La bataille de Yongsan est un engagement entre les forces des Nations unies et de Corée du Nord lors de la guerre de Corée qui se déroule du au à Yongsan en Corée du Sud. Cette bataille fait partie de la seconde bataille du Nakdong lors de la bataille du périmètre de Busan. La bataille se termine par une victoire des Nations unies, après qu’un grand nombre de soldats sud-coréens et américains a repoussé une forte attaque nord-coréenne.

Au cours de la seconde bataille du Nakdong, l'armée populaire nord-coréenne perce à travers les lignes de la d'infanterie de l'armée américaine le long du fleuve Nakdong. Afin d’exploiter cette faiblesse, la 4 et la 9 division d’infanterie nord-coréennes attaquent Yongsan, un village à l'est de la rivière et une passerelle pour les lignes d'approvisionnement et de renforcement de l'ONU sur le périmètre de Busan. La ville est alors le lieu d’un lourd affrontement entre les forces nord-coréennes et américaines pour sa conquête.

La d’infanterie ayant été scindé en deux après la percée, les Nord-Coréens réussissent à capturer brièvement Yongsan. Le lieutenant-général Walton Walker, voyant le danger de cette avancée, ordonne à la provisoire des Marines de contre-attaquer. Après trois jours de combats acharnés, les forces de l'US Army et les Marines sont en mesure de repousser les Nord-Coréens hors de la ville et de détruire les deux divisions ennemies. La victoire à Yongsan est une étape clé dans la victoire pour la seconde bataille du Nakdong.

Contexte Le périmètre de Busan

thumb|left|upright|Les troupes américaines en cours de débarquement en Corée, le 6 août 1950.|alt= Dès le début de la guerre de Corée et l'invasion de la Corée du Sud par le Nord, l'Armée populaire de Corée bénéficie d'une supériorité en homme et en équipement tant sur l'armée de terre de la République de Corée que sur les premières forces expédiées par l'Organisation des Nations unies afin d'empêcher l'effondrement de la Corée du Sud. La stratégie nord-coréenne est de poursuivre agressivement les forces des Nations unies et les forces sud-coréennes sur toutes les voies d'approche en direction du sud, attaquant de front et amorçant simultanément un mouvement en tenaille. Cela doit permettre aux Nord-Coréens d’encercler et de couper la retraite de l’ennemi, qui est alors forcé de se retirer en désordre, laissant derrière lui une grande partie de son matériel. De l'offensive initiale du aux combats en juillet et début août, les Nord-Coréens utilisent cette stratégie pour vaincre efficacement toutes les forces de l'ONU qui doivent battre en retraite vers le Sud. Cependant, à partir de l’établissement du périmètre de Busan sous la responsabilité de la des États-Unis en août, les troupes de l'ONU tiennent efficacement une ligne de défense continue que les troupes nord-coréennes ne peuvent percer ou contourner. La logistique nord coréenne plus faible et éloignée de ses bases ne peut suivre le et leur avantage diminue chaque jour devant le nombre d'hommes et de matériel qui débarque sur le périmètre.

Quand les Nord-Coréens approchent du périmètre de Busan, le , ils tentent la même technique d'assaut frontal sur les quatre principales voies d'approche vers le périmètre. Tout au long du mois d'août, la nord-coréenne, et plus tard la engagent la d'infanterie américaine durant la bataille de Masan, repoussant d'abord une contre-offensive de l'ONU avant d'attaquer à Komam-ni et à Battle Mountain. La poussée bloque devant les forces de l'ONU, bien équipées et disposant de grandes réserves qui repoussent à plusieurs reprises les forces nord-coréennes. Au nord de Masan, la nord-coréenne et la d'Infanterie américaine s'affrontent dans la zone du Nakdong Bulge. Lors de la première bataille du Nakdong, la division nord-coréenne est incapable de tenir sa tête de pont sur la rivière face au grand nombre de troupes de réserve américaines qui tiennent bon et les repoussent, et le , la nord-coréenne est refoulée à travers le fleuve avec 50 pour cent de pertes. Dans la région de Daegu, cinq divisions nord-coréennes qui tentent de prendre la ville sont repoussées par trois divisions de l'ONU à plusieurs reprises au cours de la bataille de Daegu. Les combats sont violents en particulier dans la Bowling Alley où la nord-coréenne est presque anéantie. Sur la côte Est, trois autres divisions nord-coréennes sont repoussées par les Sud-Coréens à P'ohang-dong lors de la bataille de P'ohang-dong. Sur l’ensemble du front, les troupes nord-coréennes sont ébranlées par les défaites. Pour la première fois depuis le début du conflit leur stratégie ne fonctionne plus.

