Margarethe Faas-Hardegger, née le à Berne et morte le à Minusio, est une militante suisse, anarchiste, syndicaliste, pacifiste, féministe et pour la liberté sexuelle.

Biographie Famille et jeunesse thumb|upright|Gustav Landauer. Margarethe Faas-Hardegger naît à Berne le d'Anna-Susanne Blank, sage-femme originaire d'Ins, et d'Andreas Gottlieb Hardegger, fonctionnaire des télégraphes originaire de Gams..

En 1896, elle est placée dans un pensionnat pour jeunes filles à Colombier., où elle apprend le français..

Entre 1897 et 1900, elle effectue un apprentissage de téléphoniste aux PTT. Elle étudie au gymasium de Berne et obtient la maturité en 1902. Elle fait ensuite des études de médecine, auxquelles elle renonce pour étudier le droit et d'économie.. Elle est un temps secrétaire d'Eugen Huber..

Son premier époux est August Faas, rédacteur à l'Agence télégraphique suisse, avec qui elle a deux filles : Olga née en 1903 et Elisabeth née en 1904.

Engagements syndicaux En 1903, elle participe à la création de la Fédération suisse des ouvriers et ouvrières du textile. et à l'Association bernoise des travailleurs du textile. Elle traduit le plaidoyer de l'objecteur de conscience socialiste Charles Naine.

En 1904 elle mène une grande campagne contre la direction de la filature de Felsenau, puis devient membre du Comité fédéral de l'Union syndicale suisse (USS) et déléguée de l'Union des travailleurs de l'alimentation.

En , elle est élue. au poste de secrétaire syndicale féminine de l’USS., où sa candidature est appuyée par Herman Greulich. Première femme cadre de cette organisation, elle prend son poste le après la naissance de sa seconde fille. Elle fonde de sa propre initiative deux journaux syndicaux féminins : un en allemand, Die Vorkämpferin et un en français L’Exploitée. L'exploitée s'adresse aux ouvrières romandes. tout autant qu'aux femmes au foyer..

À l'été 1906, elle reçoit un préavis de licenciement car elle est trop indépendante aux yeux de certains cadres syndicaux. Mais grâce au soutien de l'Union suisse des ouvrières, de Herman Greulich et des syndicats romands, le préavis est levé. Elle s'engage cette année-là dans la Ligue antimilitariste, qui milite pour l'abolition de l'armée. À Zurich, elle se lie d'amitié avec le médecin libertaire Fritz Brupbacher et les membres du groupe gravitant autour du journal anarchiste Der Weckruf.

Agitatrice infatigable, elle donne durant de nombreuses années plus de 100 conférences par an. sur le syndicalisme., le féminisme., l’action directe, la contraception, l’amour libre, la liberté sexuelle et la libre pensée.

En , elle prend la parole à Genève au nom de l’Union syndicale suisse pour défendre Luigi Bertoni, alors en prison.. En , elle rencontre James Guillaume qui l’invite à rencontrer les dirigeants de la Confédération générale du travail à Paris.

La même année, elle soutient activement la grève des cigarières d’Yverdon (canton de Vaud). Dans ce cadre, elle organise la première campagne de boycott à l'échelle de toute la Suisse et elle met sur pied une coopérative de production de cigarettes l’année suivante afin de donner du travail aux grévistes licenciée.

En aout 1907, envoyée par l'USS, elle est l'unique déléguée suisse à la première conférence internationale des femmes socialistes, à Stuttgart.

En 1908, elle commence une relation amoureuse. avec Gustav Landauer qu'elle rencontre lors d'une tournée de conférence qu'il effectue à Ascona.. Elle fonde avec lui le Sozialistischer Bund (Alliance socialiste) et participe au journal Der Sozialist. Le mouvement propose, notamment, de fonder des colonies communistes anarchistes. Elle a également une liaison avec le poète anarchiste allemand Erich Mühsam. Elle organise la contrebande de matériel de propagande antimilitariste vers l'Autriche à l'intention de l'anarchiste Pierre Ramus.

Cette même année, elle devient membre d'un groupe maltusien aux côtés notamment d'Auguste Forel, et elle effectue une tournée de conférences au sujet des droits reproductifs en Valais. Elle rencontre un succès certain et fait l'objet de tentatives de censures de la part des autorités cantonales. Elle passe notamment une nuit en cellule pour avoir mis à disposition de ses auditeurs une brochure néo-malthusienne..

Le , pour la Journée internationale des travailleurs, elle est oratrice à Genève avec Georges Yvetot, secrétaire de la Fédération des Bourses du travail française. Peu après, elle démissionne de son poste au syndicat et critique la bureaucratie et des lourdeurs de l’appareil. prend sa suite au poste de secrétaire féminine de l’Union syndicale suisse..

Elle vit ensuite plusieurs années en Allemagne, à Munich et à Berlin, où elle évolue dans les cercles socialistes et anarchistes. Elle travaille un temps à Institut international de bibliographie..

Emprisonnements et communauté libertaire En 1913, elle est condamnée à trois mois de prison. en Suisse pour faux témoignages en faveur de Ernst Frick. En 1915 elle est à nouveau condamnée à passer un an au pénitencier pour femme de Hindelbank pour propagande néo-malthusienne et aide à l'avortement...

Mais les projets communautaires restent au centre de ses préoccupations, et après plusieurs tentatives, elle crée à Minusio, près de Locarno, une colonie avec son nouveau compagnon Hans Brunner (1887-1960), avec le soutien financier de l’anarchiste .. A partir de 1928, elle y installe une maison de naissance pour femmes seules avec sa fille Olga..

Elle milite alors dans nombre d’associations pacifistes, antifascistes, néo-malthusiennes, de soutien aux enfants orphelins de la révolution sociale espagnole de 1936 ou aux victimes de la guerre.

En 1950, elle se marie avec son compagnon Hans Brunner.

À 81 ans, en 1963, elle participe encore à la première Marche de Pâques pour la paix et contre les armes nucléaires, entre Lausanne et Genève.

Elle meurt à Minusio le d'une insuffisance cardiaque. Elle est enterrée au cimetière de Locarno.

Hommages Le club de foot antifasciste lausannois FC Hardegger est nommé en référence à Margarethe Faas-Hardegger..

Œuvres Fondatrice du magazine syndicaliste féminin Die Vorkämpferin.. Fondatrice du journal féministe libertaire L'Exploitée, Lausanne, 1907-1908. Republié au complet sous forme de facsimilé en 1977:

Bibliographie

Militer ou subir, documentaire de Jacqueline Veuve et Diana de Rham, émission Ouvertures, RTS, .

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Articles connexes

Anarchisme en Suisse Grève des cigarières d'Yverdon L'Exploitée Libertaire Histoire de l'anarchisme Liberté sexuelle et anarchisme Communauté libertaire

Notes et références

Notices

L'Éphéméride anarchiste : notice biographique. Chantier biographique des anarchistes en Suisse : notice biographique. Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : notice bibliographique.

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