, né le à Tokyo, est un photographe japonais.

Artiste extrêmement prolifique, Araki a essentiellement diffusé son œuvre sous forme d'albums. Figure du monde des médias et de la culture au Japon, il a publié aussi de très nombreux essais et interviews. Il utilise régulièrement comme signature la graphie Arākī アラーキー qui évoque en japonais le mot « anarchie » (anākī).

Biographie Araki est né et a grandi dans quartier de Minowa dans la ville basse de Tokyo. Son père, Araki Chōtarō, est un petit artisan qui pratique la photographie en amateur.

Diplômé du département d'ingénierie de l'université de Chiba en 1963, avec une spécialisation en photo et mise en scène de cinéma, il commence sa carrière de photographe dans l'agence de publicité Dentsū. Dès 1964, il reçoit le prix Taiyō pour « Satchin », une série de photographies d'enfants. En 1971, il épouse Aoki Yōko. Dans la foulée, il publie à ses frais Voyage sentimental, qui documente, à mi-chemin entre réalité et fiction, son mariage et sa nuit de noces. En 1972, il quitte Dentsū et réalise plusieurs projets entre Mail art et performance.

En 1974, il fonde avec Masahisa Fukase, Shōmei Tōmatsu, Eikō Hosoe et Daidō Moriyama l’école de photographie Workshop.

En 1977, il quitte le quartier de son enfance pour s'installer à Komae dans la banlieue ouest de la capitale. En 1982, il déménage de nouveau pour Gōtokuji dans l'arrondissement de Setagaya où il réside depuis. En 1979, il se rend pour la première fois à New York pour une exposition, mais ce n'est qu'à partir de 1985 qu'il commence à exposer régulièrement à l'étrangerAraki Nobuyoshi : senchimentaru na shashin jinsei, Musée d'art contemporain de la ville de Tokyo, 1999, (anglais) et 134-140 (japonais).. Entre 1988 et 1993, son travail fait l'objet de différentes mesures de police, la représentation des organes génitaux et des poils pubiens étant alors considérée comme « obscène » au sens de la loi japonaise. Les différentes polémiques qui ont suivi ont contribué à une application plus tolérante de la loi dans le cas des productions artistiques et du porno soft.

En 1990, son épouse Yōko meurt d'un cancer de l'utérus. Ce drame personnel confère à son travail une noirceur qui restera sensible pendant plusieurs années.

En 2006, plusieurs cocktails molotov sont lancés sur le musée de la photographie à Charleroi (Belgique) où est alors accroché un nu du photographeDes cocktails molotov lancés sur le musée de la photographie à Charleroi, Week-ends.be.

En 2010, Araki annonce qu'il est atteint d'un cancer de la prostateTracks d'Arte du 8 avril 2010 consacré à Takeshi Kitano, dans la partie « Japon impudique » : reportage sur Araki..

Analyse de l'œuvre Les thèmes des photographies de Araki sont avant tout Tokyo, le sexe et la mort. Araki considère que la photographie est liée au sexe et à la mort, deux pulsions qui sont pour lui inséparables. Il photographie aussi beaucoup de femmes nues, à commencer par son épouse. Pour lui, la nudité est dans le portrait et non dans le corps. Pour Marie Parra-Aledo,

Araki photographie aussi des fleurs, métaphore du sexe féminin. Dans son ouvrage Love HotelClichés réalisés avec un Minolta TC-1., paru en 2004, il expose les situations qui l'ont poussé à photographier des femmes nues.

Beaucoup de ses photographies sont datées, manière de signifier une adhérence de la photographie au présent qu'elle documente. Mais Araki sait aussi brouiller cette relation de la photographie à un présent-passé, par exemple en trichant sur les dates.

Ses travaux lui ont apporté une grande notoriété auprès du public japonais et international : ses photos sont la plupart du temps accompagnées de textes sur le mode d'un journal intime. Bien qu'Araki ait toujours contesté sa qualité d'artiste au sens romantique du terme, ses œuvres s'inscrivent dans l'art des avant-gardes de sa génération.

