La base aéronautique navale de Fréjus-Saint Raphaël est une base aérienne de la Marine nationale française, située à au sud du centre de Fréjus, dans le département du Var, devenue « base nature » de Fréjus. Elle est située à l'embouchure et l'Argens et du Reyran vers la Méditerranée.

La base aéronautique navale de Fréjus-Saint Raphaël fut la première base aéronavale de France et un important centre expérimental aéronautique.

Cent dix membres de la base sont morts en service aérien commandé de 1912 à 1995..

Elle abritait également un aéroport civil, l'aéroport de Fréjus - Saint-Raphaël qui a accueilli pendant de nombreuses années entre 1960 et 1990 des lignes saisonnières essentiellement vers Paris.

La flotte du Levant La Marine royale française était quasi inexistante avant 1624. Elle hérite de plusieurs traditions dont en Méditerranée celle de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui recrutait ses chevaliers dans les meilleures familles de la noblesse française pour former les officiers de la flotte du Levant.

Le terme flotte du Levant désigne sous l'Ancien Régime l'ensemble des navires de la marine royale française destinés aux opérations navales (suprématie navale, protection des convois, lutte contre la piraterie) en Méditerranée. Elle est l'alter ego de la flotte du Ponant, basée en Manche et dans l'Atlantique sa première installation se fait à Fréjus en 1689.

Aviation et origines thumb|Fréjus monoplan Nieuport survolant la Foudre. Le , Louis Blériot franchit la Manche ; en , Henri Fabre fut, sur l'étang de Berre, le premier à faire s'envoler un hydravion ; Eugene Ely, le , est le premier à décoller d'un navire, il s'agit d'un biplan « Curtiss » depuis d'une plate-forme aménagée sur le croiseur américain . En ces débuts de l'aéronautique, tous ces exploits intéressent les marines militaires des grandes puissances qui constituèrent à partir de cette époque ce qui allait devenir l'aéronautique navale.

En , le vice-amiral Auguste Boué de Lapeyrère, ministre de la Marine, par une vaste loi-programme de réorganisation de la marine, propose de créer un Centre aéronautique marine (CAM).

Un Farman est acheté pour . En , le Chef d'état-major de la Marine, vice-amiral Laurent Marin-Darbel fait aménager la pour pouvoir accueillir des aéronefs. En , le capitaine de vaisseau René Daveluy commence à chercher un site ; le Fréjus-Saint-Raphaël est sélectionné. Le capitaine de vaisseau Daveluy justifiant son choix : .

Théophile Delcassé, ministre de la Marine décide d'établir un premier aérodrome naval dans les marécages à l'embouchure de l'Argens le .

Les dimensions de l'aérodrome sont alors de de largeur et ou de long environ. Le un budget de sera débloqué : pour les terrains, la piste, pour les locaux et pour les avions.

En juin 1911, le capitaine de vaisseau René Daveluy, commandant le bâtiment-base d'aviation Foudre, sur lequel il fait procéder aux premiers essais de plate-forme d'envol pour avions, est chargé d'organiser l'aéronautique maritime. Il propose qu'elle forme une unité indépendante, qu'elle dispose d'une grande base (ce sera Montpellier puis Fréjus) et qu'elle soit dotée de trois types d'avions : un avion/hydravion côtier, un croiseur aérien et un avion léger embarqué capable d'opérer depuis la Foudre.

Démissionnaire à la fin , Daveluy est remplacé par le capitaine de frégate Louis Fatou et le service de l'aviation maritime est créé par décret du , qui donne un aérodrome ainsi établi sur le littoral (le futur Fréjus-St Raphaël), un ancien croiseur bâtiment-base d'aviation la FoudreAménagé en 1911 à la demande du vice-amiral Laurent Marin-Darbel, chef d'état-major de la marine, est un navire de , long de , large de et pouvant atteindre une vitesse de . Il est lancé à Bordeaux le ., des bâtiments de flottille et du matériel volant. À cette époque, la Marine nationale française ne dispose que de deux avions : un biplan Maurice Farman, livré le , et un hydravion Canard Voisin livré le . Courant , ce dernier est monté à bord de la Foudre et effectue une dizaine de vols aux mains du lieutenant de vaisseau Pierre Cayla. Le choix de ne s'avère pas concluant, le navire ne pouvant recevoir que des hydravions, qu'il faut mettre à l'eau puis récupérer à l'aide de grues.

vignette|Embarquement d'un Caudron Type J sur la Foudre (). Néanmoins, ces vols, ainsi que ceux des monoplans , conduisent le chef d'état-major de la Marine Pierre Le Bris à demander la transformation de la Foudre, afin que les avions puissent en décoller. Ce n'est qu'en qu'est prise la décision d'installer une plate-forme à l'avant du navire, construction effective six mois plus tard.

