La (en occitan : plaça del Parlament) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
La place actuelle ne date que du milieu du : elle est percée dans le cadre des travaux de rénovation urbaine et d'élargissement des rues de la ville, profitant des travaux de construction du nouveau Palais de justice, à l'emplacement du vieux parlement de Toulouse. Les travaux provoquent la destruction des bâtiments anciens du parlement, ainsi que de plusieurs maisons et monuments, tels que la porte de l'Inquisition. Ils ont, de plus, ouvert la place actuelle sur la place du Salin, au nord, et les allées Jules-Guesde, au sud. Le côté ouest de la place, cependant, conserve encore le tracé de la vieille rue de l'Inquisition, avec les anciens bâtiments de l'Inquisition, plusieurs maisons en corondage et ses hôtels particuliers, tels que l'hôtel de Chalvet.
Situation et accès Description La place du Parlement est une voie publique. Elle sépare les quartiers des Carmes et Saint-Étienne, dans le secteur 1 - Centre.
Voies rencontrées La place du Parlement rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :
Allées Paul-Feuga (g) Allées Jules-Guesde (d) Rue des Renforts (g) Rue de la Fonderie (g) Place du Salin (d)
Transports La place du Parlement est parcourue au nord, entre la rue de la Fonderie et la place du Salin, par la navette . Au sud, sur la place Auguste-Lafourcade, se trouve la station Palais-de-Justice du métro et, le long des allées Jules-Guesde, la station du même nom du tramway , ainsi que les arrêts de la ligne de bus .
Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse à proximité immédiate de la place du Parlement : les stations (18 place du Salin) et (1 bis allées Jules-Guesde).
Odonymie La place du Parlement a pris son nom, en 1947, de l'ancien parlement de ToulouseSalies 1989, vol. 2, .. Cette institution judiciaire, créée par le roi Charles VII en 1443, avait été installée dans les murs de l'ancien palais comtal, le Château narbonnais (actuel palais de justice). Elle ne disparut qu'en 1790, supprimée par la Révolution française. Jusqu'à cette époque et depuis sa création, en 1852, la place portait le nom de place intérieure Saint-Michel, à cause de la proximité de l'ancienne église Saint-Michel, démolie en 1794, et qui avait son entrée sur la place extérieure Saint-Michel (actuelle place Auguste-Lafourcade)Chalande 1913, ..
À l'emplacement de la place actuelle se trouvait au Moyen Âge une rue qui porta plusieurs dénominations, mais qui faisaient toutes référence à la maison de l'Inquisition (actuel ). La partie de la rue entre la rue des Renforts et la maison de l'Inquisition était appelée rue Devant-la-Salle-Neuve à la fin du . La de la rue, entre la maison de l'Inquisition et l'hôtel de Chalvet (actuel ), portait le nom de rue qui va du Salin-à-l'Inquisition à la fin du ou Grand-rue Devant-l'Inquisition au . Devant l'hôtel de Chalvet, la rue formait un carrefour avec la place du Salin et la rue de la Fonderie, appelé le Boucail : ce nom (bocalh, « bief » ou « canal de moulin » en occitan) rappelait la présence d'un fossé qui conduisait l'eau au moulin du Château. Au , ces rues furent réunies sous le même nom de rue de l'Inquisition. En 1794, pendant la Révolution française, elle fut ironiquement rebaptisée rue de la Tolérance. Elle reprit et conserva son nom ancien jusqu'au dégagement de la place du Parlement en 1852Salies 1989, vol. 1, ..
Histoire Moyen Âge et période moderne vignette|Porte de l'Inquisition par Eugène de Malbos, lithographie vers 1840. vignette|Vierge à l'Enfant, dite Notre Dame du Palais, placée dans une niche de la porte de l'Inquisition, puis de la maison Seilhan jusqu'en 1988 (, Musée des Augustins).
Au Moyen Âge, le quartier a une configuration différente de son aspect actuel. Au sud se trouve le rempart de la ville, dans lequel a été ouverte, certainement au , une nouvelle porte, appelée Porte du château. Face à cette porte s'ouvre la rue de l'Inquisition. Cette rue s'ouvre, à l'ouest, sur la rue Nègre (actuelle rue des Renforts) et, à l'est, sur la porte de l'Inquisition, qui donne accès à la place du Palais (partie sud de l'actuelle place du Salin). Plus loin, la rue forme un carrefour connu comme la place du Boucail avec la rue des Toulousains (actuelle rue de la Fonderie), qui la prolonge au nord, et la place du Salin (partie nord de la place actuelle).
La rue de l'Inquisition doit ce nom à la maison de l'Inquisition, qui y a son entrée (actuel ). En 1215, un notable toulousain, Pierre Seilhan, accueille Dominique de Guzmán dans sa maison. Il se lie à lui et, bientôt rejoints par d'autres frères, ils forment la première communauté dominicaine, approuvée par Rome en 1217La maison Seilhan, sur le site Seilhan.org (consulté le 2 septembre 2015).. En 1234, la maison Seilhan devient le couvent de l'Inquisition.
La position de la rue, à l'entrée de la ville, explique son peuplement diversifié. De nombreux hommes de loi et des parlementaires y ont leur maison, à cause de la proximité du parlement, de l'hôtel de la Monnaie et de la trésorerie. En même temps, les nombreux voyageurs et étrangers à la ville qui passent par la Porte narbonnaise expliquent qu'on y trouve de nombreuses auberges, telles que l'hôtellerie du Lion d'or (actuel ) et l'hôtellerie du Serpent (actuel ) aux et , l'auberge de Jean Couderc (actuel ) à la fin du Chalande 1913, ..
