisé, en danger, en voie de disparition du fait de l'extinction des modes de vie traditionnels conservés plus longtemps dans les Alpes.

Antiquité

Vers l'an 33, avec la création de la province romaine de Norique (capitale Virunum, près de Maria Saal, Klagenfurt, Carinthie), la rive Sud (droite) du Danube devient la frontière de l'Empire romain sous Tibère.. Au Nord (rive gauche) vivaient alors des Germains : les Marcomans et les Quades.. En 69, « l'année des quatre empereurs », les troupes de Vitellius (armée du Rhin) et de Vespasien (armée du Danube) s'affrontent sur l'Inn. En 70, l'empereur Vespasien fonde la ville de Flavia Solva (actuellement Leibnitz). La ville obtient le statut de municipe. Un régiment de cavaliers est stationné à Vindobona (Vienne). L'empire renforce ainsi l'édification militaire du limes.

Vers 106, l'empereur romain Trajan divise la province de Pannonie en Pannonie supérieure à l'ouest, dont la capitale est Carnuntum, et Pannonie inférieure à l'est, dont la capitale est Aquincum (Budapest)..

Occupation romaine de la Germanie sous Auguste Liste des noms latins des villes Cités romaines en Autriche , Limes Danube-Iller-Rhin Constructions romaines en Autriche Guerres marcomanes (167-188) Notitia dignitatum (390-425)

Antiquité tardive Durant l'Antiquité tardive, le long et complexe processus appelé « invasions barbares » amène la plupart des peuples germaniques à se déplacer. Une première expansion les a portés d'abord vers l'Est, jusque dans l'actuelle Ukraine, mais l'intrusion subite et massive de la confédération de peuples venus d'Asie centrale sous la houlette des Huns met un terme à cette expansion et fait refluer les Germains vers le Sud et l'Ouest. Conquérants de l'Empire romain au , ils sont « conquis par leur conquête », adoptant progressivement la religion des vaincus, le christianisme, et leur langue écrite, le latin (sauf en Bretagne romaine où les peuples anglo-saxons conservent leurs langues germaniques). Leurs structures politiques sont profondément modifiées au contact du modèle romain, ainsi que leur droit. En Germanie même, l'expansion au des Slaves vers l'Ouest fait reculer la limite orientale des parlers germaniques jusqu'à une ligne reliant l'embouchure de l'Elbe au golfe de Trieste.

Autriche du Haut Moyen Âge vignette|droite|Royaumes francs vers 843 Naissance de l'Autriche Au début du Moyen Âge, le territoire de l'Autriche est partagé en deux zones : l'Ouest du Steyr appartient à la Bavière, sous l'influence des Francs, dirigée par les Agilolfinges. Straubing est le noyau de leur territoire qu'ils agrandissent avec la Haute-Autriche actuelle et jusqu'au Tyrol du Sud. Ces territoires sont peu peuplés. À partir de 568, la rive gauche (Nord) du Danube et l'Est de la rive droite en aval du Steyr sont peuplés de Slaves : respectivement les Tchéco-Moraves et les Carentanes, qui remplacent les Germains Lombards partis vers l'Italie. Ces Slaves sont, par épisodes, vassaux des Avars installés dans l'actuelle Hongrie et l'actuel bassin de Vienne.

(741-794), chef des Agilolfides, s'allie avec les Lombards maintenant en Italie, ainsi qu'avec le pape. Cela n'est pas du goût de Charlemagne qui soumet les Lombards aux Carolingiens en 774 et intègre leur territoire au royaume des Francs en 800. En 787, le pape ne soutient plus non plus , qui se retrouve isolé. Après avoir défait les Avars en 791, Charlemagne abolit aussi le duché de Bavière, fait des Slaves ses vassaux et place le territoire « autrichien » directement sous sa tutelle.

Le voit le christianisme gagner progressivement les populations germaniques ou slaves de l'Autriche actuelle. En 841, le nom de Vienne apparaît pour la première fois. Salzbourg, fondée en 791, est la plus grande ville.

À la fin du , un nouveau peuple entre en jeu : les Magyars. Ils conquièrent une grande partie de la plaine de Pannonie, soumettant et assimilant les populations germaniques, slaves et avares antérieures : c'est la naissance du peuple hongrois. En 881 près de Vienne et en 907 près de Bratislava, les Hongrois vainquent les Bavarois qui doivent céder leurs territoires situés à l'est de l'Enns. Cependant, en 955, arrête les Hongrois au Lechfeld, près d'Augsbourg.

En 976, Léopold de Babenberg est nommé comte de la marche sur le Danube. En 1056, est installé au même titre à la tête de la Styrie. En 996, le territoire danubien apparaît pour la première fois sous le nom de Ostarrichi (approximativement « états de l'Est »).

Les Babenberg (976-1246)

thumb|Expansion de l'Autriche sous les Babenberg. La dynastie des Babenberg joue un rôle décisif dans le développement de l'Autriche.