Louis Surugue (ou Louis de Surugue de Surgis), né à Paris en 1686 et mort le à Grand-Vaux près de Savigny-sur-Orge, est un graveur aquafortiste et buriniste français du , signant ses travaux L. Surugue, Louis Surugue ou Ludovicus Surugue (son fils Pierre-Louis, avec qui il est encore trop souvent confondu, signant ses travaux P.L. Surugue).

Biographie vignette|gauche|La rue des Noyers sur le Plan de Truschet et Hoyau Louis Surugue naît quai de la Tournelle (paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet) du mariage le de Toussaint Surugues (sic), marchand de vin, bourgeois de Paris († 1721), et d'Antoinette Naudin. De son grand-père paternel Philippe Surugues, laboureur à Surgy, dans le Nivernais, il restera à notre artiste d'être appelé Surugue de SurgisFamilles parisiennes, Ascendance de Marie-Élisabeth Surugue, femme Huet.

Frère aîné du sculpteur Pierre-Étienne Surugue, Louis Surugue étudie avec Bernard Picart, qu'il accompagne aux Pays-Bas en 1710. De retour en France en 1715, il s'établit rue des Noyers, (, repéré par les lettres S.IV sur le Plan de Truschet et Hoyau, sait-on par les légendes de ses estampes) comme producteur, fabricant d'estampes et vendeur de gravures. Marié à Cornelia Boswens, il obtient en particulier le monopole de la reproduction gravée des œuvres de Charles Antoine Coypel et d'Antoine Watteau en s'associant avec le marchand de tableaux Edme-François GersaintGuillaume Glorieux, À l'enseigne de Gersaint - Edme-François Gersaint, marchand d'art sur le pont Notre-Dame (1694-1750, Éditions Champ Vallon, 2002.. Il obtient également en 1721 une licence exclusive pour l'impression et la vente des gravures d'après les dessins de Charles Antoine Coypel qu'il produit jusqu'en 1744.

Dans la pleine continuité de sa suite de gravures consacrées à la galerie d'Hercule de l'hôtel Lambert, due à Charles Le Brun et reconnue comme annonciatrice de la galerie des glaces de Versailles, Louis Surugue est l'éditeur en 1725 du Grand escalier des Ambassadeurs du château de Versailles avec vingt-quatre planches gravées par lui-même, par Étienne Baudet et par Charles Simonneau d'après le même Charles Le Brun. On retrouve son nom aux côtés de ceux de François Boucher, Laurent Cars, Charles Nicolas Cochin, Jacques-Philippe Le Bas ou Nicolas-Henri Tardieu, parmi les vingt-huit graveurs qui, chez Gersaint, contribuent en 1735 au recueil Julienne dédié à l'œuvre de WatteauBibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Le recueil Julienne.

Georges Duplessis restitue que Georges Duplessis, Histoire de la gravure en France, Rapilly, 1861..

Louis Surugue entre à l'Académie royale de peinture et de sculpture le (sur présentation des portraits de Joseph Christophe d'après Hubert Drouais et de Louis de Boullogne d'après Antoine Mathieu) et devient la même année contrôleur général des rentes de l'hôtel de ville de Paris.

Surugue possède une collection importante d'estampes, transmise à sa mort à l'imprimeur aussi graveur Pierre-François Basan, puis revendue par la suite.

Son fils Pierre Louis de Surugue (ou Pierre-Louis Surugue) (1710-1772) est également graveur. Séverine Sofio évoque deux filles de Louis Surugue qui sont de même dans le métier de la gravureSéverine Sofio, Artistes femmes - La parenthèse enchantée, , CNRS Éditions, 2016., point sur lequel le flou demeure puisque le Dictionnaire Bénézit cite pour sa part deux artistes, Surugue l'aînée et Surugue la cadette, comme étant ses niècesDictionnaire Bénézit, tome 13, page 366..

