Les élections aux Cortes de Castille-et-León de 2015 (en espagnol : ) se sont tenues le dimanche afin d'élire les quatre-vingt-quatre députés de la neuvième législature des Cortes de Castille-et-León, parlement de la communauté autonome.
Le scrutin voit la victoire du Parti populaire de Castille-et-León (PPCyL), qui perd toutefois sa majorité absolue.
Contexte Depuis 1991, la Castille-et-León est un bastion de la droite conservatrice.
Les précédentes élections du 22 mai 2011 en ont constitué une éclatante démonstration. Au pouvoir depuis 1987, disposant de la majorité absolue depuis 1991, le PPCyL a assuré sa reconduction avec 53,3 % des suffrages exprimés, ce qui lui a donné 53 députés sur 84, un record dans l'histoire de la communauté autonome. Le Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE (PSCyL-PSOE), au pouvoir de 1983 à 1987, est resté loin derrière, calant à 30,7 % et 29 députés, soit sa plus mauvaise performance depuis son grave échec de 1995. Il n'a pas franchi les 30 % des voix dans quatre des neuf provinces, son plus mauvais résultat de ce point de vue. Cette défaite fait les affaires de la Gauche unie de Castille-et-León (IU-CyL), qui gagne 1 mandat avec ses 5 % et revient ainsi dans l'hémicycle parlementaire dont elle est absente depuis 1999. Quant à l'Union du peuple léonais (UPL), présente uniquement dans la province de León, elle n'y engrange que 8,9 % – soit 1,9 % au niveau régional – et doit se contenter de sauver un seul de ses deux députés.
Les élections municipales qui se tiennent le même jour offrent le même résultat. Avec un total de 48,3 % dans les neuf provinces, les conservateurs se placent solidement en tête, loin devant les socialistes qui cumulent tout juste 30,5 % des suffrages. Troisièmes, les écosocialistes montent à 5,2 % des voix, tandis que les régionalistes léonais atteignent 1,4 %, soit 6,3 % en León. En conséquence, le PSOE doit céder au PP les mairies de León, Palencia et deux autres villes de plus de , mais en récupère une, ce qui donne aux conservateurs le contrôle de onze des quinze plus grandes communes de la région, dont sept capitales provinciales. De la sorte, ils maintiennent leur grand chelem sur les députations provinciales.
Aux élections législatives anticipées du 20 novembre 2011, le PP confirme sa domination dans la communauté autonome. Il récolte effectivement 55,4 % des voix et 21 députés sur les 32 à élire dans les neuf provinces. Largement devancé, le PSOE atteint péniblement 29,2 % et pourvoit aux 11 mandats restants. En , le député de Palencia au Congrès Julio Villarrubia prend la suite d'Óscar López – devenu secrétaire à l'Organisation du PSOE – comme secrétaire général du PSCyL-PSOE.
Avec l'organisation des élections européennes du 25 mai 2014, le paysage politique de la communauté autonome est remis en question. Éternel premier, le Parti populaire recueille seulement 37,5 % des voix. Il faut remonter aux années 1980 pour voir les conservateurs sous les 40 %. Le Parti socialiste ouvrier espagnol est de nouveau laissé derrière, en deuxième position avec 23,4 %, soit le premier passage de son histoire régionale sous les 25 % des suffrages exprimés. Cet effondrement profite en premier lieu à Union, progrès et démocratie (UPyD), parti centriste social-libéral qui engrange 8,3 %, et à la Gauche unie, qui totalise le même nombre de voix. Enfin, le nouveau parti de gauche anti-libéral Podemos se hisse lui aussi au-dessus des 5 %, puisque sa liste recueille 8,2 % des suffrages exprimés.
À la suite de cette élection, plus de la moitié des membres de la commission exécutive du PSCyL-PSOE démissionne, contraignant à la convocation d'un congrès extraordinaire et à la désignation d'une direction provisoire sous l'autorité de Jesús Quijano. À cette occasion, le député de Burgos au Congrès Luis Tudanca est élu par les militants et défait Julio Villarrubia, candidat à sa succession.
Mode de scrutin thumb|150px|Salle des séances des Cortes de Castille-et-León. Les Cortes de Castille-et-León se composent de 84 députés (en espagnol : ), élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct, suivant le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne d'Hondt. Toutefois, le nombre de parlementaires n'est pas fixe : chaque province en a trois d'office, puis un supplémentaire pour ou fraction supérieure à .
Chaque province constitue une circonscription, à raison de 7 sièges pour Ávila, 11 sièges pour Burgos, 14 sièges pour León, 7 sièges pour Palencia, 11 sièges pour Salamanque, 7 sièges pour Ségovie, 5 sièges pour Soria, 15 sièges pour Valladolid et 7 sièges pour Zamora. Seules les forces politiques – partis, coalitions, indépendants – ayant remporté au moins 3 % des suffrages exprimés au niveau d'un territoire provincial participent à la répartition des sièges.
