Le Tour de Colombie 1976, qui se déroule du 31 août au , est l'épreuve cycliste la plus importante du calendrier national colombien. Elle est remportée par José Patrocinio Jiménez, deuxième coureur à gagner sans avoir porté ne serait-ce qu'un jour le maillot de leader.

Présentation Parcours La vingt-sixième édition du Tour de Colombie est composée de quatorze étapes, dont deux contre-la-montre (un disputé par équipes et un autre en individuel). L'épreuve débute à Cúcuta, capitale du département de Norte de Santander, pour s'achever douze jours plus tard à Medellín (département d'Antioquia).

Équipes participantes Vingt et une équipes sont au départ dont un quartet, venu de Tchécoslovaquie. DossardsÉquipe1-4 Sélection tchécoslovaque5-8 Castalia9-11 Équipe mixte Castalia-Antioquia12-15 Boyacá16-18 Caldas 19-22 Libreta de Plata A23-25 Libreta de Plata B26-28 Équipe mixte Libreta de Plata-Ovalle e Hijos 29-32 Banco Cafetero33-35 Équipe mixte Bancafetero-Puente Aranda 36-39 CundinamarcaDossardsÉquipe40-42 Ferretería Reina43-45 Cundinamarca-Bogotá46-48 Manzana de Eva49-52 Ministerio de Obras Públicas53-56 Nariño57-59 Café Águila Roja60-62 Valle63-66 Ciclo Mantilla del Quindío67-69 Licorera de Santander70-73 Équipe mixte Tolima-Meta-Atlántico

Principaux favoris Le triple vainqueurRafael Antonio Niño est le recordman des victoires dans le Tour de Colombie, avec six succès. Mais au départ de la vingt-sixième édition, il n'en a remporté que trois. de l'épreuve, et tenant du titre, Rafael Antonio Niño est absent, en raison d'une blessure. Il tient une chronique durant l'épreuve dans le journal El Tiempo. Pour lui, trois candidats se détachent pour sa succession, José Patrocinio Jiménez, Álvaro Pachón et Norberto Cáceres. À un degré moindre, il voit se mêler à la lutte, Martín Emilio Rodríguez, en progrès depuis le Clásico RCN. Héctor Urrego, dans les colonnes du même journal, ajoute à la liste des favoris Abelardo Ríos et Efraín Pulido.

Étapes

| || || Circuit dans Cúcuta || || align="center"| 50 || Tchécoslovaquie || |- | || || Cúcuta - Pamplona || || align="center"| 78 || Arturo Ibarra || Arturo Ibarra |- | || 1er septembre || Pamplona - Bucaramanga || || align="center"| 127 || Álvaro Pachón || Arturo Matamoros |- | || || Bucaramanga - El Socorro || || align="center"| 120 || Abelardo Ríos || Arturo Matamoros |- | || || Tunja - Tunja || || align="center"| 165 || Luis Hernán Díaz || Arturo Matamoros |- | || || Tunja - Bogota || || align="center"| 150 || || Arturo Matamoros |- | || || Circuit sur l' || || align="center"| 100 || Vlastimil Moravec || Arturo Matamoros |- | Repos || || Bogota || || align="center"|-||- ||- |- | || || Silvania - Ibagué || || align="center"| 163 || Álvaro Pachón || Plinio Casas |- | || || Ibagué - Pereira || || align="center"| 138 || José Patrocinio Jiménez || Plinio Casas |- | || || Pereira - Motobecane || || align="center"| 14 || Plinio Casas || Plinio Casas |- | || || Zarzal - Cali || || align="center"| 158 || Alfonso Flórez || Plinio Casas |- | || || Circuit dans Cali || || align="center"| 108 || Luis Hernán Díaz || Plinio Casas |- | || || Guacarí - Pereira || || align="center"| 154 || Alfonso Flórez || Plinio Casas |- | || || Riosucio - Medellín || || align="center"| 154 || Luis Hernán Díaz || José Patrocinio Jiménez

Récit de la course 31 août : première journée de course L'équipe de Tchécoslovaquie s'impose à Cúcuta tandis qu'Arturo Ibarra crée la surprise en gagnant à Pamplona.

