Avant l'apparition de l'automobile et du char de combat, le terme de cavalerie française désignait l'ensemble des régiments ou escadrons de cavaliers de l'armée française - la cavalerie constituant l'une des branches des Armes à cheval. Après sa mécanisation dans l'entre-deux-guerres et l'apparition de l'arme blindée et cavalerie, le terme est utilisé pour désigner les unités mécanisées équipées de chars, d'automitrailleuses ou d'autres véhicules blindés - du type « VAB », « VBL », « ERC-90 Sagaie » ou « AMX-10 RC » à l'époque contemporaine - qui ont repris les missions, titres et traditions des régiments autrefois montés. La cavalerie est l'une des plus anciennes composantes de l'armée de terre française aux côtés d'autres « armes » que sont l'artillerie et l'infanterie. 250px|thumb|La cavalerie française saluant l'empereur Napoléon Ier pendant la bataille de Friedland (1807) par Ernest Meissonier (1875). 250px|vignette|VBL du 1er régiment de hussards parachutistes français en Afghanistan.
Si la cavalerie a, dès l'origine, fait partie de l'Armée française, elle ne s'individualise vraiment en tant qu'« arme » qu'avec l'apparition de troupes soldées. Auparavant, le rôle de la cavalerie était réservé à la noblesse ou, plus généralement, ceux qui étaient suffisamment fortunés pour payer un cheval, son équipement et son entretien. « Arme de choc » par excellence au Moyen Âge, la cavalerie française a vu ses missions se diversifier avec l'évolution de l'art de la guerre : protection des troupes, reconnaissance, actions de harcèlement, exploitation de la percée des lignes de combat adverses par la poursuite de l'ennemi. Pour répondre à ces missions, l'« arme cavalerie » sera traditionnellement divisée en trois branches : la cavalerie légère formée des régiments de hussards, de chasseurs à cheval et de chevau-légers, la cavalerie de ligne regroupant lanciers et dragons et la cavalerie lourde avec ses régiments de cuirassiers et de carabiniers à cheval. Tous les souverains français, qu'il s'agisse des monarques de l'Ancien Régime ou de la Restauration aussi bien que des empereurs Napoléon Ier ou Napoléon III se sont attaché les services de régiments de cavalerie dans leurs Maisons militaires ou Gardes impériales.
Selon les périodes, la cavalerie jouera un rôle plus ou moins important au sein des armées de France.
Depuis les croisades, pendant tout le Moyen-âge et particulièrement à la Renaissance, la gendarmerie à cheval de France est au faîte de sa réputation. Elle est celle qui, bien utilisée, permettra à la France de remporter nombre de batailles durant la période, démontrant ainsi sa supériorité sur les autres corps d'armée et sur tous ses adversaires dans l'Europe entière.
Considérée comme une « arme d'élite », la cavalerie française écrira au fil des siècles, comme particulièrement sous le Premier Empire (1804 - 1815), quelques-unes des plus glorieuses pages de l'Histoire militaire de la France, gagnant, au gré de ses hauts faits d'armes et au travers de quelques-unes de ses plus grandes figures, une réputation de bravoure et de panache. Déjà mise à mal par l'apparition des armes à tir rapide, l'apparition des engins automobiles aboutira à sa reconversion, en abandonnant ses chevaux, mais en conservant l'esprit de cette arme pour des missions sensiblement identiques.
Généralités
Organisation générale de l'arme de cavalerie
L'artillerie à cheval
L'École de cavalerie de Saumur
Jusqu'au début du , on considère qu'il est plus facile de former un régiment de cavalerie qu'un régiment d'infanterie.. Le chevalier de Folard va même jusqu'à écrire : . Les officiers sont accueillis à la Grande Écurie de Versailles ou au Manège royal des Tuileries. Cependant, l'art équestre qui y est enseigné est éloigné des besoins de la guerre. En 1764, Choiseul crée cinq écoles d'équitation dont seule celle de Saumur échappera aux coupes budgétaires de 1771..
