Morainville-Jouveaux est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie, issue de la fusion en 1965 des anciennes communes de Morainville-près-Lieurey et Jouveaux.
Géographie Localisation Morainville-Jouveaux est une commune de l'Ouest de l'Eure en Normandie. Elle se situe à l'ouest de la région naturelle du Lieuvin..
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la rivière d'Angerville..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Morainville-JouveauxLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la mare Mazier ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lieurey à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Morainville-Jouveaux est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (93,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,6 %), prairies (39,3 %), forêts (6,2 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme Morenvilla (reg. Phil. Aug.) en 1210, Morainville la Mansellerie en 1828 (Louis Du Bois)..
La « villa de Maurinus », nom de personne latin tardif qui se perpétue dans le nom de famille très répandu Maurin/Morin.
Morainville-près-Lieurey absorbe l'ancienne commune de Jouveaux le , par fusion simpleArrêté du 23 décembre 1964, paru au Journal officiel du 17 février 1965.. Morainville-près-Lieurey est renommée Morainville-Jouveaux le Décret du 25 novembre 1970, paru au Journal officiel du 6 décembre 1970..
Jouveaux est attesté sous les formes Joveaus et Jouvelli (p. de Lisieux), puis Jovels..
Lieurey est une commune voisine.
Histoire Moyen Âge En 1180n Simon de Morainville rend compte et paye au trésor royal une somme de 50 livres. En 1182 environ, Hugues d'Arnières fait donation de la moitié du Moulin Chapel à Simon de Morainville, en présence de Robert du même nom. En 1210, Robert de Morainville tient de l'abbaye de Cormeilles un fief de chevalier. En 1315, Hugues de Morainville, seigneur de ce lieu donne, en pure aumône, aux religieux de Cormeilles, la moitié des dîmes de la paroisse et le droit de présenter à la cure. Ce fief restera entre les mains des religieux jusqu'à la Révolution.
En 1320, Morainville, dépendant de la sergenterie de Folleville, compte 200 feux. En 1350, d'après une présentation faite à Saint-Ouen de Morainville, les religieux de Cormeilles sont curés primitifs, le curé réel est leur vicaire. En 1348, une épidémie très grave de peste dévaste la France ; la Normandie est affectée (par exemple, la Picardie est presque épargnée : les Picards voient là une preuve de leur supériorité : Dieu punit les méchants et préserve les purs). Aux et , la guerre de Cent Ans (voir pour Jouveaux, le sieur Godefroi d'Harcourt) touche la population de Morainville, au même titre que la peste, ce qui entraîne un repeuplement par un apport extérieur à la Normandie.
Époque moderne Aux , la Réforme et la Contre-Réforme touchent Morainville : en 1685, l'édit de Nantes est révoqué et les manifestations religieuses interdites. À Morainville, les protestants se rassemblent dans les combles d'une demeure, en bordure de la rue Huguenot ; un autel de pierre s'y trouve toujours. Charles aux Epaules (fils) se convertit à la religion réformée et meurt en 1580. Son fils Henri épouse Jeanne de Bours en 1585, une huguenote fervente. Il meurt catholique en 1607.
Sous la Révolution, le désordre règne sur le canton de Cormeilles. Le commerce se ressent des agitations de l'époque. L’absence de petits assignats complique les transactions ; plusieurs fabricants renvoient leurs ouvriers, faute de pouvoir les payer. L'un d'eux, Delaunay de Morainville, renvoie 500 femmes qu'il employait annuellement à filer le lin. Un Delaunay fut maire de la commune durant ces années, sans être sûr qu'il s'agit du même.
Des mesures eurent des conséquences fâcheuses : les marchands devaient faire connaître la quantité de leurs marchandises ; certains agriculteurs se soumirent aux ordres, la majorité refusa de livrer ses grains au prix fixé ; les halles furent insuffisamment approvisionnées ; beaucoup devinrent suspects ; les prisons s'emplirent de suspects. Une fille de Morainville fut mise en lieu de sûreté pour avoir proféré des injures contre les prêtres jureurs (ceux qui jurèrent fidélité à la constitution civile du clergé) : ils n'étaient, disait-elle, . Les archives contiennent aussi l'inventaire des biens saisis au titre de biens nationaux de Louis André de Folleville ; il avait émigré à l'étranger et la liste est importante. Un De Folleville fut maire jusqu'en 1790.
