Les frères Victor et Firmin Thouéry ou Touéry sont deux figures de l'aviation civile et militaire française du début du , nés à Beaumont-de-Lomagne en Tarn-et-Garonne.

Origines Issus d'une ancienne famille du Rouergue dont un rameau s'est fixé dans le Gers au , ils sont petits-neveux de l'illustre savant Pierre-Fleurus Thouéry, découvreur du principe actif du charbon, et cousins de l'industriel Pierre Thouéry, Président du Tribunal de Commerce de Toulouse. Tous deux naissent à Beaumont-de-Lomagne où leur père, négociant, y a établi ses activités.

Victor Thouéry, pionnier de l'aviation (1884-1967)

Enthousiasmé par les premiers exploits aériens, il commence son apprentissage de pilote à l'âge de vingt-cinq ans environ, se formant chez Bertin, à Châteaufort dans les Yvelines, puis avec Louis Blériot qui créa une école de pilotage à Pau.

Dès 1910, il vole sur son monoplan à précieuse hélice d'acajou, et se produit lors de meetings aériens dans tout le Sud-Ouest. Il possède également un hydroaéroplane avec lequel il s'envole depuis la Garonne. Breveté de l'aéroclub de France en 1912Brevet n°984 du 2 août 1912., il devient une fierté de sa région, et on le voit représenté sur de nombreuses cartes postales. Il est parmi les pilotes de l'aviation civile française.

À la demande de ses proches, à la suite de plusieurs périls et des décès accidentels de Bertin père et filsBertin construisit le premier bimoteur de l’histoire de l’aviation, mais se tua avec son fils lors des essais., puis de son ami Georges Sivel, il cessera toutefois de voler avant la Première Guerre mondiale.

Firmin Thouéry, pilote de guerre (1891-1993)

Carrière militaire Grand sportif initialement dépourvu d'une formation d'aviateur, le frère cadet de Victor Thouéry fut appelé au service en 1912 dans un régiment d'infanterie. La guerre commencée, après plus d'une année de combats, notamment dans les tranchées, le sergent Thouéry, qui a déjà reçu une citation, se porte volontaire pour l'aviation.

En , il est admis comme élève-pilote à Étampes. Sept mois plus tard, il rejoignit la fameuse escadrille AR22 du d'armée, celle des as Marcel Brindejonc des Moulinais et Jules Védrines, alors stationnée près de Saint-Dizier. En il participe à la bataille des Monts, est cité à l'ordre de la division et reçoit la Croix de Guerre. En , l'escadrille est envoyée en urgence sur le front italien que les Allemands viennent d'enfoncer à Caporetto. Firmin Thouéry, aux commandes d'un Salmson 2A2, participera aux difficiles sorties en altitude sur le plateau d'Asiago, avant de combattre à Nove di Bassano. Le , alors qu’il était chargé de protéger une mission d’observation, il fit sauter un important dépôt de munitions dans le Val d’Assa, un fait d’armes salué le mois suivant par la médaille italienne de la Valeur Militaire, remise par Victor-Emmanuel III en personne lors d’une revue près de PadoueJournal de marche de la , 1918, conservé par le service historique de l’armée de l’air.. Aux hasards des opérations, il côtoya le célèbre écrivain Gabriele d’Annunzio, qui commandait la italienne. Il termine la campagne avec deux citations à l'ordre du corps d'armée pour sa conduite.

Survivant à plusieurs accidents et blessures, il accomplit 174 missions de guerre en deux ansRevue de l'Agenais, Volume 119, Fernand Lamy, Société académique d'Agen., 1992, p.42 et suivantes.. Sous-officier pilote apprécié, « d'un dévouement et d'une conscience qui ne se démentent jamaisCitation n° 405 à l'ordre du corps d'armée, le 22 novembre 1918. », il achève le conflit avec le grade d'adjudant-chef et reçoit la médaille militaire. En 1919, Thouéry retrouve la vie civile en reprenant les activités familiales de négoce. Il est nommé au grade de chevalier de la Légion d'honneur en 1952Décret du 27 décembre 1952. Journal officiel du 31 décembre 1952, p. 12184..

Postérité En 2014, à l'occasion du centenaire du conflit, le journal Sud-Ouest révèle une partie de ses mémoires de guerreLe journal Sud-Ouest consacra en août 2014 deux articles aux mémoires de Firmin Thouéry., témoignage poignant de cette période. Il meurt en 1993, à 102 ans. Sa grande longévité lui vaut d’être l’un des tout derniers pilotes survivants de la Grande Guerre.

Distinctions

Décorations françaises 100 px Chevalier de la Légion d'honneur

100 px Médaille militaire

100px Croix de guerre 1914-1918

100px Croix du Combattant

100px Médaille de la Jeunesse et des Sports

Décorations étrangères

Médaille interalliée de la Victoire

Medaglia di bronzo al Valore Militare

Croce al Merito di Guerra

Références

Catégorie:Aviateur français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Pilote de chasse Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Pilote de course aérienne Catégorie:Pionnier de l'aviation Catégorie:Sport aérien en France Catégorie:Frères et sœurs Catégorie:Titulaire de la médaille commémorative interalliée (1914-1918) Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur