L'église Saint-Firmin est une église catholique paroissiale située à Vineuil-Saint-Firmin, dans le département de l'Oise, en France. Elle succède à un édifice médiéval, qui a été entièrement remplacé par l'église actuelle, édifiée dans une unique campagne de travaux entre 1540 et 1543 grâce au mécénat du connétable Anne de Montmorency. Ses dimensions sont modestes, et son architecture gothique flamboyante est très simple et sans ambition, mais les formes et proportions sont harmonieuses, et l'homogénéité de l'ensemble est remarquable. L'on note seulement que les réseaux des fenêtres sont d'une grande diversité : sur quinze fenêtres, pas plus que trois affichent un même dessin. Ce sont surtout les cinq verrières historiées de la Renaissance qui font la réputation de l'église Saint-Firmin. Elles sont regroupées dans le chœur, et ont en partie été réalisées par des grands maîtres de l'époque. Une restauration sous la direction d'Auguste Steinheil en 1881-1882 les a sauvées pour la postérité. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du ., et a bénéficié d'une restauration à la même époque. Depuis 1991, il n'y a plus de prêtre résident, et l'église est affiliée à la paroisse Sainte Famille de Chantilly. Les messes dominicales y sont célébrées environ un dimanche sur deux à 9 h 30.

Localisation

L'église Saint-Firmin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, près de Chantilly, sur la commune de Vineuil-Saint-Firmin. Comme son vocable l'indique, elle se trouve dans l'ancien village de Saint-Firmin, également Fontaine-Saint-Firmin, au nord de la rue de Senlis (RD 924), à l'angle avec le sentier de l'Église. La rue de Senlis est la principale voie de communication de la commune, tandis que le sentier est une impasse réservée aux piétons, qui dessert le cimetière situé plus au nord. L'élévation méridionale de l'église domine la rue grâce à un mur de soutènement, et il faut gravir au moins sept marches d'escalier pour accéder au parvis de l'église et au sentier de l'Église. Le parvis prend la forme d'une terrasse entre le mur de soutènement et l'église. Le sentier de l'Église passe devant la façade occidentale, puis contourne l'église par le nord. Il est également relié à la rue par une venelle qui passe devant le chevet. Seulement l'élévation méridionale et en partie le chevet sont bien visibles. Les autres élévations ne peuvent pas être contemplées en prenant du recul, car des propriétés privées s'en approchent de près.

Historique Des origines jusqu'à la Révolution thumb|upright|left|Tête de saint Firmin.

Le village de Saint-Firmin est d'origine assez ancienne. En 770, sa seigneurie est donnée à l'abbaye de Saint-Denis.. Elle est ensuite incorporée dans le domaine de Chantilly. L'on ignore la date de fondation de sa paroisse. Le chanoine Müller estime que certains contreforts de l'église actuelle remontent au .. Il n'y a pas de vestiges plus anciens. Le saint patron de l'église est Firmin d'Amiens, né en 272 à Pampelune, en Espagne, et martyrisé le à Amiens. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse relève du doyenné de Senlis et du diocèse de Senlis. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis.. thumb|La clé de voûte de l'abside arbore les armes d'Anne de Montmorency.

