La () est la branche terrestre des Forces armées britanniques. Elle a pris part à de nombreux conflits dans l'histoire récente et à travers le monde, ceci lui conférant un grand prestige dans l'histoire militaire. Il s'agit aujourd'hui d'une armée professionnelle, qui ne fait pas appel à la conscription.
Au , l'armée britannique comptait , dont dans l'armée régulière, et (), ainsi que . Elle est déployée dans de nombreuses zones de conflit, en tant que force expéditionnaire ou force de maintien de la paix sous couvert des Nations unies : elle est ainsi présente au Kosovo, à Chypre, en Allemagne Pour ce qui est des effectifs, la est la deuxième armée de l'Europe de l'Ouest, après l'Armée de terre française.
Contrairement à la , aux et à la , la ne possède pas le terme « Royal » dans son nom, ce pour des raisons historiques : elle fut déclarée « Armée du Parlement » (au lieu de « Armée de la Couronne ») par la Charte des droits de 1689. Cependant, beaucoup des régiments et unités de la ont conservé le préfixe « Royal » dans leur nom, et bénéficient du commandement honorifique de certains membres de la famille royale.
Le chef de l'état-major général de cette armée professionnelle est depuis le le général Mark Carleton-Smith.
Historique
Création Il n'existait pas d'armée terrestre permanente avant la guerre civile en Angleterre en 1642. Au besoin, le roi levait alors un groupe d'hommes suivant la loi féodale d'alors. Après la guerre civile, le parlement, fraîchement créé, assuma et créa une armée en s'inspirant de la New Model Army de Cromwell. Le , le roi fonde officiellement l'Armée britannique.
Au début du , après être sortie victorieuse de la guerre de Succession d'Espagne où l'Armée forgée par Guillaume d'Orange et le duc de Malborough s'était brillamment comportée, la majeure partie de celle-ci fut licenciée et son effectif passa de en 1710 à en 1783.
Le Parlement de Grande-Bretagne, soucieux de préserver les libertés politiques, veillait à limiter la présence militaire sur le territoire britannique. L'armée était vouée à des opérations extérieures, en Europe continentale et outre-mer. Les officiers, choisis dans la noblesse fortunée, devaient acheter leur charge et, contrairement à leurs collègues de la Royal Navy, la Marine, n'avaient souvent qu'une formation insuffisante. Les soldats, enrôlés pour la vie, étaient mal payés, sans perspective d'avancement et socialement peu considérésRoch Legault, L’organisation militaire sous le régime britannique et le rôle assigné à la gentilhommerie canadienne (1760-1815), Revue d'histoire de l'Amérique française, Volume 45, Numéro 2, automne 1991, p. 233-234 . vignette|. Peinture de John Trumbull. L'armée britannique dans la guerre d'indépendance des États-Unis est en partie composée de mercenaires allemands. Initialement plus nombreuse et plus professionnelle que l'armée continentale indépendantiste, elle n'arrive pas à maintenir sa domination sur un pays trop vaste, aux communications difficiles, où la population civile, malgré les nombreux loyalistes, est de plus en plus acquise à la cause de l'indépendance.
vignette| Charge des Royal Scots Greys à la bataille de Waterloo. Peinture d'Elizabeth Thompson, Lady Butler. Les guerres napoléoniennes contre le Premier Empire voient les Britanniques et leurs alliés affronter l'Armée française en de nombreuses occasions. La bataille de Waterloo en 1815 est le point final à ces presque vingt années de guerre (les guerres de la Révolution française).
En 1820, son effectif est de au Royaume-Uni et dans l'Empire britannique..
À la suite des problèmes rencontrés lors de la guerre de Crimée, où les Français, les Turcs et les Britanniques se battent ensemble contre la Russie, le gouvernement britannique entame une réorganisation de la British Army.
Les secrétaires à la guerre (Edward Cardwell et Hugh Childers) développent et mettent sur pied entre 1873 à 1881 une refonte complète des unités d'infanterie pour aboutir en 1881 au système que nous connaissons de nos jours.