Le , création du service de l'Aéronautique maritime. Le , expropriation ce qui permet de porter la superficie du terrain à 45,2 hectares. Le , le lieutenant de vaisseau Hautefeuille devient le de la base. Avril 1913 voit la construction du hangar s'achever. Cinq Nieuport sont commandés en .

Roland Garros thumb|left|Stèle en hommage à Roland Garros thumb|Plage de Fréjus : Roland Garros survolant la plage. Le , Roland Garros passe à la postérité pour avoir réussi la première traversée aérienne de la mer Méditerranée en évoluant à une vitesse moyenne de . Son amie Marcelle est la seule femme et la seule civile présente sur le terrain du Centre d’aviation de la base aéronautique navale de Fréjus-Saint-Raphaël d’où il prend l'air. Jean Cocteau, qui écrira plus tard sur Roland Garros le long poème intitulé Le Cap de Bonne Espérance y évoque la « jeune femme au manteau de skunks ». Le monoplan Morane-Saulnier, équipé d'un moteur Gnome de 80 chevaux et d'une hélice Chauvière décolle à , alourdi de d’essence et de d'huile de ricin. Garros part à la boussole, avec un moteur qui subit deux pannes et perd une pièce, au large de la Corse et au-dessus de la Sardaigne. Il lui reste d'essence quand il se pose à Bizerte à après avoir parcouru quelque Les traversées Aéro-maritimes (1909-1914), Vingt-cinq ans d'Aéronautique française de Lucien Marchis, aux éditions La chambre syndicale des industries Aéronautiques Aero-mondo.fr.

À Marseille, puis à Paris, l’aviateur est accueilli en triomphe. Il faut dire qu’après cet exploit, le vainqueur de la Méditerranée devient la coqueluche de la France et du tout-Paris. J. Cocteau qui, comme l’a dit Jean-Jacques Kihm, l’un des meilleurs connaisseurs du poète, , a réussi à se faire présenter au héros de la Méditerranée, qui l’emmènera plusieurs fois en avion faire de l'acrobatie aérienne. Il lui dédiera son poème Le Cap de Bonne-Espérance.

Tous ses pairs les plus prestigieux félicitent l’aviateur de son exploit et déjà la presse évoque les premières lignes aériennes, qui ne verront réellement le jour qu’après la guerre.

Première Guerre mondiale Le , René Caudron, aux commandes d'un biplan Caudron Type J réussit un premier décollage et vient amerrir un peu plus loin et le , le lieutenant de vaisseau Jean de Laborde échoue dans la même tentative. Il est indemne, mais l'appareil est perdu, ce qui entraîne le démontage de la plate-forme de la Foudre. Cependant, lors des grandes manœuvres navales de , une douzaine d'hydravions équipés de la TSF est affectée à des missions de reconnaissance jusqu'à sur divers points de la mer Méditerranée, principalement à Toulon et à Bizerte (Tunisie).. Alors que l'entrée en guerre est proche, les expérimentations sont interrompues et la plate-forme démontée, la Marine nationale française donnant la priorité à l'hydravion.

En , l'aéronautique navale française représente dont 800 en ligne, dont 700 pilotes (550 en action) et 36 CAM. Au niveau de l'Aérostation maritime il y avait 37 dirigeables, 200 ballons captifs, dont 144 pilotes et 239 observateurs aérostiers. Le hangar est en chantier dès 1914 et terminé en 1915. En 1915, l'électricité sous en est installée. En 1918, le hangar , une cuisine équipage et un pavillon officiers sont construits. En , installation d'un slip à roulettes et d'une grue de . Puis en 1918 construction d'un en bois et un à roulettes. Le , deux escadrilles sont formées pour surveiller l'Italie. Le , un sous-marin est repéré d'où la mise en place d'un canon de .

