La finale de la Coupe des clubs champions européens 1975-1976 voit le Bayern Munich remporter sa troisième Coupe des clubs champions consécutive dans le stade d'Hampden Park à Glasgow (Écosse).

Les Bavarois s'imposent sur le score de 1-0 face aux joueurs de l'AS Saint-Étienne, au terme d'une rencontre qui marqua la mémoire collective des supporters de football français.

Parcours des finalistes

Note : dans les résultats ci-dessous, le score du finaliste est toujours donné en premier (D : domicile ; E : extérieur). Bayern Munich AS Saint-ÉtienneAdversaireTotalAllerRetourTourAdversaireTotalAllerRetour AS La Jeunesse d'Esch8 - 15 - 0 (E)3 - 1 (D)Seizièmes de finale KB Copenhague5 - 12 - 0 (E)3 - 1 (D) Malmö FF2 - 10 - 1 (E)2 - 0 (D)Huitièmes de finale Glasgow Rangers4 - 12 - 0 (D)2 - 1 (E) Benfica Lisbonne5 - 10 - 0 (E)5 - 1 (D)Quarts de finale Dynamo Kiev3 - 20 - 2 (E)3 - 0 (D) Real Madrid3 - 11 - 1 (E)2 - 0 (D)Demi-finales PSV Eindhoven1 - 01 - 0 (D)0 - 0 (E)

Contexte Depuis 17 ans, et le Stade de Reims en 1959, jamais un club français n'avait de nouveau atteint ce stade de la compétition. Par ailleurs, l'AS Saint-Etienne suscite un engouement particulièrement fort en France. On parle d'« épopée des Verts » pour qualifier le parcours du club lors de cette Coupe d'Europe qui élimina des équipes prestigieuses telles que le Dynamo Kiev (avec le Ballon d'or 1975 Oleg Blokhine) et le PSV Eindhoven..

Gérard Farison et Christian Synaeghel, deux cadres de l'AS Saint-Etienne, déclarent forfait pour cause de blessure à la suite d'une âpre rencontre disputée le face à un Nîmes Olympique « envieux » (match de retard comptant pour la journée)... Ils sont remplacés respectivement par Pierre Repellini et Jacques Santini. Quant à Dominique Rocheteau, blessé à la cuisse lors de la demi-finale retour du 14 avril face PSV Eindhoven, il est incertain jusqu'au bout. Le matin de la finale, Robert Herbin annonce que l'« Ange vert » est finalement inscrit sur la feuille de match mais qu'il jouera comme remplaçant, ne pouvant tenir que quelques minutes sur le terrain.

Le Bayern Munich, double tenant du titre, apparaît quant à lui comme le favori du match. Le club de aligne une équipe composée de grands joueurs, pour la plupart champions du monde en 1974, comme Gerd Müller, Hans-Georg Schwarzenbeck, et bien-sûr Franz Beckenbauer. De plus, le club allemand dispose de l'atout psychologique d'avoir éliminé les « Verts » en demi-finale de l'édition précédente de la compétition. En revanche, le Bayern compte un temps de récupération inférieur à son adversaire car il a joué un match de championnat d'Allemagne le 8 mai face à Rot-Weiss Essenhttps://www.footballdatabase.eu/fr/competition/general/223-bundesliga/1975-1976.

Le match

Plus de supporters stéphanois (sur un total de 54 000) font le déplacement à Glasgow pour soutenir les « Verts » qui dominèrent les débats pendant les trente premières minutes et poussèrent même ensuite à plusieurs reprises les Allemands dans leurs derniers retranchements. Mais ils jouèrent de malchance puisqu'une frappe de 25 mètres de Bathenay et une tête à bout portant de Santini échouèrent sur la barre. À chaque fois, Maier était battu. Entre-temps, Ćurković avait failli l'être lui aussi puisqu'il dût s'y reprendre à trois fois pour stopper un tir terrible d'Hoeness.

En deuxième mi-temps, l'AS Saint-Étienne toujours aussi entreprenante, se procura une nouvelle occasion franche quand Sarramagna, sur un centre de P. Revelli, plaça un coup de tête qui échoua à quelques centimètres du but munichois. Bousculé, le Bayern fit alors preuve d'un réalisme exceptionnel. Après une charge de Piazza sur Müller, l'arbitre de la rencontre, M. Palotai, accorda un coup franc aux 20 mètres que Roth expédia, d'une frappe tendue, au ras du poteau droit de Ćurković ().

