Le groupe Front national – Rassemblement national (FN-RN) est un groupe parlementaire de l'Assemblée nationale française rassemblant les députés du Front national (FN) et des membres du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) de 1986 à 1988, lors de la de la .

Historique Les députés du FN-RN siègent durant la législature, élue à l'issue du scrutin législatif du 16 mars 1986 et se terminant le , à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président François Mitterrand, réélu à l'élection présidentielle.

Le seuil nécessaire à la constitution d’un groupe à l'Assemblée est alors de .

Le groupe compte du FN et apparentés membres du CNIP lors de sa création. Ils constituent 6 % de l'effectif de l'Assemblée nationale. Yann Piat est la seule femme du groupe. Sur les élus en 1986, plus de la moitié a rejoint le FN depuis moins de deux ans.

Ce groupe est principalement constitué de nouveaux élus, car seulement 6 d'entre eux (Pascal Arrighi, Charles de Chambrun, Gabriel Domenech, Édouard Frédéric-Dupont, Jean-Marie Le Pen, Olivier d'Ormesson) ont été députés auparavant. Édouard Frédéric-Dupont est l'unique membre du groupe à avoir été député durant la législature précédente. Le groupe compte deux anciens ministres, Édouard Frédéric-Dupont et Charles de Chambrun. Trois membres (Yvon Briant, Édouard Frédéric-Dupont, Michel de Rostolan) adhèrent au CNIP..

Afin de présenter des candidats dans tous les départements, Jean-Marie Le Pen s'est dit prêt, . L'historienne Valérie Igounet relève que .

Direction +Liste des présidents du groupePrésidentPartiDébutFinSecrétaire généralJean-Marie Le PenFNJean-Yves Le Gallou.

Composition Liste des membres

Liste des apparentés

Répartition partisane PartiDéputés membresDéputés apparentésTotalFront national32032CNIP033Total32335

Députés ayant quitté le groupe pendant la législature Olivier d'Ormesson, FN, Val-de-Marne : démissionne de l'Assemblée nationale pour rester député européen ; remplacé par Jean-Pierre Schénardi (FN) à compter du . Bruno Chauvierre, FN, Nord : quitte le groupe le . Yvon Briant, CNIP, Val-d'Oise : exclu du groupe le . Guy Le Jaouen, FN, Loire : quitte le groupe le .

Droits Le groupe ne dispose pas des droits accordés plus tard aux groupes minoritaires à l'Assemblée, et ne peut par exemple pas inscrire ses textes à l'ordre du jour.

Positionnement Le RPR et l'UDF se sont engagés à gouverner ensemble sans le FN avant les élections. Jean-Marie Le Pen décide de situer son groupe dans l'opposition au gouvernement de Jacques Chirac. Le , le groupe refuse ainsi d’accorder le vote de confiance à ce dernier, ce qui entraîne la démission de Bruno Chauvierre puis l'abandon du poste de vice-président du groupe parlementaire par Yvon Briant : d'après Valérie Igounet, ..

Jacques Chirac met en place la stratégie dite du « cordon sanitaire » en désignant personnellement les députés de la majorité chargés de côtoyer ceux du groupe FN, et en demandant à sa majorité de ne pas leur adresser la parole. Dans son premier discours à l'Assemblée, Jean-Marie Le Pen dénonce qui ont selon lui marqué la campagne électorale, puis accuse Jacques Chirac d'avoir, . Jean Lecanuet salue et Valéry Giscard d'Estaing un discours . Tout en décidant de ne pas accorder sa confiance au gouvernement de Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen se situe dans une , anti-socialiste, et se dit prêt à voter au cas par cas des textes de la majorité. D'après l'historien Nicolas Lebourg, Jean-Marie Le Pen a espéré , et s'avère partie prenante de cette stratégie du cordon sanitaire car il craint que ses élus ne soient ...

Action En deux ans, le groupe dépose 63 propositions de loi.. D'après Valérie Igounet, Elles visent notamment à rétablir la peine de mort, sont hostiles à la fiscalité ou prônent la suppression de l'impôt sur le revenu.. Parmi les premières figurent celles de Michel de Rostolan par la Sécurité sociale.. Jean-Marie Le Pen dépose une proposition de loi visant à instaurer le référendum d'initiative populaire, le ..

Les députés FN-RN s'abstiennent lors du vote sur l'Acte unique européen en 1986..

Le journaliste Guy Birenbaum estime qu'. Si bon nombre d'analystes ont comparé ce groupe, lors de sa création, aux poujadistes entrés à l'Assemblée nationale en 1956, Guy Birenbaum souligne que .

Postérité Avec les élections législatives de 1988 qui voient le rétablissement du scrutin uninominal majoritaire à deux tours, Yann Piat et Édouard Frédéric-Dupont sont les seuls membre du groupe à conserver leur siège, mais sous les étiquettes respectives de l'UDF et du CNIP et face à des candidats du Front national.

Parmi les membres, 25 rompent avec le FN à plus ou moins long terme, dont certains en cours de mandat. Sur les 17 encore vivants en 2016, seuls deux sont alors toujours membres du FNJean-François Jalkh et Bruno Gollnisch..

Lors du congrès du Front national, Marine Le Pen propose de renommer le parti en « Rassemblement national » en faisant référence au groupe parlementaire de 1986 et à .. Le changement de nom est officialisé le .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . Brigitte Slee, Le Front national et le jeu parlementaire, Thèse de doctorat, Loughborough University of Technology, 1994

Articles connexes François Mitterrand et l'extrême droite Groupe Rassemblement national (groupe parlementaire créé en 2022)

Catégorie:Groupe Front national – Rassemblement national