Depuis l'Empire et jusqu'à nos jours, le village s'est modifié ; la population ne cesse de diminuer et passe de 1161 en 1806, à 278 en 1982, Jouveaux compris ; l'utilisation des terres a beaucoup changé, passant des labours à la prairie permanente, entrainant un bouleversement des professions ; tous les métiers liés au textile ont entièrement disparu. Morainville fabriquait, pour le compte du château des Champs et celui de Lieurey, des passementsCe sont des rubans d'ornement des habits et des rideaux et des coutils, toile très serrée en chanvre ou coton et des aubertinesCe sont des étoffes., (le nombre de tisserands est à nuancer, certains devaient exercer à temps partiel) ; parmi les commerces en 1856, on comptait 6 boulangers, 5 bouchers, 9 épiciers, 4 crémiers, 11 cafetiers, le dernier café tabac épicerie a fermé en 1985 ; enfin, le chemin de fer de Cormeilles à Glos-Montfort qui passait dans le vallon entre Morainville. et Saint-Sylvestre-de-Cormeilles, a été supprimé en 1946. La convention publiée au Journal officiel du prévoyait une halte. à Morainville.
Après la Seconde Guerre mondiale, le remembrement a altéré l'ancien paysage de bocage, en augmentant la taille des parcelles, et en supprimant de nombreux chemins et haies..
Une maison de l'association « Les Enfants de la Terre » se trouve à Morainville-Jouveaux..
Les fiefs vignette|290x290px|Monument aux morts. Les fiefs de Morainville étaient au nombre de 14, le plus important étant les Mortiers. Les autres sont : Blangy, la Boissière, les Bosqueries, le Breuil, les Castelliers, la Fauverie, Folleville, les Hautes Terres, Les Louveries, Montaigu, Rougecourt, le Saussay, la Varende.
Les Mortiers
En 1315, Hugues de Morainville donna le patronage de cette paroisse à l'abbaye de Cormeilles.
En 1334, Jehan de Morainville est cité dans plusieurs jugements.
En 1356, Joachim de Morainville rendit à l'abbaye de Cormeilles l'aveu du noble fief de la Mare des Mortiers, sur lequel il avait droit de cour, usage, et droits honoraires en l'église de Morainville, à cause du patronage aumôné par ses prédécesseurs.
En 1374, Robin de Morainville remplace Joachim. vignette|290x290px|Ânes et colombier. En 1405, Jean de Morainville IIe du nom vendit le fief à Richard Gasset le . Jean Gosset ayant refusé de se soumettre aux Anglais, l'office de la sergenterie de Préau qu'il tenait fut accordé, le , à Robin Piedelièvre, bourgeois de Cormeilles.
En 1435, Jean Gosset donna son droit pour le fief des Mortiers.
En 1463, Nicolas et Jean Gosset furent déclarés nobles par Montfaurt. En 1470, les deux frères se présentèrent à la montre de Beaumont pour faire le service pour eux deux ; fut « prins » Jean Gosset, en homme d'armes avec 2 archers 1 coustellier et 1 page, suffisamment montés et armés.
En 1497, Nicolas Gasset « rendit aveu » pour les Mortiers et, l'année suivante, il maria sa fille, Anne dame de Lieurey et de La Tillaye, avec Charles aux Épaules, seigneur de Sainte-Marie.
En 1545, Charles aux Épaules « rendit aveu » pour ce fief. Il laissa deux fils, Nicolas et Charles aux Épaules ; ce dernier épousa Françoise de Mouchy, embrassa la religion réformée et mourut vers 1580.
En 1585, Henri Robert aux Épaules, son fils, épousa Jeanne de Bours dont il eut 3 filles : Suzanne, Jeanne et Judith. vignette|290x290px|Source de la Rivière d'Angerville. En 1607, Judith aux Épaules épousa Jacques du Fay auquel elle apporta les Mortiers.
En 1660, Robert du Fay, fils de Jacques du Fay, vendit le fief à Jacques Pecqueult.
En 1690, Pierre Pecqueult fit donation entre vifs du fief des Mortiers à Me Pierre Le Roy qui, dans un acte de 1700, prend le titre de sieur des Mortiers, patron honoraire de Morainville. Il eut 2 fils, Jacques et Louis Le Roy.
En 1740, Jacques Le Roy jouissait du fief et il est nommé seigneur des Mortiers en 1752 ; il meurt en 1769 sans enfants. En 1770, Louis Le Roy, sieur de la Mancellerie, succéda à son frère et somme le curé de Morainville de lui rendre les honneurs. En 1777, Jean Alexandre de Varin acheta les Mortiers à Pierre Alexandre Le Roy, fut le dernier seigneur des Mortiers et mourut en 1809.
En 1847, Varin veuve Tesserant vendit la propriété à Georges Schupman. En 1871, Pierre Hébert devint propriétaire des lieux. vignette|290x290px|Ancienne mairie de Jouveaux. En 1888, Émile Albert Lepelletier, maire de Morainville, devint propriétaire des Mortiers ; avant de mourir le , dans sa année, il fit trois testaments en 1928 : le premier au bénéfice de la commune, et le dernier en date au bénéfice de l'hôpital de Pont-Audemer, qui fut propriétaire du château de 1929 à 1985.