Les élections aux Cortes de Castille-et-León de 2003 (en espagnol : ) se sont tenues le dimanche afin d'élire les quatre-vingt-deux députés de la sixième législature des Cortes de Castille-et-León, parlement de la communauté autonome.
Le scrutin voit la victoire du Parti populaire de Castille-et-León (PPCyL), qui obtient une nouvelle majorité absolue, en sièges seulement.
Contexte Depuis le début des années 1990, la Castille-et-León est un fief du Parti populaire (PP).
Au cours des précédentes élections du 13 juin 1999, le PPCyL, qui gouverne depuis 1987, confirme sa majorité absolue mais enregistre son premier recul. Avec un total de 50,4 % des voix, le président de la Junte Juan José Lucas reçoit 48 députés sur 83, une majorité nette en baisse de 2 élus. Remontant à 33,1 %, le Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE (PSCyL-PSOE), qui a dirigé la communauté autonome entre 1983 et 1987, contrôle désormais 30 parlementaires. Cette amélioration contrarie la Gauche unie (IU), qui perd la moitié de ses voix avec 5,4 %, ce qui ne lui donne qu'un député. Les 4 mandats restants sont partagés entre l'Union du peuple léonais (UPL), présente dans la seule province de León où elle en engrange 3 avec plus de 18 % des suffrages, et Terre commune - Parti nationaliste castillan (TC-PNC), qui en récole 1 dans la province de Burgos.
Ce rééquilibrage se retrouve lors des élections municipales, convoquées simultanément. En tête, le PP concentre 47 % des voix dans les neuf provinces, devant le PSOE qui en recueille 32,9 %. Troisième, IU collecte 5,1 % des voix, tandis que l'UPL monte à 2,7 % au niveau régional, soit 13,3 % dans le territoire léonais. En conséquence, le grand chelem conservateur sur les quatorze villes de plus de de la communauté autonome est rompu, les socialistes s'emparant de Burgos, Palencia, Soria et deux autres villes. En revanche, le centre droit maintient ses majorités dans les neuf députations provinciales, confirmant la domination acquise en 1995.
Aux élections européennes qui se tiennent le même jour, le PP vire largement en tête, puisqu'il remporte 52,8 %. Toujours deuxième, le PSOE concentre 33,8 %, tandis qu'IU doit se contenter de 5 %.
Les élections législatives du 12 mars 2000, l'écart va considérablement s'accroître, rappelant celui de l'élection régionale de 1995. Loin devant se trouve le PP, avec ses 55,7 % des voix qui lui donnent 22 sièges sur les 33 à pourvoir dans les neuf provinces, tandis que le PSOE suit avec 32,2 % et les 11 élus restants.
Au mois d', sept mois après la déroute des législatives et trois mois après le congrès fédéral du PSOE, Ángel Villalba prend la suite de Jesús Quijano comme secrétaire général du PSCyL-PSOE, un poste que ce dernier occupait depuis 1990. À peine quatre mois plus tard, en , Juan José Lucas est appelé au gouvernement espagnol par José María Aznar, au poste de ministre de la Présidence. Il abandonne, après presque dix ans, la direction de l'exécutif régional. Le PPCyL se tourne alors vers le porte-parole du groupe parlementaire, Juan Vicente Herrera, pour lui succéder dans les fonctions de président de la Junte.
Mode de scrutin thumb|150px|Salle des séances des Cortes de Castille-et-León. Les Cortes de Castille-et-León se composent de 82 députés (en espagnol : ), élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct, suivant le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne d'Hondt. Toutefois, le nombre de parlementaires n'est pas fixe : chaque province en a trois d'office, puis un supplémentaire pour ou fraction supérieure à .
Chaque province constitue une circonscription, à raison de 7 sièges pour Ávila, 11 sièges pour Burgos, 14 sièges pour León, 7 sièges pour Palencia, 11 sièges pour Salamanque, 6 sièges pour Ségovie, 5 sièges pour Soria, 14 sièges pour Valladolid et 7 sièges pour Zamora. Seules les forces politiques – partis, coalitions, indépendants – ayant remporté au moins 3 % des suffrages exprimés au niveau d'un territoire provincial participent à la répartition des sièges.
