Thierry Metz, né le à Paris et mort le à BordeauxRelevé des fichiers de l'Insee, est un poète français.

Biographie Après le lycée, Thierry Metz prolonge en autodidacte sa formation philosophique, littéraire et poétique en puisant largement dans les fonds de livres des Chiffonniers d'EmmaüsJérôme Garcin, « Thierry Metz : l'homme qui se redresse », L'Obs, 14 août 2017.. Une aubaine pour ce jeune homme avide d’écrits et soucieux de son budget. Il a 21 ans lorsqu’il s’installe, en 1977, avec sa famille à Saint-Romain-le-Noble, près d'Agen. D'un physique imposant (il était jeune champion d'haltérophilie), il partage son temps entre des travaux de manœuvre de chantier, de maçon puis d'ouvrier agricole, qui lui permettent de gagner sa vie, et des périodes de chômage durant lesquelles il écrit.

Il prend contact avec le poète Jean Cussat-Blanc, dont la revue Résurrection est la première à le publier avec une évidente reconnaissance. Cette reconnaissance se poursuit avec la publication de son premier recueil poétique, Sur la table inventée (éditions Jacques Brémond), pour lequel il obtient le prix Ilarie Voronca en 1988, puis avec la publication chez Gallimard du Journal d'un manœuvre (1990), inspiré par son travail dans un chantier du centre d'Agen, préfacé par le poète Jean Grosjean, et salué par Jean Cussat-Blanc comme une manifestation de « l'or du pauvreCité par Thierry Courcaud dans « Dernière rencontre avec Thierry Metz », préface à Poésies 1978-1997, Éditions Pierre Mainard, 2017, . ».

Dans les périodes de chômage, Metz écrit et lit beaucoup, des poètes, mais aussi des philosophes, sa quête étant, selon les termes d'Isabelle Lévesque, « philosophique, politique, spirituelle, mais aussi poétiqueIsabelle Lévesque, préface au Grainetier, Pierre Mainard, 2019, .. »

La mort accidentelle d'un de ses trois enfants (son fils Vincent, fauché par une voiture à l'âge de huit ans, le , jour même de l'obtention du prix VoroncaMention faite dans Lettres à la Bien-aimée, quatrième de couverture, Gallimard, , 1995.) est pour lui un drame familial et personnel dont il ne se remettra jamais et qui le conduit à l'alcoolismeVoir le texte de Marc Feld, auteur en 1995 d'une adaptation de L'Homme qui penche pour le théâtre, sur le site theatre-contemporain.net..

En 1996, il s'installe à Bordeaux, puis se fait admettre à l'hôpital psychiatrique de Cadillac, pour combattre sa dépendance à l'alcool et sa neurasthénie ; durant deux séjours (1996 et 1997), il y écrit le cahier de L'Homme qui penche« C’est l’alcool. Je suis là pour me sevrer, redevenir un homme d’eau et de thé. [...] Je dois tuer quelqu'un en moi, même si je ne sais pas trop comment m'y prendre. Toute la question ici est de ne pas perdre le fil. De le lier à ce que l'on est, à ce que je suis, écrivant », écrit-il en octobre 1996 en arrivant au centre hospitalier, dans le premier des quatre-vingt-dix brefs poèmes en prose de L’Homme qui penche, éditions Opales, 1997 ; rééd. Unes, 2017, n. p., dans lequel il portraiture les ombres errantes de l'hôpital. Le dernier de ces poèmes est daté du , deux mois et demi avant son suicide, survenu dans cet hôpital le « Et pourtant l’homme qui penche n’est pas dans la tristesse, pas davantage dans le désespoir, mais au-delà de ces états, entouré, enfermé par un cercle invisible qui le rend comme absent à lui-même. Il s’observe et observe les autres, qui essaient eux aussi “de ne pas perdre le fil” », Marie Étienne, « Le poète encerclé », En attendant Nadeau, 4 juillet 2017..

Thèmes et reconnaissance Dans une langue épurée, sa poésie est l'expression contenue, pleine de sensibilité et de détresse, d'un homme fracassé par la vie, mais qui, selon les termes de Jean Grosjean, réussit à faire en sorte que

Pour Metz,

L'homme et son œuvre ont reçu l'hommage du monde de la poésie et des éditeurs de poésie...

Prix Prix Voronca 1988 Prix FroissartFroissart avec un « t » et non un « d » est le nom du chroniqueur médiéval honoré à Valenciennes, dont la revue et les éditions dirigées par Jean Dauby ont pris le nom. 1989

