thumb|upright=0.95|Les fers de cheval modernes sont forgés en acier et cloués sous le sabot.
Le fer de cheval est une bande de métal recourbée en U servant à protéger de l'usure le dessous des sabots des équidés. L'invention date du .
Le maréchal-ferrant est l'artisan spécialiste du ferrage des chevaux. Autrefois sédentaire dans un local et de surcroît forgeron, le maréchal-ferrant est à présent spécialisé, se déplace avec son véhicule-atelier et son matériel, d'un site à l'autre pour ferrer les équidés là où ils se trouvent, même sur leur lieu de pâturage. Selon l'emploi fait du cheval, c'est-à-dire travail ou équitation, et l'état ou la pathologie des sabots de l'animal (pouvant nécessiter une ferrure orthopédique), les fers ont différentes formes et sont constitués de matériaux adaptés. Le fer à cheval est réputé pour être un porte-bonheur lorsqu'il est porté.
Rôle du fer Les fers évitent l’usure prématurée des sabots. En effet, les équidés utilisés par l'homme comme animal de trait ou de selle peuvent subir, si l'effort demandé est plus important que dans les conditions naturelles (plus de ), une usure prématurée du sabot. L'invention du fer à cheval a permis de ralentir cette usure. Les usages des chevaux actuels (dans les pays développés) sont aujourd'hui cependant beaucoup moins agressifs pour les pieds des chevaux.
Les fers permettent également de corriger certains défauts d'aplomb, en modifiant la surface d’appui du pied au sol. Ils ont un rôle orthopédique, notamment pour les pieds atrophiés, encastelés, plats, ou les talons fuyants.
À la différence des hipposandales, les fers sont des protections permanentes fixées dans le pied du cheval par des clous.
Les fers sont utilisés dans le traitement de certaines pathologies : affections ostéo-articulaires, hygroma du coude, syndrome naviculaire, abcès. Ils permettent de soulager des structures douloureuses, favorisant ainsi leur guérison.
Enfin, les fers, comme d'autres protections amovibles (hipposandales) évitent à certains chevaux de se faire mal dans les cailloux.
Historique
Antiquité Les Grecs ne connaissaient pas la ferrure. Xénophon mentionne l'embatai, pièce de cuir lacée pour protéger les pieds dans les terrains abrasifs. Vers 330 , les opérations militaires de cavalerie d'Alexandre le Grand ont dû être interrompues pour permettre aux chevaux de reformer la corne de leurs sabots.
Toutefois, l'opinion de Diderot dans son encyclopédie est différente. De même, Homère et Appien font mention d'un fer à cheval, le premier dans le du second livre de lIliade, l'autre dans le livre XII de son Histoire romaine, De Bello Mithridatico.
Les Romains ont inventé l'hipposandale : pièce de métal recouvrant la corne et remontant en partie sur le sabot, maintenue par des lacets de cuir inventés par les Celtes.
Moyen Âge Le fer à cheval est attesté de façon indubitable en Europe où il apparaît à la fin du dans les zones de terres lourdes et humides.
Une étude de la littérature antérieure à l’œuvre de Léon VI a permis de localiser, dans un traité byzantin militaire (De re strategica), une référence à des plaques de fer placées sous les sabots des chevaux pour les protéger. Même si l’auteur ne se réfère pas de façon précise aux fers à clous, cette mention devient une preuve importante de l’utilisation, plus tôt qu’on ne le pensait, d’un fer plein dès l'époque protobyzantine. Cette œuvre est datée du . Il y est fait référence aux plaques de fer. L’auteur donne des conseils sur les chevaux mis en première ligne de bataille et sur la façon de les équiper pour les protéger. Outre une armure pour la tête, la poitrine et l’encolure, il conseille de mettre à l’abri les pieds des chevaux de mauvaises blessures, causées par les chausse-trapes ou des engins similaires, grâce à des plaques de fer. Il ne pourrait s’agir ici que de fers à cheval semblables au fer oriental, non pas vides – comme la plupart des hipposandales et des fers à clous de type européen – mais pleins à la base pour que le pied de l’animal soit entièrement protégé des chausse-trapes.
