Le groupe ou tramway de Tournai a fonctionné dans la ville de Tournai située dans la province de Hainaut en Belgique entre le et le .

Histoire

Mise en service (1901) Les 3 premières lignes voyageurs du réseau Tournai - Ath, Tournai - Péruwelz et Tournai - Templeuve ainsi que la ligne Ath - Flobecq sont mises en service progressivement entre 1901 et 1906, la concession étant accordée par affermage en 1899 à la société anonyme de Tramways urbains et vicinaux (TUV) exploitant le réseau pour le compte de la Société nationale des chemins de fer vicinaux (SNCV). L'exploitation est cependant reprise directement par la SNCV en 1920.

Le réseau compte alors au quatre lignes à vapeur : (V) 401/1 Tournai Gare - Néchin La Festingue ; (V) 402/1 Tournai Gare - Ath Gare ; (V) 403 Ath Gare - Flobecq Gare ; (V) 420 Tournai Gare - Péruwelz Rue de la Verte Louche. Légende : les indices en italique sont à titre indicatif, ils correspondent au tableau de la ligne.

L'après-guerre (1918-1930)

La reconstruction

Les lignes d'autobus Les années 1920 voient le développement anarchique de lignes d'autobus souvent en parallèle des lignes ferroviaires ou vicinales. En 1929, une loi est passée pour attribuer en priorité les concessions des lignes à la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) et à la SNCV. Dès lors, les deux sociétés vont progressivement mettre en service leurs propres réseaux d'autobus (la SNCV possède ce droit depuis 1924), mais ceux-ci ne sont pas coordonnés entre eux et se font également souvent concurrence.

Parmi les lignes mises en service, un certain nombre reprennent les tracés établis pour des projets qui n'ont finalement pas été menés à terme : Tournai - Bruyelles, ligne qui reprend le tracé de l'ancien projet de ligne Tournai - Hollain puis Tournai - Bruyelles, elle est prise en considération par le ministère de l'agriculture et des travaux publics le Dans le cas des lignes d'autobus c'est en effet celui-ci et non le ministère des chemins de fer qui est chargé de prendre en compte les projets de ligne et attribuer les concessions., exploitée sans autorisation un temps par Noël Jeunehomme, elle est concédée le à la SNCV, celle-ci étant prioritaire du fait qu'elle a proposé ce projet en premier lieu et que celui-ci a été pris en considération. Elle maintient un temps l'exploitant de la ligne mais celui-ci est révoqué le et remplacé le 24 du mois suivant par Maurice Chaval, la ligne est par la suite prolongée à Bléharies par Hollain entre 1929 et 1934, puis de Bléharies à Lesdain par Rongy entre 1934 et 1938. Hérinnes - Pecq, ligne qui reprend le tracé du projet de ligne Pecq - Néchin, elle est concédée le .

Il existe également en 1934 une ligne Tournai - Esplechin longeant en partie la chaussée de Douai (N508) ainsi qu'une ligne Tournai - La Glanerie, la première est probablement concédée à la SNCV en reprenant le projet de ligne Tournai - Esplechin mais en passant par la chaussée de Douai et non par Ere comme le projet le prévoyait, ceci probablement pour cause de concurrence de parcours avec la ligne ferroviaire 88A, la ligne ferroviaire est cependant longée par la seconde ligne Tournai - La Glanerie qui est probablement concédée à la SNCB.

Deux autres lignes sont également mises en service à la même époque : Tournai - Courtrai, en suivant la ligne de tramway, concédée le , il s'agit là probablement d'un service rapide entre ces deux villes ou complémentaire à la ligne de tramway. Tournai - Lessines, par Frasnes-lez-Anvaing en suivant la chaussée entre ces trois villes (N529), ligne concédée le .