Campagne Partis et chefs de file Parti Chef de file Idéologie Score en 2011 Parti populaire de Castille-et-LeónPartido Popular de Castilla y León Juan Vicente Herrera(Président de la Junte) Centre droitConservatisme, démocratie chrétienne 50,2 % des voix48 députés Parti socialiste de Castille-et-León-PSOEPartido Socialista de Castilla y León-PSOE Luis Tudanca Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme 38,5 % des voix33 députés Gauche unieIzquierda Unida Pablo Fernández Santos GaucheÉcosocialisme, communisme, républicanisme 5 % des voix1 député Union du peuple léonaisUnión del Pueblo Leonés Luis Mariano Santos CentreRégionalisme léonais 2,7 % des voix2 députés
Résultats Voix et sièges +Résultats des élections aux Cortes de Castille-et-León de 2015Fichier:CastileLeónCortesDiagram2015.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Parti populaire de Castille-et-León (PP)37,73 13,8242 11 Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE25,94 3,7425 4Podemos12,1410 10 Ciudadanos (Cs)10,27 10,015 5 Gauche unie-Equo (IU-Equo)4,15 0,721 Union, progrès et démocratie (UPyD)1,44 1,840 Union du peuple léonais (UPL)1,41 0,451Citoyens de centre démocratique (CCD)0,94 0,190 Vox0,680 Parti animaliste contre la maltraitance animale (PACMA)0,53 0,160Coalition pour El Bierzo (CB)0,37 0,200Parti castillan-Terre du peuple (PCAS-TC)0,33 0,610Gagnons avec le fractionnement0,180Électeurs indépendants zamorans (ADEIZA)0,17 0,060Décider maintenant-Alternative socialiste (AD-AS)0,170Parti autonomiste léonais (PAL)0,14 0,130Phalange espagnole (FE-JONS)0,13 0,020Groupe des citoyens ruraux (CRA)0,120 Parti communiste des peuples d'Espagne (PCPE)0,10 0,070Parti régionaliste du pays léonais (PREPAL)0,10 0,040 Autres partis 0,51 -0 - Vote blanc2,44 0,84Suffrages exprimés97,93Votes nuls2,07Total100 - 84Abstention35,13Inscrits / participation64,87
Par circonscription CirconscriptionÁvilaBurgosLeónSièges71114Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00Abstentions30,2036,2939,36Votants69,8063,7160,64Nuls2,422,062,07Exprimés97,5897,9497,93Partis Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− PP4 15 25 3PSOE22,05224,713 127,345 Podemos10,09014,202 212,612 2 Cs11,951 112,071 18,901 1IU-Equo3,9603,8803,420UPL colspan=8 6,991 Autres4,436,216,04 Blanc2,232,462,56
CirconscriptionPalenciaSalamanqueSégovieSièges7117Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00Abstentions29,2538,2429,29Votants70,7561,7670,71Nuls2,172,082,52Exprimés97,8397,9297,48Partis Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− PP46 14 1PSOE29,022 125,293 127,482 Podemos10,841 110,761 111,261 1 Cs9,92013,271 19,070IU3,8502,9903,580 Autres2,873,748,60 Blanc2,512,442,37
CirconscriptionSoriaValladolidZamoraSièges5157Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00Abstentions36,2632,2436,29Votants63,7467,7663,71Nuls2,501,662,17Exprimés97,5098,3497,83Partis Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− Voix % Sièges +/− PP37 24 1PSOE31,17224,994 125,532 Podemos12,01013,072 211,041 1 Cs12,1408,941 17,750IU2,8506,1914,340UPL colspan=8 7450,680 Autres7301,528,996,52 Blanc3,472,082,81
Analyse Avec en moins par rapport à 2011, ces élections sont les troisièmes consécutives marquées par ce phénomène, et celle la plus fortement touchée. En outre, de plus que quatre ans auparavant décident de ne pas se rendre dans les bureaux de vote.
De nouveau en tête et réalisant le grand chelem des neuf provinces, le Parti populaire de Castille-et-León est cependant bousculé assez sévèrement dans sa domination. Il abandonne en effet suffrages, ce qui constitue son plus fort recul et la plus grande hémorragie électorale de l'histoire de la communauté autonome. Dans les provinces de Burgos, León, Soria et Valladolid, il chute sous les 40 % des exprimés. Toutefois, du fait du mode de scrutin, il contrôle l'exacte moitié des sièges à pourvoir et peut donc empêcher quiconque de gouverner, mais ne dispose plus de la majorité absolue qu'il contrôlait depuis 24 ans.
Le Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE n'est pas en reste, puisqu'il connaît lui aussi un important reflux, qui l'amène à son plus mauvais résultat régional. Ce sont en effet qui lui manquent par rapport à 2011, ce qui l'amène pour la première fois sous le seuil des 30 % des suffrages exprimés et au seuil des 25 députés. Ainsi, il ne dépasse les 30 % que dans la province de Soria et passe sous les 25 % dans la province d'Ávila. Son écart avec le PPCyL est toutefois fortement réduit du fait de la chute de ce dernier, passant de bulletins de vote en 2011 à désormais.
Première formation à profiter de cette remise en cause électorale du bipartisme dominant, Podemos attire plus de et monte directement à 12,4 % des voix. Troisième dans six provinces, le parti antilibéral y surpasse partout les 10 %. Il échoue à gagner des sièges uniquement dans les circonscriptions d'Ávila et de Soria. L'autre force émergente, Citoyens - Parti de la Citoyenneté (C's), est elle aussi bien placée puisqu'elle capte plus de 10 % des voix et 5 députés, se plaçant même en troisième en Ávila, Salamanque et Soria.
Reléguée à présent en cinquième position, la Gauche unie de Castille-et-León sauve son seul député, dans la province de Valladolid, bien qu'elle perde en quatre ans. Dans la province de León, l'Union du peuple léonais assure le maintien de sa représentation en conservant son unique mandat parlementaire avec 7 % des suffrages. L'abandon de l'amène à son plus bas niveau depuis son entrée aux Cortes, en 1995.
Conséquences Le , Juan Vicente Herrera est investi président de la Junte pour un cinquième mandat après avoir négocié l'abstention de C's. Il n'obtient ainsi l'investiture que lors du second vote, par 42 voix pour, 37 contre et 5 abstentions.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Élections aux Cortes de Castille-et-León Cortes de Castille-et-León Élections autonomiques espagnoles de 2015
2015 Castille-et-Leon