Le , afin de dissocier les missions d'expérimentation de celles d'instruction des pilotes, la commission d'études pratiques d'aéronautique (CEPA) est créée Sa mission est de procéder aux études expérimentales prescrites par le ministre.

En 1917, mise en place d'une escadrille de combat à Saint-Raphaël équipée de 5 FBA puis de 6 Donnet-Denhaut. La même année le sous-marin Cigogne (Q39) part, accompagnée du submersible Alose, pour Fréjus afin de servir de cible aux tirs et aux bombardements de l'aviation pour l'expérimentation d'une nouvelle arme. contre les sous-marins. Le tir, effectué le par l’hydravion commandé par le commandant Le Prieur et piloté par Albert Duval, coulera le sous-marin l'Alose.

Création des patrouilles aériennes de Provence le . Le CAM est créé le donc l'escadrille d'entraînement est dissoute.

En , le LV l'Escaille va en Grande-Bretagne pour y étudier le concept des décollages depuis le pont de navires de guerre. À la suite de ces observations, le cuirassé Paris reçoit deux plates-formes de sur les tourelles avant et arrière. Ces essais sont dirigés par le lieutenant de vaisseau Paul Teste du 12 au avec l'aide des pilotes suivants Vétillard, Hurel et Faye volant sur Hanriot.

L'entre-deux-guerres

Tous les meilleurs appareils de la Marine française sont regroupés au Centre aéronautique marine. Au , 179 hydravions sont utilisés.

Des essais de décollages courts sont effectués depuis le pont de l'aviso Bapaume avec des Hanriot et des Nieuport. Le , le est effectué par Paul Teste avec son Hanriot sur le premier porte-avions français le Béarn.

La est constituée de la T10 crée le ; qui sera par la suite () rebaptisée 7B1. Cette escadrille est équipée alors de Farman F-65 Goliath. L'aviation d'escadre (AC1, AR2 et 7B1) est transférée à Hyères en sauf la 7B1 qui va à Berre en . Extension de du centre.

Une grue Derrick de est mise en place en 1919 et une deuxième de fabriquée par Foucannier est installée en 1920. Les hangars Bessonneau 50 et 51 sont disponibles en 1927 ; le est lui en service en 1923. 1930 voit le goudronnage et la mise en place d'une grue titan de .

La BN301 est créée le , commandée par le LV Montrelay. D'autres formations comme l'escadrille 5B1 et l'École de pilotage sur hydravions y sont basées. Pendant les années 1930 de nombreux hydravions sont testés et évalués.

La Seconde Guerre mondiale thumb|Monument aux morts devant la base et sur le Boulevard de la mer

En la base commandée par le CF Sala est fermée. Après une réouverture en ; elle est de nouveau fermée en .

Le la base est mise en gardiennage. Une école de chasse est créée en . Le 22 et , évacuation vers Hourtin et création de l'escadrille de chasse AC5. Le réarmement en comprend une École de chasse, une division hydravion de cette dernière et l’École du personnel volant. Début 1942, 34 appareils sont affectés aux écoles. En mai de violentes inondations ravagent le site. Et en la zone libre est envahie, la base est de nouveau fermée le . Fin , 20 bombardiers allemands s'installent. Le un lieutenant pilote italien, qui essayait le Léo 45 , après un décollage catastrophique, écrase l'appareil au sol à l'atterrissage. le feldmarschall Hugo Sperrle visite la base le . Le , les Italiens se retirent de Fréjus..

Lors du débarquement de Provence le , la force navale est constituée de trois divisions américaines forment la Force Kodak du général Lucian Truscott. Les troupes d'assaut du corps américain sont elles-mêmes divisées en trois forces ; l'une d'elles, la Force Camel du général John E. Dahlquist, composée de la d'infanterie, débarque du côté Est sur trois plages différentes : Fréjus, face à la base d'aéronautique navale de Fréjus, au Dramont et sur la plage d'Anthéor. La base subit alors de nombreux dommages.

L'après-guerre