Anjezë Gonxhe Bojaxhiu (), en religion Mère Teresa, canonisée par l'Église catholique comme sainte Teresa de Calcutta, est une religieuse catholique albanaise naturalisée indienne, missionnaire en Inde, prix Nobel de la paix en 1979. Née le à Üsküb (Empire ottoman) et morte le à Calcutta (Inde), elle est surtout connue pour son action personnelle caritative et la fondation d'une congrégation religieuse, les Missionnaires de la Charité qui l'accompagnent et suivent son exemple.
Elle est béatifiée le par le pape et canonisée le par le pape François.
D'abord membre des sœurs de Lorette, elle quitte cette communauté en 1949 pour puis fonder sa congrégation en 1950. Son œuvre auprès des plus démunis commence par l'éducation des enfants des rues et l'ouverture du mouroir de Kalighat à Calcutta. Pendant plus de , elle consacre sa vie aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants, d'abord en Inde puis dans d'autres pays, et elle guide le développement des Missionnaires de la Charité. Au moment de sa mort, ceux-ci s'occupent de , dans , incluant des soupes populaires, des centres d'aide familiale, des orphelinats, des écoles, des hospices et des maisons d'accueil pour les personnes atteintes de maladies comme la lèpre, le sida ou la tuberculose.
Biographie Enfance vignette|L'église de Shkup dans laquelle Mère Teresa a été baptisée.
Les parents d'Anjezë Gonxhe Bojaxhiu sont des commerçants bourgeois et chrétiens albanais.. Sa famille est d'origine ethnique albanaise. catholique. Son père Nikollë est à la tête de différentes entreprises du bâtiment et vend des produits pharmaceutiques.. Ils ont deux enfants, une fille Age, et un fils Lazare quand Anjezë naît à Üsküb le , dans le vilayet du Kosovo, une subdivision administrative de l'Empire ottoman.
Nikollë, son père, tient à ce que tous ses enfants aillent à l'école, garçons et filles, chose relativement rare dans un pays marqué par l'influence ottomane à cette époque.. Les enfants aident aux travaux domestiques et reçoivent par leur mère une éducation religieuse..
Ses parents, catholiques pratiquants, aident souvent les pauvres de la ville, et Anjezë accompagne régulièrement sa mère dans la visite aux plus démunis, tant pauvres qu'alcooliques ou orphelins.. Drâne, sa mère, conseille à ses enfants : . De même, ils accueillent régulièrement des pauvres à leur table ; Anjezë est marquée par la recommandation de sa mère : ..
La région connaît des tensions ethniques et religieuses avec les guerres des Balkans (au cours desquelles la région est conquise par la Serbie) et la Première Guerre mondiale. En 1919, le père d'Anjezë est victime d'un malaise et meurt.. Elle se retrouve alors sans père à .. Les entreprises familiales font faillite et Drâne ouvre un atelier de couture pour subvenir aux besoins de sa famille..
La mère éduque ses enfants dans la foi chrétienne ; les enfants participent activement à la vie de la paroisse tenue par des jésuites.. La famille organise des veillées de prières et participe aux offices. Anjezë devient soprano de la chorale du village, joue au théâtre, apprend la mandoline.. C'est dans cette ambiance de prière qu'Anjezë pense, à l'âge de , à se consacrer à Dieu ; elle met six ans à être convaincue de cet appel.. Elle aime la solitude et la lecture, mais sa santé est fragile et elle est victime de rhumes chroniques.
Un nouveau père jésuite, Franjo Jambrekovic, développe dans sa paroisse l'intérêt pour les missions, tant par des prières que des revues ou des conférences de missionnaires qui passent. À , Anjezë demande à Jambrekovic comment discerner sa vocation. Le père jésuite répond que c'est . Après un pèlerinage au sanctuaire marial de Letnica, elle ressent le désir d'une vie consacrée..
Elle demande à sa mère l'autorisation d'entrer dans la congrégation des sœurs de Lorette. Sa mère accepte malgré l'opposition de son frère Lazare qui trouve que « c’est du gâchis ».. Anjezë postule avec l'aide du père Franjo Jambrekovic et son départ est prévu pour le ..