Des fouilles des tumuli de guerriers mongols ont permis de retrouver des fers circulaires, fixés uniquement sur leur bord d'appui externe. vignette|La porte du portail de l'église des Aix-d'Angillon dans le Berry comporte un fer à cheval ; il s'agit peut-être ici d'une pratique liée aux combats ancestraux présents dans cette région contre les esprits malins.
Époque moderne Cesare Fiaschi écrit en 1556 le premier traité sur les mors et les fers à cheval, Trattato dell'imbrigliare, atteggiare, & ferrare cavalli (La manière de bien emboucher, manier et ferrer les chevaux). La maréchalerie se codifie avec Jacques de Solleysel(1664), François-Alexandre de Garsault (1771), Philippe-Étienne Lafosse (1803), et Claude Bourgelat (1804).
Époque contemporaine Avec le développement de l'art vétérinaire, apparaissent aux et des ferrures orthopédiques complexes. Le voit avec l'apparition de nouveaux matériaux et alliages, le développement des fers en aluminium, en matière plastique, les amortisseurs à base de silicone et les résines composites pour renforcer la paroi des sabots.
Description Parties du fer
right|thumb|upright=0.9|Vue en coupe d'un pied ferré. On distingue artificiellement quatre parties au fer : la pince (partie avant), la mamelle, puis le quartier (parties latérales), et enfin l'éponge (partie arrière). Les bords du fer sont appelés rives, la distance entre les rives est appelée couverture. La rive externe correspond au contour extérieur et la rive interne au contour intérieur du fer. La voûte est la rive interne du fer correspondant à la pince en rive externe.
Les fers sont percés de trous destinés à permettre le passage des clous. L'extrémité du trou située vers le sol est appelée étampure, celle dirigée vers le sabot est appelée contre-perçure. Le fer est dit étampé à gras quand les étampures sont éloignées de la rive externe, étampé à maigre dans le cas contraire. Les étampures doivent être nettes, régulières, et percées de manière à loger exactement la tête pyramidale des clous. Généralement, un fer présente un nombre pair d’étampures, au minimum 6, mais elles peuvent être plus nombreuses, jusqu'à 10, en fonction de la taille du fer, de la qualité de la corne et du travail du cheval. Elles sont percées régulièrement pour que le poids du fer soit réparti sous la paroi et que les clous soient suffisamment et régulièrement espacés pour éviter l’éclatement de la corne.
Les pinçons sont des rebords du fer, de forme triangulaire, destinés à stabiliser la tenue du fer. Le plus souvent, les fers antérieurs portent un seul pinçon tandis que les postérieurs deux.
Des mortaises à crampons peuvent être creusées sur le fer, au niveau des éponges. Ce sont des orifices filetés permettant de visser des crampons sur le fer, afin d'améliorer la tenue du cheval sur sol mou ou sur sol particulièrement dur.
La garniture est la largeur du fer dépassant à l'extérieur du pied, et l'''ajusture la partie du fer qui n'est pas en contact avec le sabot à l'intérieur du pied. L'ajusture est parfois biseautée pour soulager l'appui de certaines parties du pied.
Description
Comme le sabot, le fer antérieur est plus arrondi que le fer postérieur, qui est plutôt ovale. Sa largeur et sa longueur sont presque égales. Il possède en général un seul pinçon, centré en pince. Les éponges sont identiques à celles des postérieurs. Le fer postérieur a en général deux pinçons au niveau des mamelles, ce qui permet de « reculer » le fer, c'est-à-dire le mettre plus arrière du pied. Ainsi, le cheval risque moins de toucher ses antérieurs en se déplaçant. On distingue les fers droits des fers gauches par leur branche interne plus droite et étampée plus à maigre que la branche externe. Vu de profil, le fer est plat, avec une légère élévation en pince, commençant dès les premières étampures.
Les fers des mulets sont moins larges, aux branches plus longues, avec une garniture plus grande que pour un cheval. thumb|left|upright=0.9|Schéma d'un clou à ferrer.
