La Santa María (la Sainte MarieLe nom usuel dans l'historiographie est le nom d'origine.) est le navire amiral de l'escadre de trois navires affrétés par la Couronne de Castille, à la tête de laquelle Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde lors de sa première expédition transatlantique (1492-1493), dont l'objectif initial était d'atteindre les Indes, c'est-à-dire l'Asie orientale, en naviguant vers l'ouest à travers la « mer Océane », mais qui, partie le d'Andalousie et le des îles Canaries, atteint l’archipel des Bahamas le , puis Hispaniola dans les Caraïbes, principale île explorée par Colomb durant ce voyage.
Il s'agit d'une caraque à trois-mâts commandée par Christophe Colomb lui-même, amiral de l'escadre et futur « amiral de la mer Océane et vice-roi des Indes ». Les deux autres navires, entrés dans l'histoire sous leurs surnomsLeurs noms officiels sont aussi des noms de saintes, Anna et Clara. d'époque, la Niña (« la petite ») et la Pinta (« la maquillée »), sont des caravelles.
Ce voyage est fatal à la Santa María qui s’échoue dans la nuit du réveillon de Noël 1492 sur la côte d’Hispaniola. Colomb décidant de repartir vers l'Espagne avec les deux caravelles, les bois de la Santa Maria sont utilisés pour construire un fort, La Navidad, dont les trente-neuf occupants vont être tous tués dans les mois qui suivent, avant le retour de la deuxième expédition de Colomb à la fin de 1493.
Le premier voyage de Christophe Colomb (3 août 1492-15 mars 1493) Le , par les capitulations de Santa Fe de la Reconquista, les Rois catholiques d'Espagne, qui viennent de mettre fin à la conquête musulmane de l'Hispanie par la prise de Grenade du , chargent Christophe Colomb, qui les sollicite depuis 1485, de trouver une nouvelle route des Indes vers l'Asie en naviguant vers l’ouest sur la mer OcéaneA cette époque, les Portugais ont réussi à atteindre le cap de Bonne-Espérance (1488) et préparent l’établissement d’une route vers les Indes par l’océan Indien (réalisée en 1498). Ce n’est qu’en 1520 que Magellan réalise le projet de Colomb, en découvrant le détroit de Magellan..
Ils lui affrète alors trois navires pour six moisColomb sous-estime fortement la distance des Canaries à l'Asie, en supposant qu’elles soient séparées par un seul océan., et enjoignent aux autorités de Palos de la Frontera, port que Colomb connaît bien, non loin du monastère de Santa María de la Rábida (un de ses principaux lieux de soutien), de l’assister pour la préparation de l’expédition.
thumb|gauche|redresse|Réplique de l’île de Madère. L’escadre part le avec 90 hommes au total, fait escale à Las Palmas de Grande Canarie et à La Gomera des îles Canaries pour divers préparatifs, puis repart le vers le large, en suivant les vents réguliers des alizés. Le Colomb déclarera plus tard que la traversée depuis les Canaries a duré 33 jours, en référence à l'âge du Christ. En effet, Il date le véritable départ de l'expédition du , jour où ils ont perdu de vue l'île de Hierro, la plus occidentale des Canaries. Il y a effectivement 33 jours du 9 septembre au 12 octobre., elle atteint l'île Guanahani, que Colomb baptise San Salvador (actuelles Bahamas). Croyant être arrivé aux Indes, il appelle les indigènes « Indiens ».
thumb|redresse|La Navidad, premier fortin permanent du Nouveau Monde de Christophe Colomb, construit avec les vestiges échoués de la Santa Maria. Après San Salvador, l’expédition atteint l'île d'Hispaniola (Saint-Domingue), à partir de laquelle une exploration du nord de la mer des Caraïbes est menée. Le , la Santa María est ancrée à Hispaniola pour les festivités de Noël ; à la suite d’un défaut festif de surveillance, elle dérive et s’échoue sur un banc de sable la nuit du réveillon de Noël au large de Cap-Haïtiensur le territoire de l'actuelle commune de Limonade Article du Florida Museum of Natural History. et ne peut pas être renflouée dans les jours qui suivent, avant de finir par couler.
Colomb décide alors d’abréger le voyage et de rentrer avec les deux caravelles, en laissant sur place 39 hommes pour lesquels il fait construire en le fortin La Navidad avec le bois de la Santa MaríaSitué à une dizaine de kilomètres plus à l'est, sur le site du village d'En Bas Saline, près de la localité de Bord de Mer. (première construction permanente du Nouveau Monde de Christophe Colomb).
L'escadre repart le vers la Castille, arrivant à Palos de la Frontera le , reçue en héros par la reine Isabelle la Catholique et son époux Ferdinand II d'Aragon. La découverte du Nouveau Monde se répand alors rapidement dans toute l'Europe.
