280px|thumb|Poster. Assurance sur la mort () est un film américain en noir et blanc réalisé par Billy Wilder, sorti en 1944.
Le film suit Walter Neff, employé d’une compagnie d’assurances, qui tombe amoureux de la femme d'un de ses clients, Phyllis Dietrichson, qui réussit à le convaincre d’échafauder avec elle un plan pour supprimer son mari encombrant et violent et ainsi partager l’assurance-vie de ce dernier, qui sera doublée en cas de mort accidentelle.
Synopsis 280px|thumb|Bande-annonce du film right|280px|thumb|Une scène du film vignette|280x280px|Fred MacMurray et Barbara Stanwyck.
Une voiture zigzague en pleine nuit sur un boulevard et stoppe à l'entrée d'un immeuble de bureaux. Un homme en sort en titubant. Il s'appelle Walter Neff (Fred MacMurray) et est mal en point. Parvenu à son bureau, il s'effondre sur son fauteuil et dicte sur un enregistreur comment il en est arrivé là.
Nous sommes en . Agent d'assurance à la Pacific All Risk Insurance Cie à Los Angeles, il est venu, voilà deux mois, faire signer une police d'assurance-auto à M. Dietrichson, directeur d'une compagnie pétrolière. En l'absence de celui-ci, Phyllis, sa jeune femme blonde et charmante (Barbara Stanwyck), apparaît en haut de l'escalier, nue sous sa serviette de bain. Il est convenu qu'il revienne quand le mari serait là.
Walter repasse à son bureau, où son ami Barton Keyes, chef du service contentieux (Edward G. Robinson), cuisine un camionneur qui a voulu escroquer la compagnie. Il reçoit un appel de Dietrichson, qui lui demande de repasser. Quand il arrive, Phyllis, qui a donné congé à la femme de ménage, est tout en beauté. Elle descend l'escalier, un bracelet à une cheville sous le regard intéressé de Walter, fasciné par le charme de cette femme sinon vraiment belle, du moins extrêmement séduisante. Ils marivaudent un peu, jusqu'à ce qu'elle lui demande s'il lui serait possible de souscrire une assurance décès pour son mari à l'insu de celui-ci. Offusqué, Walter repart en claquant la porte.
Mais, une fois rentré chez lui, encore sous le charme de Phyllis, l'idée le poursuit. Alors qu'il réfléchit, on sonne à sa porte : c'est Phyllis qui, après avoir trouvé son adresse dans l'annuaire, vient le relancer sous prétexte de lui rapporter son chapeau, qu'il aurait oublié (il n'en est rien). Elle lui dépeint alors son mari comme un être brutal, qui la bat, qui boit et qui n'aime que Lola (Jean Heather), sa fille issue d'un premier mariage. Sa détresse et son charme le font chavirer. Ils finissent par s'embrasser et Walter cède, d'autant plus facilement que, depuis le temps qu'il voit des tentatives d'escroqueries minables, cette offre lui fournit l'occasion de se prouver que lui pourrait faire beaucoup mieux. Et ils conviennent d'aller « jusqu'au bout », serment que Phyllis lui rappellera par la suite à plusieurs reprises.
Walter revient chez les Dietrichson et fait signer à celui-ci un contrat d’assurance-décès pour $, Dietrichson croyant signer pour l’assurance auto. Cette entrevue se déroule en présence de Phyllis, mais aussi de Lola, dont Phyllis a souhaité la présence pour certifier, si besoin était, la matérialité de cette réunion, au cours de laquelle Phyllis prend soin de se déclarer contre l’idée de souscrire une assurance-décès. Lola demande à son père, autoritaire et soupçonneux, si elle peut rejoindre une amie avec qui elle a rendez-vous et s’éclipse. En partant, Walter découvre Lola qui l’attendait dans sa voiture et qui lui demande s’il peut la déposer. Son rendez-vous est en fait avec Nino Zachetti, un jeune homme velléitaire et un peu caractériel que son père considère comme un raté, qu’il méprise et que Lola a pour interdiction de voir.