Araki a inauguré un genre de démarche photographique inédit, où l'objectif suit au plus près la vie de l'artiste dans une veine auto-fictive agencée avec une grande maîtrise. C'est, avant l'heure, une brèche dans ce médium originellement cloisonné, dont bien des photographes plasticiens ou des artistes contemporains suivront la trace à commencer par Sophie Calle, Nan Goldin ou Roman Opałka.

Principaux albums センチメンタルな (Voyage sentimental), 1971 東京 (Tokyo), 1973 男と女の間には写真機がある (Entre l'homme et la femme, il y a un appareil photo), 1977 我が愛、陽子 (Yōko, mon amour), 1978 写真小説 (Roman-photo), 1981 写真劇場 東京エレジー (Théâtre-photographie : Élégie à Tokyo), 1981 センチメンタルエロロマン 恋人たち (Éro-roman sentimental), 1982 私が写真だ (La photographie, c'est moi), 1982 新宿よ!(Shinjuku!), 1984 少女世界 (Un monde de filles), 1984 東京は、秋 (Tokyo, l'automne) アラーキーの東京色情日記 (Journal érotique d'Arākī à Tokyo), 1986 私小説 (Roman personnel), 1984 東京物語 (Histoires tokyoïtes), 1989 愛しのチロ (Chiro chéri), 1990 センチメンタルな旅・冬の旅 (Voyage sentimental : voyage d'hiver), 1991 写狂人日記 (Journal d'un fou de photo), 1992 エロトス (Erotos), 1993 猥褻写真 (Photographies obscènes), 1994 A日記 (Le journal de A), 1995 花 Flowers: Life and Death (Fleurs : vie et mort), 1996 旅少女 (Jeunes filles en voyage), 1996 人妻エロス (L’Éros de la femme mariée), 1998-2005 男の顔面 (Visages d'hommes), 1999 彼岸にて (Sur l'autre rive), 2001 チロ愛死 (Chiro, l'amour et la mort), 2010

Principales expositions en France 1995 : Journal intime, Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris 2005 : Arakinema, Palais de Tokyo, Paris 2012 : Au bonheur des fleurs, photos de Nobuyoshi Araki, Denis Brihat, , Lee Friedlander, Gérard Traquandi, du au , Pavillon populaire, Montpellier 2016 : Araki, Musée Guimet, Paris 2025 : POLARAKI : Mille polaroids d’Araki Nobuyoshi, du au , Musée Guimet, Paris

Notes et références

Voir aussi Bibliographie en français Araki Nobuyoshi, Love Hotel (trad. K. Chesneau), éd. Denoël, 2004 Araki : moi, la vie, la mort, Phaidon, 2007 Araki, éd. Taschen, 2007 Araki Gold, éd. Skira, 2008 Philippe Forest, Araki enfin. L'homme qui ne vécut que pour aimer, Gallimard, 2008 Jérôme Neutres, Araki Nobuyoshi, Gallimard, 2016, 304 pages et 719 illustrations Leçon de photo intégrale, Nobuyoshi Araki, éd. Atelier Akatombo, 2018

Vidéographie 2004 : Arakimentari, documentaire américain de Travis Klose produit par Troopers Films (Regis Trigano et Dylan Verrechia) sur la vie et le travail du photographe.

Liens externes Kotaro Iizawa, « Araki Nobuyoshi : le regard insatiable d’un photographe fasciné par la vie et la mort », Nippon.com, le Pétales d’Eros sur liberation.fr « Nobuyoshi Araki » - Photographies de Nobuyoshi Araki sur le site de la collection Japigozzi Monty DiPietro, « Nobuyoshi Araki at the Tokyo Met. Museum of Contemporary Art » - Critique d'une exposition d'Araki

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