Carl Otto Ehrenfried Nicolai (né le à Königsberg – mort le à Berlin) est un compositeur romantique prussien.
Biographie Otto Nicolai est né non loin de l' et est baptisé dans cette église le . Enfant prodige, Otto Nicolai apprend dans un premier temps le piano avec son père. À l'âge de , il fugue et se rend à Berlin étudier auprès de Carl Friedrich Zelter. Il connaît plusieurs succès en royaume de Prusse, par ses compositions (avec sa Première symphonie en 1831) et, dans des concerts publics, par ses dons d'interprète.
En 1833, il est nommé organiste à la chapelle de l'ambassade de Prusse à Rome. Il est ensuite nommé Kapellmeister à Vienne en 1837, dont il devient rapidement une figure importante de la vie musicale. Lors de sa venue à Vienne en 1845, Hector Berlioz le rencontre et se montre très élogieux à son endroit : « L'éminent artiste Nicolaï. (...) Je le regarde comme un des plus excellents chefs d'orchestre que j'aie jamais rencontrés, et comme un de ces hommes dont l'influence suffit à donner une supériorité musicale évidente à la ville qu'ils habitent. (...) C'est un compositeur savant, exercé, et susceptible d'enthousiasme »Mémoires, Berlioz, , 441, Edition Harmoniques Flammarion, 1991. En 1844, on lui propose de succéder à Felix Mendelssohn à Berlin, mais il n'y retournera que la dernière année de sa courte vie.
Le , son chef-d'œuvre, l'opéra Les Joyeuses commères de Windsor, adapté du drame éponyme de Shakespeare, est représenté au Hofoper de Berlin. Nicolai veut innover en créant un opéra débarrassé des influences italiennes et prussiennes. On y sent toutefois les influences de Rossini et de Carl Maria von Weber. Le de la même année, deux jours après avoir été nommé directeur musical de l'Opéra de Berlin (Hofkapellmeister du Staatsoper BerlinLittéralement : « Maître de chapelle de la cour, à l'Opéra d'État de Berlin » (l'expression « maître de chapelle » s'est éloignée, en allemand, de son sens exclusivement religieux et a pris une signification plus générale).), il meurt d'une hémorragie cérébrale. Le même jour, il avait été élu membre de l'Académie royale de Prusse.
Otto Nicolai fut aussi un des créateurs de l'orchestre philharmonique de Vienne.
On lui doit cinq opéras. Outre Les Joyeuses commères de Windsor, il est l'auteur d'un très important Il Templario (en français : « Le templier », 1840), dont le livret est tiré d’Ivanhoé de Walter Scott. L'œuvre a été créée la même année que La Vestale de Saverio Mercadante et Saffo de Giovanni Pacini.
Il a laissé aussi des lieder, de la musique pour orchestre, pour chœur et des sonates.
Œuvre Operas TitreGenreActesLivretCompositionDate de créationLieu de créationLa figlia abbandonata (« La Fille abandonnée ») 1837inachevé Rosmonda d'Inghilterra (donné sous le titre de : , lors de la première représentation) melodramma serio (« mélodrame sérieux »)2 actesFelice Romani1837–1838Trieste, Teatro Grande (« Le Templier »)melodramma3 actesGirolamo Maria Marini, d'après Walter Scott1839–1840Turin, Teatro RegioGildippe ed OdoardoCf. « La Jérusalem délivrée, poème du Tasse »melodramma3 actesTemistocle Solera1840GênesIl proscritto (« Le Proscrit ») 3 actesGaetano Rossi1841 Milan, La ScalaDie Heimkehr des Verbannten (« Le Retour de l'exilé », révision de Il proscritto)tragische Oper3 actesSiegfried Kapper1843Vienne, Theater am Kärntnertor (« Théâtre de la Porte de Carinthie »)Der Tempelritter (« Le Chevalier du Temple », révision de : Il templario) 3 actesSiegfried Kapper1845Vienne, Theater am Kärntnertor (« Théâtre de la Porte de Carinthie »)Die lustigen Weiber von Windsoropéra-comique et fantastique3 actesSalomon Hermann Mosenthal, d'après The Merry Wives of Windsor de William Shakespeare1845–1846Berlin, Königliche Hofoper
Bibliographie : Otto Nicolai. In: Westermann's Illustrierte Deutsche Monatshefte. 1857, S. 682–689 (Digitalisat bei der Bayerischen Staatsbibliothek). Hermann Mendel: Otto Nicolai: Eine Biographie. Berlin 1866 und 1868. Georg Richard Kruse: Otto Nicolai als Sinfoniker. In: Allgemeine Musikzeitung. 35. Jg., 1908, Nr. 24–26, S. 475–477, 491–493 und 507–509. Wilhelm Matull: Otto Nicolai, 1810–1849. In: Große Deutsche aus Ostpreußen. Hrsg. von Wilhelm Matull. Gräfe & Unzer, München 1968 , S. 139–147. Ulrich Konrad: Otto Nicolai (1810–1849). Studien zu Leben und Werk (= Collection d’études musicologiques. Band 73). Koerner, Baden-Baden 1986 (zugleich: Bonn, Univ., Diss., 1983).
: Das verkannte Hauptwerk? Zur Entstehung von Otto Nicolais Oper / Der Verbannte (Mailand 1841 / Berlin 1849). In: (u. a.): Bühnenklänge. Festschrift für zum 65. Geburtstag. Ricordi, München 2005 , S. 399–426 (Beiträge teilw. dt., teilw. ital., hier dt.). Ulrich Konrad: „Altrömische“ und „deutsche“ Studien. Otto Nicolais großes Konzert von 1843 und die Gesellschaft der Musikfreunde in Wien. In: 200 Jahre Uraufführungen in der Gesellschaft der Musikfreunde in Wien (= Wiener Schriften zur Stilkunde und Aufführungspraxis. Sonderband 8). Hrsg. von . Böhlau Verlag, Wien/Köln/Weimar , S. 89–102.
Notes et références
Liens externes
Les Joyeuses commères de Windsor : partition intégrale (piano-chant) sur le site de la Médiathèque musicale de Paris
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