En bon professionnel, Walter connait toutes les chausse-trappes des assurances pour ne pas payer et constitue un allié précieux pour Phyllis. Il lui indique donc la marche à suivre : il va leur falloir dorénavant être discrets, ne se téléphoner que depuis une cabine, de manière codée et, pour un temps, se voir le moins possible, car la compagnie dispose d’un redoutable limier en la personne de Barton Keyes. Il lui apprend aussi que le capital décès est doublé - et passe ainsi à (équivalent de 1,8 million de $ en 2018)- en cas de décès accidentel ferroviaire. Insatiables, les deux amants décident de faire en sorte que ce décès intervienne au cours d’un voyage en train.
Cependant, survient un fait nouveau : Dietrichson s’est cassé la jambe, ce qui retarde la réalisation de leur projet. Or, il faut faire vite car, plus le temps passe, plus s’accroît le risque que celui-ci découvre la substitution de contrats. Ce fâcheux contretemps va en fait faciliter leurs plans.
Barton Keyes vient proposer à Walter de devenir son adjoint et lui dépeint à cette occasion, avec une délectation un peu sadique, la satisfaction qu'il éprouve à traquer les fraudeurs à l’assurance. Mais Walter, qui n’a pas l’âme d’un bureaucrate et se sentirait un peu en porte-à-faux dans ce rôle étant donné ses projets, refuse, ce qui déçoit son ami qui lui reproche son manque d’ambition. En pleine réunion avec Barton, le téléphone sonne : c’est Phyllis, qui rompt la consigne de silence vu l’urgence : Dietrichson prend le train, en béquilles, le soir même pour un congrès à Palo Alto. Elle lui précise à mots couverts comment son mari sera habillé.
Walter prépare méticuleusement son coup : il commence par se forger un alibi imparable, s’arrange pour se faire rappeler chez lui par un collègue juste avant de partir, puis gagne le domicile des Dietrichson, vêtu comme Dietrichson. Phyllis lui a laissé ouvertes la porte du garage et celles de la voiture. Il se dissimule entre le fauteuil du passager avant et la banquette arrière. Dietrichson apparaît bientôt avec ses béquilles, accompagné de Phyllis. Sur le chemin de la gare, alors que Phyllis a pris une route de traverse et que la voiture est ainsi à l’écart, Walter jaillit de sa cachette derrière Dietrichson et lui brise la nuque. Puis, toujours accompagné de Phyllis, Walter prend le train avec les béquilles de Dietrichson et un faux plâtre à la jambe. Il va ensuite sur la plate-forme arrière pour pouvoir sauter du train à l’endroit convenu avec Phyllis, là où le train ralentit. Mais, sur la plateforme, un passager tente de lier conversation. Walter parvient à se débarrasser de ce gêneur en lui demandant d’avoir l’obligeance d’aller jusqu’à son compartiment lui rapporter sa boîte à cigares. Une fois seul, il saute du train à l’endroit prévu. Phyllis, qui l’attendait, lui fait des appels de phares. Ils portent ensemble le corps de Dietrichson sur la voie. Mais, lorsqu’ils s’apprêtent à repartir, le moteur refuse de se mettre en route, ce qui leur donne des sueurs froides. Heureusement, la voiture consent enfin à démarrer.
L’affaire s’est donc déroulée à peu près comme prévu. « Pas de gaffes, pas d’oublis » : c’est un crime parfait. Walter, désormais aimé d’une riche et jolie femme, devrait être heureux. Pourtant, il pressent déjà que tout va aller mal.
Dès le lendemain, c’est le branle-bas de combat à la compagnie d’assurance. Pour la police, il s’agit d’un accident, mais pour la compagnie, qui doit débourser $, c’est une autre affaire. Norton, le directeur, convoque Barton Keyes et Walter dans son bureau et leur dit d’emblée qu’il n’est pas d’accord. Il a également invité Phyllis à venir et lui déclare sans ambages, en présence de Barton Keyes et de Walter, que, pour lui, il s’agit d’un suicide et lui propose une transaction. Jouant les outragées, Phyllis refuse tout net et part en claquant la porte. Barton Keyes, dans un premier temps convaincu qu’il s’agit bien d’un accident, car on ne se suicide pas en sautant d’un train qui roule à , recommande à son patron de ne pas faire d’histoires et de payer, appui inattendu qui enchante Walter.
Celui-ci rencontre ensuite Phyllis dans un supermarché qui leur sert de lieu de rendez-vous discret et lui dit que tout s’annonce bien.