Lointaine héritière du Manège de Versailles où, sous l'Ancien Régime, les jeunes nobles étaient formés au métier d'officier, l'école de cavalerie de Saumur fut fondée en 1825Site officiel du Cadre noir..
Histoire de la cavalerie française
Des origines au Dans l'espace « historico-géographique » que représente le territoire actuel de la France, les Celtes furent le premier peuple réputé pour la valeur de sa cavalerie. vignette|La cavalerie française à la bataille de Courtrai (1302). Au Moyen Âge et au début de la Renaissance, la « grosse cavalerie » constituée les « gens d'armes » revêtus de leurs armures, armés de la lance et de l'épée et issus de la noblesse féodale forme l'élite et le fer de lance de l'ost des rois de France. Cette cavalerie noble se distinguera pendant la guerre de Cent Ans (1337 - 1453) mais sera vaincue une première fois à la bataille de Crécy (1346) et décimée à la bataille d'Azincourt (1415) par une armée anglaise inférieure en nombre et essentiellement constituée de fantassins et d'archers.
Les premiers régiments de cavalerie firent leur apparition en France au , sous le règne de Louis XIII et à l'instigation du cardinal de Richelieu mais c'est sous celui de son fils Louis XIV que l'arme connaîtra une véritable réorganisation grâce à Turenne, Maréchal de France et colonel général de la cavalerie.. L'évolution de l'art de la guerre de la Renaissance au siècle des Lumières et la diversification des missions de la cavalerie que cette « révolution militaire » entraîna menèrent à l'apparition de nouveaux types de cavaliers dans l'armée française : les dragons et les hussards sous Louis XIV, les chasseurs à cheval sous Louis XV après la création du corps des chasseurs de Fischer.
vignette|Capture de la flotte hollandaise au Helder en 1795. vignette|alt=Cavalerie lors d'une bataille.|La cavalerie française à la bataille de Hanau en 1813.
Au , c'est l'infanterie qui est définitivement devenue la « reine des batailles », l'artillerie lui servant d'appui et la cavalerie étant utilisée dans des missions bien spécifiques« Il faut comprendre que les gouvernants du portaient tous leurs efforts sur l'infanterie, la cavalerie à cette époque n'étant qu'une arme secondaire » - Denis Bogros : Histoire du cheval de troupe de la cavalerie française : 1515-1918 - Chapitre III :La Cavalerie sous l'Ancien Régime.. Pendant la Révolution, la cavalerie, qui avait été désorganisée par l'émigration de nombreux officiers d'origines nobles et les lacunes de la remonte et de l'équipement, ne joua qu'un rôle marginal dans les batailles opposant la République à l'Europe des monarchies, étant surtout employée dans la reconnaissance et l'appui de l'infanterie. L'arme se compose alors de régiments dits « de cavalerie », dont seul le continue à porter la cuirasse de fer. Elle sera dénommée cavalerie de bataille, lourde ou de réserve. À côté, la cavalerie légère regroupe les chasseurs à cheval et les hussards. Enfin, les dragons sont rattachés à la cavalerie bien qu'étant une infanterie montée. En 1797, Hoche réorganisa la cavalerie, dont les unités étaient dispersées dans les divisions d'infanterie, et constitua une division de cavalerie lourde, une de réserve, une de dragons et une de hussards qu'il répartit entre le centre et les ailes du dispositif de batailleAbel Hugo : France militaire, Histoire des armées françaises de terre et de mer, de 1792 à 1837, H.-L. Delloye, Paris, 1838 - Tome II ..