La grande offensive du Nakdong

thumb|right|upright|alt=|La carte de la ligne défensive de Périmètre Busan en septembre 1950. Yongsan se trouve à l'ouest du périmètre. Lors de la planification de la grande offensive, les commandants nord-coréens se rendent compte que toute tentative d'attaque par les flancs des forces de l'ONU est impossible de par l'appui de la marine américaine. Au lieu de cela, comme seul espoir de réussite, ils choisissent de frapper frontalement le périmètre afin de le réduire. Avertis par le renseignement soviétique, les Nord-Coréens sont conscients que les forces de l'ONU se renforcent le long du périmètre de Busan et qu'ils doivent mener une offensive rapidement, ou renoncer à la bataille. L’objectif secondaire est d’encercler Daegu et de détruire les unités américaines et sud-coréennes présentes dans la ville. À cette fin, les unités nord-coréennes prévoient d'abord de couper les lignes d'approvisionnement vers Daegu.

Le , le commandement nord-coréen distribue les ordres opérationnels à leurs unités subordonnées. Ces ordres appellent à une attaque simultanée contre les lignes de l'ONU sur cinq zones différentes afin de submerger les défenseurs de l'ONU et de permettre aux Nord-Coréens de percer les lignes et de repousser les forces de l'ONU sur au moins une des zones. Cinq groupes de combat sont constitués. L'attaque à l'Ouest du périmètre est menée par les 9, 4, 2, et 10 divisions qui doivent percer la d'infanterie américaine au Nakdong Bulge à Miryang et Yongsan..

Bataille

Dans la matinée du , pour leur première offensive de la guerre, les et de la se trouvent à quelques kilomètres seulement de Yongsan après une traversée du fleuve Nakdong et la pénétration des lignes américaines. Le est demeuré à Incheon, mais le commandant de division, le Major général Pak Kyo Sam estime que les chances de capturer Yongsan sont assez élevées.

La nord-coréenne approche Yongsan, son par le nord et son par le sud. Le soutien d’artillerie attaché à la division est exceptionnellement fort. Il est composé d'un bataillon d’artillerie de issu du , un bataillon d’artillerie antiaérien, deux bataillons de chars de la blindée, et un bataillon d'artillerie de la . La qui a traversé le fleuve après la , se trouve derrière cette dernière. Sa composition est plus faible. Elle est en sous-effectif, à court d'armes et composée essentiellement de remplaçants non formés. Un document nord-coréen intercepté mentionne ces unités qui attaquent le Nakdong depuis Sinban-ni comme la principale force d’attaque du . Les éléments de la atteignent les collines à l'ouest de Yongsan dans l'après-midi du .

Dans la matinée du , avec seulement les restes brisés de la compagnie E, le d'infanterie de la d'infanterie américaine n’a pratiquement aucune troupe pour défendre Yongsan. Le commandant de la division, le major général Laurence B. Keiser face à cette situation d'urgence rattache le du génie de combat au régiment. Le de chars et la compagnie de reconnaissance de la sont également affectés sur des positions proches de Yongsan. Le général Keiser décide de diviser ses forces dans la région en deux groupes. Il place le commandant d'artillerie de la division, le général de brigade Loyal M. Haynes, aux commandes du premier groupe, la Task Force Haynes, situé à dix kilomètres au nord de Changnyong. Au sud, dans la région de Yongsan, Keiser place sous le commandement du général de brigade Joseph S. Bradley, commandant en second de la division, le d'infanterie, le du génie, la majorité du de tank, et d'autres unités diverses de la division. Ces unités forment la Task Force Bradley. Le commandant du régiment prévoit de placer les troupes du génie sur la chaîne de basses collines qui borde Yongsan au nord-ouest.

