La sociologie de l'éducation est une branche de la sociologie qui étudie les processus de socialisation scolaire, les trajectoires scolaires et leurs déterminants, les rapports pédagogiques, les caractéristiques des institutions et du personnel éducatif.

Thématiques de recherche Parmi les thématiques de recherche en sociologie de l'éducation on retrouve : la mixité sociale (Nicole Mosconi), la démocratisation scolaire (Pierre Merle), la mobilité sociale (Dominique Merllié et Jean Prévot), les inégalités scolaires (Georges Felouzis), la reproduction sociale (Pierre Bourdieu), la socialisation scolaire (Bernard Lahire), la forme scolaire (Guy Vincent), l'expérience scolaire (François Dubet et Danilo Martuccelli), l'évaluation scolaire (Pierre Merle).

Définition D'après la sociologue française Nathalie Bulle, la sociologie de l’éducation est . Sa fonction est d'étudier dans différentes sociétés quel que soit leur époque ou leur aires géographique. L'école est un de ce champ de recherche. Dans cette perspective, c'est la scolarisation qui est l'objet d'étude, d'où que la sociologue française Marie Duru-Bellat et ses collègues préfère parler de .

Autrement dit, il faut distinguer deux sens au mot éducation : l'éducation au sens de socialisationComme l'indique le sociologue français Mohamed Cherkaoui ., c'est-à-dire d'une part, et d'autre part, l'éducation au sens de scolarisation. D'ailleurs, l’expression « sociologie de l’éducation » est en fait la traduction littérale de sociology of education, champ de recherche anglophone des systèmes d’enseignement scolaireL’enseignement supérieur est généralement un domaine distinct ; ..

La démocratisation scolaire La démocratisation scolaire est un thème historique de la sociologie de l'éducation dès les années 1960. On distingue plusieurs types de démocratisation : quantitative, qualitative, uniforme, ségrégative.

Démocratisation quantitative Lorsqu'on parle de démocratisation scolaire, les recherches et les manuels de sociologie mentionnent d'abord les évolutions d'accès à l'école . Aussi dénommé massification scolaire, la « démocratisation quantitative » correspond à l’augmentation du nombre d’enfants qui ont accès aux études, et se caractérise par un allongement de la durée des études et par une élévation du niveau de formation. Comme le précise le sociologue français Pierre Merle . Or, l'idée de « démocratisation quantitative » ne suggère pas un processus d'égalisation : le sociologue français François de Singly explique qu'il ne faut ainsi pas confondre .

Démocratisation qualitative Définie par l'historien Antoine Prost, la démocratisation qualitative souligne l'idée d'une ouverture aux classes inférieures : , permettant de réduire . L'accès élargie à l'école pour toutes les catégories sociales est dénommée « démocratisation uniforme ».

Démocratisation ségrégative On observe qu'un écart se maintient entre les catégories sociales concernant la trajectoire scolaire. Pour nommer cet écart, Merle parle de « démocratisation ségrégative ». En effet, l’ouverture de l’enseignement à tous les milieux sociaux s’est accompagnée d’une diversification, d'une hiérarchisation et donc d'une ségrégation de l’offre scolaire, aussi dénommée « filiarisation » ou « professionnalisation ». En résumé, les enfants des classes supérieures et ceux des classes populaires ne fréquentent pas les mêmes filières et ne passent pas les mêmes diplômes. On parle de ségrégation car il existe un processus de séparation physique, social et symbolique entre les établissements et au sein même des établissements. Par exemple, l’augmentation de la proportion de bacheliers a été permise par la professionnalisation du bac.

La sociologue Vanessa Pinto défend l'idée que . Elle souligne par exemple que : . Le sociologue français Jean-Claude Passeron analysait déjà en 1982, que .

Deux sens de la notion de démocratisation La sociologue Christine Delphy évoque deux sens contradictoires des usages de la notion de démocratisation en sciences sociales. Un premier sens qu’on retrouve dans l’expression « démocratisation scolaire », qui renvoie à l’idée de composition sociale du groupe des enseignés et non pas aux rapports sociaux ; un second sens qu’on retrouve dans l’expression « démocratisation de l’entreprise » par exemple, qui renvoie à l’idée de hiérarchisation des groupes sociaux (le patronat versus les employés). Elle résume la tension qui existe entre ces deux usages : . Ainsi, l’expression « égalité des chances » apparaît comme un oxymore.

Inégalités scolaire Pour analyser les inégalités scolaires, les sociologues différencient plusieurs types d'égalité : Classiquement, les sociologues distinguent l'égalité de droit (ou formelle) et l'égalité de fait (ou réelle). Le sociologue Georges Felouzis propose de distinguer « égalité d’accès à l’école », « égalité de traitement des élèves » et « égalité équitable des chances ». Le sociologue Mohamed Cherkaoui précise les critères de « l’égalité des chances scolaire » : (1) éducation gratuite et universelle, (2) distribution du savoir identique, (3) égalité des ressources scolaires, (4) composition sociale scolaire identique, (5) égalité dans les effets de l’école.

