Manon des sources est un film dramatique franco-helvético-italien réalisé par Claude Berri, sorti en 1986.
Il s'agit d'un remake du film éponyme de Marcel Pagnol, sorti en 1952.
Le film débute alors que des années ont passé depuis la mort de Jean de Florette dit le bossu. Ugolin Soubeyran est désormais propriétaire des Romarins et prospère grâce à la culture des œillets. Son oncle César souhaite maintenant qu'il se marie pour perpétuer le nom de la famille. Ugolin tombe fou amoureux de Manon, la fille du bossu, devenue une belle jeune femme et qui vit en sauvageonne. Mais la vérité sur les circonstances qui ont conduit son père à la mort menace d'éclater à tout moment. Malgré les avertissements de son oncle, Ugolin essaye désespérément de séduire la jeune femme. Cette dernière va boucher la source par souci de vengeance. Un jeune instituteur arrive au village et tombe sous le charme de la belle sauvageonne qui va tomber à son tour amoureuse de lui.
Synopsis vignette|Église Saint-Barthélémy de Vaugines en 2008, où ont été tournés le mariage de Manon et la discussion entre César et Delphine. Cela fait presque dix ans que Jean de Florette est décédé. Ugolin Soubeyran prospère sur son lieu-dit perché sur un coteau, les Romarins. Il s'est lancé dans la culture des œillets, des fleurs rares et appréciées en ville, qu'il vend à bon prix. Manon, la fille de Jean, est devenue désormais une belle jeune femme. Elle est bergère et vit comme une ermite dans les collines environnantes avec un troupeau de chèvres. Sa mère est retournée en ville. La bergère évite autant qu'elle peut les contacts avec les villageois et préfère la solitude plutôt que le contact humain.
César, surnommé le Papet, est l'oncle vieillissant d'Ugolin. Il somme son neveu de se marier et d'avoir des enfants car il est le dernier des Soubeyran, le dernier à pouvoir transmettre ce nom. Le Papet veut donner à Ugolin tout l'or du clan Soubeyran et lui précise qu'il ne faut surtout pas qu'il reproduise ce qu'ont fait les anciens, trop orgueilleux et refermés sur eux-mêmes. En effet, les multiples mariages entre cousins ont donné dans les générations précédentes deux folles et trois suicidés.
Ugolin ne tarde pas à éprouver un amour passionnel et transi envers Manon : il l'a aperçue un matin se baignant nue dans une cascade et sa beauté l'a ébloui. Mais Manon pressent le rôle criminel joué par Ugolin dans l'échec de son père à vivre de sa terre. Elle le repousse vivement et s'éprend de Bernard Olivier, le jeune instituteur du village. Ce dernier n'est pas originaire de la région. De ce fait et contrairement aux autres habitants des lieux, il ne la juge pas sur sa parenté ni sur sa condition.
La bergère surprend une conversation entre deux villageois qui parlent entre eux de la façon dont la source fut « retrouvée » par Ugolin sur le terrain des Romarins. Elle comprend que les villageois savaient qu'il y avait une source présente là-bas depuis des années avant l'arrivée de sa famille. Pourtant personne ne révéla son existence à son père. Les habitants voyaient la famille de Manon comme « étrangère au village » du fait d'un patronyme qui n'était pas de l'un des leurs. En conservant le secret, ils ont alors laissé le bossu s'épuiser à la tâche, sachant très bien qu'il y risquait sa santé ou pire. De fait cette occultation s'avéra funeste puisque Jean est mort en tentant de creuser un puits.
Plus tard, en voulant retrouver une chèvre du troupeau tombée dans une crevasse, Manon découvre un petit plan d'eau souterrain qui alimente une source des environs. Avide de vengeance envers ces habitants et consciente de toute la détresse vécue à cause d'eux par sa famille comme par elle-même, elle va boucher la source principale durant la nuit avec des pierres et de la terre.
La panique se répand puisque la seule source d'eau potable est une fontaine publique au centre du village dont le jet vient de se tarir « mystérieusement ».