Campagne Partis et chefs de file Parti Chef de file Idéologie Score en 1999 Parti populaire de Castille-et-LeónPartido Popular de Castilla y León Juan Vicente Herrera(Président de la Junte) Centre droitConservatisme, démocratie chrétienne 50,5 % des voix48 députés Parti socialiste de Castille-et-León-PSOEPartido Socialista de Castilla y León-PSOE Ángel Villalba Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme 33,1 % des voix30 députés Gauche unieIzquierda Unida José Luis Conde GaucheÉcosocialisme, communisme, républicanisme 5,4 % des voix1 député Union du peuple léonaisUnión del Pueblo Leonés Joaquín Otero CentreRégionalisme léonais 3,7 % des voix3 députés
Résultats Voix et sièges +Résultats des élections aux Cortes de Castille-et-León de 2003Résultats Castille-et-León 2003 - juntaelectoralcentral.esFichier:CastileLeónCortesDiagram2003.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Parti populaire de Castille-et-León (PP)48,49 1,9648 Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE36,77 3,7132 2 Union du peuple léonais (UPL)3,85 0,152 1 Gauche unie (IU)3,45 1,980 1Terre du peuple-Parti nationaliste castillan (TC-PNC)1,19 0,200 1Candidature indépendante-Parti de Castille-et-León (CI-PCL)0,71 0,250Les Verts (LV)0,47 0,420Union du peuple salmantin (UPSa)0,420Unité régionaliste de Castille-et-León (URCL)0,34 0,430Gauche castillane (IzCa)0,250Centre démocratique et social (CDS)0,19 0,520Zamora unie (ZU)0,160Gauche républicaine (IR)0,150Parti de El Bierzo (PB)0,15 0,110 Autres partis1,10 -0 - Vote blanc2,30 0,37Suffrages exprimés99,14Votes nuls0,86Total100 - 82 1Abstention27,34Inscrits / participation72,66
Par circonscription CirconscriptionÁvilaBurgosLeónSièges71114Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00Abstentions22,6428,3829,12Votants77,3671,6270,88Nuls1,050,980,61Exprimés98,9599,0299,39Partis Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− PP57 16PSOE32,14233,57435,986 1UPL colspan=8 17,812 1IU4,0104,1403,0801,2204,550 11220,040 Autres1,291,422,62 Blanc1,933,111,60
CirconscriptionPalenciaSalamanqueSégovieSièges7116Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00Abstentions24,9929,2423,76Votants75,0170,7676,24Nuls1,040,771,13Exprimés98,9699,2398,87Partis Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− PP474PSOE41,56336,79436,412IU3,2302,0403,8402,1502980,1401,070 Autres1,927,415,48 Blanc2,511,912,43
CirconscriptionSoriaValladolidZamoraSièges5157 1Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00Abstentions28,4726,5127,56Votants71,5373,4972,44Nuls6891,230,731,03Exprimés98,7799,2798,97Partis Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− PP384 1PSOE36,62239,926 136,483UPL colspan=8 3,010IU2,0904,700 12,5403060,5500,9802100,160 Autres4,005,464,91 Blanc3,372,622,09
Analyse Dans la mesure où nouveaux se rendent aux urnes, le taux de participation pour ces élections repasse au-dessus des 70 %.
À nouveau vainqueur, le Parti populaire de Castille-et-León engrange nouvelles, mais l'amélioration de l'affluence le refait passer sous le seuil symbolique de la majorité absolue des voix. Il stagne alors en termes de représentation, quand bien même les Cortes perdent un siège à pourvoir. Il tombe sous les 50 % des suffrages dans les provinces de León, Palencia et Valladolid, réussissant toutefois un nouveau grand chelem en virant en tête dans les neuf circonscriptions.
Bien qu'il reste dans l'opposition, le Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE, conduit par son nouveau secrétaire général, enregistre une forte progression puisqu'il gagne nouveaux soutiens en quatre ans. C'est là son deuxième meilleur résultat, après celui de 1983. Pourtant, il ne franchit la ligne des 40 % que dans la province de Palencia, et s'approche des conservateurs dans celle de León avec moins de trois points de retard. Ainsi, l'écart entre les deux principaux partis de la communauté autonome se resserre encore, s'établissant à .
En abandonnant , la Gauche unie reflue sous le seuil des 5 % et se voit exclue de l'assemblée parlementaire. En effet, avec 4,7 % dans la province de Valladolid, elle ne peut sauver le seul siège qu'elle y détenait. En progression de seulement suffrages, l'Union du peuple léonais doit abandonner un mandat, alors qu'elle cumule 18 % des voix dans la province de León. Elle présente également une liste dans celle de Zamora, qui atteint à peine les 3 %. Quant à Terre commune - Parti nationaliste castillan, elle perd tout juste suffrages, mais son recul de 3 points dans la province de Burgos lui coûte son seul député.
Conséquences Le , Juan Vicente Herrera est investi président de la Junte pour un deuxième mandat.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Élections aux Cortes de Castille-et-León Cortes de Castille-et-León Élections autonomiques espagnoles de 2003
2003 Castille-et-Leon