Pondichéry, officiellement renommée Puducherry ou Poudouchéry (en tamoul : , ou , ; ou ; en hindi : ou )La ville et le territoire ont été renommés « Puducherry » en 2006. Cependant, « Pondichéry » reste le nom recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie pour l'usage officiel en France (Journal officiel)., est une ville du Sud-Est de l'Inde, capitale du territoire de Pondichéry et chef-lieu du district homonyme. Ce fut la capitale de l'Inde française, autrefois remarquée pour son intense activité portuaire, liée à son activité de tissage du coton.
Sa population municipale, en 2011, était de . Son aire urbaine compte quant à elle environ un million d'habitants qui parlent principalement le tamoul..
Toponymie Le nom de Pondichéry vient du tamoul Putuccēri, qui signifie . Il s'écrit en anglais.
En 2006, le nom officiel de la ville et du territoire a été changé en , plus proche du nom hypothétique initial en tamoul. Néanmoins, Pāṇṭiccēri (), possiblement la « tamoulisation » de Pondichéry, reste le nom de la ville dans l'usage populaire.
Les autorités locales emploient la graphie officielle « Poudouchéry » en langue française, bien que Pondichéry soit conjointement utilisée. Celles-ci semblent privilégier l'usage de « Poudouchéry » pour le territoire de l'Union (État de Poudouchéry), et de « Pondichéry » pour la ville (Municipalité de Pondichéry).
La ville est souvent surnommée .
Géographie thumb|left|La municipalité de Pondichéry au sein du district. La municipalité de Pondichéry se situe dans le sud-est de l'Inde, dans le district de Pondichéry enclavé dans l'État du Tamil Nadu.
La ville, bordée par le golfe du Bengale, se situe sur la côte de Coromandel.
Climat Le climat de Pondichéry est tropical de savane selon la classification de Köppen.. L'été s'étend d'avril à début juin et les températures peuvent atteindre . La maximale est en moyenne de et la minimale entre 28 et . L'été est suivi d'une période très humide, de juin à septembre, avec quelques forts orages.
La mousson atteint Pondichéry à la mi-octobre et le gros des précipitations annuelles tombe entre octobre et décembre. En moyenne, les précipitations s'élèvent à par anhttp://education.vsnl.com/imdchennai/rdwr.htm .. Les hivers sont chauds : la température atteint en moyenne et descend souvent autour de 18 ou .
Démographie Pondichéry comptait selon le recensement de 2011..
Son centre historique colonial comptait 31 198 habitants en 2011 selon ce même recensement. La population de Pondichéry est estimée aujourd'hui à 355 000 habitants; soit une augmentation de 45%, le centre historique serait ainsi peuplé d'environ 45 000 habitants en 2025..
83 % des habitants sont hindous, 11 % chrétiens et 5 % musulmans. 10,90 % des habitants de Pondichéry sont des Dalits.
Histoire Antiquité Origine À en juger par les inscriptions trouvées au temple de Sri Moolanathar, la région de Pondichéry était déjà habitée il y a plusieurs milliers d'années. L'ancien nom de Pondichéry est Vhedapuram ou Vedhapuri, ce qui indique que le lieu était consacré à l'étude et à la diffusion des Vedas. Les inscriptions que l'on trouve dans le temple de Sri Moolanathar de à au sud de Pondichéry, et celles du temple de Shiva de Thiruvandar Kovil à à l'ouest de Pondichéry, en fournissent par ailleurs des preuves qui viennent corroborer cette interprétation ; de plus, des tablettes provenant de Bahur et découvertes au font mention d'une université du sanskrit présente bien avant leur découverte.
