Le Web 2.0, le Web participatif, le Web au carré, la Toile 2.0 ou parfois (abusivement) l'(Inter)net 2.0 et l'(Inter)net participatif est l'ensemble des techniques, des fonctionnalités et des usages qui ont suivi la forme originelle du Web, www ou World Wide WebLe Monde informatique, ., caractérisé par plus de simplicité et d'interactivité. Il concerne en particulier les interfaces et les échanges permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s'approprier des fonctionnalités du Web. Ils peuvent d'une part contribuer à l'échange d'informations et interagir (partager, échanger, etc.) de façon simple, à la fois au niveau du contenu et de la structure des pages, et d'autre part entre eux, créant notamment le Web socialOu « Web communautaire », « Web interactif », « Web participatif ».. Grâce aux outils mis à leur disposition, les internautes construisent et contribuent au Web.

Le Web 2.0 augmente l'interactivité au prix d'une complexification interne de la technologie mais permet plus de simplicité d'utilisation, les connaissances techniques et informatiques n'étant pas indispensables pour les utilisateurs.

L'expression « Web 2.0 », utilisée en 2003 par Dale Dougherty (un cadre de la société O'Reilly Media) et diffusée par Tim O'Reilly en 2004, puis consolidée en 2005 avec l'exposé de position What Is Web 2.0 Tim O'Reilly (2005). What Is Web 2.0. Design Patterns and Business Models for the Next Generation of Software. Web 2.0 Conference 2005. 30 septembre 2005., s'est imposée à partir de 2007.

La philosophie du Web 2.0 est multiple : le Web est perçu comme une plateforme ; l'internaute est codéveloppeur des applications ; la richesse se trouve dans les données ; il s'appuie sur l'intelligence collective ; il propose des interfaces de programmation et graphiques souples et légères ; le logiciel se libère de l'ordinateur personnel.

Présentation

Le Web 2.0 facilite l'interaction entre utilisateurs, la production participative () et la création de réseaux sociaux rudimentaires, pouvant servir de contenu et exploitant les effets de réseau, avec ou sans réel rendu visuel et interactif de pages Web. En ce sens, les sites Web 2.0 agissent plus comme des points de présence, ou portails Web centrés sur l’utilisateur plutôt que sur les sites web traditionnels. L’évolution des supports permettant de consulter les sites Web, leurs différents formats, amène en 2008 une approche recentrée sur le contenu plus que sur l’aspect.

Les nouveaux gabarits Web 2.0 () tentent d’apporter un soin graphique, des effets, en restant compatibles avec cette diversité de supports. Dans le Web 2.0, l'internaute devient acteur en alimentant les sites en contenu, comme les blogs, ou de manière collaborative avec les wikis., voire des dispositifs très rigoureux de type science citoyenne.

Les sites internet 2.0 permettent aux utilisateurs de faire plus que d’en retirer de l’information. En augmentant ce qu'il était déjà possible de faire avec le Web 1.0, ils apportent aux utilisateurs de nouvelles interfaces et de nouveaux logiciels informatiques. Les utilisateurs peuvent maintenant apporter des informations aux sites Web 2.0 et avoir le contrôle sur certaines de celles-ci. Du point de vue des usages et des business models, le changement est radical et justifie donc le terme 2.0 qui symbolise un changement d'ordre de grandeur. Les sites internet qui réussissent le mieux sont désormais ceux dont le contenu est généré par la multitude des internautes eux-mêmes. Ces contenus (informations, conseils, recommandations, évaluations...) ne coûtent presque rien à produire en comparaison des équipes éditoriales qu'il fallait rémunérer jusque-là et sont souvent plus proches des lecteurs donc plus appréciés. C'est ainsi que se crée un véritable cercle vertueux, les contributeurs génèrent quasiment gratuitement un contenu de qualité qui attire à son tour plus d'utilisateurs dont certains deviennent contributeurs. Les taux de croissance des startups et surtout la vitesse avec laquelle elles atteignent désormais une situation rentable s’accélèrent très nettement. Alors que les investisseurs ne voulaient plus entendre parler d'investissement dans des sociétés internet avec l'explosion de la bulle internet en 2001, le Web 2.0 consacre le retour des investisseurs dans les startups numériques.

Du point de vue des techniques de développement web, le terme a été également beaucoup utilisé dans la seconde moitié des années 2000 pour désigner la généralisation de l'utilisation des technologies dites AJAX qui permettent de modifier l’apparence d'une page web en fonction des instructions données par le serveur sans avoir à la recharger, ce qui donne à un site web des possibilités comme interagir avec l'utilisateur lors du remplissage d'un formulaire, faire de l'auto complétion lors du remplissage d'un champ ou faire des effets visuels dynamiques intelligents sur des pages qui étaient au choix soit figées, soit remplies d'effets visuels sans utilités autres que cosmétiques. Même si l'ensemble de ces technologies était disponible depuis l'invention de Javascript par le navigateur Web Netscape depuis 1995, elles avaient été dans un premier temps très peu utilisées et ont même dû attendre 2005 pour se voire accoler une dénomination les désignant. Google a été à l'origine d'une prise de conscience massive de l’intérêt que pouvaient avoir ces technologies lorsqu'il a mis en place une auto complétion des recherches dans son moteur de recherche et a sorti son système de cartographie Google Maps qui permettait de parcourir une carte en ne chargeant une page web qu'une seule fois. Ces technologies assez complexes et longues à mettre en place sont devenues beaucoup plus accessibles avec l'arrivée en 2006 de la bibliothèque jQuery. Dès lors, il a été souvent utilisé le terme de Web 2.0 pour désigner l'arrivée massive des sites internet qui interagissait (parfois avec outrance, on a parlé du piège du Web 2.0) avec l'utilisateur sans avoir besoin de recharger ses pages. Certaines personnes ont préféré utiliser le terme Web 3.0 en considérant qu'une autre révolution technique avait précédé le phénomène de l'AJAX, d'autres ont considéré que la facilitation de l'utilisation d'AJAX n'était pas une révolution assez importante pour la voir distinguée de la sorte.

