Lancôme est une commune française située dans le département de Loir-et-Cher en région Centre-Val de Loire. Ses habitants sont appelés les Lancômois.
Géographie Située à 20 kilomètres de Blois, sur l'axe Blois-Montoire. Le ruisseau qui traverse Lancôme s'appelle la Cisse landaise (ou Cisse Landaison) qui se jette dans la Cisse à Saint-Bohaire.
Hydrographie Sources Cinq sources sur la commune sont à l'origine du bassin de la Cisse landaiseInventaire des sources du Loir-et-Cher, canton d'Herbault, Alain Gauthier et Jean-Marie Lorain. La Fontaine du Chêne : cette source a disparu de son emplacement primitif. Elle se présentait comme un puits arrondi qui s'écoulait dans une fosse sommairement aménagée. La Fontaine Saint-Hubert : au centre d'un boqueteau de peupliers, l'eau est reçue dans une fosse pavée de 5 mètres sur 3. Située près de Rincé, cette fontaine était un lieu de pèlerinage où le saint était invoqué contre la rage. Le Moulin de Malytourne : dans l'ancien bief du moulin se trouvent au moins 3 venues d'eau qui ont toujours fourni de l'eau aux habitants du bas Rincé. Aujourd'hui ces sources alimentent une pièce d'eau. De Mari, génitif de Magher, nom de personne d’origine germanique, et turno = hauteur, d’origine pré-latine ; la hauteur de Magher. La Fontaine ou le Vivier : située au centre du bourg, c'est une fosse de 3,5 mètres de côté alimentée par le fond. L'eau s'écoulait dans un bassin cimenté qui formait un lavoir à ciel ouvert, aujourd'hui comblé. Le Bourbier : au lieu-dit les Prés de la Fontaine, cette source se présente comme une fosse naturelle de 10 mètres de diamètre. Le nom bourbier désigne un lieu creux plein de boue.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villefrancœur à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Lancôme est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Blois, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Toponymie Lancôme Le nom de la localité est attesté sous la forme longa ulmus (le long orme ou la longue ormaie) en 1059 dans un parchemin conservé à la bibliothèque municipale de Vendôme..
Lieux-dits Voici un recensement des lieux-dits de la commune dans leur toponymie actuelleLes éléments de toponymie sont issus pour la plupart du site de Denis Jeanson http://www.denisjeanson.fr/topoa-z.html.
Les hameaux : Beau soleil : maison dont la façade est exposée au sud. Clérice : site d'essartage récent en 1265, composé à partir de clair et du suffixe diminutif isse Fontaine Saint-Hubert : voir sources La Chatière : de Chat La Fontaine du chêne : voir sources La Pinetterie : de Pinet, forêt de pin L'Âne mort : Asne, Lâne nom de personne dès le ou du latin asinus âne Le Bas Percy : du bas latin *Patriciacus, gentilice Patricius et suffixe -acus ou bas latin *Preciacus, gentilice Precius et suffixe -acus. Le Bas Rincé Le Clos Follet : clos suivi d'un nom de personne, propriétaire ou tenancier primitif Le haut de Morillard : anciennes attestations Morugleto ou Morillais ou Morillas Le Pignon blanc : sommet d’une montagne et par analogie, la partie supérieure du mur, pignon de maison Les Maisons rouges, lieu ou la présence de gallo romain a été constaté par les anciens, présence de morceaux de tuiles ou briques. Ce nom peut être un indice de passage d'une voie romaine. Les auberges, sur ces voies, étaient badigeonnées de rouge ou construites en brique, afin que les voyageurs puissent les distinguer de loin. Les Orfeuilles : le houx Les Pruniers Mont Repart : cité dans l'accord de 1339 (Maurepas) - mauvais pâturage Rincé : Bas latin *Rainteriacus. Rainterius et suffixe -acus. Rochecorbon
Les bois : Bois de la Fuselière Bois de Rincé Bois des Usages : partie du bois laissée en usage aux hommes de Lancôme en 1265 Bois de Brochet : Diminutif de brosse par sa variante broche ou broce « lieu broussailleux, bosquet ». Boulomer : ancienne possession du monastère de Saint-Laumer de Blois (attesté sous la forme Boulaumer)Histoire du monastère de Saint-Laumer de Blois par dom Noel Mars, publié en 1869 La Bordière : de Borde et suffixe collectif -ière « petite ferme » ou Bordier, nom d'homme (c'est certainement un fief ancien)
Les fosses ou zones humides : Fosse aux Prêtres : peut être aussi une variante de pretes, rejet d'osier prêt à rouir Fosse de Budon Fosse de la Fuselière Fosse de la Tibergie : ancien nom Tibergerie, de Tiberge, variante féminine de Thibert, theud = peuple, et berht = brillant, célèbre, nom de personne d’origine germanique. Fosse de Marché Fleury, le marchais ou marché est synonyme de trou d'eau Fosse de Morihard Fosse des Quatre Arpents
Les zones agricoles : Gouffard : cité dans l'accord de 1339, Wulf = loup et hard = dur, fort. Nom de personne d’origine germanique. La Barre : limite entre deux territoires, entre deux juridictions La Blaudière : de Belault, nom de personne La Grande Borne : bloc de pierre, poteau délimitant un territoire. Vers 1200, borne prend le sens de limite, fin. Le Moulin à Vent lieu éponyme Les Boissereaux : petit ensemble de buis. Les Cressandelles Les Étangs : lieu où se trouvaient les étangs de Lancôme aujourd'hui disparus Les Quartes : mesure de superficie (60 arpents), terre soumise à la redevance seigneuriale du quart. Les Roncières : terrain où abonde la ronce Mauguenay
Histoire Néolithique Il a été trouvé à Clérice un polissoir qui a été utilisé par des hommes du néolithique pour polir leurs haches de pierre et aiguiser leurs tranchants. Il s'agit d'un gros bloc de poudingue (haut de 0,30 m, large de 0,35 à 0,45 m) comportant deux cuvettes et une surface polie typiques de cette sorte d'outilBulletin de la société préhistorique de France, Année 1961 - volume 58".