Ce but fut loin de décourager les « Verts », qui repartirent de plus belle à l'attaque pour tenter d'égaliser. Larqué et ses coéquipiers eurent la possibilité d'y parvenir dans un dernier quart d'heure très animé mais la défense allemande fit bonne garde jusqu'au bout. M. Palotai n'accorda pas à Piazza le penalty qu'il demandait et Santini buta sur Maier. Les hommes d'Herbin avaient laissé passer leur chance, et l'entrée en jeu de Rocheteau à la (en remplacement de Sarramagna), avec l'apport de son coup de rein, ne changea pas le cours de la partie. Après un dernier arrêt de Maier sur un tir de P. Revelli, la défaite des « Verts » était consommée. Pour la troisième année consécutive, la Coupe d'Europe des clubs champions prenait la direction de MunichBut! Saint-Étienne, n°79, mai 2006 ; p.18 « But! refait le match Bayern-Sainté », Laurent Hess et Gilles-Édouard Bideau.http://www.francefootball.fr/diaporama/Il-y-a-39-ans-saint-etienne-bayern-et-les-poteaux-carres-de-glasgow/2708/#3 (consulté le 15/08/2015).

L'après-match Les joueurs stéphanois, malgré la défaite, seront accueillis en héros à leur retour en France le lendemain. À la suite d'une idée spontanée venant de France Inter, ils défileront sur l'avenue des Champs-Élysées, suivis par cent mille supporters, de la place de l'Étoile jusqu'au palais de l'Élysée, où ils seront reçus par le président de la République Valéry Giscard d'Estaing..

Le club allemand organisera quant à lui un dîner festif le week-end suivant.

La « finale des poteaux carrés » Les montants d'Hampden Park avaient la particularité d'être carrés, ce qui était assez rare car ce type d'anciens montants avaient été remplacés dans la plupart des grands stades par des montants ronds. Le match fut ainsi surnommé du côté français la « finale des poteaux carrés » en raison des deux tentatives de Bathenay et Santini. Pour certains, si les poteaux avaient été ronds, les Stéphanois auraient pu marquer, alimentant la légende autour de cette rencontre. Mais en réalité, personne ne peut vraiment dire si le ballon serait rentréhttps://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/722/reader/reader.html#!preferred/1/package/722/pub/723/page/15.

Commentaires de la presse européenne Les quotidiens de l'ensemble de l'Europe ne titreront pas en faveur de la formation bavaroise mais salueront plutôt la performance du club français. L'espagnol Marca titrera : « Ce n'est pas le meilleur qui a gagné ». La presse écossaise écrit quant à elle « Un Larcin » pour qualifier la victoire allemande. Le britannique The Sun est sans équivoque : « Le Bayern vole la coupe aux Français ».

Feuille de match

G 1 Sepp MaierD 2 Johnny HansenD 3 Udo HorsmannD 4 Hans-Georg SchwarzenbeckD 5 Franz Beckenbauer M 6 Franz RothA 7 Karl-Heinz RummeniggeM 8 Bernd DürnbergerA 9 Gerd Müller A 10 Uli HoenessM 11 Jupp KapellmannRemplaçants :G 22 Hugo RoblEntraîneur : Dettmar Cramer300px G 1 Ivan ĆurkovićD 2 Gérard JanvionD 3 Pierre RepelliniD 4 Osvaldo PiazzaD 5 Christian LopezM 6 Dominique BathenayA 7 Patrick RevelliM 8 Jean-Michel Larqué A 9 Hervé RevelliM 10 Jacques SantiniA 11 Christian Sarramagna Remplaçants :A 13 Dominique Rocheteau G 16 Jean CastanedaEntraîneur : Robert Herbin

Divers En 2015, les dirigeants de l'AS Saint-Étienne décident d'acheter les fameux poteaux carrés, qui étaient entreposés dans la réserve du Musée du football écossais à Hampden Park. Pour une somme estimée à , ces poteaux rejoignent le musée des Verts, situé dans un angle du stade Geoffroy-Guichardhttp://www.franceinfo.fr/sports/football/article/les-poteaux-carres-de-glasgow-arrivent-saint-etienne-293529 (consulté le 15/08/2015).

Bibliographie L'Équipe, 50 ans de coupes d'Europe, 2005

Yves Jean (préface de Dominique Rocheteau), Les poteaux carrés de Glasgow - 1976 : la magnifique épopée des Verts, Mareuil Editions, 2016, 172 p.

Références

Voir aussi Finale de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe 1975-1976 Finale de la Coupe UEFA 1975-1976

1976 Catégorie:Compétition de football à Glasgow Catégorie:Face-à-face du Bayern Munich Catégorie:Face-à-face de l'AS Saint-Étienne Catégorie:Football en 1976 Catégorie:Sport en Écosse en 1976 Catégorie:Sport en mai 1976 Catégorie:Relations entre l'Allemagne et la France