L'Avro 683 (familièrement appelé Lanc) est un bombardier quadrimoteur de la Seconde Guerre mondiale, initialement produit par la société Avro pour l'armée de l'air britannique. Entré en service en 1942, il est construit à plus de et est, avec le Handley Page , le Short Stirling et le Vickers Wellington, le principal bombardier de la Royal Air Force durant cette période. Il se rend célèbre pour ses bombardements de nuit. Il est une des armes principales des bombardements alliés en FranceLe drame oublié des bombes alliées sur la France de 1940 à 1945 et plusieurs centaines de ces appareils ont participé au massif bombardement de Dresde en . Il n'en reste, en 2015, que deux encore en état de vol.

Conception thumb|alt=Des Avro Lancaster en construction en 1943 à l'usine A.V. Roe & Co, Ltd, à Woodford dans le Cheshire.|gauche|Des Avro en construction en 1943 à l'usine A.V. Roe & Co, Ltd, sur le site de l' dans le Cheshire. L'Avro est développé sur la base du bombardier bimoteur . Ce dernier n'a pas connu de succès et ses performances, bien en deçà des estimations et des espérances, ont failli sonner le glas d'Avro. En désespoir de cause, l'ingénieur en chef d'Avro décide de le modifier pour en faire un quadrimoteur et ainsi améliorer ses performances. Ce faisant, il transforme un médiocre bombardier en un appareil qui devient le fer de lance du Royal Air Force Bomber Command jusqu'en 1945.

Le a en outre la capacité d'emporter une charge de bombes deux, voire trois fois supérieure aux avions similaires de son temps : B-17 ou B-24. Cependant, le B-17 et le B-24 sont significativement supérieurs en termes de plafond ou d'armement défensif.

En , des modifiés sont équipés de bombes rebondissantes (les « Dam Busters ») pour briser les barrages.

À partir de début 1944, il peut transporter une bombe unique de près de six tonnes, dite Tallboy, ou de près de dix tonnes appelée Grand Slam, selon l'objectif auquel elle est destinée.

sont construites dans six usines, sont livrés incluant les prototypes. Le pic de production est atteint en avec assemblés dans le mois, sans compter les pièces détachées.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les larguent un total de plus de de bombes et de bombes incendiairesAvro-683 Lancaster.

Comparaison AvionModèlePaysEquipagePlafond (m)Bombes (kg)Rayon d'action (km)ArmementB-17GUSA10B-24JUSA11LancasterB Mark IGB7HalifaxB Mark IIIGB7StirlingMark IGB7

En France Le traité commun de défense de l'Union de l'Europe occidentale permet à l'Aéronautique navale d'être dotée de 59 pour des missions d'entraînement, de lutte anti-sous-marine et de secours en mer entre 1950 et 1962.

Au Maroc, en 1956, la base aéronavale française de Port-Lyautey (Kénitra) abritait une escadrille équipée pour la lutte anti-sous-marine et le secours en mer. Ils furent remplacés vers 1960 par des P-2 . La base aéronavale d'Agadir (Maroc) était encore équipée de dans les années 1960/1961, période marquée par le tremblement de terre de cette ville.

Variantes thumb|right|250px|Avro Lancaster B I.

B I Les premiers furent équipés de moteurs Rolls-Royce XX et de carburateurs S.U. Des détails mineurs furent changés durant la production de cette série. On peut citer, par exemple, la modification du dessin de la tête du tube de Pitot. Le B I fut aussi équipé par la suite de XXII et XXIV..

B I Spécial Version Mk.I adaptée pour accueillir la bombe de Tallboy puis celle de « Grand Slam ». Soute à bombes allongée à l'avant et à l'arrière avec portes déposées (bombes hors gabarit), tourelles déposées. Première "Grand Slam" larguée par le squadron le contre le viaduc de Bielefeld, détruit en grande partie.

PR 1 Version du B I modifié pour la reconnaissance photographique. Ce modèle fut utilisé par les Squadrons 82 et 541. L'armement et les tourelles furent enlevés au profit d'un nez reconfiguré pour la reconnaissance et d'un appareil photographique dans la soute à bombes.

