De manière générale, une ressource naturelle est une substance, un organisme, un milieu ou un objet présent dans la nature, sans action humaine, et qui fait, dans la plupart des cas, l'objet d'une utilisation pour satisfaire les besoins (énergies, alimentation, agrément) des humains, animaux ou végétaux.

Il peut s'agir : d'une matière première minérale : l'eau douce, les granulats, les minerais métalliques…) ; d'un produit d'origine sauvage ( le bois, le poisson, le gibier…) ; d'un milieu naturel, source de services écosystémiques ( eau, air, sol, forêt, tourbière, zone humide…) ; d'une matière organique fossile (comme le pétrole, le charbon, le gaz naturel, le lignite ou la tourbe…) ; d'une source d'énergie (énergie solaire, énergie éolienne…) ; et par extension d'un service écosystémique (la production d'oxygène fournie par la photosynthèse par exemple).

Depuis les années 1970, cette notion s'est peu à peu élargie aux ressources nécessaires à tout organisme ou écosystème, ainsi qu'à tous les secteurs socio-économiques. Ainsi, les surfaces de sols bioproductifs disponibles (une composante du foncier agricole), la qualité de l'eau ou de l'air, l'aspect des paysages, la biodiversité… constituent d'autres aspects des ressources naturelles ; ils sont pris en compte en France par un projet de Plan de programmation des ressources associé à la stratégie promouvant l'économie circulaire (mis en consultation mi-2017 et qui sera mis à jour tous les cinq ans)Plan ressources pour la France, version en consultation (pdf - 1.5 Mo - 02/05/2017)..

La vulnérabilité, la faible disponibilité ou le faible renouvellement de certaines ressources caractérisent les ressources non renouvelables (exemple : le pétrole), par opposition aux ressources renouvelables ( la biomasse) qui ne sont pas pour autant inépuisables. Alors que la population mondiale et l'empreinte écologique de l'humanité s'accroissent inexorablement, la gestion des ressources naturellesGiljum, S., Behrens, A., Hintergerber, F., Lutz, C. and Meyer, B. (2008), Modelling scenarios towards a sustainable use of natural resources in Europe. In: Environmental Science and Policy 11 (3), 204-216. est devenue un enjeu important.

D'après les estimations actuelles, l’utilisation des ressources naturelles devrait augmenter de 110 % d’ici les années 2050, ce qui entraînerait une réduction de plus de 10 % des forêts et d’autres habitats tels que les prairies d’environ 20 %. Les conséquences sur les changements climatiques sont significatives, les émissions de gaz à effet de serre augmenteraient de 43 %.

Histoire du concept La notion de ressource naturelle (exprimée sous cette forme précise) semble relativement récente. Elle a de plus beaucoup évolué depuis les années 1970 accompagnant les avancées de la connaissance scientifique et des progrès techniques (la diversité est ainsi devenue une nouvelle ressource, pour le génie génétique, ressource valorisée par la brevetabilité du vivant, par ailleurs très discuté pour des raisons éthiques et de risque écotechnologique).

On a d'abord considéré comme ressources naturelles la biomasse utile et les « matières premières », puis les formes d'énergie utiles aux hommes et en particulier à l'agriculture, à la sylviculture et à la pêche, puis à l'industrie (bois de feu, traction animale, moulins à vent et à eau, puis carburants fossiles et enfin nucléaire).

Par exemple, de l'Antiquité à l'ère industrielle, le sel avait une grande valeur, non parce qu'il était rare sur la planète, mais parce qu'il était vital pour la santé (il servait à la conservation d'aliments par le salage), et peu accessible loin de la mer, et qu'il faisait l'objet de taxes importantes. Le pétrole (encore inconnu) avait alors bien moins de valeur.

Au début du , l'économiste Jean-Baptiste Say ne comprend pas que les ressources et le capital naturel d'une planète finie sont pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables et qu'elles peuvent donc être surexploitées. Dans son Traité d'économie politique (1803)Traité d'économie politique, Livre second, chapitre premier, Des fondements de la valeur des choses., il estime que l'air, l'eau, la lumière du soleil sont des richesses naturelles qui sont indifféremment données à tous, ; et dans son cours complet d'économie politique (1828-1829)Cours complet d'économie politique pratique, 1828-1829. il prétend que

Au et les ressources fossiles deviennent rapidement vitales pour l'industrie, la pêche et l'agriculture, mais aussi pour le bâtiment, les transports et de nombreux services. Et si aujourd'hui le coltan a une valeur tant pour les Européens, Américains et autres pays technologiquement avancés, mais aussi pour certaines régions africaines sous-développées, c'est parce que les rapports marchands les ont mis en contact.

Peu à peu la valeur d'aménité environnementale de certaines ressources est apparue ; plus difficile à quantifier, mais bien réelle, traduite par exemple par l'engagement de nombreuses personnalités et courants pour la protection de la naturalité (Wilderness) aux États-Unis et par les romantiques européens, dont les peintres de l'école de Barbizon qui ont obtenu le classement de la Forêt de Fontainebleau près de Paris. L'augmentation actuelle des prix des terrains aux abords des milieux naturels et paysages remarquables en est une autre manifestation. Les aménités sont aussi et par exemple en France prise en compte par la loi Voynet.