Les années 1930

L'apogée du réseau vapeur

Le réseau vapeur atteint son apogée en à la suite de l'ouverture de deux lignes : 409 Tournai - Rumillies le et 399 Tournai - Wez-Velvain le . Il compte alors sept lignes : (V) 399 Tournai Gare - Wez-Velvain Station ; (V) 401/1 Tournai Gare - Toufflers Douane ; (V) 402/1 Tournai Gare - Ath gare ; (V) 403 Ath gare - Flobecq Gare ; (V) 404/1 Tournai Gare - Hertain Frontière ; (V) 406 Tournai Gare - Courtrai Gare (Doorniksewijk) ; (V) 409 Tournai Gare - Rumilies Bas Rejet ;

Les projets d'électrification et de réseau urbain Entre 1911 et 1914, la SNCV étudie la possibilité d'électrifier une partie des lignes y compris un certain nombre à l'état de projet comme Tournai - Bruyelles et d'établir un service urbain sur Tournai, on peut d'ailleurs observer le même phénomène dans d'autres villes comme à Louvain et Malines, cependant ces projets sont interrompus par la guerre. Au début des années 1930, les projets d'électrification reviennent à la faveur du rétablissement du réseau depuis 1925. Le projet comprend l'électrification des lignes 401 Tournai - Templeuve, 404 Tournai - Hertain, 409 Tournai - Rumillies ainsi que la création de deux lignes urbaines, une première entre Kain et le cimetière sud (dans le faubourg Saint-Martin, future ligne K) et une autre entre la gare et la Grand-Place puis en suivant la ligne d'Hertain (future ligne O) toutes deux partageant un tronc commun à double voie entre la gare et le beffroi par la rue Royale le pont Notre-Dame et la rue des Chapeliers. Il est également évoqué l'électrification de la section Kain - Frasnes de la ligne Tournai - Ath, cependant ce projet ne sera jamais mené à terme. Le projet prévoit également de doter les lignes à traction autonome d'autorails. L'électrification des lignes suburbaines et la mise en service des autorails permettant de réduire les temps de parcours doit également s'accompagner d'un renforcement des fréquences.

Travaux et mise en service des lignes vignette|Tramway de la ligne O sur la rue Royale. Le conseil communal de Tournai ayant approuvé le projet des lignes urbaines le , les travaux de construction de ces lignes sont entrepris tandis qu'en parallèle les travaux d'électrification de la ligne Tournai - Hertain sont menés. Un premier service est mis en service le entre Kain Station et la Grand Place par l'itinéraire de la ligne Tournai - Hertain (via le pont de fer, les travaux n'étant pas terminés sur l'itinéraire des lignes urbaines) renforcé entre la gare et la Grand Place par un second service. L'inauguration officielle ayant eu lieu le , le service régulier est mis en application sur Tournai - Hertain, Tournai - Kain et Tournai Gare - Tournai Grand Place puis le l'itinéraire des lignes urbaines est mis en service par la rue Royale et le pont Notre-Dame. La ligne Tournai - Templeuve est mise en service en traction électrique le ne laissant plus que la ligne de Rumillies à électrifier. Le , les lignes reçoivent un indice H Tournai - Hertain, K Kain - Tournai, O Tournai - Orcq, T Tournai - Templeuve auxquelles s'ajoute la ligne R Tournai - Rumillies électrifiée le .

L'électrification des lignes s'accompagne d'un renforcement des fréquences : sur la ligne H Tournai - Hertain, le service passe de cinq à onze services jusqu'à la frontière renforcé toutes les trente minutes entre la gare de Tournai et Orcq par la ligne urbaine O toutes les trente minutes, le temps de parcours entre Tournai et Hertain passe de 38 à 25 minutes. L'électrification de la ligne et la mise en place de la signalisation sur les voies uniques (voir Conduite et signalisation) entraîne par ailleurs le retour d'un service à double sens par le centre-ville, celui-ci s'effectuait auparavant par les boulevards depuis la gare sur les lignes Tournai - Hertain et 399 Tournai - Wez (cette dernière va également repasser dans les deux sens par le centre-ville avec la mise en service des autorails). la ligne R est de 1933 jusqu'à son électrification exploitée partiellement à l'aide d'autorails sans que le temps de parcours (de seize minutes) ne soit modifié, son service passe cependant de cinq à sept services par jour en semaine; sur la ligne T Tournai - Toufflers, le service passe d'un tram toutes les deux heures à un tram toutes les heures, le temps de parcours auparavant de 50 à 55 minutes passe à 34–40 minutes.

Les deux lignes urbaines par la rue Royale assurent un service toutes les quinze minutes entre la gare et le beffroi et au trente minutes sur les autres sections.

