Marie-Cécile Gros-Gaudenier, née le à Scionzier (Haute-Savoie), est une skieuse alpine française, originaire de Mont-Saxonnex, dont la carrière s'est étendue de 1978 à 1986 au niveau international. Elle s'est illustrée uniquement dans la discipline de la descente. Gros-Gaudenier fait ses débuts en Coupe du monde en 1979 et devient la troisième et dernière Française à remporter le petit globe de cristal de la descente en 1982 après les succès de Marielle Goitschel en 1967 et Isabelle Mir en 1968 et 1970.

En raison de blessures et des circonstances liées aux sélections, elle n'a jamais participé aux Jeux olympiques d'hiver, mais a pris le départ à deux éditions des Championnats du monde avec pour meilleur résultat une place à Schladming en 1982. En Coupe du monde, elle compte trois podiums dont une victoire à Saalbach. Ses trois podiums ont été obtenus au cours de la saison 1982 lors de son triomphe du petit globe de la descente et elle n'a marqué des points qu'en la discipline de la descente.

Repères biographiques

Née le , Marie-Cécile Gros-Gaudenier est la fille de Michel Gros-Gaudenier, maire de Mont-Saxonnex de 1977 à 2015.. Sa cousine, Sophie Gros-Gaudenier, grand espoir du ski alpin, décède à l'âge de seize ans dans un accident de voiture en sur la route de Sallanches.. Elle épouse Michel Aguilaniu, kinésithérapeute attitré de l'équipe de France féminine de ski alpin à la fin des années 1970 et au début des années 1980., avec lequel elle a une fille prénommée Aude qui devient aussi skieuse professionnelle.

Biographie

1979-1981 : premiers pas en équipe de France et première blessure

Marie-Cécile Gros-Gaudenier intègre l'équipe de France à lors de la descente de Meiringen en Coupe du monde lors de la saison 1979. Elle réalise alors son premier coup d'éclat avec une en descente sur MeiringenDe 1967 à 1979, seules les dix premières d'une épreuve de Coupe du monde marquait des points., devient vice-championne de France cette même saison derrière Caroline Attia, et surtout marque ses premiers points en Coupe du monde avec une lors de la saison aux pré-olympiques de Lake Placid le .

Lors de la saison 1979-1980, Marie-Cécile Gros-Gaudenier revoit ses ambitions à la hausse en cette saison olympique. Sa première sortie en descente de l'hiver s'effectue sur une à Val-d'Isère avec une déception lorsqu'Attia se déboîte l'épaule, puis c'est au tour de Gros-Gaudenier de se blesser très gravement lors du slalom géant le lendemain en s'arrachant les ligaments du genou gauche, ce qui l'oblige à être opérée et à renoncer aux Jeux olympiques.

Elle effectue son retour lors de la saison 1980-1981 et reprend sa progression en marquant régulièrement des points — à Crans-MontanaRésultats - Descente Crans-Montana - 19 janvier 1981, fis-ski.com, consulté le 27 mai 2023. et à MegèveRésultats - Descente Megève - 29 janvier 1981, fis-ski.com, consulté le 27 mai 2023. — montant en puissance et devenant une postulante à des podiums en Coupe du monde..

1982 : petit globe de la descente Performances de Marie-Cécile Gros-Gaudenier en descente en Coupe du monde 1982DateNomTotal 18/12/1981 Saalbach 19/12/1981 Saalbach 13/01/1982 Grindelwald 14/01/1982 Grindelwald Abandon 18/01/1982 Bad Gastein 19/01/1982 Bad Gastein 13/02/1982 Arosa 14/02/1982 Arosa

La saison 1981-1982 est remplie d'espérance pour Marie-Cécile Gros-Gaudenier après sa montée en puissance lors de la saison 1980-1981 où sa meilleure performance avait été une à Crans-Montana en . Initialement prévue à Val-d'Isère début décembre, la première descente se tient finalement à Saalbach. Cette est composée de huit descentes après diverses annulations sur quatre sites austro-suisses (Saalbach, Grindelwald, Bad Gastein et Arosa). Après dix jours d'entraînement sur le Zwölferkogel de Saalbach qui l'ont avantagée., elle remporte dès la première descente de la saison sa première victoire de sa carrière, la première d'une France en descente depuis 1971 et le succès de Jacqueline Rouvier, Elle devance de près d'une seconde la Suissesse Doris de Agostini et la très jeune Autrichienne Sigrid Wolf âgée de ... Le lendemain, elle confirme clairement son talent et s'annonce comme une sérieuse prétendante au petit globe de descente en prenant la seconde place de la seconde descente de Saalbach derrière de Agostini et devant l'Allemande Irene Epple.. Elle symbolise avec Élisabeth Chaud le renouveau des disciplines de vitesse du ski alpin français féminin après des années de mise en sommeil, cette dernière s'imposant le dans le slalom géant de Chamonix.. Ce renouveau français se traduit avant le début de saison par la nomination de Michel Boyer, entraîneur de Saint-Gervais, devenu chef de la vitesse sous l'égide de Sylvain Dao-Lena devenu chef de l'équipe en lieu et place d'Honoré Bonnet parti quelques mois auparavant à la tête de la station de Pra-Loup.

La semaine de Grindelwald en Suisse, avec deux descentes programmées les 13 et , a une grande valeur de test pour le duel Gros-Gaudenier-de Agostini. La piste est plus longue et plus technique que celle de Saalbach. Gros-Gaudenier réalise le second temps et monte de nouveau sur un podium derrière la Canadienne Gerry Sorensen et devant sa compatriote Chaud, de Agostini se retrouvant à une décevante .. Le lendemain, lors de la seconde descente, Sorensen réalise le doublé et Gros-Gaudenier chute à mi-parcours en heurtant une porte sans gravité dans une course où de Agostino de nouveau réalise une contre-performance en ne marquant aucun point. Au classement de la descente, Gros-Gaudenier conserve sa première place mais voit Sorensen la menacer devant Irene Epple et de Agostino..