Œuvres Artistes interprétés (ordre alphabétique) vignette|350x350px|Madame de*** en Habit de bal (Charlotte Gaucher de Mouchy), d'après Coypel François Boitard, Sainte-Cécile jouant de l'orgue. Jean Siméon Chardin, Maison des cartes, 1744 ; L'instant de la méditation, 1747 ; Les amusements de la vie privée, 1747Clark Art Institute, Louis Surugue dans les collections ; Aveugle mendiant, 1753. Le Corrège, La fille de Tancrède, Gabrielle de Vergy ; L'homme sensuel, 1720British Museum, "L'homme sensuel" dans les collections. Pierre de Cortone. Jacques Courtin, Purcie. Charles Antoine Coypel, Métamorphose de Clytie en tournesol ; L'apothéose d'Hercule et les chemins qui conduisent les héros à l'immortalité (projet de décor allégorique pour le château de Saint-Cloud, réalisation interrompue par la mort du régent Philippe d'Orléans en 1723), 1723 ; Don Quichotte, conduit par la folie et embrasé de l'amour extravagant de Dulcinée, sort de chez lui pour être chevalier errant, 1723-1724The Frick Collection, Louis Surugue dans les collections ; Persée délivre Andromède, 1732 ; Daphnis (interprétation du pastel intitulé Le joueur de musette) ; La Folie pare la Décrépitude des ajustements de la Jeunesse, 1745 ; Madame de*** en habit de bal, 1746. François-Louis Debrie, Télémaque, conduit dans un temple de Vénus à Chypre, s'y laisse surprendre aux attraits du culte voluptueux de cette déesse, gravure pour Les Aventures de Télémaque, 1726. Gérard Dou, Le hachis d'oignons. Hubert Drouais, Portrait de Joseph ChristopheMusée des beaux-arts d'Orléans, Louis Surugue dans les collections. , Idoménée, par le secours de Mentor, ayant fait la paix avec les alliés, fait faire un sacrifice commun entre la ville et le camp pour la continuation de cette alliance, gravure pour Les Aventures de Télémaque, 1726. Jacques Dumont, Un serrurier coupe le pot de chambre pour dégager le pied de Ragotin, 1726Galerie municipale de Bratislava, Louis Surugue dans les collections. Domenico Duprà, Portrait de Charles Édouard Stuart, 1740National Portrait Gallery, Louis Surugue dans les collections. Jérôme Genga, Guérison de dix lépreux par Jésus-Christ René-Antoine Houasse, Le jeu de coupe-tête. Nicolas de Largillierre, Portrait d'Étienne François Geoffroy. Charles Le Brun, Vues intérieures de l'escalier des Ambassadeurs du château de Versailles, pour l'ouvrage Grand escalier du châtreau de Versailles dit escalier des Ambassadeurs ordonné et peint par Charles Le Brun, Écuyer du Roi, consacré à la mémoire de Louis le Grand : 1) paroi nord ; 2) paroi sud ; 3) paroi ouestGérard Sabatier, Versailles ou la figure du Roi, Albin Michel, 1999. ; Les différentes nations de l'Afrique ; Les différentes nations de l'Amérique ; Les différentes nations de l'Asie ; Les différentes nations de l'Europe, 1720 ; La reddition de Cambrai ; La bataille de Cassel ; La prise de Saint-Omer ; Valenciennes remportée d'assaut ; La chasse à l'ours sauvage ; Les adeptes de la flore, 1713 ; Louis XIV accordant sa protection aux beaux-arts, gravure de la suite Versailles immortalisé, 1720Art of the Print, Louis Surugue et Charles Le Brun. Antoine Mathieu, Portrait de Louis de Boullogne, 1735École nationale supérieure des beaux-arts, Louis Surugue dans les collections. Adam François van der Meulen, Prise de Saint-Omer Pierre Mignard, La Musique ; Les Mathématiques ; L'Astronomie ; La Poésie ; La Peinture ; La Sculpture, gravures allégoriques, 1712. Charles Parrocel, Arrivée de trois carrosses à Versailles devant les grilles de l'escalier des Ambassadeurs, 1725. Jean-Baptiste Pater, L'arrivée des comédiens au Mans ; Ragotin pousse brusquement dans l'eau le Père Gifflot qui entraîne le cocher, et celui-ci le paysan ; Madame Boivillon ouvre la porte à Ragotin qui lui fait une bosse ; La rancune coupe le chapeau de Ragotin ; Ragotin retiré du coffre où la servante l'avait enfermé ; Ragotin à cheval, sa carabine lui tire entre les jambes ; La Rappinière tombe sur une chèvre ; Madame Boivillon, pour tenter le Destin, le prie de lui chercher une puce, gravures pour Le roman comique de Paul ScarronBibliothèque intercommunale André-Malraux, Lisieux, "Le roman comique" de Scarron ; Le désir de plaire, 1743National Gallery of Art, Louis Surugue dans les collections. Bernard Picart, Frontispice de la suite de figures du jardin de Versailles. Nicolas Poussin, Moïse s'étant approché du camp, il vit le veau et les danses. Alors il entra en une grande colère et il jeta les tables qu'il tenait à la main et les brisa au pied de la montagne, 1750. Rembrandt, Le philosophe en méditation ; Le philosophe en contemplation, 1754. Pierre Paul Rubens, Institution de l'Eucharistie (la Cène). Raphaël Sanzio, Sainte Marguerite. Andrea del Sarto, Le sacrifice d'Isaac. David Téniers le jeune, Petit lendemain de noce flamande ; Le jeu du mail flamandMusée de Flandre, Louis Surugue dans les collections ; David Téniers fait dire la bonne aventure à sa femme, La fileuse flamande (1655), 1740. Jean-François de Troy, L'ornement de l'esprit et du corps ; Disco puer virtutem ex me verumque laborem, frontispice de La Henriade de Voltaire, Londres, 1728. Nicolas Vleughels, Les quatre éléments, suite de quatre gravures, 1721. Antoine Watteau, dix gravures en tout, dont : Arlequin, Pierrot et Scapin, 1719Victoria and Albert Museum, Louis Surugue dans les collections ; Les amusements de Cythère (Vénus jouant avec des amours) ; Le concert et les comédiens italiens, 1719.