Lors d'un sermon mémorable à la messe le dimanche suivant, le curé fait comprendre aux villageois qu'il est au courant qu'ils ont, dans leur ensemble, porté préjudice au défunt Jean de Florette au sujet d'une source. Le prêtre le sait sans doute grâce à une confession d'Anglade, le bigot du village, lui-même au courant de l'histoire et craignant trop Dieu pour garder le secret. Le curé visualise le tarissement de la fontaine comme un châtiment divin (et même mérité, de ce qu'il sous-entend).
Le village ne parle désormais plus que du sermon du curé et l'on commence à accuser publiquement Ugolin et le Papet, qui se défendent malgré les griefs de Manon. Un témoin inattendu, Eliacin, l'idiot du village au tempérament agressif, intervient et confirme les dires de la bergère.
Ugolin est désespéré. Il propose de racheter ses fautes en offrant tous ses biens à Manon si elle l'épouse mais elle le rejette avec dégoût. Ugolin se suicide quelques heures plus tard par pendaison, laissant le Papet esseulé et meurtri de voir disparaître le dernier espoir de voir sa famille se perpétuer.
Manon révèle à l'instituteur son rôle dans le tarissement de la source et ils vont la déboucher ensemble. Ils se marient quelques semaines plus tard. Le temps passe et Manon attend un enfant du jeune instituteur. Le Papet mène désormais une vie solitaire, ponctuée par des visites sur la tombe de son neveu.
Une de ses vieilles amies, une aveugle nommée Delphine, revient au village qu'elle a quitté il y a fort longtemps. Elle n'est pas du tout au courant de ce qu'il s'est passé récemment dans le village (l'arrivée de Jean et de sa famille, son décès, le décès d'Ugolin, le mariage de Manon) mais elle est récipiendaire d'un secret très particulier.
Alors que le Papet et Delphine sont assis tous les deux sur un banc, à bavarder près du cimetière, elle lui reproche de ne pas avoir répondu à une lettre très importante reçue des décennies auparavant. À l'époque, Delphine n'était pas devenue aveugle. Cette lettre lui avait été dictée par Florette la mère de Jean, la grand-mère de Manon, puisqu'elle ne savait pas écrire et que Delphine, elle, le pouvait.
Durant leur jeunesse, Florette et le Papet se tournaient autour. Dans la grange d'Anglade, un soir, ils eurent une liaison juste avant que le Papet ne parte faire son service militaire en Afrique du Nord. Le vieil homme n'a jamais oublié Florette, son amour de jeunesse. Penser à elle l'émeut beaucoup. Puisque Delphine est réticente à le croire, c'est devant la croix de l'église du village qu'il lui jure qu'il n'a jamais reçu ce courrier.
Étant devenue enceinte du Papet, Florette lui offrait son amour et l'implorait de promettre, par retour de courrier, de prendre soin d'elle et de l'épouser à son retour. Elle aurait pu montrer la lettre à tous les villageois, ce qui aurait fait taire dans l’œuf les ragots d'être fille-mère. Mais la réponse ne vint pas. Alors Florette se mit à haïr le Papet et chercha à faire passer son enfant à naître par des décoctions abortives et des chutes sur des rochers. L'enfant pourtant resta bien accroché. Florette partit à Aubagne où elle se rendit à un bal et elle y accepta quelque temps plus tard l'offre de mariage du forgeron d'un village voisin. Pour éviter les ragots, elle partit du village de son enfance et n'y revint jamais. Elle donna naissance à un enfant moins de cinq mois après son mariage. Il naquit bossu, ce que Delphine attribue aux tentatives de sa mère de provoquer une fausse couche, et l’enfant fut prénommé Jean.
Le Papet est mortifié. Lui, si fier et orgueilleux dans tout le récit, lui qui ne s'était jamais remis en cause dans ses actions, va éprouver une mise en abyme de son comportement. Ses actions lui paraissent dorénavant avec une acuité et une honte profonde comme il n'en avait jamais éprouvé jusque-là. Il comprend qu'il a lui aussi agit par folie, comme cela fut si commun parmi les Soubeyran du passé, si ce n'est que le concernant ce fut par l'appât du gain, par la fierté et la volonté de vaincre.
