La Seine-Saint-Denis (prononciation : ) est un département français limitrophe de Paris (nord-est) et inclus dans la métropole du Grand Paris (MGP). Il appartient à la petite couronne de la région Île-de-France. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le .
Les habitants de la Seine-Saint-Denis se nomment les « Séquano-Dionysiens ».
Sa préfecture est Bobigny, et sa plus grande ville est Saint-Denis, la deuxième commune la plus importante d'Île-de-France, après Paris.
Géographie
220 px|La petite couronne
La Seine-Saint-Denis est située au nord-est de Paris. Sa superficie est de , ce qui en fait l'un des plus petits départements français. La Seine-Saint-Denis forme avec les deux autres petits départements limitrophes de Paris (les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne) la petite couronne de la région parisienne.
Elle est située dans le Bassin parisien et comprend une part importante du pays de France. Le département est essentiellement constitué par un bas plateau, la plaine de France, structuré par les larges vallées de la Seine et de la Marne et surmonté par un relief de buttes-témoins, avec le plateau de Romainville, culminant à aux Lilas, prolongement oriental de la colline de Belleville – Ménilmontant, le plateau de Vaujours, culminant à de hauteur, et le plateau d'Avron (), qui matérialisent l'extrémité du massif de l'Aulnoye ou celle du plateau de la Brie. Ces derniers sont séparés par les dépressions de Gagny et de Rosny-sous-Bois, qui correspondent à un ancien lit de la Marne. Au nord du département se trouve la Butte-Pinson, qui annonce les premiers contreforts du plateau de MontmorencyGérard MOTTET, « Géographie physique de la France », Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. Premier Cycle, 1993.
Géologie
La géologie du département est celle, sédimentaire, du Bassin parisien. Une succession d'horizons argilo-marneux s'intercale dans des formations marno-calcaires, ou calcaires (comme les calcaires de Saint-Ouen-sur-Seine ou ceux de Brie-Comte-Robert), souvent gypseuses, qui ont longtemps été exploitées dans des carrières de pierre à plâtre à ciel ouvert ou en galerie (à Romainville, Rosny-sous-Bois ou Gagny, par exemple). Aujourd'hui, seuls les gypses du massif de l'Aulnoye, sur le plateau dominant Vaujours et Coubron, font encore l'objet d'une exploitation destinée aux usines Placoplatre de Vaujours.
Hydrographie
Le département est limité au nord-ouest par la Seine, à la hauteur de la boucle de Gennevilliers. Il est traversé par la Marne dans son extrémité sud-est. Deux canaux construits au début du par la Ville de Paris, le canal de l'Ourcq et le canal Saint-Denis, et le canal de Chelles inauguré en 1865 pour faciliter la navigation de Vaires-sur-Marne à Neuilly-sur-Marne, l'irriguent également.
Le département compte de nombreux ouvrages de canalisation ou de bassin de rétention des eaux de pluie. Un des derniers secteurs non aménagés à Gagny autour du ru Saint-Baudile est mis en chantier en 2022 pour une livraison en 2024..
Climat
Le climat de la Seine-Saint-Denis est semblable au climat de Paris. Le département, comme toute l'Île-de-France, est soumis à un climat de type océanique dégradé, l'influence océanique l'emportant sur celle continentale. De manière générale, les étés sont plutôt frais, en moyenne, et les hivers sont plutôt doux ( en moyenne) avec des pluies de même importance en toute saison (en hauteur de précipitations) et des pluies plus faibles () que sur les côtes.
La localisation du département au sein de l'espace très densément urbanisé de l'agglomération parisienne explique une très légère élévation de la température d'un ou deux degrés en fonction des conditions climatiques par rapport aux zones rurales d'Île-de-France, en particulier par temps calme et anticyclonique. Cet écart est particulièrement notable au lever du jour, et a tendance à s'accentuer au fil des années. La température moyenne annuelle est de ; le mois le plus froid est janvier avec + ; les mois les plus chauds sont juillet et août avec + (moyenne journalière). Le nombre moyen de jours où la température dépasse est de 43, dont 9 au-delà de .