À de Pondichéry se trouvent les vestiges de l'emporium romain de VirampatnamFouilles sur persée.fr qui fut abandonné au après J.-C., sans doute à cause de l'instabilité des estuaires et des rivières, sans cesse mouvants. On trouve des traces d'activité de ce site jusqu'au après J.-C. dans la boucle de l'Aricancoupam, en tant que refuge et abri pour les vaisseaux de haute mer. Le site est vraisemblablement abandonné à la fin du règne de Caracalla, vers 215, ce qui correspond aussi à la fin des échanges avec l'Empire Romain, qui sera en crise jusqu'au milieu du . thumb|Céramique attestant de la présence romaine.
La ville, qui semble avoir été engloutie par la rivière d'Ariyankuppam fut donc reconstruite plus au nord. Ces faits sont attestés par l'épigraphie du Moyen Âge qui indique que l'actuelle Pondichéry était à l'époque médiévale un lieu d'activités portuaires. Des fouilles ont aussi permis de mettre au jour des amphores romaines, des pans de murs en briques, des bijoux (dont une bague portant la marque d'Auguste), des monnaies en or, argent et cuivre, et des céramiques.
Des ouvrages anciens en tamoul, ainsi que les cartes de Ptolémée en parlent également. Dans la Géographie de Ptolémée, le texte du Périple de la mer Érythrée atteste des liens (notamment maritimes) avec l'Égypte, mais aussi de la présence de ports de commerce sur la côte de Coromandel avec au centre celui de Poduca ou Poudouceri. Les ports mentionnés par Ptolémée sont ceux à qui les souverains hindous locaux avaient accordé, contre taxation des marchandises importées et exportées, le droit d'accueillir des comptoirs commerciaux (emporiums). Le système d'emporium, très courant à l'époque, a connu un très fort développement dans les provinces du sud de l'Inde. Ptolémée parle ainsi des cités marchandes et ports romains de la côte sud-est de l'Inde.
Parmi les centres commerciaux et les mouillages retrouvés le long de cette côte fréquentée par les marchands de et de l'établissement du Nord, les plus remarquables sont, dans l'ordre, Camara, Poduca et Sopatma. Ces comptoirs commerciaux accueillaient des navires de petites tailles pratiquant le cabotage jusqu'à Limyrike R.C. Majumadar, The classical accounts of india, ..
Il faut aussi signaler que les côtes et les ports de l'Inde étaient bien connus des Grecs et des Romains qui faisaient commerce et usage des épices, vins de riz, animaux et plantes du pays et accueillirent même des ambassadeurs de ces régions sous les règnes d'Auguste et de Claude. Strabon évoque d'ailleurs le chiffre de 120 vaisseaux, qui constituaient la flotte commerciale en direction de l'Inde.
Moyen Âge Peu de choses sont connues de l'histoire de Pondichéry à l'époque médiévale, si ce n'est que sous la dynastie de Cholas ( - ), elle est une forte puissance maritime et commerciale. La tradition raconte que saint Thomas aurait évangélisé cette région. Ni Marco Polo vers en 1282, ni Odoric de Pordenone ni Marignolli entre 1310 et 1350 ne citent Pondichéry, quoiqu'ils évoquent notamment Mylapore lors de leur visite en Inde.
Et pourtant, la présence de grandes villes est attestée à cette époque : et son collège de Sanskrit, lieu d'enseignement des Vedas, ou bien et son temple, ainsi que Madagadipattou (?) et Oulgarai qui semblent être importants à l'époque, si on se fie aux vestiges des temples. Les mouvements d'estuaires à l'époque sont fréquents, et c'est surtout grâce à eux que le port de "Poudouceri" peut être établi. En effet ces mouvements ont permis l'émergence d'une bande terrestre qui facilite l’extension d'une ville, et la naissance du port.