Scolarité des filles Si l'enseignement secondaire se met en place pour les filles à la fin du XIXe siècle, c'est dans la période 1960-1970 que l'on observe une ; et à partir des années 1970-1980 en France. Les filles restent plus longtemps dans le système scolaire : .

Cette massification est le résultat d'une mise en application progressive d'un ensemble de lois relatives à l'accès des filles à l'école, comme en France : premiers lycées féminins (1880), enseignement obligatoire pour tous jusqu'à 13 ans (1882), création du baccalauréat féminin (1919), légalisation des lycées mixtes (1959), légalisation des collèges mixtes (1963), loi Haby (1975) - la mixité est rendue obligatoire dans l'enseignement primaire et secondaire - etc.

Mais la scolarisation des filles à la fin du XIXe siècle est destinée aux jeunes filles de la bourgeoisie, et l'éducation qu'elles y reçoivent est différente de celle des garçons. En effet, l'éducation des filles , elle est , et donc implique des activités de .

Plus récemment, les filles restent plus longtemps dans le système scolaire. En 2010-2011 par exemple, 88,5% des filles entrées en 6ème en 2007 étaient en troisième contre 83,4% des garçons, et en 2014-2015, 48,5% des filles entrées en 6ème en 2007 étaient dans l'enseignement supérieur, contre 36,7% des garçonsCalculs de France Stratégie, à partir de MENES-DEPP, panel 2007. Les filles sont également plus diplômées que les garçons. En moyenne, par exemple, sur les années 2012-2013-2014, 33% des femmes sorties du système éducatif sont titulaires d'une licence ou d'un diplôme supérieur, contre 25% des hommesMENESR-DEPP, Filles et garçons 2017, Enquêtes emploi Insee 2012-2014, traitement MENESR-DEPP.

Scolarité et dispositions

L'évaluation scolaire Il existe deux grandes approches sociologiques concernant l’évaluation en contexte éducatif : (1) une approche déterministe qui défend l’idée de le jugement professoral assure la reproduction de l’ordre sociale par transformation des classements sociaux en classement scolaire ; (2) une approche interactionniste et didactique qui défend l’idée que l'évaluation est une « transaction » (i.e. une négociation, un arrangement, une élaboration collective) entre les enseignants et les étudiants.

La note chiffrée D'après le sociologue français Pierre Merle, la note chiffrée sur 20, pratiquée en France, est une invention récente du système éducatif (XXe siècle) qui ne résulte pas d'une . Merle explique ainsi qu'il y a un non-recours de la note chiffrée dans les pratiques d’évaluations des élèves du primaires et du secondaires jusque dans les années 1880 : par exemple, . De même, au baccalauréat, jusqu’en 1830, l’évaluation des compétences se fait sans recours à la note : les examinateurs . En 1890, deux arrêtés instaure la notation d'abord pour les collèges et lycées et puis pour le baccalauréat, établissant une . L’idée est alors de . Mais avant même la réglementation de 1890, un inspecteur général critique l’évaluation par la notation sur 20 : selon lui « .

Trajectoires scolaires et professionnelles La trajectoire scolaire et la trajectoire professionnelles sont liées. Par exemple, le diplôme protège du chômage : . En 2018, il était de 25,6% pour ceux qui n'ont aucun diplôme alors qu'il était de 7% pour ceux qui ont un diplôme de l'enseignement supérieur de niveau bac + 5 ou plus, soit plus du triple.. Si le niveau de formation a augmenté, persiste un écart en ce qui concerne l'employabilité qui est déterminée par le niveau de formation. Mais l'augmentation du niveau de formation a modifié le rapport à l'emploi : .

Trajectoires scolaires et conditions d'existence Si la s'est transformée, l'origine sociale reste un facteur déterminant dans le maintien des inégalités sociales.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

ouvrages synthétique Principaux manuel de sociologie de l'éducation francophone : Sociologie de l’éducation de dans la collection « Repères ». Sociologie de l'éducation de dans la collection « Que sais-je ? ». Sociologie de l'éducation de dans la collection « Que sais-je ? ». Manuel de sociologie de l’éducation de chez De Boeck Supérieur. Sociologie de l’école de dans la collection « U ». La démocratisation de l'enseignement de dans la collection « Repères ». La ségrégation scolaire de dans la collection « Repères ». Les inégalités scolaires de dans la collection « Que sais-je ? ».

Autres ouvrages Lire en ligne (classiques.uqam.ca) Lire en ligne (classiques.uqam.ca)

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Articles connexes Sciences de l'éducation Éducation Socialisation

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