Sous l'effet des ravages de la Guerre de Cent Ans et de la diminution conséquente de la population, les paroisses de Saint-Firmin, Courteuil, Saint-Nicolas-d'Acy (aujourd'hui commune de Courteuil) et Valprofond (aujourd'hui Avilly-Saint-Léonard) sont réunies en 1416 au plus tard, et desservies par un même curé. Cette situation dure jusqu'au . Les trois curés du dont l'on connaisse encore les noms résident apparemment au presbytère de Courteuil. Il s'agit de l'abbé Michel Pelins, mort en 1416., de l'abbé Jean Le Charron, successeur du précédent, et de Jean Matlyn, mort en 1480.. Il est inhumé en l'église de Courteuil, où subsiste sa dalle funéraire, sur laquelle le défunt est représenté comme transi.. Grâce à la générosité du connétable Anne de Montmorency, l'église Saint-Firmin est presque entièrement rebâtie entre 1540 et 1543, dans le style gothique flamboyant.. D'après Bernard Savouret, le connétable aurait chargé les moines bénédictins du prieuré Saint-Nicolas-d'Acy de mener à bien ce chantier. La plupart des vitraux sont offerts par Anne de Montmorency.. Ils sont dégradés sous la Révolution française. Un événement mémorable a lieu le avec la confirmation de plus de cent cinquante personnes âgées entre neuf et quarante ans, la majorité ayant environ vingt ans, par l'évêque de Senlis, Firmin Trudaine. L'abbé Antoine Moyeux, curé de Saint-Firmin depuis 1778, prête serment à la Constitution civile du clergé le , puis se retracte le dans le cadre d'un discours prononcé après Vêpres : . Ce prêtre meurt en déportation. Trois prêtres se succèdent encore à Saint-Firmin jusqu'à l'interdiction du culte, sous la Terreur en automne 1793..

Depuis le concordat de 1801 thumb|left|Vue générale intérieure.

Par le concordat de 1801, le diocèse de Senlis est définitivement supprimé, et le territoire correspondant au département de l'Oise est provisoirement rattaché au diocèse d'Amiens. En 1822, le diocèse de Beauvais est rétabli, et correspond désormais aux limites du département. Depuis cette date, Vineuil-Saint-Firmin fait donc partie du diocèse de Beauvais. La cure reste vacante jusqu'en 1804. Ensuite et jusqu'en 1818, les paroisses de Saint-Firmin, Saint-Léonard et Aumont sont desservies par un même curé, l'abbé Henry-Éloy Guéret. Né le , il a été tonsuré le , et ordonné chanoine diacre en 1779. Il est nommé à la cathédrale Notre-Dame de Senlis et à Aumont le , et prête serment le . L'abbé Guéret adhère même à la Société populaire de Senlis le , et renonce au sacerdoce le . Il tient ensuite une petite école et travaille à la mairie de Senlis. En 1801 il retrouve sa vocation, et recommence à lire des messes basses. Après sa mort le , les curés d'Apremont et de Chantilly desservent la paroisse de Saint-Firmin. En 1822, le premier curé de Saint-Firmin après la Révolution est nommée avec l'abbé Henry-François Guiblin, qui ne reste que pour trois ans. Il n'y a plus de presbytère à Saint-Firmin, et l'état de l'église est lamentable. Conscient de la valeur artistique des vitraux, le conseil de fabrique décide, en date du ,de les vendre afin de financer la réparation de l'église. Il obtient l'accord du préfet, mais aucune offre n'atteint le prix fixé. En 1840, les divers fragments sont regroupés dans les cinq baies du chœur par un simple verrier.. thumb|upright|Vierge à l'Enfant.

Les six prêtres qui se succèdent jusqu'en 1847 sont curés d'Apremont et de Saint-Firmin, et résident à Apremont. L'abbé Joseph Simon arrive en juillet 1843, et est le premier curé résidant à Saint-Firmin depuis la Révolution. Il ne reste que jusqu'en janvier 1847. Pendant une vacance du poste qui dure de 1835 jusqu'en 1838, et pendant une autre vacance en 1843, des vicaires de Chantilly doivent venir au secours. L'on note qu'aucun prêtre reste pendant plus de quatre ans. Cette situation ne change qu'au début du Second Empire, avec l'installation de l'abbé Antoine Caron en août 1848 : il reste curé de Saint-Firmin jusqu'en mai 1876, et ne doit apparemment plus s'occuper des paroissiens d'Apremont. Pour un siècle et demi environ, Vineuil-Saint-Firmin demeure une paroisse indépendante. Vers 1850, le cimetière autour de l'église est transféré à son emplacement actuel, et une dizaine de dalles funéraires sont employées pour la réfection du sol de l'église. Une nouvelle cloche parrainée par le duc et la duchesse d'Aumale est bénite en 1851, au moment de leur exil. La sacristie est construite en 1855, et la tribune en 1868. Le mobilier est complété, et les vitraux de la Renaissance sont restaurés sous la direction d'Auguste Steinheil en 1881-1882. L'abbé Fernand Verté, qui arrive en octobre 1967, est l'instigateur de nombreuses et judicieuses restaurations.. L'église Saint-Firmin est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .

