vignette|Drapeau des Gorans, appelé Bajrak (le j se lit comme un y). Il a été utilisé vers 1953 par des Gorans, il s’agit du Bajrak le plus ancien connu de la communauté Goran Les Gorans, Gorani ou Goranci sont des Slaves méridionaux., et résident dans les Balkans, entre l'Albanie et la Macédoine du Nord et surtout dans la région des monts Šar ou Malet e Sharrit en albanais, au sud du Kosovo. Ils ne doivent pas être confondus avec d'autres montagnards, des Carpates septentrionales ceux-là : les Gorals. La racine du nom est la même : gora, la montagne en slave. Leur parler, le appartient au groupe des langues slaves du sud et s'apparente au macédonien avec des mots tiré de l’albanais et du bosnien. On retrouve une utilisation des mots d'origine arabe et turque dans leur langue. Ce peuple minoritaire est en voie d'assimilation aux Kosovars albanophones par passage à l'albanais, mais diminue aussi par émigration depuis 1912. Leur nombre est passé de à aujourd'hui, par départ vers la Turquie durant le et aussi vers les pays occidentaux (France, Italie, Allemagne, Suisse, ...) depuis 1990.

Nom L'ethnonyme Gorani est dérivé du toponyme gora, qui signifie « colline », « montagne » dans les langues slaves. Un autre autonyme pour ce peuple est NašintsiXhelal Ylli, Erlangen: "Sprache und Identität bei den Gorani in Albanien: 'Nie sme nasinci'.", qui signifie littéralement « notre peuple, les nôtres ».

En albanais, ils sont connus sous le nom de Goranët « Goranët jetojnë në krahinën e Gorës, që sot ndahet mes shteteve të Shqipërisë, të Kosovës etë Maqedonisë, krahinë nga ku e marrin edhe emrin. », mais aussi sous d'autres exonymes, comme Bullgarët (« Bulgares »), Torbesh (« porteurs de sac ») ou encore Poturë (« turquisés », de po-tur, littéralement « pas turcs », mais turquisés, utilisé pour parler des Slaves islamisés)Dokle, Nazif. Reçnik Goransko (Nashinski) -albanski, Sofia 2007, Peçatnica Naukini akademiji "Prof. Marin Drinov", s. 5, 11.

Répartition Cette communauté est répartie sur trois pays des Balkans : Au Kosovo, dans 19 villages de la région montagneuse des monts Šar au sud de Prizren : Bаćkа, Brоd, Vrаništa, Glоbоčicа, Gоrnjа Rаpčа, Gоrnji Krstec, Dikаncе, Dоnjа Rаpčа, Dоnji Krstec, Dragaš, Zli Potok, Krušеvо, Kukalјаnе, Lеštаnе, Ljubоšta, Мljikе, Оrćušа, Rаdеšа et Rеstеlicа ; Au nord-ouest de la Macédoine du Nord dans la région montagneuse de Šar (près de Tetovo) dans deux villages : Urvic et Jelovjane ; Au nord-est de l'Albanie (plus principalement dans la région de Kukës) dans 9 villages : Bоrје, Zаpоd, Kоšаrištе, Оrgоstа, Оrеšеk, Оrčiklе, Pаkišа, Crnоlеvо et Šištаvеc.

thumb|Gorans du Kosovo selon le recensement de 2011. Langue Pour communiquer entre eux, les Gorans utilisent en premier lieu leur propre dialecte qu’ils appellent le našinski, terme fondé sur le mot naš signifiant « notre ». Il s’agit d’une variante du dialecte torlaque, considéré par certains linguistes comme langue intermédiaire entre le serbe et le bulgare. En Yougoslavie, les Gorans du Kosovo étaient également pour la plupart locuteurs du serbe standard qu'ils apprenaient à l’école, et beaucoup d’entre eux parlaient aussi l’albanais pour des raisons pratiques ; depuis l'indépendance du Kosovo, ils l’apprennent à l’école, comme les Gorans d’Albanie.

Histoire vignette|Garçon goran en vêtements traditionnels thumb|Gorans du Kosovo en 2011.La thèse la plus répandue parmi les Slaves musulmans des Balkans (très admise parmi les populations bosniaques) est qu’avant leur conversion à l’islam sous l’Empire ottoman, certaines de ces populations auraient été bogomiles. Lesquels, selon la tradition bosnienne, n’étaient pas un groupe distinct, mais les Bosniaques médiévaux eux-mêmes, les "Bošnjani", issus du Royaume de Bosnie.

Les historiens, se référant aux sources, notent un hiatus de deux siècles entre les dernières mentions du bogomilisme (forme de christianisme balkanique proche des cathares, persécuté pour les mêmes raisons que ceux-ci et disparu au ), et l’islamisation (-), qu’ils relient à l’application de la charia dans l’Empire, selon laquelle les non-musulmans devaient payer une double-capitation (le Kharâj) et subir le devchirmé (enlèvement des garçons pour le corps des janissaires)Georges Castellan, Histoire des Balkans : , Fayard, Paris, 1999, ou Barbara Jelavich, History of the Balkans, Cambridge University Press, 1983.. Ils pensent qu’il est plus vraisemblable que les ancêtres des Gorans étaient orthodoxes avant leur conversion : d’ailleurs, cette conversion s'est faite tardivement par rapport à celle des autres populations pomaques, puisque la dernière famille chrétienne orthodoxe de la région des monts Šar est mentionnée dans le village de Brod, ses membres étant les derniers à s’être convertis, à l’exception de l'aînée Baba Bozhana, morte en 1856.

L'appartenance ethnique des Gorans sujet à controverse et la population gorane est elle-même divisée sur ce sujet. Pour des raisons historiques, les membres de la communauté gorane se sont successivement identifiés comme Bulgares, Turcs, Bosniaques, Serbes, Musulmans et Albanais. Les sources ottomanes mentionnent les Gorans comme faisant partie du peuple bulgare.

Organisations En 2004, le village de Donje Ljubinje, dans la municipalité de Prizren, a vu naître l'Association culturelle des Bulgares de Župa « Mahométans bulgares » (en ; en ). L'organisation a pour but de préserver, de cultiver et de transmettre la culture et les traditions de la minorité Goran du Kosovo à tous les membres de la communauté ayant gardé un sentiment d'appartenance bulgare. Le président de l'organisation est Fikret Karadolami.

Plusieurs projets de création d'écoles bulgares dans les régions où la population est compacte (Gora et Zhupa) sont en cours et ces écoles pourraient voir le jour dans les années à venir.

Personnalités Fahrudin Jusufi, footballeur yougoslave, puis entraîneur, d'origine Goran du Kosovo. Miralem Sulejmani, footballeur serbe d'origine Goran.. Almen Abdi, footballeur suisse, d'origine Goran du Kosovo, Danel Sinani, footballeur luxembourgeois, d'origine Goran du Kosovo.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Marcel Courthiade, Les Roms, Ashkalis et Gorans de Dardanie : Kosovo, INALCO, Paris, 2000, 47 p. Jean-Arnault Dérens, Laurent Geslin, Voyage au pays des Gorani, Paris, Cartouche, 2010.

Liens externes Gora Cafe За Гора, гораните и Мраморната пещера (site bulgare consacré aux Gorans, consulté le ) À la rencontre des Gorani du Kosovo Projet Rastko - Gora, source de documentation sur les Gorani Les Gorans

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