Gravures personnelles Présenté à Monsieur le Comte de Maurepas, généalogie des dieux de l'Antiquité. La ménagère.

Galerie

Expositions L'art du théâtre à Valenciennes, bibliothèque municipale de Valenciennes, 1989. Charles Le Brun (1619-1690) - Le décor de l'escalier des Ambassadeurs à Versailles, Musée national du château, Versailles, - . Antoine Watteau et l'art de l'estampe, Musée du Louvre, Paris, 2010. L'invention du sauvage, Musée du quai Branly - Jacques Chirac, 2012. La leçon de musique d'Antoine Watteau, Palais des beaux-arts de Bruxelles, puis Palais des beaux-arts de Lille, 2013Flandre info, La leçon de musique d'Antoine Watteau, présentation de l'exposition, 2013. Fêtes et divertissements à la Cour, château de Versailles, - .

Réception critique - Académie royale de peinture et de sculpture, procès-verbal de la séance du samedi Anatole de Montaiglon, Procès-verbaux de l'Académie royale de peinture et de sculpture, 1648-1793, publiés par la Société de l'histoire de l'art français d'après les registres originaux conservés à l'École des beaux-arts, tome V (1726-1744). - Michael Huber<ref>Michael Huber, Notices générales des graveurs divisés par pays et des peintres rangés par écoles, chez J.G.I. Breitkopf, 1787.</ref> - Georges DuplessisGeorges Duplessis, Les merveilles de la gravure, Librairie de L. Hachette et Cie, 1869. - Paul LacroixPaul Lacroix, L'ancienne France - Peintres et graveurs, Firmin-Didot et Cie, 1888.

Musées et collections publiques France Archives du Pas-de-Calais, Arras, L'escalier des Ambassadeurs du château de Versailles, gravure. Musée de Flandre, Cassel, Jeu de mail flamand, d'après David Téniers le Jeune. Musée des beaux-arts de Dole, La fille de Tanctède, Gabrielle de Vergy, d'après Le Corrège. Musée du Nouveau Monde, La Rochelle, Les différentes nations de l'Amérique, d'après Charles Le Brun, 1720. Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Marseille, Le jeu de coupe-tête, d'après René-Antoine Houasse. Musée des beaux-arts de Nancy, Frontispice de la suite de figures du jardin de Versailles, d'après Bernard Picart. Musée des beaux-arts d'Orléans, Portrait de Joseph Christophe, d'après Hubert Drouais. Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France, Paris. École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, Portrait de Louis de Boullogne, d'après Antoine Mathieu, 1735. Grand Palais, Paris, L'escalier des Ambassadeurs. Musée Carnavalet, Galerie d'Hercule de l'hôtel Lambert : 1) page de dédicace<ref name="LAM">[http://parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/la-galerie-d-hercule-de-l-hotel-lambert-page-de-dedicace Musée Carnavalet, La galerie d'Hercule de l'Hôtel Lambert, "page de dédicace"]</ref> ; 2) Mercure et putti portant la peau du lion de Némée"Musée Carnavalet, La galerie d'Hercule de l'Hôtel Lambert, "Mercure et putti portant de lion de Némée.