20px Relevés des températures, des précipitations et de l'ensoleillement au Bourget (Seine-Saint-Denis) 1971-2000..Les valeurs d'insolation sur la période 1961–1990 (héliographes Jordan puis Campbell-Stokes) présentent des écarts de mesure avec celles relevées depuis l'implantation des héliographes à fibre optique Cimel.
MoisJanvFévMarsAvrMaiJuinJuilAoûtSeptOctNovDécAnnéeTempératures minimales moyennes (°C)0,91,32,958,311,212,912,710,67,73,81,76,6Températures moyennes (°C)44,57,39,713,716,518,918,815,511,57511,9Températures maximales moyennes (°C)67,610,814,418,221,52423,820,91610,16,815Moyennes mensuelles de précipitations (mm)54.346.153.546.563.357.853.651.653.855.555.855.6647.3Moyennes mensuelles d'ensoleillement (h)55.687.5129.4172.8201.4218.8239.1221.1173.3125.875.250.61749.5
Histoire
vignette|Ancien département de la Seine dont une partie a permis de créer la Seine-Saint-Denis (en vert ).
Le département de la Seine-Saint-Denis a été créé le , en application de la loi du Loi du 10 juillet 1964 sur legifrance.fr, par le décret d'application du , à partir de la partie nord-est de l'ancien département de la Seine (24 communes formant jusqu'au 31 décembre 2016 les arrondissements de Bobigny et de Saint-Denis) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (16 communes formant la majeure partie de l'actuel arrondissement Le Raincy).
Il hérite du code postal « 93 », autrefois dévolu au département de Constantine.. Sa préfecture est Bobigny. La Seine-Saint-Denis possède un riche patrimoine archéologique.
Archéologie Le territoire de la Seine-Saint-Denis compte plus de archéologiques ; les plus remarquables se trouvent à Saint-Denis ainsi qu'à Tremblay-en-France, qui compte 20 % des sites sur son seul territoire. Une agglomération antique a été découverte à Gournay-sur-Marne et des vestiges de faune du paléolithique ont été découverts dans les sablières de Montreuil en 1860. Des sépultures néolithiques sont mises au jour à Neuilly-sur-Marne. Les plus anciennes traces de la présence humaine sont deux bifaces réalisés par Homo erectus il y a , exhumés respectivement à Neuilly-sur-Marne et Noisy-le-Sec..
Des outils attribuables aux chasseurs du paléolithique moyen montrent une présence à Clichy-sous-Bois, Saint-Ouen-sur-Seine, Tremblay-en-France et Villepinte vers à avant notre ère. Des vestiges d'habitat de l'âge du bronze et de l'âge du fer, la période de Hallstatt ; Gournay-sur-Marne et Saint-Denis. Des traces des Gaulois sont repérées à Bobigny et à Saint-Ouen. Des fouilles importantes de Saint-Ouen, Bobigny et Gournay-sur-Marne, témoignent d'une densification notable de l'habitat à partir du
Création du département
La création du département (portant le numéro « 93 »), qui répondait à l'origine à la disparition des anciens départements de la Seine et de Seine-et-Oise, et à la dissolution du district de Paris, a été motivée par le souhait plus ou moins implicite du pouvoir politique de l'époque de cantonner dans un espace déterminé ce qui pouvait constituer un obstacle majeur à la mise en œuvre de la politique gaulliste, c'est-à-dire la présence du Parti communiste français (PCF). En effet, celui-ci, grâce à son influence dans les communes de la ceinture rouge de la petite couronne de Paris où il s'était implanté dès les élections municipales de 1935, avait réussi à plusieurs reprises à exercer la présidence du conseil général de la Seine.