Époque contemporaine Révolution française et Empire En l'an VII, un projet d'aménagement voit le jour : il s'agit d'ouvrir une vaste place ovale entre la place du Salin et la porte avancée de la barbacane, la porte Saint-Michel, et une autre place similaire au sud de la première, les deux places étant réunies par un arc de triomphe à trois arcades. Comme de nombreux projets d'aménagement de l'époque, celui-ci est finalement abandonnéChalande 1913, .. La chapelle des comtes et la tour de l'Horloge, cependant, n'échappent pas à la destruction.
Les transformations au et au Entre 1822 et 1827, la prison d'arrêt départementale est construite par l'architecte Jean-Pierre Laffon à l'angle des allées Saint-Michel (actuelles allées Jules-Guesde)Jean Rocacher, « Fouilles archéologiques de la cité judiciaire », L'Auta, 2004, .. En 1826, commence l’édification d'un nouveau palais de justice et met à bas la plupart des bâtiments de l'ancien parlement. Les travaux se terminent en 1845, alors que le Tribunal de première instance est construit sur les ruines de la porte de l'Inquisition.
L'idée d'une vaste place à l'entrée sud de la ville n'est également pas abandonnée. En 1846 commence la destruction des deux moulons de maisons à l'est de la rue de l'Inquisition. La place actuelle est aménagée en 1852 et est nommée place intérieure Saint-Michel, par opposition à la place extérieure Saint-Michel (actuelle place Auguste-Lafourcade) aménagée au même moment.
En 1872, les détenus de la prison sont déplacés dans la nouvelle prison Saint-Michel, construite par l'architecte Jacques-Jean Esquié au faubourg Saint-Michel, et les bâtiments sont affectés à la gendarmerie à piedJean Rocacher, « Fouilles archéologiques de la cité judiciaire », L'Auta, 2004, ..
Depuis les années 1990 En 1996 sont entrepris d'importants travaux de reconstruction et d'agrandissement du Palais de justice, sous la direction de l'architecte Pascal Prunet. Les bâtiments de l'ancienne caserne Saint-Michel, devenue annexe du tribunal de grande instance, sont démolis en 1999, tandis que le tribunal d'instance et le tribunal pour enfants sont déménagés dans de nouveaux locaux avenue Camille-Pujol (actuel ) en . En 1999, en 2002-2003 et 2005-2006, des fouilles importantes sont menées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), permettant de découvrir les vestiges de la Porte narbonnaise et du Château NarbonnaisJean Catalo, Cité judiciaire, sur le site de l'INRAP (consulté le 22 octobre 2019).. Le nouveau bâtiment du Palais de justice, le long des allées Jules-Guesde, comprend un corps de bâtiments neufs et une salle des pas perdus utilisant le verre, le béton et l'acier, et préservant le mur du château royal et la façade gothique de la Grand-Chambre de la cour d'appel. En 2008, le nouveau Palais de justice est inauguré par la garde des sceaux, Rachida Dati« Histoire et architecture du palais de justice de Toulouse », Série « Patrimoine des juridictions » - Publication , sur le site du ministère de la Justice, 27 août 2013 (consulté le 22 octobre 2019).. L'extension du palais de justice affecte la forme d'une grosse tour, afin de rappeler le passé médiéval du siteJohanna Decorse, « Toulouse. Place du Salin : place à la justice », La Dépêche du Midi, 7 mai 2011..
Du point de vue des transports, la station Palais-de-Justice du métro B est ouverte le . L'arrivée en 2013 du tramway, dont le terminus se trouve à proximité sur les allées Paul-Feuga, permet de libérer les espaces occupés par les arrêts d'autobus et engage une réflexion sur l'avenir de la place du ParlementAnthony Assemat, « Les grands projets qui vont transformer le centre-ville de Toulouse entre 2015 et 2020 », Côté Toulouse, juillet 2015..
Patrimoine et lieux d'intérêt Palais de justice
Rempart de Toulouse vignette|Les vestiges de l'enceinte gallo-romaine. 1-3 : emplacement de la porte du Château et de la barbacane Saint-Michel ; immeubles. .. La porte du Château (ou porte Saint-Michel) est percée dans la vieille enceinte gallo-romaine, probablement au milieu du , alors que la porte Narbonnaise, plus à l'est, a été transformée par les comtes de Toulouse pour devenir le Château Narbonnais. Dans la première moitié du , la barbacane Saint-Michel est construite en avant de la porte pour la protéger. Elle est finalement détruite à la fin du , sauf un pan de mur sur lequel vient s'appuyer l'immeuble (actuel ). Plusieurs immeubles sont élevés entre la fin du et le début du .
entre les 6 et 7 : vestiges de l'enceinte gallo-romaine (construite au )..
Immeubles vignette| : la façade sur la rue des Renforts et la place du Parlement. vignette| : la façade de la maison Seilhan. vignette| : la façade de l'hôtel Chalvet.
3 bis : immeuble. L'immeuble, à l'angle de la rue des Renforts, est construit au dans le style classique. Il conserve une niche gothique en forme de coquillage, ayant probablement abritée une statuette de l'apôtre Jacques, qui se trouvait autrefois dans une maison voisine, détruite lors de l'élargissement de la rue des Renforts au début du et replacée sur l'immeuble actuel..