Baigneux-les-Juifs est une commune française située dans le canton de Châtillon-sur-Seine du département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie vignette|redresse=1.5|centre Baigneux-les-Juifs se trouve à environ au nord-ouest de Dijon dans le Châtillonnais non loin des sources de la Seine, fleuve qui marque la limite de commune à l'est et son point bas en aval (au nord) à . Mais l'essentiel du territoire ainsi que le bourg qui lui est central se trouvent au-dessus du versant de la rive gauche, sur le plateau du Duesmois.
Les terres sont essentiellement occupées par l'agriculture, une des deux vocations du plateau avec la sylviculture, mais ici les bois n'existent plus que dans les pentes du versant de la Seine (bois des Roches) et quelques parcelles isolées, soit moins de 5 % de ce territoire de . Quelques prairies bordent les petits cours d'eau, mais elles s'étalent largement au fond de la vallée de la Seine, bien arrosées par les nombreux méandres. Sur le plateau doucement vallonné, le point haut se trouve en plein champ au sud de Baigneux à , proche de la limite de commune au lieu-dit le Tilleul.
Tout près est extraite des carrières une part de la pierre du Châtillonnais, traitée sur place dans la zone industrielle.
Hameaux, écarts, lieux-dits Le village de Baigneux-les-Juifs comprend les quartiers d'En Sainte-Anne et des Arpents. Hameaux détachés du village : le Val-de-Seine. Habitat ou bâti écarté : ermitage du Val-de-Seine, ferme de la Corvée, ferme du Quartier. Bâti industriel ou commercial : silo, usine de déshydratation au nord, zone artisanale Val-de-Seine à l'est (le long de la route Troyes-Dijon). Lieux-dits d'intérêt local : les Tanneries, le Tilleul, les Genièvres, sentier de l'Ermitage.
Communes limitrophes
Hydrographie Le haut cours de la Laignes (ou ruisseau de Marcenay.) prend sa source sur la commune, grossi par la source de Leurcey, pour se perdre à Puits, quelques communes plus loin. Au nord du bourg, la source du Souil donne naissance à un ruisseau qui recevait les eaux des sources de Fonds Fées avant qu'elles ne soient captées, et se perd également dans un gouffre sur la commune voisine.
Les sous-sols du plateau du Duesmois sont constitués de calcaires solubles qui forment un réseau hydraulique souterrain. La Laignes sort de terre à la résurgence de commune de Laignes, une vingtaine de kilomètres plus au nord.
Le ruisseau du Souil peut être à l'origine du ruisseau de la Planchotte située dans le même talweg un peu plus bas sur la commune de Jours-lès-Baigneux ; d'autres sources en amont, plus haut dans le même val, n'arrivent pas jusqu'au ruisseau : sources de la Bruyère, de la Combe Taureau, Combette, des Tanneries. Des sources exsurgentes apparaissent également dans le versant de la Seine., fleuve qui sert de limite à la commune sur en passant de à , faible pente à l'origine de son cours sinueux.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Martin-du-Mont à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Baigneux-les-Juifs est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols La commune s'étend sur une superficie . L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (93 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (85,3 %), prairies (7,7 %), forêts (4,6 %), zones urbanisées (2,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports vignette|Arrivée au village depuis la grande route.|285x285px La commune est traversée du nord au sud par la route reliant Troyes à Dijon, à un peu plus d'un kilomètre à l'est de l'agglomération. La commence depuis cette route importante et devient la rue principale dans la traversée de Baigneux, elle conduit jusqu'à Laignes sur la au nord-ouest du département. Depuis le croisement au centre du village, la va rejoindre l'autoroute Paris-Lyon à l'est du département (la n'ayant pas d'échangeur avec l'autoroute, il convient d'utiliser la de l'A6 et de revenir sur la par Semur-en-Auxois) et la (ex Paris-Dijon) un peu plus loin dans l'Yonne.
D'autres routes secondaires joignent les villages voisins, malgré sa position à l'écart de l'ancienne route nationale Baigneux-les-Juifs est un carrefour important dans la région, c'était avant 2015 un chef-lieu de canton.
Toponymie Le nom du bourg est attesté sous les formes Pasture de Bagnos (1201) ; Baygnuils (1202) ; Beigneus (1243) ; Raignens ; Arlebetus de Baigneus (1263) ; Baygneux (1265) ; Baigneux (1286) ; Baigneaux (1330) ; Baigneulx (1357) ; Baigneulz (1370) ; Baignex (1372) ; « Baigneux les Juif » (sic (1391) ; Bagneux (1376-1377) ; Beignoux (1376) ; Baingneux (vers 1380) ; Baigniaux (XIVe siècle) ; Baigneux les Juifz (1573) ; Bagneuf les Juifs (1657).