La Seine-Saint-Denis était perçue comme la concession tacite d'un territoire accordé à la principale force politique d'opposition de l'époque. Par voie de conséquence, elle permettait d'envisager que les deux autres départements constitués dans la proche banlieue (Hauts-de-Seine et Val-de-Marne) échapperaient à l'influence de cette même force d'opposition, tout en bénéficiant des programmes les plus déterminants d'aménagement urbain (La Défense pour les Hauts-de-Seine notamment, ou encore le secteur de la « nouvelle ville » de Créteil) Claude Cottour, du District à la Région Île-de-France, DREIF, septembre 2008.. Cependant, comme pour les deux autres départements de la petite couronne, le subtil découpage territorial était organisé de telle sorte que ce qui avait constitué pour l'essentiel la « ceinture rouge » depuis l'époque du Front populaire (les anciennes communes du département de la Seine) soit « tempéré » par adjonction de communes issues de la Seine-et-Oise, réputées « a priori » moins portées à choisir des élus de gauche, et surtout communistes, pour les représenterSource : Blandine Seigle, la fin d'une histoire communiste, article paru dans le quotidien « Le Parisien », édition Seine-Saint-Denis, du 20 mars 2008.
L'installation de la préfecture est un temps envisagée à Saint-Denis en 1965, mais le parc de la Légion d'honneur aurait été le seul espace assez vaste pour accueillir sa cité administrative et le choix est fait de maintenir cet espace vert et d'implanter la préfecture à Bobigny.
Transports
La voirie Le département fait partie de l'agglomération parisienne et bénéficie de son important réseau national d'infrastructures de transport routier, avec notamment les autoroutes A1 et A4, ainsi que le boulevard périphérique de Paris. S'y rajoutent les autoroutes urbaines maillant le territoire que sont les A3, A86, A103 et A170.
Le département est également desservi par les anciennes routes nationales RN 1 (déclassée en RD 931), RN 2 (déclassée en RD 932, en majorité), RN 3 (déclassée en RD 933).
Le département investit pour la cyclabilité des voies départementales, la moitié du linéaire ayant été adapté de 2019 à 2024, avec une progression régulière des déplacements à vélo.
Transport ferroviaire
vignette|Ancien tramway à Le Pré-Saint-Gervais. vignette|L'Île-Saint-Denis encadrée par deux bras de la Seine.
Le département de la Seine-Saint-Denis est traversé par d'importants faisceaux ferroviaires, avec notamment les lignes Paris – Lille, La Plaine – Hirson, Paris – Strasbourg et Paris – Mulhouse, ainsi que par la ligne de la Grande Ceinture. Sauf cette dernière, dévolue au trafic de marchandises, les autres lignes accueillent des services TGV, grandes lignes, Transilien et Réseau express régional d'Île-de-France (RER). Le département accueille la première ligne de tramway moderne en Île-de-France, le , ouverte en 1992, ainsi que quatre autres lignes. Certaines extrémités du métro de Paris desservent également des communes de la Seine-Saint-Denis.
Métro Huit lignes et 29 stations de métro : la ligne (1 station) : commune de « Bagnolet » ; la ligne (4 stations) : communes de « Pantin et Bobigny » ; la ligne (3 stations) : communes de « Pantin, Aubervilliers et La Courneuve » ; la ligne (3 stations) : commune de « Montreuil » ; la ligne (7 stations) : communes de « Les Lilas, Romainville, Montreuil, Noisy-le-Sec et Rosny-sous-Bois » ; la ligne (3 stations) : communes de « Saint-Denis et d'Aubervilliers » ; la ligne (6 stations) : communes de « Saint-Ouen-sur-Seine et Saint-Denis » ; la ligne (3 stations) : communes de « Saint-Ouen-sur-Seine et Saint-Denis ».
RER Cinq lignes du Réseau express régional (RER) : (3 gares) : communes de « Neuilly-sur-Marne, Neuilly-Plaisance et Noisy-le-Grand » ; (12 gares) : communes de « Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve, Le Bourget, Drancy, Le Blanc-Mesnil, Aulnay-sous-Bois, Sevran, Villepinte et Tremblay-en-France » ; (2 gares) : communes de « Saint-Ouen-sur-Seine et Épinay-sur-Seine » ; (3 gares) : communes de « Saint-Denis et Stains » ; (8 gares) : communes de « Pantin, Noisy-le-Sec, Bondy, Le Raincy, Villemomble, Gagny, Rosny-sous-Bois, Noisy-le-Grand et Gournay-sur-Marne ».
Transilien Deux lignes du Transilien : ligne (2 gares) : communes de « Saint-Denis, Épinay-sur-Seine et Villetaneuse » ;