Leur but était d'avoir un bataillon en opération pendant que l'autre était en dépôt pour la formation des nouvelles recrues et leur entraînement. Les bataillons en dépôt pouvaient être aussi considérés comme une force d'appoint en cas de besoin.
Ces dépôts d'entraînement forment des régiments qui prennent le nom de leur district. Les bataillons de réserve s'unissent également à ces régiments-dépôts et prennent le numéro suivant des unités d'active.
Première Guerre mondiale
L'Armée britannique participa à la Première Guerre mondiale avec ses propres troupes, mais également avec les troupes du Commonwealth (alors appelé l'Empire : Canada, Nouvelle-Zélande, Inde, Australie et pays de l'Afrique et des Antilles). Elle combattit sur les fronts de France et de Belgique, des Balkans, du Moyen-Orient et d'Afrique.
À l'entrée en guerre en 1914, ces effectifs étaient extrêmement réduits, l'Armée régulière britannique compte , et motorisés, au total de carrière qui renforcés par les réservistes sont dispersés dans les colonies.
Dans un premier temps, le Royaume-Uni peut débarquer sur le continent un corps expéditionnaire. Leurs effectifs se montent à d’infanterie dont seules seront embarquées pour le continent sur décision de Lord Kitchener, ministre de la guerre et une division de cavalerie. Les de ce corps expéditionnaire sont commandés par John French.
En , ce sont cinquante-six divisions en France faisant face à l'Armée impériale allemande et quatre en Italie qui sont présentes sur le front de l'Ouest, en mai, on compte d'infanterie (plus cadres) et trois de cavalerie en France Les deux batailles de la Marne., sans compter les troupes engagées contre l'Empire ottoman au Moyen-Orient, dans les Balkans et sur les autres théâtres d'opérations. vignette|Entrée du général Edmund Allenby à Jérusalem après la bataille de Jérusalem, 1917. En , les effectifs seront de , et J.M Winter, La Première Guerre mondiale, Sélection du Reader's Diges, 1990, , ..
Vers la fin de la guerre en 1918, plus de sept millions d'hommes et de femmes avaient servi dans l'Armée britannique.
Les pertes furent lourdes, , , recensés dans un rapport de 1919 dont de guerre sans compter les forces de l'empire britannique qui eurent dans les et Les pertes de l'empire britannique..
Entre-deux-guerres Durant l'entre-deux-guerres, la situation politique et économique de l'empire britannique fit que les forces armées virent leur format réduit au strict minimum. Bien que l'Armée de terre fût dotée de matériels modernes (en 1939, elle était la seule armée entièrement motorisée), ses effectifs réduits furent largement insuffisants pour tenter d'appuyer une politique étrangère qui aurait été plus volontariste La fin de la règle des et le corps expéditionnaire britannique..
Voici quelle était au début de 1937 la répartition géographique des effectifs de l'Armée régulière :
Grande-Bretagne : ; Bermudes : 400 ; Jamaïque : 700 ; Gibraltar : ; Malte : ; Chypre : 200 ; Égypte : ; Soudan : ; Palestine : ; Aden : 200 ; Île Maurice : 150 ; Ceylan : 400 ; Singapour : ; Hong Kong : ; Indes et Birmanie (British Indian Army) : Marc Benoist, Les Marines étrangères, 1938..
Seconde Guerre mondiale
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle envoya des troupes en France comme pour la Première Guerre mondiale. Cependant, durant la bataille de France, elle dut battre en retraite en raison des victoires à répétition de l'Armée allemande. Elle put sauver le personnel de son Corps Expéditionnaire mais perdit son matériel lourd à Dunkerque. En , l'Armée de terre britannique était composée de d'infanterie et d'une division blindée. Les divisions d'infanterie étaient, en moyenne, à la moitié de leur effectif théorique, et avaient seulement un sixième de leur dotation normale en artillerie, et manquaient presque totalement de moyens de transport. De plus, il y avait une grave pénurie de munitions, si bien qu'aucune ne pouvait être gaspillée pour l'entraînement. Le a été formé pour encadrer la réserve générale, et a compris la blindée.
