Le Treizième gouvernement de l'État espagnol () était le gouvernement du royaume d'Espagne, du au .

Contexte

Depuis les années 1960, les facultés intellectuelles du général Franco diminuent. Rongé par la maladie de Parkinson, il est de moins en moins à même de tenir la barre de son régime et le conseil des ministres en est un des symptômes : la présentation des principaux événements politiques, auxquels le Caudillo consacrait auparavant la première demi-heure du conseil, diminue drastiquement, voire disparaît au début des années 1970.

Avec le progrès de sa maladie, il arrive en outre à Franco de s'endormir durant le conseil. En conséquence de quoi, la durée de ce dernier est fortement raccourcie pour s'adapter à la santé du Caudillo, ce qui a des conséquences politiques : l'éloignement du pouvoir de Franco paralyse l'appareil d'État espagnol et ses Ministres, habitués à l'extrême centralisation du pouvoir ; incapable d'exercer son pouvoir d'arbitrage entre les différentes « familles politiques » du régime, la synthèse du franquisme se vide de son contenu ; crispation entre les partisans de « l'ouverture » et les « ultras » (apparition du et du groupe Tácito) ; apparition du terrorisme basque et d'extrême-gauche (ETA, FRAP) ; désengagement idéologique de l'Église catholique de plus en plus prononcé (élection à la présidence de la Conférence épiscopale espagnole de Vicente Enrique y Tarancón).

Le , déjà déboussolé par les événements en interne, subit également un camouflet diplomatique avec l'élargissement de la Communauté économique européenne au Danemark, à l'Irlande et au Royaume-Uni, ce qui entraîne un déséquilibre par rapport à l'accord préférentiel signé en , sur la réduction des droits de douane entre la CEE et l'EspagneAccord entre la Communauté économique européenne et l'Espagne du .. Le coups de grâce survient cependant le : durant une manifestation censément interdite, le FRAP assassine un officier de la guardia civil, provocant une violente réaction du qui se termine par une crise gouvernementale.

Constatent que son état de santé ne lui permettait plus de garantir l'unité de son gouvernement, Franco se résigne à abandonner ses fonctions de chef du gouvernement et charge son collaborateur de toujours, l'amiral Carrero Blanco, de former un nouveau gouvernement.

Composition Poste Titulaire Président du gouvernement Luis Carrero BlancoTorcuato Fernández Miranda (intérim) Vice-président Ministre, secrétaire général du Mouvement national Torcuato Fernández Miranda Ministres Ministre des Affaires étrangères Laureano López Rodó Ministre de la Justice Francisco Ruiz-Jarabo Ministre de l'Armée de terre Francisco Coloma Gallegos Ministre de l'Armée de l'air Julio Salvador y Díaz-Benjumea Ministre de la Marine Gabriel Pita da Veiga y Sanz Ministre de l'Industrie José María López de Letona y Núñez del Pino Ministre du Commerce Agustín CotorrueloMinistre du Gouvernement Carlos Arias Navarro Ministre des Travaux publics Gonzalo Fernández de la Mora Ministre de l'Agriculture Tomás Allende y García-Baxter Ministre du Logement Luis Rodríguez de Miguel Ministre de l'Éducation Julio Rodríguez Martínez Ministère de l'Information et du Tourisme Fernando de Liñán y Zofio Ministre des Finances Antonio Barrera de Irimo Ministre des Relations syndicales Enrique García-Ramal Ministre du Logement José Utrera Molina Ministre du Travail Licinio de la Fuente

Historique du gouvernement

Sources

Notes et références

13 Catégorie:1973 en Espagne Catégorie:1974 en Espagne Catégorie:Juin 1973 Catégorie:Janvier 1975