L'attaque nord-coréenne thumb|right|alt=|Carte du secteur de la division lors de la bataille de Yongsan.

La compagnie A du du génie de combat prend position sur le côté sud de la route de Yongsan-Nakdong ; la compagnie D du du génie se positionne sur le côté nord de la route. À environ trois km à l'ouest de Yongsan, 300 soldats nord-coréens engagent la compagnie A. Les M19 Multiple Gun Motor Carriage du AAA appuie les soldats du génie dans cette action, qui dure plusieurs heures. Pendant ce temps, avec l'approbation du général Bradley, la compagnie D manœuvre vers la colline surplombant Yongsan juste au sud. Un peloton d'infanterie prend position derrière elle. La compagnie A reçoit alors l’ordre de se replier au sud-est de Yongsan sur le flanc gauche de la compagnie D. Là, la compagnie A prend position le long de la route; À sa gauche, on trouve la compagnie C du bataillon du génie, et au-delà de la compagnie C, la compagnie de reconnaissance de la . La colline occupée par la compagnie D est en réalité à l'extrémité ouest d'une grande masse montagneuse qui se trouve au sud-est de la ville. La route qui rejoint Miryang passe au sud de Yongsan, contourne la pointe ouest de la colline, puis court vers l'est le long de sa base sud. Depuis sa position, la compagnie D non seulement surplombe la ville mais aussi sa sortie, la route de Miryang.

Les Nord-Coréens approchent également Yongsan par le Sud. La compagnie de reconnaissance de la et le de tank s'opposent à ces derniers dans un combat intense. Dans cette action, le sergent de première classe de la compagnie de reconnaissance se distingue particulièrement. Il monte sur un tank et avec la mitrailleuse de tourelle, détruit sept mitrailleuses nord-coréennes. Turner essuie de nombreux tirs nord-coréens qui détruisent le périscope et les antennes du tank. En tout ce dernier reçoit plus de 50 coups au but. Turner, bien que blessé reste sur le tank jusqu'à ce qu'il soit touché par un tir fatal. Cette nuit-là soldats nord-coréens franchissent les faibles défenses autour de Yongsan et entrent dans la ville par le Sud.

Les Nord-Coréens tentent ensuite une percée à travers la position des soldats du génie. Mais après l’aube, ils ne peuvent obtenir plus de renfort depuis que la compagnie D a pris position et surplombe la ville et ses voies d’approches. Dans cette lutte, qui fait rage jusqu'à 11h00, les soldats du génie n’ont ni artillerie, ni le soutien de mortier. La compagnie D contourne cette faiblesse en utilisant ses nouveaux lance-roquettes de et ses vieux lance-roquettes de contre l'infanterie nord-coréenne. Le feu de ces 18 lance-roquettes combinés aux tirs des mitrailleuses et des armes légères de la compagnie inflige de très lourdes pertes aux Nord-Coréens, qui tentent désespérément d'ouvrir la voie à une poussée vers l'Est en direction de Miryang. Les tanks des compagnies A et B, du , situés à la lisière sud et est de Yongsan prennent part cette bataille intense aux côtés des soldats du génie. Le commandant de compagnie est le seul officier de la compagnie D à ne pas être tué ou blessé dans cette mêlée, qui coûte à la compagnie 12 hommes tués et 18 blessés. La lisière de Yongsan et les pentes de la colline au sud de la ville se couvrent des morts et des équipements détruits de la Corée du Nord.

Les renforts