La troisième semaine de descente à Bad Gastein constitue en revanche une vraie contre-performance pour Gros-Gaudenier avec des places de et .. Elle laisse ainsi la première place du classement de la descente à Epple et se retrouve à égalité avec Sorensen. Malgré cela, forte de ses performances en début de saison, elle est naturellement sélectionnée pour ses premiers Championnats du monde qui se déroulent du au à Schladming aux côtés d'Élisabeth Chaud, Claudine Emonet, Marie-Luce Waldmeier et Catherine Quittet..

Lors de la préparation de ces Mondiaux, Gros-Gaudenier n'est pas épargnée par des gênes qui constituent des « pépins » (infection dentaire, douleurs à la cuisse et cheville et inflammation virale du nerf optique), mais garde la confiance de toute l'équipe de France et réalise des entraînements plutôt satisfaisants. La descente prévue le est reportée à de nombreuses reprises en raison du mauvais temps sévissant sur la station autrichienne et se déroule finalement le . Dossard numéro un sur les épaules, Gros-Gaudenier ne peut donc pas bénéficier des traces des autres skieuses ; prenant un très mauvais départ ( au premier tiers de la course), elle termine à la décevante , bien que meilleure Française dans une descente qui voit le succès de Sorensen devant l'Américaine Cindy Nelson et la Canadienne Laurie Graham..

La semaine d'Arosa, où sont programmées deux descentes, constituent pour Gros-Gaudenier un objectif déterminant dans la quête du petit globe de la descente ; il s'agit en effet des deux dernières descentes de la saison en raison de l'impossibilité par la fédération internationale de ski d'en programmer une neuvième dans le calendrier. Impériale aux entraînements avec Nelson, Gros-Gaudenier est au rendez-vous et compte bien rester en position de remporter le petit globe, une première pour une Française depuis onze ans. Gros-Gaudenier prend la cinquième place dans la première descente, se mettant à l'abri d'un retour de de Agostini qui n'inscrit aucun point ; l'Américaine Holly Flanders remporte cette descente et prend la première place du classement de la descente, avec Sorensen à quelques points.. La dernière descente est donc déterminante pour l'attribution du petit globe. Gros-Gaudenier voit ses adversaires partir avec les premiers dossards et constate que Sorensen est devancée par de Agostini (future vainqueuse de cette descente), tandis que Walliser fait perdre à la Canadienne la possibilité de devancer Gros-Gaudenier. Toutefois, il reste une concurrente : Flanders, leader du classement de la descente, s'élance sur la piste dessinée par l'entraîneur des Françaises Michel Boyer, dont le double « S » finit par la faire sortir du parcours. Gros-Gaudenier n’a alors qu'à obtenir au pire une septième place pour remporter le petit globe et remplit le contrat avec une nouvelle cinquième place.. Elle déclare à ce propos : .. Marie-Cécile Gros-Gaudenier devient la troisième Française à inscrire son nom au palmarès du petit globe de la descente après Marielle Goitschel en 1967 et Isabelle Mir en 1968 et 1970.

En fin de saison, elle remporte également son premier titre de championne de France de descente le devant Waldmeier et Catherine Quittet..

Parcours et classement des quatre meilleures descendeuses de la saison 1981-1982 de la Coupe du mondePour établir le classement de la descente en 1982, seuls les cinq meilleurs résultats de la saison dans la discipline sont pris en compte. :

RangSkieuseTotal 5 7 13 14 16 17 23 24 1 Marie-Cécile Gros-Gaudenier 87 25 20 20 - - (3) 11 11 2 Holly Flanders 84 - - 10 9 25 15 25 - - Doris de Agostini 84 20 25 5 - (1) 9 - 25 4 Gerry Sorensen 81 (3) 8 25 25 (5) (5) 8 15

1983-1984 : blessure

Après son titre de petit globe de cristal en descente obtenu lors de la saison 1981-1982, Marie-Cécile Gros-Gaudenier avance comme une favorite à sa succession lors de la saison 1982-1983. Lors de l'ouverture de la saison de la Coupe du monde à Val-d'Isère, elle remporte le premier entraînement mais chute en perdant l'équilibre au second entraînement se faisant mal au genou. et ne prend pas part à la descente. Après examens, il s'avère que cette chute met un terme à sa saison avant même qu'elle n'ait commencé et elle ne prend donc pas part non plus à la descente de San Sicario. En réaction, ses coéquipières de l'équipe de France en descente signent lors de la descente de San Sicario en Italie le une performance d'ensemble remarquable en plaçant quatre filles dans les cinq premières : Caroline Attia (), Claudine Emonet (), Catherine Quittet () et Françoise Bozon ().. Gros-Gaudenier, de son côté, est opérée le jour même de cette performance au centre hospitalier Jules-Courmon de Lyon. L'opération est effectuée par le professeur Chaumat et ce dernier intervient sur son genou droit victime d'une rupture du ligament interne et du ligament croisé antérieur. et ne reprend sa rééducation qu'en ..

Entre-temps, le , elle se blesse de nouveau durant sa convalescence lors d'une sortie en voiture. Près de Belley dans l'Ain, elle percute avec sa voiture un autre véhicule et subit à Lyon une nouvelle opération chirurgicale sur sa rotule gauche..

1984 : non-sélection aux Jeux olympiques d'hiver de Sarajevo