La vingt-sixième édition commence par un contre-la-montre par équipes. Le parcours, rigoureusement plat, présenté comme développant , en compte dix de plus (au grand dam de certains observateurs, dénonçant l'improvisation et le manque de rigueur des organisateurs). Ainsi l'effort qui, pour les standards internationaux, est d'une quarantaine de minutes, a nécessité plus de vingt minutes de plus aux meilleurs. Le quatuor tchécoslovaque, rompu à ce genre d'exercice, sous la houlette de Vlastimil Moravec, le plus expérimenté d'entre eux, s'impose avec quatre secondes d'avance sur la formation Castalia de l'ancien champion du monde de poursuite Martín Emilio Rodríguez, pourtant victime d'une crevaison. Les écarts sont plus importants avec les autres formations puisque l'équipe Libreta de Plata A, troisième de l'exercice, finit à , tandis que José Patrocinio Jiménez, avec ses équipiers, termine à plus de cinq minutes. De nombreux coureurs ont, semble-t-il, préservé leurs forces devant le programme de la seconde étape du jour. Par ailleurs, Héctor Espitia, le coureur de la formation Libreta de Plata B, est la première victime de l'épreuve. En voulant éviter un chien dans une courbe, il chute et termine le pied plâtré. De plus, des punaises jetées sur la chaussée ont entraîné de nombreuses crevaisons pour les cyclistes ainsi que pour les voitures suiveuses.

Le contraste est saisissant pour la deuxième étape (de ). Des 33° degrés qui régnaient sur Cúcuta, au départ, à peine 10° attendent les coureurs à l'arrivée à Pamplona. De la victoire des favoris tchécoslovaques s'ensuit un succès totalement inattendu d'Arturo Ibarra. Du terrain sans aspérité du contre-la-montre, les participants font connaissance avec les premières difficultés altimétriques. Et enfin d'un schéma de course où la logique est respectée à une épreuve où la stratégie des leaders ne manquent pas de surprendre les commentateurs. En effet, sur un terrain supposé à leur convenance, les principaux chefs de file se sont neutralisés dans un marquage serré, à une allure excessivement modérée. Les cinq prétendants à la victoire finaleSelon Héctor Urrego, il s'agit de Patrocinio Jiménez, d'Álvaro Pachón, de Norberto Cáceres, d'Abelardo Ríos et d'Efraín Pulido. finissent dans un peloton de vingt-cinq unités, à plus de cinq minutes du vainqueur du jour. Leur tactique a permis à plus d'une trentaine de coureurs, dans de nombreux petits groupes, d'entamer les hostilités pratiquement dès les faubourgs de Cucutá et de jouer la victoire d'étape. Ainsi Arturo Ibarra déjoue les pronostics. Dans un premier temps, il effectue une chasse vigoureuse sur le groupe initial, puis il est acteur de la fugue définitive avec Arturo Matamoros. Ibarra s'impose devant ce dernier et prend la tête de l'épreuve. Des favoris, seul Martín Emilio Rodríguez semble avoir tiré un quelconque bénéfice du jour. Il a pu suivre les meilleurs grimpeurs dans les ascensions et deux de ses coéquipiers et Alfonso Flórez se sont immiscés dans un petit groupe se disputant la troisième place à quarante secondes du vainqueur (et ce, pour Flórez, au prix d'une poursuite énergique en pleine ascension). Trois coureurs terminent hors délais, dont . Ils franchissent la ligne d'arrivée avec plus de 20 % de retard sur le temps réalisé par le vainqueur d'étape. Cependant ils sont repêchés par l'organisation. Face aux qualités de grimpeur des coureurs colombiens, sur la route escarpée menant de Cúcuta à Pamplona, les Tchécoslovaques payent au centuple leur exploit du contre-la-montre, en terminant aux dernières places cette deuxième étape.

1er septembre : troisième étape Álvaro Pachón remporte l'étape et Arturo Matamoros prend la tête de la course.

Le parcours mène le peloton de Pamplona (Norte de Santander) à Bucaramanga, capitale du département de Santander, après de course et l'ascension de l (col des Andes), qui s'élève à .