En 1941, l'Armée britannique (avec l'appui de ses alliés, Forces belges libres, Forces françaises libres, Armée polonaise de l'ouest) fut victorieuse face à l'Italie durant la guerre du désert, premier pays de l'Axe à subir de graves revers face aux armées alliées. L'arrivée en renfort des troupes allemandes du maréchal Rommel fît reculer dans un premier temps les armées britanniques, mais en , grâce à la résistance des troupes de la française libre à Bir-Hakeim, les forces britanniques reprirent l'initiative, et à El-Alamein, elles mirent en déroute les forces allemandes et italiennes.
Au cours de l'année 1942, l'Armée britannique, aidée par les troupes de l'Empire, réussit un raid audacieux contre le port de Saint-Nazaire. Toutefois, elle subit également un revers sanglant lors du débarquement de Dieppe cette même année. Cette défaite lui permit de s'améliorer et de corriger beaucoup d'erreurs dans le domaine des opérations amphibies. vignette|Troupes de libération aux Pays-Bas en novembre 1944 : l'occupant allemand a inondé certaines parties du territoire pour freiner la progression des Britanniques.
Par la suite, elle participa aux différents débarquements alliés en Afrique, en Italie, en France, et s'enfonça pour la bataille finale au cœur de l'Allemagne. En dehors de l'Europe, elle dut faire face à l'avance des troupes japonaises en Asie.
Seconde partie du Après avoir participé avec les forces du Commonwealth à la guerre de Corée, l'Armée britannique participa avec succès à des opérations de guerre au Kenya contre une rébellion, au Yémen durant une guerre civile, en Malaisie contre une guérilla communiste, et contribua à l'infiltration de troupes indonésiennes sur l'île de Bornéo durant les années 1950/1960.
De 1945 à la fin de la guerre froide, elle maintient d'importants effectifs en Allemagne. La British Army of the Rhine regroupait durant la guerre froide pas moins de trois divisions blindées en Allemagne de l'Ouest. Depuis la fin de cette période, elle a été renommée en 1994, regroupant blindées et de soutien dans les années 2000.
Elle assura dans la province britannique d'Irlande du Nord un quadrillage du territoire lors des troubles entre 1968 et 2005. Elle s'engagea plus tard dans deux conflits majeurs (guerre des Malouines (1982) et guerre du Koweït (1990-1991)). vignette|Le drapeau britannique flotte depuis un véhicule blindé de transport de troupes de la Royal Scots alors qu'il avance le long de l'autoroute Bassorah-Koweït (la ) près de Koweït après le retrait des forces irakiennes au cours de l'. vignette|upright=0.7|En , durant la guerre du Golfe, des soldats attendent avant l'offensive.
Elle envoya également des troupes de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU ou de l'OTAN. Citons comme exemple les opérations en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo ou à Chypre. Certaines de ces opérations durent encore, notamment dans les Balkans.
Conflits du De nos jours, l'Armée britannique a mené des opérations dans la guerre d'Afghanistan et a opéré en Irak aux côtés des forces américaines. Elle quitte l’Allemagne en 2015.
Avec les coupes dans les effectifs depuis la fin de la fin de la guerre froide ( d'active en 1990, en 1998, en 2008), de nombreuses unités sont dissoutes ou changent d'affectation, le nombre de régiments de chars de combat passant par exemple de 13 à 5 et celui de bataillons d’infanterie entre 1990 et 2008 de 40 à 36.. En 2015, elle avait réguliers.. Le programme Army 2020 prévoyait, en 2018, un total de d'active et . mais en , on annonce d'active à cette date. Elle est composée, au de alors que l'objectif est de Info. BBC..
Déploiements actuels Opérations militaires (depuis 1704) : 1 bataillon d'infanterie et Joint Provost and Security Unit du Royal Gibraltar Regiment : Recruiting and training facilities