Nuits-Saint-Georges est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté. Ses habitants sont appelés les Nuitons et Nuitonnes. Sa population est de au recensement de .

Géographie Localisation La commune comprend la ville de Nuits-Saint-Georges et le village de Concœur-et-Corboin. La géographie est typique des villages viticoles de la côte. Sur les hautes côtes, on retrouve des plantations de pins ou des chaumes. Sur les pentes on trouve les meilleures vignes exposées à l'est ou au sud-est. Les vallées sont des combes. L'eau est présente et jaillit du réseau karstique au pied de la côte. Le sous-sol est essentiellement bajocien mais aussi oxfordien et bathonien. Dans la plaine, on retrouve les alluvions qui annoncent la vallée de la Saône.

Géologie et relief alt=Vue de Nuits-Saint-Georges entourée de coteaux de vignes.|droite|vignette|Vue de Nuits-Saint-Georges entourée de coteaux de vignes. La commune, formée de collines et vallées, connait un relief important. Le point le plus haut, soit d'altitude, est localisé au Nord-Ouest du hameau Corboin, au niveau de la forêt domaniale de Mantuan, en bordure de commune avec Curtil-Vergy et Reulle-Vergy. Le point le plus bas quant à lui, à d'altitude, est localisé au sud du lieu-dit l'étang, à l'extrême sud de la commune.

Hydrographie La rivière Le Meuzin traverse la ville..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Nuits-Saint-Georges est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Nuits-Saint-Georges, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dijon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (54,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (27,3 %), terres arables (24,9 %), cultures permanentes (19,9 %), zones urbanisées (9,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,2 %), prairies (3,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,7 %), mines, décharges et chantiers (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports L'autoroute A31, qui passe au sud-est de la commune offrant au passage la sortie numéro 1, la route départementale 974 (ex-RN74) et les TER permettent de rejoindre Beaune ou Dijon. En plus de la route départementale 974 qui traverse la commune et le bourg sur un axe d'orientation nord-sud, on trouve passant sur la commune les routes départementales 8, 25 et 116. On trouve aussi sur la commune un aérodrome au nord-est du bourg, l'aérodrome de Nuits-Saint-Georges.

De 1922 à 1933, une voie ferrée reliait Nuits-Saint-Georges à Meuilley. Aujourd'hui des routes départementales et communales rattachent Nuits-Saint-Georges aux Hautes-Côtes et à la plaine de la Saône.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Nuis (1006-1020) ; Nuy (1144) ; Nui (1173) ; Nuiz (vers 1174) ; Nuic (1216) ; Nuith (1228) ; Nuit (1228) ; Nuyz (1234) ; Nuciacum (1236) ; Nus (1252) ; Arveius de Nuys (1253) ; Nuid (1256) ; Nuy Amont, Nuy Aval (1268) ; Nuits (1296) ; Nuiz Amont, Nuiz Avaul (vers 1300) ; Nuis (1372) ; Nuiz, bonne ville ferme ; Nuiz Amont, Nuiz ou Fort (1379) ; Nuix (1393) ; Nutriacum () ; Nuids (1623) ; Nuictz (1635) ; Nuitz (1658). ; Nuits et Nuits-sous-Beaune (1801) puis Nuits-Saint-Georges depuis 1892.

Nui est la forme de l'ancien français noe ou noue (les deux mots ont la même racine), issue du latin médiéval nauda, lui-même issu d'un mot probablement gaulois de même sens : « prairie marécageuse ».

Une autre hypothèse quant à l'origine du mot Nuits. Il pourrait s'agir du mot noa qui désigne un vallon encaissé dont le fond est un étang, naud qui signifie la terre humide ou bien nubia de la boue fertile, en langue celtique, correspondant à la forme dialectale actuelle nué du noyer. Ce dernier par extension latine a donné noisettes et noixPetite toponymie, consulté le 7 février 2011.

Le nom de Saint-Georges est directement lié à la production de vin. Au , Philibert de Mollans aurait rapporté à Nuits les reliques de Georges de Lydda, martyr chrétien persécuté par l'empereur Dioclétien, un clos de vignes de la paroisse aurait alors pris le nom de Saint-Georges. Saint Georges est une figure importante de la région, célébré comme le saint patron de la Bourgogne, il est aussi le patron de l'ordre de chevalerie installée à Besançon : l'ordre de Saint-Georges de Bourgogne.