Remplacement de la traction vapeur

Parallèlement à l'électrification des lignes, la SNCV met en service les premiers autorails au cours de l'année 1933 sur la ligne Tournai - Wez puis sur les autres lignes du réseau à l'exception de celle de Courtrai. On compte parmi ces premiers autorails des véhicules de la série 62-71 construite dans les ateliers SNCV du dépôt de Cureghem (Bruxelles). Tout comme pour les lignes électriques, le service est renforcé : sur la ligne 399 Tournai - Wez-Velvain, on passe de cinq services dans chaque sens en semaine à sept, par ailleurs, sur Tournai elle emprunte comme la ligne H Tournai - Hertain les voies par la Grand Place dans les deux sens; sur la ligne Tournai - Frasnes, les quatre services en semaine sont renforcés par trois services partiels dans chaque sens vers les stations de Velaines (deux services) et Quartes (un service), par ailleurs avec le prolongement de la ligne urbaine K à la station de Kain l'Alouette, la ligne y est limitée et donne correspondance au tramway électrique (seuls deux services dans chaque sens continuent vers la gare de Tournai).

Il reste cependant le même sur les lignes 403 Ath - Flobecq et 406 Tournai - Courtrai (cette dernière restant en traction vapeur).

Le réseau achevé

Le réseau comprend alors deux lignes urbaines électriques, trois lignes suburbaines électriques et cinq autres à traction autonome :

Lignes urbaines (électriques) : K Kain l'Alouette - Tournai Cimetière Sud ; O Rumillies Verte Feuille - Tournai Tir National. Lignes provinciales à traction électrique : H Tournai Gare - Hertain Douane ; R Tournai Gare - Rumillies Bas Rejet ; T Tournai Gare - Toufflers Douane. Lignes provinciales à traction autonome : 399 Tournai Gare - Wez-Velvain Rue du Pont Fossiez ; 402/1 Tournai Gare - Ath Gare ; 403 Ath Gare - Flobecq Gare ; 406 Tournai Gare - Courtrai Doorniksewijk ; 420 Tournai Gare - Péruwelz Rue de la Verte Louche.

En 1936, dans le cadre de la réorganisation des services ferrés dans le Hainaut, les lignes électriques de Tournai sont numérotées de 1 à 6, les lignes électriques des réseaux de Charleroi, du Centre et de Mons sont également renumérotés de 1 à 99 dans une numérotation commune, ces réseaux étant reliés entre-eux, le réseau de Tournai restant isolé. Lettre1936LigneH4Tournai Gare - Hertain DouaneK3Kain l'Alouette - Tournai Cimetière SudO5Rumillies Verte Feuille - Tournai Tir NationalR6Tournai Gare - Rumillies Bas RejetT1Tournai Gare - Toufflers Douane

La Seconde Guerre mondiale et la reconstruction (1939-1950) Les deux lignes urbaines 3 Tournai - Kain et 5 Tournai - Rumillies passant par la Grand-Place sont supprimées en 1940 à la suite de la destruction des ponts sur l'Escaut de même que le passage par le centre-ville des lignes suburbaines.

Après la guerre, la SNCV exploite encore huit lignes suburbaines autour de Tournai dont trois sont électrifiées, les autres étant exploitées au moyen d'autorails.

Lignes en service au :

Lignes provinciales à traction électrique : 1 Tournai Gare - Toufflers Douane ; 4 Tournai Gare - Hertain Douane ; 6 Tournai Gare - Rumillies Bas Rejet ; Lignes provinciales à traction autonome : 399 Tournai Gare - Wez-Velvain Rue du Pont Fossiez ; 402/1 Tournai Gare - Ath Gare ; 403 Ath Gare - Flobecq Gare ; 406 Tournai Gare - Courtrai Doorniksewijk ; 420 Tournai Gare - Péruwelz Rue de la Verte Louche ;

Vestiges vignette|L'ancienne aubette du tramway sur la place Crombez. Le bâtiment de l'ancienne sous-station électrique située à Templeuve sert aujourd'hui de sous-station électrique pour le réseau électrique général; Le gare de Néchin La Festingue a été désaffectée à la suite de la fermeture du réseau et vendue, elle sert aujourd'hui de commerce;