Le daltonisme est une anomalie de la vision qui affecte la perception des couleurs (ce trouble de la vision des couleurs étant appelé dyschromatopsie)Les dyschromatopsies.. D'origine généralement génétique, elle a alors pour cause une déficience d'un ou plusieurs des trois types de cônes de la rétine oculaire.

Le daltonisme est habituellement classé comme une infirmité légère ; toutefois, il existe des situations où les daltoniens peuvent avoir un avantage sur les individus ayant une vision normale. Cela peut être une explication évolutive de la fréquence élevée de daltonisme rouge-vert congénital chez les individus Morgan MJ, Adam A, Mollon JD (juin 1992) « Dichromats detect colour-camouflaged objects that are not detected by trichromats » Proc Biol Sci. 248 (1323): 291–5. . ..

Le physicien et chimiste britannique John Dalton publie sa première étude scientifique sur ce sujet en 1798 intitulée Faits extraordinaires à propos de la vision des couleurs., après avoir découvert son propre trouble des couleurs. En français, la maladie est nommée en référence aux travaux de Dalton.

Présentation Cette anomalie survient parfois à la suite d'une lésion nerveuse, oculaire, cérébrale, ou peut encore être due à certaines substances chimiques, mais généralement une origine génétique en est la cause. Cependant, aucune évolution n'est présente durant la vie de l'individu atteint, hormis le déclin de perception des couleurs normalement lié à l'âge chez tout être humain.

Il existe plusieurs formes de dyschromatopsie partielle, la plus fréquente étant la confusion du vert et du rouge. Les autres formes de daltonisme sont nettement plus rares, comme la confusion du bleu et du jaune, la plus rare de toutes étant la déficience totale de la perception des couleurs (achromatopsie), où le sujet ne perçoit que des nuances de gris.

Types de dyschromatopsie

Achromatopsie : absence totale de vision des couleurs, associée dans sa forme congénitale à une forte photophobie, une acuité visuelle réduite (< 2/10), et un nystagmus. Les cônes ne fonctionnent pas, et la vision provient essentiellement des bâtonnets. Il est estimé que la fréquence de l'achromatopsie en Occident est de 1/. Il est à noter qu'il existe aussi une forme cérébrale, due à une perte de vision des couleurs consécutive à une lésion cérébrale. Deutéranopie : absence dans la rétine des cônes de réception du vert ; les personnes qui sont affectées sont incapables de différencier le rouge du vert. C'est la forme dont était atteint John Dalton (le diagnostic de deutéranopie chez celui-ci fut confirmé en 1995, plus de après sa mort, par analyse de l'ADN prélevé sur un de ses globes oculaires préservé jusqu'à nous). Deutéranomalie : présence d'une mutation du pigment de la perception du vert ; la sensibilité à cette couleur est diminuée dans son spectre usuel, qui est un peu décalé vers le jaune (il n'y a normalement pas confusion du vert et du rouge, mais des confusions dans la gamme du vert aux beiges et jaune, parfois jusqu'à l'orange en cas de contact avec des verts clairs). Ceux qui l'ont ignorent même l'avoir car ils ont bien une vue trichromatique et distinguent les couleurs primaires et principales couleurs secondaires. Cette distorsion constitue la majorité (environ la moitié) des anomalies d'origine congénitale de la vision des couleurs (elle n'est habituellement détectée de façon fiable qu'avec les planches de test de points colorés dans les tons verts, beiges et orange). Elle concerne très majoritairement des individus de sexe masculin (ayant un seul chromosome X porteur du principal gène non dominant générant cette mutation pigmentaire). Toutefois chez certaines femmes (très rares), la présence des deux pigments verts (par réduction de l'effet d'un gène en même temps sur les deux chromosomes X, conduisant à cette différenciation non uniforme de ce pigment de base à la suite d'une mutation au cours des tout premiers stades de division cellulaire de l'embryon avant leur spécialisation) conduit à une augmentation très nette de la vision des couleurs en quadrichromie (notamment les tons naturels fréquemment dans les tons verts, beiges, jaunes ou rouges et aux luminosités les plus claires). Cette anomalie fréquente n'a en revanche pas d'effet très notable en vision nocturne ou dans les tonalités les plus sombres (pas davantage que la population dite normale). Protanopie : absence des récepteurs rétinaux du rouge. Protanomalie : présence d'une mutation du pigment de la vision du rouge. Tritanopie : absence des récepteurs rétinaux du bleu. Tritanomalie : présence d'une mutation du pigment de la vision du bleu.

Dans les faits, la vision des couleurs et leur distinction varient d'un individu à l'autre, car, même pour les personnes ayant une perception des couleurs dite normale, il existe un mélange des différents types d'anomalie, par la présence fréquente à la fois des pigments normaux et de pigments dotés de la mutation, et une variabilité de la quantité relative de cônes porteurs de chacun de ces pigments. D'autre part, les taux relatifs de cônes porteurs de chaque pigment peuvent varier au cours de la vie de l'individu, notamment durant l'enfance lorsque la rétine se développe en taille et la proportion relative de certains types de cône peut augmenter au détriment des autres. Ces proportions peuvent aussi être affectées par certaines maladies ou infections car l'œil est fortement irrigué.

Enfin, chaque œil dispose de sa propre capacité de discernement avec une vision légèrement différente, et de même, certaines zones de la rétine n'ont pas une distribution uniforme des différents pigments ; toutefois, dans ce cas, le cerveau, qui commande aussi des mouvements de l'œil, donne une interprétation commune et gomme ces différences locales, la sensibilité aux différences de couleurs augmentant alors avec la durée d'exposition.