Antiquité romaine En 1861, des travaux de terrasse, à Malvaux face au Bas Rincé, ont mis à nu, à une profondeur moyenne de 40 centimètres, l'aire d'un vaste édifice, que les gens de la contrée crurent l'emplacement d'un château ou d'une église. D'une longueur de 30 mètres, sur une largeur de 14 mètres, il s'agissait en fait d'une villa romaine. On y a retrouvé des fragments de tuiles, des morceaux d'une poterie romaine rouge et noire, et des cubes noirs et blancs appartenant à une mosaïque qui a été détruite. L'enduit intérieur des murs était recouvert de peintures rouge, verte et jaune, attestant de l'existence de fresquesBulletin de la société archéologique, scientifique et littéraire du Vendomois, 1862, "notice sur la découverte d'un monument gallo-romain entre Landes et Lancôme, année 1861".
La découverte de cette villa laisse supposer que le domaine devait s'étendre au-delà de la petite Cisse, sur le territoire de Lancôme.
Moyen Âge
Il existait à Lancôme, avant 1070, une villa dénommée ad quartas qui semble être devenue Rincé. En 1148, Rincé est une terre de la Trinité de Vendôme qui est sous commendise (protection contre rémunération) de Thibaut IV de Blois.
L'exploitation des bois provoque un conflit en 1265 entre la Trinité de Vendôme et les hommes de Lancôme, portant sur le bois des usages et le bois de Brochet (près du hameau de Clérice). On détermine alors une partie du bois dont l'usage est aux hommes, sous forme de tenure (2 deniers de cens et 4 de relief par quartier), tandis que dans le reste du bois l'usage demeure aux moines seuls. Ceux-ci exploitent également le bois de Rincé. Cet accord est confirmé en 1672 : ...il semble aux conseillers souscrits que les habitants peuvent mener et envoyer paître leurs bêtes ès dits bois, tant en ceux dudit prieur qu'ès usage, en tout temps et saisons tant de paisson qu'autres temps, sans que ledit prieur les puisse empêcher.
Une lettre sur parchemin de Philippe VI, roi de France, datée de 1337, autorise l'abbé de Vendôme à détourner un chemin allant "de la ville de Gombergein à la ville de Lonc Oulme", pour le réunir à un mauvais chemin par lequel on va de "Gombergein à Françay", à la charge pour l'abbé de faire appareiller ledit mauvais chemin, d'y faire construire un pont, "se mestier est", et de pourvoir "à la seurté des trespassenz sur ledit pont" ; cette autorisation accordée à l'abbé pour lui permettre de "parfaire un estang" qu'il avait commencé sur sa terre de "Lonc Oulme"Archives départementales de Loir-et-Cher, 21H20.
Au début du , le pays de Lancôme faisait partie du pagus vindocinensis (Vendômois). Jules de Pétigny le place dans le pagus blesensis mais il note qu'il fit partie du Vendômois jusqu'en 1339, époque où il fut réuni au Blaisois en tant que paroisse seulement, par traité passé entre Guy de Châtillon et Bouchard VI de Vendôme. Ce traité, qui a redéfini la frontière entre les deux comtés, fut ratifié en 1340 par Philippe de Valois à Bouvines. La frontière est définie très précisément : ... en venant aux ormes dudit Breuil jouste la maison de Denis le Barbier à présent au Breuil et de l'ormeau de laditte maison en s'en venant et en traversant tout le grand chemin jusqu'au val de la Mesurière [Val d'esne noir ou d'eau noire] et dudit val tout le chemin à la croix au feu Venier et de laditte croix tout le chemin aux bois de Maufrain et de Gouffart en s'en revenant par entre les bois dessus dits droit parmi le chemin marais [Morias] aux terroirs qui départent de Maurepas [Mont Repart] et droit aux terroirs de Lancôme et de Mortereche [Marcois et Mourieu]La ratification par Jeanne de Haynault, veuve de Louis de Chatillon, en 1347, contient les variantes citées.
Lancôme, comme Landes-le-Gaulois, se trouva être un village-frontière entre deux seigneurs belliqueux, puis entre les terres restées françaises et les conquêtes anglaises.