Afin de faire profiter la commune de la renommée du cru élevé sur son territoire, le conseil municipal a demandé et obtenu l'adjonction du cru célèbre en 1892.

Histoire Origines Les premières traces de l'homme dans la commune datent du Magdalénien au lieu-dit le Trou-léger.

Au lieu-dit les Bolards, situé au sud-est de Nuits-Saint-Georges, a été retrouvée une ville romaineLes Bolards .. Ce site, localisé à proximité de nombreuses voies de passage, est connu depuis le ; dès 1836, des travaux d'aménagement ont permis de révéler un vaste ensemble de mobilier funéraire. Des amateurs d'antiquités et propriétaires de terrains locaux ont ensuite à leur tour entrepris de fouiller le site au cours de la première moitié du . Ils ont été suivis à partir de 1963 par les équipes d'Ernest Planson, puis celles de Colette Pommeret et René Goguey, et par le travail de Roland Martin, d'Emile Thevenot et de Paul Lebel.

Les différentes fouilles réalisées ont notamment permis de mettre au jour un forum, un sanctuaire monumental construit au cours de la première moitié du Ier siècle après J.-C., ainsi qu'un temple dédié à Mithra, ou Mithraeum, découvert en 1948. Le mobilier découvert dans ce dernier a été acheté par la ville de Dijon et est aujourd'hui conservé au sein de son musée archéologique : on a notamment retrouvé une statue en calcaire du dadophore Cautès, ou encore celle d'un lion couché tenant entre ses pattes antérieures un vase d'où s'écoule un liquide.

Cette ville romaine a prospéré jusqu'à sa destruction totale au début du . Aujourd'hui même son nom est oublié.

Moyen Âge Au Moyen Âge la ville de Nuits est mentionnée sous différents noms, dès le . En 1212, le duc Eudes III octroie à la partie sud de la ville nommée Nuits-Aval une charte communale. L'église Saint-Symphorien est construite au . À partir de 1362, la commune construit des remparts.

Période moderne Le beffroi date de 1610.

En 1700, l'intendant Ferrand rédigea-t-il un Mémoire pour l'instruction du duc de Bourgogne lui indiquant que dans cette province les vins les meilleurs provenaient des « vignobles [qui] approchent de Nuits et de Beaune »Marcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons. Histoire du vignoble français, Éd. Fayard, Paris, 1988, 370..

Époque contemporaine vignette|redresse=.6|1870, August von Werder prend Nuits pour l'abandonner juste après.

Le plus ancien négoce est la maison Charles Viennot fondée en 1735. GeisWeiler est fondé en 1804, Morin en 1822, Faiveley en 1825, Bouillot en 1844, Labouré et Gontard en 1846, Dufouleur en 1848. Une curiosité, qui perdure jusque dans les années 1940, est l'élaboration par le négoce de vin rouge effervescent selon la méthode champenoise.

En 1849, le train arrive à Nuits ; la première gare est installée. Une autre gare se trouve sur la même ligne dans l'Yonne à Nuits-sous-Ravière. Pour éviter les confusions, la ville prend le nom de Nuits-sous-Beaune. L'arrivée du chemin de fer permet l'essor du négoce en vin. Chauvenet est fondé en 1853, Bouillot en 1885, Moingeon-Guéneau en 1897, Misserey en 1904, Boisset qui est aujourd'hui le négoce nuiton le plus important, n'est fondé qu'en 1961.

Guerre de 1870

Le , le général Crémer remporte le combat de Nuits-Saint-Georges face au Prussiens.

Le , les Allemands, qui veulent s'ouvrir un passage vers Lyon, tentent de s'emparer de Nuits. L'opération est minutieusement préparée, sous la conduite directe du général August von Werder, avec la division badoise menée par le général prussien Adolf von Glümer et le prince Guillaume de Bade. Le général Crémer, avec des moyens en hommes et matériels très inférieurs, lui tient tête. Les combats sont rudes, les forces françaises établissent une ligne de résistance le long de la voie ferrée. Le soir, les troupes allemandes sont maîtresses du terrain mais dès le lendemain, une contre-attaque française les oblige à abandonner la ville et à se replier sur Dijon.. Quatre-vingts badois tués au combat sont inhumés au cimetière ancien de Nuits-Saint-GeorgesCimetières de France et d'ailleurs.

Fin du En 1892, la commune prend le nom de Nuits-Saint-Georges, Saint-Georges étant l'une de ses appellations viticoles les plus prestigieuses.