C'est ainsi qu'il a causé la mort de son propre fils et qu'il s'est définitivement coupé de sa petite-fille par des procédés absolument impardonnables. Rongé par le remords et sentant sa fin proche, il fait venir dans sa maison le curé du village pour se confesser. Il écrit ensuite à Manon, sa petite-fille, lui expliquant toute l'histoire et lui léguant tout ce qu'il possède, terrains, maisons et pièces d'or.
Il meurt la nuit suivante dans son costume de cérémonie, tenant à la main le peigne de jeune fille de Florette qu'elle lui avait offert avant qu'il fasse son service militaire et qui ne l'avait jamais quitté.
Fiche technique Titre : Manon des sources Réalisateur : Claude Berri, assisté de Xavier Castano et Pascal Baeumler Producteur : Pierre Grunstein, Alain Poiré Scénario : Claude Berri, Gérard Brach, d'après le film éponyme de Marcel Pagnol Photographie : Bruno Nuytten Montage : Hervé de Luze, Geneviève Louveau Musique : Jean-Claude Petit, Giuseppe Verdi (thème), Le mariage de Manon, paroles D. McNeil, interpreté par Gabriel Bacquier et Eve Brenner. Société de production : DD Productions , Films A2, RAI Radiotelevisione Italiana , Renn Productions Société de distribution : AMLF Pays de production : Langue: français Genre : drame Durée : 120 minutes Date de sortie : France :
Distribution Yves Montand : César Soubeyran dit Daniel Auteuil : Ugolin Soubeyran dit Emmanuelle Béart : Manon Cadoret, adulte Hippolyte Girardot : Bernard Olivier, l'instituteur Élisabeth Depardieu : Aimée Cadoret, la veuve de Jean et mère de Manon Margarita Lozano : Baptistine, la bergère chez qui vit ManonLe mari de Baptistine n'apparaît pas dans Manon des Sources alors qu'il apparaît dans le film précédent Jean de Florette. Dans le film de 1952, Baptistine jette un sort au village car la tombe de son mari a été supprimée, dans la version de Claude Berri, nous pouvons penser que le mari de Baptistine est mort avant le début du second film. Yvonne Gamy : Delphine, la vieille aveugle qui apprend la vérité au Papet Ticky Holgado : l'ingénieur du Génie rural Didier Pain : Eliacin Marc Betton : Martial Jean Maurel : Anglade Roger Souza : Ange Jean Bouchaud : Le curé Gabriel Bacquier : Victor Armand Meffre : Philoxène Pierre Nougaro : Casimir André Dupon : Pamphile, le menuisier Patrick Portal : l'enfant de chœur Pierre-Jean Rippert : Cabridan Chantal Liennel : La bonne de César Soubeyran
Accueil Box-office +TitreBox-officeBox-officeBox-officeAnnées19861987Jean de FloretteManon des sources Distinctions César 1987 : César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Emmanuelle Béart César du meilleur acteur pour Daniel Auteuil (pour Jean de Florette et Manon des sources)
Exploitations ultérieures Le film a été diffusé en version longue sous la forme de deux téléfilms de 66 minutes les et sur Antenne 2. La diffusion de la version cinématographique, quant à elle, a eu lieu le sur Antenne 2.
À noter Le film a été tourné dans le Vaucluse à Mirabeau pour les scènes du café, de la fontaine et de l'école et à Vaugines pour celles de l'église et du cimetière. Comme clin d'œil à Marcel Pagnol, Fernandel, et aux acteurs provençaux du début du cinéma parlant (Fernand Charpin, Charles Blavette), Fransined, le frère de Fernandel est recruté pour les deux volets de la saga : il y joue le petit rôle d'un fleuriste. Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart étaient en couple au moment du film. Ce fut difficile pour Emmanuelle Béart de jouer un personnage qui éprouve une haine maladive vis-à-vis d'Ugolin incarné par son compagnon de l'époque. Il lui fallut sept jours en pleine canicule à la fin d'un tournage de huit mois pour jouer la scène où elle accuse en public devant tout le village Ugolin et Papet d'être coupables de la mort de son père, Jean de Florette.