La cavalerie française retrouvera cependant une place prépondérante pendant les guerres napoléoniennes au début du . Après Marengo (1800), le Premier consul Napoléon Bonaparte sera à l'initiative de sa réapparition dans les rangs de l'armée française avec la création de nouveaux régiments de cuirassiers. Profondément restructurée, notamment au niveau de l'organisation des unités, et voyant ses effectifs augmentés, la cavalerie du Premier Empire redeviendra une redoutable arme de choc et de mêlée et un outil essentiel des victoires militaires françaises. La cavalerie napoléonienne sera décimée pendant la campagne de Russie (1812), privant Napoléon de cette arme si déterminante pendant les campagnes de 1813 et 1814, mais elle se distinguera une fois encore lors de la bataille de Montmirail pendant la campagne de France de 1814. La cavalerie impériale s'illustrera une dernière fois lors de la campagne de Belgique de 1815 et en particulier lors de la bataille de Waterloo () où, menée par le maréchal Michel Ney, elle chargera à plusieurs reprises mais en vain les lignes alliées.Commandant Henry Lachouque : Waterloo 1815, Stock 1972.L'organisation des armées du Premier Empire.
vignette|Cavalerie française à la bataille de Rezonville en 1870.
Après la chute de Napoléon, et pour les cinquante cinq années suivantes, la cavalerie française ne sera pas engagée en totalité dans un conflit majeur. Elle participera à des expéditions coloniales. Cela se traduira aussi par un assoupissement doctrinal, ce qui aura pour conséquence une inadaptation aux nouvelles conditions du combat comme l'augmentation des portées des armes.. La guerre franco-prussienne de 1870 marquera à cet égard un tournant dramatique dans l'histoire de la cavalerie française. L'action héroïque mais vaine des cuirassiers français lors de la bataille de Frœschwiller-Wœrth dite « bataille de Reichshoffen » le , au début du conflit, comptera parmi les dernières grandes charges « classiques » de la cavalerie française.
Après la défaite de 1871, la cavalerie est réorganisée. La loi des cadres et effectifs de 1875 prévoit 70 régiments en métropole (12 cuirassiers, 26 dragons, 20 chasseurs et 12 hussards), 7 pour la cavalerie d'Afrique (4 chasseurs, 3 spahis)Dugué Mac Carthy, ..
La cavalerie française au
À la veille de la Première Guerre mondiale, la cavalerie française compte 90 régiments dont 79 stationnés dans la métropole. Tous les régiments métropolitains ont été armés de la lance, à l'exception des cuirassiers. En 1913, tous les Corps d'Armée se voient affecter un régiment de cavalerie légère (21 régiments de hussards et de chasseurs), le reste des régiments (cuirassiers, dragons, etc.) étant endivisionnés.
En , la France aligne trois corps de cavalerie : le de cavalerie du général André Sordet qui opérera en Belgique; le corps de cavalerie du général Louis Conneau qui opérera en Lorraine avant de prendre part à la première bataille de la Marne, Conneau prenant par la suite le commandement du CC, et le corps « provisoire » du général Pierre Abonneau qui combattra dans les Ardennes belges et françaises avant d'être dissous le à CharlevilleJean-Claude Delhez : Le corps Abonneau en août 1914 in Champs de Bataille Thématique, Hors-série Histoire de la cavalerie , Conflits & Stratégie S.A.R.L., mars 2010. Le rôle de la cavalerie dans les premiers mois de la guerre est assez faible. La cavalerie ennemie refusant le combat, il y a peu de confrontations. En revanche une usure rapide des montures interdit à la cavalerie d'avoir une action efficace, par exemple pour l'exploitation de la victoire sur la Marne. Dès 1915, la guerre des tranchées a pour conséquence de diminuer fortement le rôle de la cavalerie. Une partie des régiments est démontée et ces régiments participent aux combats comme des unités d'infanterie. La reprise de la guerre de mouvement en 1918 va redonner à la cavalerie une utilité. S'il existe toujours dix divisions de cavalerie, quatre d'entre elles sont démontées pour constituer les divisions de cavalerie à pied.
thumb|right|Renault AMR 33 de la cavalerie française.