Le hameau de Vineuil relève de la paroisse de Saint-Maximin au Moyen Âge, qui est du diocèse de Beauvais.. Il rejoint la paroisse de Saint-Firmin à une date inconnue, mais devient une commune indépendante sous la Révolution française, en 1790. Cette situation ne dure que pendant quatre ans, jusqu'en 1794. À la fin du , le duc d'Aumale fait transformer une ancienne grange en chapelle de style néoroman, qui est dédiée à sainte Barbe ou à saint Pierre et saint PaulVoir au sujet de la chapelle, .. Par décret du , Vineuil adopte le nom de Vineuil-Saint-Firmin. De ce fait, la commune dispose de deux lieux de culte catholiques, mais en raison de la fragilité de son plancher, la chapelle est interdite d'accès depuis 2010. Depuis la mort de l'abbé Fernand Verté en juillet 1991, il n'y a plus de prêtre résident., et Vineuil-Saint-Firmin est réunie à la paroisse Sainte-Famille de Chantilly. À ce jour, il y a environ deux messes dominicales par mois, généralement le dimanche à 9 h 30. L'Eucharistie est habituellement célébrée par l'abbé Philippe Capelle-Dumont, professeur et doyen honoraire de la faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, ou par l'abbé Philippe Gruson, bibliste et eprêtre accompagnateur du centre spirituel diocésain de Loisy..

Les curés de Saint-Firmin

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église répond à un plan basilical assez simple et se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un faux transept non débordant qui n'apparaît comme tel qu'extérieurement ; et d'un chœur d'une seule travée, qui se présente comme une abside à cinq pans. La longueur totale est de , dont pour la nef, pour la croisée du transept et pour le chœur. La largeur totale est de au niveau de la nef et du transept. Les bas-côtés et les croisillons du transept ne mesurent que de largeur (sans tenir compte de l'épaisseur des grandes arcades). Le clocher s'élève au-dessus de la première travée du bas-côté nord. Il est coiffé d'une flèche octogonale en charpente, qui cumule à une hauteur de environ. L'auteur ne précise malheureusement pas s'il s'agit des dimensions intérieures ou extérieures. En vue des proportions, il doit s'agir des dimensions extérieures, sauf pour les bas-côtés.. Une sacristie de deux travées se situe devant la première travée du bas-côté sud, et un porche abrite le portail latéral dans la travée suivante. L'autre accès à l'église est le portail occidental. L'ensemble de l'église est voûté sur des croisées d'ogives simples. Nef et bas-côtés sont pourvus d'une toiture unique à deux rampants. Les croisillons possèdent des pignons à leurs extrémités, et sont munis de toits en bâtière. L'ensemble des couvertures est réalisé en ardoise.

Intérieur Vaisseau central thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, (faux transept), élévation nord.

Il n'y a, à l'intérieur, aucune différence notable entre nef et croisée du transept. Les deux parties forment un vaisseau homogène de quatre travées. Ce vaisseau central est aveugle, hormis un oculus circulaire en haut du mur occidental. À l'intérieur de l'église, il n'y a pas trace de fenêtres hautes bouchées, et selon les usages du , il est probable qu'il n'y en a jamais eu. L'espace sombre au-dessus des fidèles est censé favoriser le recueillement, et symbolise l'incertitude qui pèse sur l'au-delà ; après l'expérience douloureuse sous la guerre de Cent Ans, les paradigmes de l'architecture religieuse ont changé, et ce n'est plus la lumière de Dieu qui est mise en avant. Même la somptueuse collégiale Saint-Martin de Montmorency en tant que principal édifice religieux financé par la famille de Montmorency à la période flamboyante, est dépourvue de fenêtres hautes.