Religieuse chez les sœurs de Lorette Postulat et noviciat Elle quitte sa terre natale le , à l'âge de , et rejoint le couvent des sœurs de Lorette, à Rathfarnham près de Dublin en Irlande, communauté fondée au par Mary Ward.. En six semaines, elle apprend des bases d'anglais. Elle apprend aussi à discerner son appel à la vie missionnaire, peut-être à l'aide des Exercices spirituels. d’Ignace de Loyola. Le , elle part en Inde pour y faire son noviciat.
Elle arrive à Calcutta en ; elle y est très vite choquée par l'extrême pauvreté., elle écrit ses impressions à un journal catholique de son village : .. Elle se rend ensuite à Darjeeling, où elle fait son postulat et son noviciat..
Anjezë devient novice le et porte l'habit religieux pour la première fois.. Retirée du monde, elle reçoit une formation religieuse par la lecture des vies de saints, et prépare son diplôme d'enseignante.. Le , elle prononce ses vœux temporaires et prend le nom de sœur Mary Teresa. Choisissant ce nom, elle veut se placer sous le patronage de Thérèse de Lisieux, religieuse carmélite française canonisée trois ans plus tôt en , déclarée sainte patronne des missions, qui voulait vivre et qui écrivait : ...
Enseignante à Calcutta Après avoir travaillé quelques mois dans un dispensaire au Bengale, où elle soigne des pauvres., sœur Mary Teresa enseigne à l'école de Loreto Entally à Calcutta, de à ... Même si elle fait face à des classes de , sa pédagogie stricte et son service humble la rendent proche des enfants indiens qui l'appellent rapidement « Ma », ce qui signifie « Mère »..
Elle prononce des vœux définitifs en Inde le . Elle est nommée en directrice des études à Sainte-Marie, école réservée aux classes sociales supérieures de Calcutta. Elle consacre une partie de son temps aux bidonvilles où elle se rend pour consoler les démunis et les malades, et pour visiter ceux qui sont hospitalisés à Nibratan Sarkal.. Elle écrit à sa mère, et annonce probablement avec fierté sa nomination en tant que directrice. Sa mère lui répond : .
Le train vers Darjeeling : l'appel dans l'appel Le , au cours d'un voyage en train de Calcutta à Darjeeling où a lieu la retraite annuelle de sa communauté, elle reçoit ce qu'elle appelle « l'appel dans l'appel »... Pendant qu'elle essaye de dormir : .. Mère Teresa parle de cette journée comme étant le . Elle ajoute que cette expérience est celle de l'amour de Dieu, qui veut aimer mais aussi être aimé.. Elle exprime cette expérience beaucoup plus tard dans une lettre en 1993 revenant sur cette expérience du , en affirmant que Dieu a soif de nous : ..
Elle ne parle à personne de cette expérience et médite en silence. De retour à Calcutta, elle écrit à son guide spirituel jésuite belge Céleste Van Exem, et lui dit son désir de tout quitter. Celui-ci lui recommande de prier et de garder le silence.. Peu de temps après, il expose la situation à l'évêque de Calcutta Ferdinand Perier qui s'y oppose. Sœur Mary-Teresa n'est pas surprise de la réponse et mûrit son désir ; elle veut fonder un nouvel ordre religieux.. Elle tombe gravement malade peu de temps après et est envoyée dans un sanatorium à Asansol, dans le même État du Bengale-Occidental, pour guérir d'un début de tuberculose.. Pendant cette convalescence, elle prie et approfondit le message qu'elle a reçu ; elle dit découvrir alors que Dieu l'aime mais aussi qu'il veut être aimé.
Ce temps de repos est écourté du fait de la partition des Indes, depuis peu indépendante. Les sœurs rappellent sœur Mary Teresa pour répondre aux besoins d'aide. Sa détermination est toujours aussi grande ; aussi l'archevêque, finalement convaincu, demande-t-il au Saint-Siège la permission de pouvoir lui accorder l'exclaustration religieuse. Elle reçoit le la réponse du pape , qui lui accorde la permission de vivre hors d'une communauté de son ordre pour un an..