B I (FE) Pour anticiper les besoins de la Tiger Force qui opérait contre les Japonais, des furent « tropicalisés » d'où le nom de la version « FE » (Far East, Extrême-orient). La tourelle centrale était enlevée, un réservoir supplémentaire était ajouté. La radio et le radar étaient aussi modifiés.

thumb|right|250px|Avro B II

B II

Planifiée en parallèle de la version B Mk I, cette version équipée de moteur en étoile Bristol Hercules développant à (env. ) devait garantir la fourniture de bombardiers aux escadres en cas de rupture d'approvisionnement des moteurs . Seulement furent produits, l'approvisionnement en étant suppléé par l'américain Packard. Les assemblés avec des Packard , moteurs à la configuration divergeant pour des raisons d'industrialisation et de méthodes de fabrication de celles de Rolls-Royce, subirent consécutivement des évolutions de définition conduisant à leur désignation en B Mk III.

B III Variante à moteurs Packard . V-1650-1 sur prototype MkI modifié ( 28), 38 de ou 224 de sur la série.

B III Special Variante du B III. équipé de nouvelle mitrailleuse Browning de

ASR III/ASR 3

GR 3/MR 3 B III modifié pour la reconnaissance maritime.

B IV

B V Envergure augmentée et fuselage plus long. Plus tard cette version fut renommée B 2

B VI Version à moteurs 85 ou 87 de installés dans des nacelles cylindriques à la suite de la configuration des nouveaux radiateurs. Aucune production en série. Seulement deux cellules B Mk.I et cinq B Mk.III furent transformées par Rolls-Royce. Un ou deux Mk.VI furent employés comme avions de reconnaissance au sein du squadron . Les performances du MkVI étaient sensiblement supérieures à celles du Mk.III.

B VII Version doté d'une tourelle dorsale Martin avec deux mitrailleuses 12,7mm

B X Mk.III construits par Victory Aircraft Limited au Canada à destination de la RAF et de la RCAF (Royal Canadian Air Force) à raison de . Le premier exemplaire est sorti des chaînes le à destination de la RCAF (KB700) et a été baptisé « Ruhr Express » par Mrs. C.G. Power, épouse du ministre canadien de la Défense nationale pour l'air. La plupart des Mk.X étaient propulsés par des 28. Les appareils étaient assemblés sans tourelles de défense. Celles-ci étaient installées en Grande-Bretagne après leur survol de l'Atlantique au titre de leur livraison.

Version civile Une version désarmée, pouvant transporter dix passagers, a été en service dans les années 1940 et 50 : l'Avro .

Le Lancaster a aussi été équipé pour le transport de passagers de façon plus improvisée.

Galerie

Crash en France Dans la nuit du 4 au , un Lancaster mk.I, code DX-Q, serial ED 352, appartenant au 57th squadron de la Royal Air Force, décolle de l'aéroport de Scampton en Angleterre, pour une mission de bombardement sur Turin en Italie. Probablement à cause du mauvais temps, l’appareil s’écrase au dessus de Bourg-Saint-Maurice, contre la paroi de Belleface, sur la pointe de La Terrasse. Les sept membres d'équipages meurent dans l'accident. Il s'agit de : Flight Officer Alister Franck RITCH, pilote de la Royal Canadian Air Force, 22 ans Sergent Douglas Mc NEILL, radio/mitrailleur, 31 ans Sergent Eric Norman PERKINS, mitrailleur, 19 ans Sergent Eric ATKINS, navigateur/bombardier Sergent Denis George BUSBY, navigateur/bombardier, 20 ans Sergent Thomas COSFORD, mécanicien, 36 ans Sergent Ronald SHEARS, mitrailleur Les corps, retrouvés à la fonte des neiges, seront d'abord inhumés au cimetière de Bourg-Saint-Maurice, puis seront déplacés après la guerre au cimetière militaire britannique de Saint-Germain-au-Mont-d'Or, près de Lyon..

Bibliographie . Paul Brickhill, Les briseurs de barrages éditions Flammarion 1954 ; J'ai Lu () 1970 : L'histoire des bombardements des barrages de la Ruhr. . .

Notes et références

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