Bien avant l'arrivée des Européens, et grâce au commerce local en plein essor, "Poudouceri" peut exporter son artisanat local par delà le Bengale (tissage et filage du coton, agriculture), mais il entretient aussi le commerce intérieur, car son artisanat est réputé. vignette|Armoiries de la Compagnie française des Indes Orientales
Colonisation française en Inde
Essor du principal comptoir de la Compagnie des Indes thumb|270px|left|Plan de Pondichéry dressé par Nicolas de Fer, datant de 1705 et publié par la Compagnie des Indes. La ville occupée par les Hollandais de 1693 à 1700, est partiellement reconstruite par eux selon un plan en damier. Les Français achèveront le projet hollandais, dont l'origine véritable a été découverte en 2004, à Amsterdam, par Jean Deloche, chercheur à l'Institut français de Pondichéry. thumb|270px|left|Pondichéry au . Vue des magasins de la Compagnie des Indes, de l'amirauté et de la maison du gouverneur (Lorient, Musée de la Compagnie des Indes). Cette vision, fantaisiste, est destinée à rassurer les investisseurs. thumb|left|270px|Plan de Pondichéry dédié à la mémoire de Dupleix. Pondichéry entre dans l'histoire de France lorsque la Compagnie des Indes se voit céder, en 1673, un petit village côtier, par Sher Khan Lodi, lequel gouverne la région au nom du sultan de Bijapur, et veut casser le monopole de la Compagnie hollandaise. Pondichéry sert d'abord de point d'appui pour ravitailler les troupes de la malheureuse Escadre de Perse assiégées dans San Thomé de Méliapour, près de Madras, par les Hollandais et le Sultan de Golconde. Après la capitulation de cette armée française, derechef rapatriée en Europe, quelques dizaines de Français, groupés autour de François Martin, demeurent à Pondichéry, appelée à devenir la tête de pont des intérêts commerciaux de la France en Inde. Il faut cependant attendre 1685 pour que François Martin, définitivement nommé « directeur de la côte de Coromandel », mette Pondichéry sur la voie de la prospérité.
Le site est médiocre pour la navigation, car la côte est basse, sableuse, avec des lagunes et une barre de vagues brisantes. Les navires doivent stationner au large en utilisant des embarcations locales, les chelingues, pour le transbordement des marchandises, mais la zone est favorable pour le commerce car la proche embouchure d'une rivière permet de pénétrer aisément à l'intérieur du pays et les tisserands sont nombreux dans la région..
Les frictions avec les Hollandais, implantés dans la région depuis bien plus longtemps que les Français, et la mort de Martin en 1706, ralentissent le développement de la ville, sauf sur le plan urbanistique, puisque ce sont les occupants hollandais qui donnent à Pondichéry, reconstruite par leurs soins de 1693 à 1700, son plan si exceptionnel en damier. Il faut attendre la fin des guerres de Louis XIV et l'arrivée de Pierre-Christophe Lenoir en 1726 pour que les affaires reprennent. La ville est ensuite dirigée par Benoist Dumas en 1735 puis par Joseph François Dupleix en 1742. C'est sous le mandat de ce dernier, et grâce à lui, que Pondichéry connaît son apogée. Grâce à ses victoires militaires contre les Britanniques, il étend le territoire autour de la ville et dans le sud de l'Inde, et exerce une influence considérable dans les affaires des princes et souverains de la région.
La ville, qui se situe dans la tradition portugaise, combine port, factorerie et fort, et distingue entre la « ville blanche », bien dessinée, et la « ville noire ». En bordure de mer, sur la dune la plus élevée, est édifié le fort, et de part et d’autre la « ville blanche ». Les Français sont attachés à l'urbanisme. Un officier note en 1730 : « Cette ville a beaucoup gagné, jadis les gens du pays construisaient leurs maisons en bois ou en terre ; M. (le gouverneur) Lenoir imposa de ne bâtir qu'en brique et de ne couvrir qu'en tuiles, et on construisit des maisons magnifiques et en quantité. » La ville est rapidement réputée pour sa beauté, les bâtiments publics participant pour beaucoup à sa renommée. L'hôtel de la compagnie est un monument majestueux, rappelant les plus nobles édifices de la métropole, avec des toits en terrasse et des ailes en retour. Il en est de même de l'hôtel de la monnaie et des églises, en particulier celle des Jésuites.