La fondatrice Le début de la fondation Sœur Mary Teresa, désormais Mère Teresa, prépare son départ après avoir reçu l'autorisation ; elle se confectionne un sari de coton blanc ourlé du bleu marial.. Le elle quitte avec difficulté les sœurs de Lorette ; elle a cinq roupies en poche..
Elle se rend à Patna afin d'y recevoir une formation d'infirmière.. Elle revient quatre mois plus tard et loge chez les Petites Sœurs des pauvres. À la demande de Ferdinand Perier, elle tient un journal intime dans lequel elle décrit ses réflexions : ..
Elle décide alors de donner des cours dans la rue aux enfants dès le ; dix jours plus tard, ils sont déjà plus de .. Elle cherche à louer un local ; elle distribue des savons et en explique l'usage.. Elle ouvre une école dans un autre bidonville de Tiljana. Elle tente de soigner les pauvres qu'elle rencontre. En , elle fait la connaissance de Jacqueline de Decker, une Belge qui veut vivre le même idéal qu'elle.. Cette dernière a des problèmes de santé et décide de se soigner avant de revenir voir Mère Teresa. Elle repart en Belgique pour des soins tout en gardant des liens épistolaires avec Mère Teresa. Certains critiquent la nouvelle vie de Mère Teresa, la trouvant inefficace et utopiste.
En , elle désire vivre au plus près des pauvres, et ne veut plus vivre avec l'aide des Petites Sœurs des pauvres ; elle cherche donc un nouveau lieu et, grâce à l'aide du père Van Exem, elle est accueillie au dernier étage d'une maison de Portugais.. Sa vie s'organise entre les temps de prière, l'enseignement aux enfants et les soins aux mourants. Elle reçoit l'aide ponctuelle de laïcs et mendie dans des pharmacies les médicaments qu'elle ne peut payer..
Le , Mère Teresa reçoit la visite d'une de ses anciennes élèves, qui lui demande de pouvoir la suivre. Mère Teresa la renvoie en lui demandant de mûrir son choix.. Quelques mois plus tard, cette jeune femme revient en sari et lui demande de l'accepter. Quelques jours après, elle est suivie par deux autres anciennes élèves.. En , le délai de l'autorisation étant achevé, l'évêque prolonge l'exclaustration de Mère Teresa..
Les sœurs missionnaires de la Charité
Très vite, plus de dix jeunes filles décident de suivre Mère Teresa. Elle oblige ses anciennes élèves à achever leurs études supérieures.. Au printemps 1950, le Père Van Exem demande à Mère Teresa d'écrire la règle religieuse de sa future communauté religieuse. Elle écrit cette règle en une nuit et choisit le nom de Missionnaires de la Charité. Elle choisit ce nom de charité ( en grec ancien), « amour qui vient de Dieu », Mère Teresa voulant répandre l'amour qui vient de Dieu.. Ferdinand Perier inaugure la nouvelle congrégation religieuse le .
Les sœurs adoptent l'habit du sari comme habit religieux pour se fondre parmi les populations indiennes. Des parents de plusieurs religieuses d'une branche bengali des Sœurs de l'Immaculée Conception, ayant fait remarquer que le sari avec une bande bleue était également porté par les femmes pauvres qui balayaient les rues de Calcutta, la congrégation adopte officiellement le sari blanc bordé de trois bandes bleues en .. Le blanc et le bleu sont les couleurs mariales traditionnelles, le fond blanc étant symbole de puretéNuns copyright St Teresa’s sari, CathNews, juillet 1917.. Les trois bandes symbolisent les vœux de la communauté : pauvreté, obéissance, et pour la troisième bande, la plus large, chasteté et service des plus pauvres d'entre les pauvres..
Création du mouroir de Kalighat
Après avoir vu un mourant, la religieuse l'emmène à l'hôpital, mais l'établissement refuse de le prendre en charge ; l'agonisant meurt sans avoir été accueilli. Elle décide alors de s'occuper des mourants et demande un lieu à la mairie de Calcutta, qui lui offre un local à Kalighat, proche du temple dédié à la déesse hindoue Kali.. Elle appelle la maison « Nirmal Hriday », . Les sœurs amènent les mourants les plus pauvres et abandonnés et les soignent avec des moyens rudimentaires..