Comme l'évoquaient, la veille, Rafael Antonio Niño et Álvaro Pachón, la neutralisation de la deuxième étape ne pouvait en rien présager les scénarios des jours suivants. Malgré la pluie, le froid, le brouillard et la boue, les favoris ont pris leurs responsabilités et ont attaqué, condamnant irrémédiablement Arturo Ibarra (il perdra dix-sept minutes). La montée du "col des Andes" sélectionne un groupe d'une quinzaine d'unités. Puis c'est une longue descente (plus de cinquante kilomètres) vers Bucaramanga, rendue dangereuse par l'état de la chaussée et les conditions climatiques, qui attend les participants. L'étape se joue, quasiment, dans la descente. Celle-ci est fatale à Gonzalo Marín, pièce maîtresse de l'équipe Castalia, chutant sévèrement et évacué vers l'hôpital et à "Cochise" Rodríguez, lâché dans l'ascension puis incapable de faire la jonction (il sera rejeté à plus de sept minutes). Comme il l'avait annoncé, Álvaro Pachón, l'un des meilleurs descendeurs du peloton colombien, avec l'appui de son frère et équipier, exploite le profil de la fin de l'étape. Il creuse l'écart avec José Patrocinio Jiménez, peu à l'aise dans ce genre d'exercice. Norberto Cáceres, le seul à pouvoir prendre sa roue, en profite pour prendre deux minutes à son adversaire le plus dangereux. Pachón dispose de Cáceres sur le vélodrome de Bucaramanga, bondé de spectateurs. Blessé dans son amour propre d'avoir failli manquer le départ pour n'avoir pu convaincre une équipe de lui faire confiance, Álvaro Pachón est, avec Cáceres, le premier des favoris à s'être dévoilé. Quatrième à une trentaine de secondes, Arturo Matamoros, si déçu d'avoir manqué l'occasion la veille, de remporter une étape, prend la tête du classement général (mais n'endosse pas de maillot de leader, aucun n'étant à sa taille). Enfin, les Tchécoslovaques, voués à l'élimination par bon nombre de commentateurs, sont arrivés dans les délais impartis.

2 septembre : quatrième étape thumb|Le canyon du Chicamocha, où passe l'étape du jour. Abelardo Ríos s'impose au parc principal d'El Socorro tandis qu'Arturo Matamoros conserve la tête du classement général.

L'étape se dispute sur , dans le département de Santander et conduit les coureurs de Bucaramanga à El Socorro. Elle commence par une descente vertigineuse, d'une cinquantaine de kilomètres, du départ jusqu'au corregimiento d'El Pescadero, dans le canyon du Chicamocha. Il s'ensuit l'ascension du Ramal de Aratoca puis un peu plus de cinquante kilomètres pour rallier l'arrivée.

Le soleil est revenu sur les routes du Tour de Colombie. Le profil du début d'étape avec un tracé sinueux, une déclivité importante et une température oscillant entre 35 et 40° posent problème à certains comme à Martín Emilio "Cochise" Rodríguez, qui consulte les services médicaux de la course. Pourtant c'est lui, avec Álvaro Pachón et Julio Alberto Rubiano, qui apparait le plus à l'aise pour dévaler la pente. Avant le passage au sommet de la difficulté du jour, Abelardo Ríos s'échappe avec Ernesto Sandoval et José Hamir López, ils passent en tête au Ramal de Aratoca, puis à l'étape volante de San Gil. Ríos leur fausse compagnie aux environs d'El Socorro, pour terminer détaché, une poignée de secondes devant eux. Matamoros, malgré le stress que sa position lui confère et le contretemps d'une crevaison, termine dans le peloton des favoris, moins de deux minutes plus tard, et conserve sa place en haut de la hiérarchie. L'équipe Banco Cafetero a multiplié les attaques dans l'ascension vers Aratoca, pour maintenir la position de Plinio Casas ou rapprocher José Patrocinio Jiménez au classement. Mais le marquage serré effectué par Pachón, Cáceres ou Pulido a réduit à néant ces tentatives. Pourtant, à cinq kilomètres du but, Jiménez réussit à s'échapper et grappille de précieuses secondes.

3 septembre : cinquième étape thumb|left|La , à Tunja, où a lieu le départ et l'arrivée de l'étape. Arturo Matamoros préserve sa (maillot orangé) de leader alors que Luis Hernán Díaz remporte l'étape.

Sur une distance de , le parcours du jour amène les coureurs à effectuer un circuit Tunja - Paipa - Duitama - Sogamoso - Paipa - Tunja, avec départ et arrivée sur la . Bien que ne descendant jamais sous les d'altitude, le tracé sur les routes du département de Boyacá, se déroule en terrain plat, sans difficulté répertoriée.