À la fin du , avec l'apparition et la rapide diffusion du concept de développement durable, en réaction notamment à la dégradation et raréfaction ou disparition de nombre des ressources naturelles, la notion de fonctionnalité écologique et de service écologique a élargi celle de ressource naturelle aux ressources utiles ou indispensables non seulement à l'Homme, mais aussi à l'ensemble des écosystèmes. Un nouveau paradigme apparaît alors clairement : les ressources planétaires sont limitées, elles rendent des services indispensables voire irremplaçables, mais surtout, elles apparaissent comme le produit des écosystèmes et plus généralement de la biodiversité, qui en tant que tels deviennent eux-mêmes des ressources vitales à protéger pour pouvoir les exploiter durablement ou pour qu'ils continuent à produire leurs services « gratuits », en particulier produire l'oxygène, l'eau, les sols, qui nous sont vitaux. Cette approche a notamment été précisée par l'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire, première évaluation mondiale de l'état de santé des écosystèmes et de leurs fonctionnalité).

On qualifie maintenant un élément écopaysager de ressource naturelle quand il peut satisfaire un des besoins de l'être humain, mais aussi des communautés écologiques qui constituent les écosystèmes. Les habitats naturels, résultant pour partie de l'activité des espèces qui y vivent, sont ainsi eux-mêmes considérés comme des ressources naturelles. Corrélativement, le concept One Health promu par l'OMS et l'ONU reconnait que la santé publique et la santé de la planète sont liéesGibbs E.P.J (2014) The evolution of One Health: a decade of progress and challenges for the future. Veterinary Record, 174(4), 85-91..

En France, la loi constitutionnelle sur la charte de l'environnement, rappelle que Charte de l'environnement, annexée à la Constitution (voir les « considérants » 1 et 2). (). Le concept de Low-techs apparait, comme nouveau paradigme de prise en compte des limites planétaires, éventuellement associée à celui de décroissance et/ou de durabilité forte, visant à permettre la survie de l'humanité sans surexploitation des ressources naturelles.

Classement ou hiérarchisation des ressources Les ressources peuvent être classées comme étant « pas, peu, difficilement, coûteusement ou lentement renouvelables ou vitales » et/ou selon un critère de type « remplaçables / irremplaçables ».

Valeur économique Les tenants de l’approche économique classique considèrent qu’une matière première d’origine naturelle, voire un service écosystémique peuvent être considérés comme étant une ressource naturelle de valeur à partir du moment où celle-ci aura acquis une valeur économique et marchande. Hormis pour les matériaux ( fibres végétales, argile…) et les carburants (fossiles ou non), il reste néanmoins difficile de quantifier la valeur de telles ressources, souvent immatérielles (pour les services qu'elles rendent) en unités monétaires.

Ressources vitales Les ressources dites vitales peuvent aussi être classées selon certaines de leurs caractéristiques ressources plus ou moins vitales ( l'air et en particulier l'oxygène issu de la photosynthèse sont particulièrement vitaux ; tout en étant une ressource encore très commune).

La biodiversité est parfois qualifiée de « ressource des ressources » en tant qu'elle est la source première de nombreuses ressources vitales telles que l'air, l'eau potable et tout ce que nous mangeons, ainsi qu'une grande partie des sources d'énergie (fossiles et biomasse), des médicaments, des fibres textiles ou papetières

Renouvelabilité Les exigences de développement durable ont conduit à classer les ressources naturelles selon leur caractère renouvelable ou non. On s'attache ainsi à une utilisation durable des ressources, afin de respecter les critères environnementaux, sociaux et économiques du développement durable.

Les ressources naturelles sont fréquemment classées en deux catégories : ressources renouvelables ; ressources non renouvelables (ou ressources fossiles).

Avantages On parle ainsi d’avantage physique ou écologique offerts par certaines ressources naturelles, via les écosystèmes ; tel qu'un microclimat (bocage, zone boisée, prairies…) ou la proximité d'un cours d’eau ou d’un lac (pour l'irrigation, la lutte contre les incendies), d'une nappe ou de la mer (pour la pêche et le tourisme)

Services rendus Un écosystème peut avoir une valeur importante, voire vitale de service (et donc de ressource), même s'il n'est pas exploité.

Ces services écologiques sont encore mal évalués (quantitativement et sur le plan de l'équivalence en valeur économique), mais ils prennent une grande importance, en particulier pour la fonction de puits de carbone que jouent les mers, sols et forêts dans les cycles qui stabilisent rétroactivement le climat.

Exploitation plus ou moins efficace ou efficiente des ressources naturelles L'exploitation des ressources naturelles est une activité constante et vitale pour tout être vivant. Quand une ressource est limitée naturellement, à la suite d'une catastrophe naturelle (incendie, inondation…), ou d'une action humaine, il peut y avoir surexploitation, puis éventuelle disparition de la ressource.

Les phénomènes de surexploitation semblent très rares dans la nature où ils sont régulés par des boucles de rétroactions écologiques (une espèce qui surexploite son environnement est affaiblie faute de ressource, ses populations régressent, ce qui laisse à ses ressources le temps de se reconstituer, ou les individus se heurtent à des réactions des espèces exploitées ( production de tanins amers par les végétaux consommés par des herbivores).

L'homme semble être devenu un cas particulier, qui de par sa multitude et ses capacités, a considérablement développé l'exploitation des ressources naturelles en activités industrielles (organisées pour) du type extraction du pétrole ou de minerais, la pêche ou l'exploitation du bois.

La plupart des activités primaires sont directement associées à l'exploitation primaire ou secondaire (transformation, recyclage) des ressources naturelles : agriculture, pêche, sylviculture, culture ou exploitation des champignons, fruits sauvages ; production de fibres animale et végétale ; exploitation de matériaux minéraux ; activités d'exploitation d'énergies primaires (plus ou moins fossiles et renouvelables) ; le puisage ou la purification de l'eau ; valorisations technologiques, biotechnologiques et industrielle du vivant ;