Clous
Les clous à ferrer comportent plusieurs parties. Tout d'abord, la tête, composée de la frappe destinée à recevoir les coups de marteau, et le collet qui va s'enfoncer dans l'étampure. Le collet du clou doit être adapté à l'étampure et à la rainure du fer. Ensuite, la lame de longueur adaptée à la taille du pied est prolongée par le grain d'orge. Le grain d'orge est un renflement qui fait dévier le clou vers l'extérieur du pied. La partie oblique du grain d'orge est appelée affilure, elle doit être placée vers l'intérieur du pied. Une fois le clou planté, son extrémité extérieure est recourbée et coupée formant ainsi le rivet.
Méthodes de ferrure
Le rythme habituel de renouvellement des fers est de six semaines environ, pas toujours en fonction de leur usure, la pousse de la corne entrant aussi en ligne de compte.
Ferrure à la française ou à chaud Le fer est chauffé puis ajusté à la tournure plantaire du pied. La corne n'est ni innervée ni vascularisée, et est un isolant thermique : le fer peut être posé à chaud, pour permettre de rectifier sa tournure après vérification lors du posé. Par contre, le derme de pied, fortement vascularisé, va souffrir de rétractation du fait de l'irradiation de la chaleur. Le maréchal-ferrant se fait seconder par un aide (« le teneur de pieds ») qui maintient le sabot à la main en s'aidant d'une lanière de cuir.
Ferrure à l'anglaise ou à froid Le maréchal-ferrant ferre seul, à chaud ou à froid, en maintenant le sabot sur ou entre les genoux. Cette méthode de ferrure s'est généralisée en France. Outre l'économie d'une personne, elle permet au maréchal-ferrant d'avoir une bonne vision du sabot, pour un résultat tout aussi solide.
Ferrure au travail Le cheval est immobilisé dans un bâti au moyen de sangles, nommé travail à ferrer. Cette technique n'est plus guère utilisée, elle servait principalement pour les bœufs et les chevaux lourds. Elle est considérée comme très coercitive et réservée aux cas difficiles ou aux chevaux lourds qui n'ont pas appris à donner les pieds convenablement, comme cela arrive parfois chez les jeunes chevaux de trait.
Cependant on peut aussi considérer qu'il existe des variantes importantes des méthodes de ferrures, selon les apprentissages et les races d'équidés liées à leur utilisation ; on peut ferrer un cheval à l'anglaise à chaud et inversement à la française à froid... Il existe en fait quatre méthodes de ferrures.
Pour être plus précis et donner deux exemples concrets, un cheval de sport « selle français » destiné au saut d'obstacle peut être ferré indifféremment à chaud ou à froid, à la française ou à l'anglaise selon la méthode de travail du maréchal ferrant, alors qu'un pur sang anglais utilisé pour la course de vitesse ne peut être que ferré à froid et à l'anglaise dans son box.
Différents fers Compositions Acier Le fer est rarement composé de fer pur, car ce matériau possède de faibles propriétés mécaniques. Il est en général utilisé allié avec du carbone (0,2 à 0,5 %) sous forme d'acier..
Aluminium Le fer en aluminium est plus léger. et possède un point de fusion beaucoup plus bas que le fer en acier. Sa résistance mécanique est également faible lorsqu’il est pur ; il s’use beaucoup plus vite. Son pouvoir amortissant est plus faible que celui du fer en acier, surtout en terrain dur. Sa résistance mécanique peut être augmentée par un alliage avec d’autres métaux, permettant d’obtenir des fers à usure normale, mais nettement plus légers.
Plastique Les fers en plastique sont composés de polyuréthane thermoplastique et d'un insert métallique. Ce sont des fers encore plus légers que les fers en aluminium, dont le comportement face à la glissade correspond à celui d’un sabot non ferré.. Ils procurent une meilleure adhésion à l’asphalte et au béton.
Plus performant en durée de vie que les fers acier ils peuvent atteindre plus de 1500km.
Types de fers