Il est question d'anomalie seulement lorsque certains seuils minimums ne sont pas atteints pour les cônes porteurs des pigments normaux. Ainsi, il existe pratiquement toujours entre deux personnes des paires de couleurs que l'une distingue et l'autre pas. Ceci explique que les cas de deutéranomalie soient, de loin, les plus fréquents (et sans doute même plus fréquents que ce qu'ont pu mesurer les tests usuels basés sur un jeu limité de planches normalisées). En revanche, les cas d'anopie réelle sont extrêmement rares, et sont même aujourd'hui contestés : les sujets ne sont que rarement dénués de la vision de certaines couleurs, et parfois même savent disposer certaines dans un espace tridimensionnel, car ils sont quand même porteurs de plusieurs types de cônes dotés de pigments différents, même si l'un d'eux est trop prédominant sur tous les autres, ce qui rend cette distinction plus difficile, et l'apprentissage par des méthodes comparatives (ou une modification de l'ambiance lumineuse) permet d'augmenter leur sensibilité.

C'est pourquoi des recherches sont menées pour créer des tests plus fiables et plus précis, capables de mesurer les anomalies directement par inspection du fond de la rétine par exposition à des impulsions lasers colorées de très faible puissance et la mesure de la sensibilité des différentes zones rétiniennes par détection de l'effet de fluorescence produit sur leurs pigments. D'autres méthodes utilisent des séquences d'images ajustables par le spectateur pour déterminer les seuils à partir desquels ils ne ressentent plus certaines différences, mais ces tests dynamiques se heurtent à la rémanence rétinienne qui fausse certains résultats. Mais elles améliorent nettement la précision des anomalies et permettent aussi de donner un profil plus complet de la sensibilité rétinienne aux couleurs. Certains de ces tests ont été faits pour établir des modèles colorimétriques calibrés utilisés dans l'industrie (par exemple, en photographie, télévision et systèmes d'impression) pour offrir à la population une palette plus riche de couleurs.

semble montrer qu'une variante surprenante du daltonisme pouvait se produire chez certaines femmes daltoniennes. Il existe en effet un gène mutant qui au lieu de produire des cônes sensibles au vert, et d'autres sensibles au rouge, produirait un cône mutant sensible à une couleur située entre le vert et le rouge. Si une femme possède ce gène (placé sur le chromosome X) et une version normale du gène, elle pourrait posséder quatre types de cônes et être sensible à quatre couleurs au lieu de trois (tétrachromatisme). Les personnes atteintes par cette mutation seraient sensibles à plus de couleurs qu'une personne « normale ».

Tests de dépistage vignette|Un présentoir de jetons pour le test « D15 hue color » de Farnsworth. vignette|redresse|Un présentoir de jetons pour le test « D100 hue color » de Farnsworth. Plusieurs types de test peuvent être pratiqués pour le dépistage. Les daltoniens ne perçoivent pas une ou plusieurs couleurs. Pour déceler ce trouble de la vision, des tests basés sur les couleurs n'étant pas perçues sont dès lors utilisés. Plusieurs dizaines de tests sont recensés, dont les plus importants et les plus connus sont :

le « test d'Ishihara » : il s'agit d'un test composé de nombreuses planches de couleurs contenant un chiffre, d'une couleur telle que le daltonien concerné ne le percevra ni par la couleur, ni par la différence de couleur perçue ; le « test de Holmgren » : dans ce test, l'individu susceptible d'être daltonien doit rapprocher des brins de laine selon la teinte sur un fond gris ; l'anomaloscope de Nagel : ce test est destiné au « protanomal », au « deutéranomal » et au « tritanomal ». Ce test consiste en une projection de deux cercles lumineux, en formant une troisième. Le sujet doit lui-même régler les proportions pour rétablir la couleur telle qu'il doit la percevoir. S'il rajoute du rouge, il est « protanomal ». S'il rajoute du vert, il est « deutéranomal », et s'il rajoute du bleu alors il est « tritanomal » ; le « » : il fut conçu par Dean Farnsworth en 1943. Il a été utilisé pour la sélection des travailleurs dans l'industrie américaine. Ce test est constitué de quinze jetons noirs comportant une pastille colorée. L'épreuve consiste à les classer dans un ordre variant progressivement du bleuâtre au rougeâtre. Une version plus sélective à permet d'affiner le diagnostic et un certain degré de quantification de l'anomalie. Curieusement elle est appelée le « » le terme hue signifiant tonalité en anglais ; les tests pour enfants. Un examen de la vision en couleur peut être pratiqué dès l'âge de trois ans, en utilisant des tests spécifiques. Les plus utilisés sont : la version pour enfant du « test d'Ishihara » destinée aux enfants de quatre à six ans. Elle se compose de représentant des formes simples : cercles, carrés, lignes, crayons, bateaux… le « test de Verriest » est composé de jetons colorés que l'enfant doit réunir à la façon de dominos.

Métiers Certains métiers nécessitent de déterminer correctement certaines couleurs (par exemple les pilotes de ligne, les contrôleurs aériens, les agents de sûreté opérateur en imagerie radioscopique de sûreté, les contrôleurs ferroviaires). Il est souvent cru, à tort, que ces métiers sont purement interdits aux daltoniens. La réalité est plus nuancée : pour accéder à ces métiers, il faut passer des tests de vision des couleurs que certains daltoniens peuvent réussir ; tout dépend en fait de la profondeur de leur trouble. Un daltonien a donc tout intérêt à se renseigner précisément au moment de son orientation professionnelle sur la nature des tests effectués, ceci afin de déterminer réellement son aptitude à exercer ce métier.

Perception des couleurs