Un soir, il l’appelle pour qu’elle vienne le rejoindre dans son appartement. Puis, on sonne à la porte : c’est Barton Keyes, qui a entretemps consulté les probabilités en matière d’accidents et qui se demande par ailleurs pourquoi Dietrichson n’a pas fait jouer son assurance après s’être cassé la jambe. Il a désormais des doutes sérieux sur cette affaire : il pense maintenant que Dietrichson a bel et bien été assassiné par un couple - car, Phyllis n’ayant matériellement pu faire le coup toute seule, a forcément un complice - d’assassins particulièrement retors. Pendant que Barton Keyes lui fait part de ses réflexions, Walter se ronge les sangs, car il sait que Phyllis ne va pas tarder. Et, effectivement, celle-ci arrive. Mais, avant de sonner, elle entend heureusement Barton Keyes à travers la porte. Quand Barton sort de l’appartement, elle se dissimule derrière la porte (qui s’ouvre opportunément vers l’extérieur), tandis que celui-ci se dirige vers l’ascenseur en poursuivant son monologue. Un moment d’extrême tension survient quand Barton revient un instant sur ses pas pour demander du feu à Walter, tandis que Phyllis est toujours cachée derrière la porte (morceau d’anthologie du film noir). Mais Barton s’éloigne enfin définitivement. Les deux amants ont eu chaud.
Peu de temps après, Walter a la surprise de trouver Lola qui l'attend à son bureau. Bouleversée, celle-ci lui confie qu’elle pense que son père a été assassiné, et par Phyllis. Et elle lui révèle deux informations capitales : voilà six ans, peu avant la mort de sa mère, qui avait une pneumonie, elle a trouvé la fenêtre de la chambre de celle-ci grande ouverte en plein hiver, et les couvertures sur le sol. Or, l’infirmière était Phyllis, que son père a épousée six mois après. Par ailleurs, deux jours avant la mort de son père, elle a surpris Phyllis essayant un chapeau et une voilette de deuil. Lola est donc persuadée que Phyllis a tué son père et sa mère. Walter réalise alors qu’il s’est embarqué dans cette affaire avec une comparse très dangereuse. Dans l’immédiat, il entreprend de sortir avec Lola - qui lui confie par ailleurs qu’elle s’est disputée avec Nino Zachetti - pour la distraire de ses idées noires et surtout pour qu’elle n’aille pas se confier à d’autres que lui, peut-être aussi parce qu’il est ému par le sort de la jeune fille, qui est naturellement loin de se douter que c’est auprès de l’assassin de son père qu’elle est en train de s’épancher.
Le lendemain, en arrivant au bureau, Walter a une autre surprise déplaisante : un certain Jackson, l’homme qu’il a croisé sur la plate-forme du train, est assis dans le couloir. C’est Barton Keyes qui l’a convoqué. S’ensuit une réunion à trois, éprouvante pour Walter, car ce témoin estime, quand on lui montre des photos de Dietrichson, que ce n’était pas cet homme-là qui était sur la plate-forme, avant de se tourner vers Walter pour lui demander avec insistance s’ils ne se seraient pas déjà rencontrés. Après le départ de Jackson, Barton Keyes imagine à haute voix le crime tel qu’il a dû se dérouler et Walter constate avec effroi que Barton a parfaitement reconstitué les faits. Celui-ci prédit à Walter que pour les assassins cela finira au cimetière et conclut en lui disant que la compagnie ne paiera pas.
Walter revoit Phyllis au supermarché et lui dit que Barton Keyes fouine partout, qu’il va découvrir le pot aux roses et qu’il faut renoncer à la prime pendant qu’il en est encore temps. Il lui reproche également de ne pas lui avoir tout dit, notamment concernant les circonstances de la fin de la première femme de Dietrichson, ainsi que ses imprudents essais de chapeau et de voilette de deuil. Phyllis lui rétorque que Lola l’a entortillé, qu’il n’est pas question de renoncer et, soudain menaçante, lui rappelle qu’elle ne se serait jamais lancée seule dans cette affaire, qu’ils sont embarqués dans le même bateau, qu’il faut aller jusqu’au bout et que, maintenant, c’est « quitte ou double ».