Le village porte le nom de Bagnos, sans doute issu du latin balneolum, « petit bain ». Ce nom est complété au après l'autorisation d'installation d'une communauté juive.. Ce complément nominal indique que la communauté était numériquement assez importante pour que son nom soit accolé à celui de la localité..
Baigneux-les-Juifs constitue de nos jours l'indice toponymique de l'implantation ancienne de communautés juives en France médiévale et notamment en Bourgogne...
Histoire vignette|La commune disposait, de 1895 à 1933 d'une ligne de chemin de fer secondaire à voie étroite, dont on voit ici la gare, exploitée par les Chemins de fer départementaux de la Côte-d'Or (CDCO), qui la reliait à Châtillon-sur-Seine.|285x285px
Moyen Âge La création de l'agglomération est relativement récente. En 1243, l'abbaye d'Oigny cède au duc Hugues IV de Bourgogne un terroir sur la rive gauche de la Seine afin d'y créer un village qui est érigé en paroisse deux ans plus tard et dont les habitants sont affranchis dès 1259 avec création d'un maire et sous la protection d'un château ducal.
Communauté juive
La communauté juive, implantée au tout début du dans le village lors de sa fondation, possède une synagogue médiévale située rue Vergier-au-Duc..
Sous l'impulsion du roi Philippe le Bel qui renouvelle une ordonnance de Saint-Louis contre les prêts usuraires, ses membres sont d'abord arrêtés - en même temps que tous les autres Juifs du Duché - le , jour de la Madeleine« L'an mil trois cenz et sis, est-il dit dans le registre officiel de cette exécution, ou mois d'ahost, le vandredi, jor de la Madeleine, furent pris li Juis dou duchamiie de Borgoinne ». Lire en ligne, et leurs biens sont confisqués, répertoriés et leur fortune liquidée. De la cire, du parchemin, de l'encre et de la peinture sont notamment pris d'un Juif appelé Rebi ou Rabi - très probablement le scribe de la communauté juive de BaigneuxJ. Garnier et E. Champeux, « Chartes de Communes… Bourgogne », 1898, 161f.; Gauthier, in: Mémoires de la société d'émulation du Jura, 3 (1914), 78, 225–32.. Tous sont bannis. Une partie de ces Juifs se réfugie dans le Comté de Bourgogne. Le , une ordonnance de Louis le Hutin qui reconnaît leur nécessité, leur permet de revenir s'établir en France pour une durée de en recouvrant le tiers de leurs créances. Mais au printemps 1321, les Juifs et les lépreux sont accusés d'empoisonner les puits ; l'ordonnance de Philippe V dit le Long fait à nouveau arrêter et emprisonner les Juifs, répertorier et confisquer leurs biens ; leur expulsion est encore plus rigoureuse que celle de 1315. Les Juifs dépouillés, insultés et chassés se réfugient en Franche-Comté. Ceux qui avec le temps se sont réinstallés en Bourgogne, par notamment l'autorisation donnée par l'acte du rendu à Gray-sur-Seine, exigeant un impôt annuel de leur partLe 21 novembre 1384, « cinquante-deux ménages ou ‘’chefs d'hostel’’ juifs furent autorisés à venir habiter pendant douze ans à compter du 8 juillet dans les duché et Comté de Bourgogne, dans le comté de Nevers et la baronnie de Donzy ». Lire en ligne, sont à nouveau expulsés en vertu de l'ordonnance de Charles VI de 1394 puis par les ducs de Bourgogne en 1396, encore chassés particulièrement de Baigneux vers 1420 par Jean-Le-Grand sur l'ordre du duc Philippe puis définitivement en 1431 et au cours du .
Ils ne pourront réapparaître en Bourgogne que plus tard, à la suite du décret du qui en fait des citoyens. Il existe de nos jours une rue de la Porte aux Juifs dans la bourgade de Baigneux-les-Juifs.
Époque moderne vignette|Monument aux morts de Baigneux-les-Juifs, Étormay, Billy-lès-Chanceaux, Chaume-lès-Baigneux et Oigny.|285x285px Ruinée par les guerres de Religion, l'agglomération est reconstruite plus à l'ouest à son emplacement actuel autour de l'église et du château. Elle est alors ceinte d'une muraille avec fossé renforcée de tours et percée de 3 portes.
En 1790, Baigneux est rattachée au district de Semur et instituée chef-lieu d'un canton de 9 municipalités puis de 15 quatre ans plus tard.. En 2015, le canton de Baigneux-les-Juifs disparaît et la commune fait désormais partie du canton de Châtillon-sur-Seine. Depuis 1926, la commune est située dans l'arrondissement de Montbard ; auparavant le canton de Baigneux était inclus dans l'arrondissement de Châtillon-sur-Seine.
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