La Santa María vignette|redresse|Réplique de la Santa María (vers 1907) construite pour les commémorations de 1892 en Espagne. Construction Cette caraque est construite aux chantiers navals de Falgote, à Colindres, en Cantabrie, ville située en face de Santoña sur l'estuaire de l'Ason d'où est originaire son propriétaire-armateur espagnol Juan de la Cosa, capitaine du navire durant l’expédition. Trois noms sont utilisés à l'époque pour la désigner, notamment dans le journal de bord de Colomb : Santa María, la Gallega (« la Galicienne » qui signifie outre-Atlantique "du nord de l'Espagne") et Maria Galanda (Marie Galante). Dans ces mêmes arsenaux est construite La Pinta dont les propriétaires armateurs sont les frères Alonso et Gomez Rascon, originaires de Limpias, port secondaire situé sur ce même estuaire de l'Ason où la ville principale, Laredo, est le plus grand port militaire et les plus grands chantiers navals du nord de l'Espagne au . On retrouve Juan de la Cosa et les frères Rascon proposant leurs navires à Palos de la Frontera en 1490, d'où partent la plupart des expéditions pour l'Afrique pour concurrencer les Portugais.
Caractéristiques Les caractéristiques incertaines de ce navire de 223 tonneaux de jauge pour un équipage de 39 marinsLa source suivante indique 180 à 200 tonneaux de déplacement et 48 hommes d'équipage : https://ipmsbretagne.jimdo.com/the-pub/maquettes/santa-maria-denis/ sont estimées à de longueur. pour de large, avec de longueur de quille et de surface de voile.
Postérité Son surnom « Maria Galanda » a été donné par Colomb à l'île de Marie Galante qu'il découvre en , lors de son deuxième voyage.
thumb|redresse|L'ancre de la Santa María au musée du Panthéon national haïtien. Muséographie thumb|redresse|gauche|Répliques des 3 navires, de leur port de départ Palos de la Frontera en Espagne. La première réplique de la Santa María a été construite à Cadix pour commémorer le anniversaire de la découverte de l’Amérique. Ses dimensions se sont basées sur les recherches de la commission présidée par le capitaine . Don de l'Espagne aux États-Unis, elle était destinée au Columbus World Faire de Chicago.
Une autre réplique a été construite pour le tournage du film “Alba de América” (1950) de Juan de Orduña. Elle pouvait être vue et visitée, de 1952 à 1991, dans le port de Barcelone. Entre 1987 et 1990, un groupe indépendantiste catalan tenta à 4 reprises d’y mettre le feu. Le , un membre du groupe, lança un cocktail Molotov sur le pont, brûlant partiellement le navire dont l'épave fut déplacée avant d'être coulée.
De nombreuses tentatives approximatives de répliques et de modèles réduits sont exposées dans divers ports et musées du monde, dont en particulier une reproduction des trois navires de Palos de la Frontera sur le quai des Caravelles (Muelle de las Carabelas), non loin du monastère de Santa María de la Rábida (un des principaux lieux de soutien de Colomb) construites en 1992, pour la commémoration des 500 ans de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.
L'ancre de la caraque, de 4 m de hauteur, est exposée au public au musée du Panthéon national haïtien à Port-au-Prince.
thumb|redresse|Modèle réduit du musée naval des Caraïbes, de République dominicaine.
Anecdotes thumb|gauche|redresse|Réplique Nao Santa María de 2018. Ce navire amiral historique de Christophe Colomb apparaît entre autres au centre des armoiries de la Grenade, de la mer des Caraïbes, ainsi que sur le premier drapeau historique des Bahamas de 1869, ou encore sur le Columbian half dollar, première pièce commémorative des États-Unis de 1892...
La caraque Victoria utilisée pour son premier tour du monde de 1519-1522 par Ferdinand Magellan, ou celles de Jacques Cartier pour découvrir le Canada, 42 ans plus tard, en 1534, sont des variantes proches de la Santa María.
thumb|redresse|Monument au capitaine-armateur Juan de la Cosa de Santoña en Cantabrie. Fausse découverte de l’épave (2014)
En 2014, l’archéologue sous-marin américain Barry Clifford affirme aux médias de l'époqueL'épave de la "Santa Maria" de Christophe Colomb aurait été retrouvée, FranceTv info, consulté le 14 mai 2014. avoir retrouvé l’épave maritime de la Santa María, en assez bon état, reposant entre trois et cinq mètres de fond sur la côte nord d’Haïti, non loin de l'emplacement du fort de La Navidad, lui-même identifié en 2003. Cette découverte est finalement infirmée en à la suite d'une expertise de plongeursarticle du Monde relatif à la découverte, consulté le 6 octobre 2014., qui datent finalement l'épave retrouvée au ou .
Au cinéma 1949 : Christophe Colomb, de David MacDonald. 1992 : 1492 : Christophe Colomb, de Ridley Scott, avec Gérard Depardieu dans le rôle de Christophe Colomb (commémoration des 500 ans de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb).
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes Nouveau Monde Histoire de l'Amérique Découverte et exploration de l'Amérique La Navidad de la Santa Maria
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