Origine du terme L'expression a été médiatisée en par de la société O'Reilly Media lors d’une conversation avec Craig Cline de MediaLive en vue de préparer une conférence. Il a suggéré que le Web était dans une période de renaissance ou de mutation, avec un changement de paradigmes et une évolution des modèles d’entreprise. Dougherty a donné des exemples au lieu de définitions : « DoubleClick, c’était le Web 1.0. Google AdSense, c’est le Web 2.0. , c’était le Web 1.0. Flickr, c’est le Web 2.0. », et recruté John Battelle. Puis, O’Reilly Media, Battelle et MediaLive ont lancé la première conférence Web 2.0 en .. La seconde conférence annuelle a eu lieu en .

O’Reilly et Battelle résumentDans l’exposé d’ouverture de leur conférence (la première ou la seconde ?) comme suit les principes-clés des applications Web 2.0 : le Web comme plateforme ; les données comme « connaissances implicites » ; les effets de réseau entraînés par une « architecture de participation », l'innovation comme l’assemblage de systèmes et de sites distribués et indépendants ; des modèles d’entreprise poids plume grâce à la syndication de contenu et de services ; la fin du cycle d’adoption des logiciels (« la version bêta perpétuelle »).

O'Reilly cite également les propriétés suivantes caractérisant le Web 2.0 : " The service automatically gets better the more people use it" i.e. "Plus le nombre d'utilisateurs d'un service augmente, plus le service s'améliore, automatiquement" (acquiert de la valeur). "Users add value" : « De la valeur est générée par les utilisateurs ».

Enfin il considère que "with many areas of Web 2.0,[...] the "2.0-ness" is not something new, but rather a fuller realization of the true potential of the web platform" i.e. "dans beaucoup de domaines du Web 2.0, la qualité "2.0" n'est pas quelque chose de nouveau, mais plutôt une pleine réalisation du véritable potentiel de la plateforme que constitue le web".

Il énonce des recommandations pour concevoir des services 2.0, parmi lesquelles « Design for "hackability" and "remixability." ».

Technologies L’infrastructure du Web 2.0 est par nature complexe et changeante, mais elle inclut toujours : des logiciels de serveur ; la syndication de contenu ; des protocoles de messagerie ; des standards de navigation ; des applications clientes diverses (les , ou greffons, non standards sont généralement évités). Ces approches complémentaires fournissent au Web 2.0 des capacités de stockage, de création et de diffusion, ainsi que de sérendipité très supérieures à ce qui était précédemment attendu des sites web.

Un site pourrait être considéré comme relevant d'une approche Web 2.0 s'il utilise de manière privilégiée les techniques suivantes : CSS, balisage XHTML sémantiquement valide et des microformats ; techniques d’applications riches telles qu’Ajax ; syndication et agrégation de contenu RSS/Atom ; catégorisation par étiquetage ; utilisation appropriée des URL ; architecture REST ou services web XML.

Le Web 2.0 est défini par son contenu, l’évolution vers le Web 2.0 n'a donc rien à voir avec l’évolution des standards de communication comme le passage à IPv6.

Application Internet riche

Depuis le début du , des techniques d’application Internet riches telles qu’AJAX ont amélioré l’expérience utilisateur des applications utilisant un navigateur web. Une application web utilisant AJAX peut échanger des informations entre le client et le serveur afin de mettre à jour le contenu d’une page web sans rafraîchir la page entière, grâce au navigateur. Le « Web Géospatial »Cynthia Dietz, Science/Map Librarian Frank Melville Jr. Memorial Library Stony Brook University Stony Brook, New York est l'une des formes émergentes de recomposition géographique des entrées de la connaissance, via les NTIC, la démocratisation du GPS et parfois la production participative appliquée à la cartographie citoyenne (citizen mappingMicahel J. Casey, Citizen Mapping and Charting How Crowdsourcing Is Helping To Revolutionize Mapping & Charting IIC Technologies Inc.), qui a par exemple donné OpenStreetMap et à d'autres échelles le NASA World Wind puis Google Earth et Microsoft Live Local en 3D en ayant des impacts environnementaux, sociaux et économiques encore mal cernés..

RSS right|thumb|Logo RSS

La première et importante évolution vers le Web 2.0 a été la syndication de contenu, utilisant des protocoles standardisés permettant aux utilisateurs de faire usage des données d’un site dans un autre contexte, allant d’un autre site web au plugin d’un navigateur, ou même d’une application de bureau séparée. Ces protocoles comprennent RSS, RDF (comme dans RSS 1.1) et Atom. Tous sont basés sur le langage XML. Des protocoles spécialisés tels que FOAF et XFN (tous deux pour les réseaux sociaux) étendent les fonctionnalités des sites et permettent aux utilisateurs d’interagir de façon décentralisée. Voir les microformats pour des formats de données plus spécialisés.

Cette tendance bottom-up fait que beaucoup de ces protocoles deviennent des standards de facto plutôt que des normes.

Étiquetage

Des , étiquettes ou mots clés améliorent la recherche sémantique qui est de plus en plus heuristique et donc présentée sous la forme d’un nuage de mots clés .