Œuvres Sur la table inventée, Éditions Jacques Brémond, 1988 (prix Ilarie Voronca 1988) ; nouvelle édition avec des encres de Gaëlle Fleur Debeaux, éd. Jacques Brémond, 2015 - traductionTraduction italienne par Riccardo Corsi, Sulla tavola inventata, Rome, Edizioni degli animali, 2018. Dolmen suivi de La Demeure phréatique, Cahiers Froissart, 1989 (prix Froissart) ; rééd. Jacques Brémond, 2001 Le Journal d'un manœuvre, Éditions Gallimard, , 1990 et 2016 - traductionTraduction italienne, Diario di un manovale, a cura di Andrea Ponso, Milano, Edizioni degli animali, 2020. Entre l'eau et la feuille, Éditions Arfuyen, 1991 Consultable partiellement sur Gallica. ; rééd. Jacques Brémond, 2015 Lettres à la bien-aimée, Éditions Gallimard, , 1995 ; rééd. avec une postface d'Éric Vuillard, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 2025 Dans les branches, Éditions Opales, 1995 et 1999 ; rééd., avec une postface de Jean Maison (« Je t'attendrai en mai »), Le Ballet Royal, 2020 Le Drap déplié, Éditions L'Arrière-Pays, 1995 et 2001 De l'un à l'autre, avec des toiles filées de Denis Castaing, Jacques Brémond, 1996 L'Homme qui pencheL'Homme qui penche sur Le Tiers Livre.L'Homme qui penche, critique de Patrick Kechichian, Le Monde, ., Éditions Opales / Pleine Page, 1997 ; nouvelle édition revue et augmentée, Pleine Page, 2008 - traductionTraduction italienne par Michel Rouan et Loriano Gonfiantini, L'Uomo Che Pende, Pistoia, Edizioni Via del Vento, 2001. ; rééd. avec une préface de Cédric Le Penven, Éditions Unes, 2017 Terre, Éditions Opales / Pleine Page, 1997 et 2000 ; rééd. avec sept peintures de Véronique Gentil, Pierre Mainard éditeurPierre Mainard éditeur., , 2021 Dialogue avec Suso, Éditions Opales / Pleine Page, 1999 Sur un poème de Paul Celan, avec deux encres originales de Jean-Gilles Badaire, Éditions Jacques Brémond, 1999 Tout ce pourquoi est de sel (inédit), avec des illustrations de Marc Feld, Éditions Pleine Page, 2008 Carnet d'Orphée et autres poèmes, avec quatre encres et lavis de Jean-Claude Pirotte, préface de Isabelle Lévesque, Éditions Les Deux-Siciles, 2011 - traductionTraduction italienne par Marco Rota, avec trois linogravures de Piermario Dorigatti, Quaderno di Orfeo, Milano, Edizioni, 2012. Tel que c'est écrit, Éditions L'Arrière-Pays, 2012 Poésies 1978-1997 (rassemble ses poèmes jamais parus en livre), préface de Thierry Courcaud (« Dernière rencontre avec Thierry Metz »), Pierre Mainard éditeur, 2017 - traductionTraduction de poèmes extraits de Poésies 1978-1997, sous le titre Dire tutto alle case (« Tout dire aux maisons ») et traduits par Mia Lecomte, Interno Poesia Editore, 2021. Le Grainetier (récit inédit)Ce récit initiatique et onirique de jeunesse, « récit symbolique » d'avant les poèmes, a été initialement publié par épisodes, de l'hiver 1979 à l'hiver 1982, dans la revue Résurrection de Jean Cussat-Blanc, découvreur du poète qui l’accueillit dans chaque numéro ou presque, jusqu’en 2004, c’est-à-dire bien après la mort de Thierry Metz., suivi d'un entretien avec Jean Cussat-Blanc (« Avec Kostas Axelos et les Problèmes de l’enjeu »), préface d’Isabelle Lévesque, Pierre Mainard éditeur, 2019 Lettres à la bien-aimée et autres poèmes, préface d'Isabelle Lévesque, postface d'Éric Vuillard, Paris, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 2025 (rassemble Lettres à la bien-aimée, Sur la table inventée, Entre l'eau et la feuille, Le drap déplié, Tel que c'est écrit, Carnet d'Orphée et autres poèmes)

Adaptations théâtrales et films Notes sur le chemin, film réalisé par Guillaume Metz en 2024, d'après le recueil Terre de Thierry Metz Dans l'ici en 2022, d'après les textes : L'Homme qui penche, Le Journal d'un manœuvre et Dans l'ici d'un homme de Thierry Metz L'Homme qui penche, film de Marie-Violaine Brincard et Olivier Dury, Survivance, 2020, sorti en 2021SurPrologue-ALCA, un entretien avec les deux réalisateurs.. L'Homme qui penche : par le comédien et poète Lionel Mazari en 2003 à la médiathèque intercommunale de Miramas ; par Marc Feld en 2008, à LausanneVoir sur theatre-contemporain.net..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Thierry Guichard, « Entre le silence et le cri », Le Matricule des Anges n° 22, janvier-. Revue Diérèse, numéros consacrés à Thierry Metz (textes, témoignages, documents) : n° 52/53, , sous la direction de Daniel Martinez et Isabelle Lévesque. n° 56, printemps 2012. Cédric Le Penven, Thierry Metz, Éditions des Vanneaux, , 2017 Dossier « Thierry Metz » sur remue.net. Europe, Cahier Thierry Metz, textes de Cédric Le Penven, François Heusbourg, Éric Vuillard, Jean Marc Sourdillon, Marie-Violaine Brincard, Olivier Dury, Isabelle Lévesque, Didier Schillinger, Jacques Brémond, Lionel Mazari, Marc Feld, Mia Lecomte, n° 1166-1167-1168 – juin-juillet-août 2026.

Hommages Un hommage du poète Michel Destieu Un hommage de Marc Blanchet, « Le drap déplié », Le Matricule des Anges n° 14 Hommage de Jacques Ancet, Terre avant les oiseaux, avant les étoiles sur remue.net Isabelle Lévesque, « Thierry Metz, Le Carnet d'Orphée » sur pierresel.typepad.fr

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