Great Orme ( ou ) est un cap de la côte nord du pays de Galles, formé par un promontoire de calcaire. immédiatement à l'ouest de la ville de Llandudno.
Il est renommé pour ses mines préhistoriques et historiques.
est un autre cap plus modeste fermant le côté est de la baie de Llandudno.. Ces deux caps font partie de la .
Toponymie vignette|Carte de Great Orme (1947).
Dans un poème de (), les caps sont appelés Cyngreawdr FynyddJ. E. Caerwyn Williams (ed.), Gwaith Meilyr Brydydd a'i ddisgynyddion (University of Wales Press, 1994). 9.153n..
Le toponyme orme est étymologiquement lié au vieux norrois urm ou orm (que l'on peut rapprocher du latin vermis) signifiant « serpent de mer », par allusion à l'aspect de la côte. : le cap de Great Orme évoque la tête de cet animal, et l'isthme reliant Great Orme à Little Orme en évoque le corps. Bien qu'on ne dispose d'aucune source écrite des Vikings sur leur séjour dans le nord du pays de Galles, ils écumèrent très certainement la région sans pour autant y laisser des traces d'habitation permanente, contrairement à la péninsule de Wirral. Il subsiste quelques toponymes norrois dans le royaume de Gwynedd (comme le non loin de ).
« Orme » semble n'avoir désigné que le cap tel qu'on l'apercevait de la mer. En 1748, le Plan of the Bay & Harbour of Conway in Caernarvon Shire dressé par Lewis Morris désigne la masse de la péninsule du nom de "Creuddyn" mais marque la pointe nord-ouest du cap d'un "Orme's Head"Mary Aris, Historic Landscapes of the Great Orme, p. 32.. Les premières cartes d'État-major (publiées en 1841 donc avant la construction de Llandudno) reprennent cette convention : le cap est désigné par Great Orme's Head mais les différents lieux-dits vers l'intérieur des terres ont des noms gallois.. Le mot “Orme” a peut-être été imposé par l'afflux de touristes arrivant par les vapeurs de la Liverpool and North Wales Steamship Co.
Histoire naturelle vignette|Les falaises de calcaire de Great Orme depuis l'ancien phare. vignette|Les jardins paysagers de Happy Valley. vignette|Une des chèvres du Cachemire de Great Orme broutant à flanc de coteau. Le site de Great Orme, zone longue de pour de largeur, est une réserve naturelle gérée par le service rural du borough de Conwy. Elle est sujette à diverses mesures d'inscription, dont celles de Zone spéciale de conservation, de littoral protégé (), de parc naturel et de site d'intérêt scientifique particulier. Il abrite depuis plus d'un siècle un troupeau de près de 200 chèvres du Cachemire sauvages. (achetées par la reine Victoria). Plusieurs chemins mènent au sommet, dont un tronçon du . Près de la moitié des terres de Great Orme sert de prairie, surtout pour le pacage des moutons. Le conseil de comté de Conwy emploie quelques gardes, qui patrouillent régulièrement à travers la péninsule pour veiller à sa propreté et son intégritéGreat Orme Warden Service..
Géologie
Du point de vue de la géologie, Great Orme est un massif de calcaire dolomitique. ; sa surface est singulière de par les pavés de calcaire recouvrant certaines zones de la péninsule. Il y a plusieurs veines de minerai de cuivre noyées dans la dolomite. (voir plus bas la section “Histoire” → “Les mines de cuivre de 1700 BC au ”).
Les coteaux sont parfois sujets à des phénomènes de subsidence..
Flore
Le site de Great Orme abrite une flore variée, dont le représentant le plus connu est le cotoneaster sauvage (Cotoneaster cambricus) en voie de disparition, dont il ne subsiste plus que six pieds..
Plusieurs des fleurs qui prospèrent dans la terre à limon peu profonde de la péninsule ont évolué à partir d'espèces sub-arctiques alpines, à la suite de la dernière période glaciaire.
Parmi les fleurs de printemps et du début de l'été, on trouve le geranium rouge, l'armérie maritime et le Silene uniflora, accrochés à même la roche ; l'orchis pyramidal, le ciste commun et le thym sauvage parsèment la prairie. Les mines et carrières abandonnées fournissent un habitat idéal pour les espèces telles le scille de printemps.
Le marrube blanc (Marrubium vulgare), qui pousse le long des coteaux les plus à l'ouest du cap d'Orme, aurait servi de simple aux moines du , pour combattre la toux. Les papillons (famille des Pterophoridae) pondent leurs œufs dans ses feuilles et leurs chenilles se nourrissent exclusivement de ces feuilles.
Faune
La péninsule forme l'habitat de plusieurs espèces menacées de papillons et de mites, parmi lesquelles l'idaea, l'azuré de l'ajonc (Plebejus argus subsp. caernesis) et l'agreste (Hipparchia semele thyone). Ces deux dernières espèces se sont adaptées à Great Orme en se métamorphosant plus tôt dans l'année pour profiter des fleurs et prairies calcaires. Elles sont aussi plus petites que dans d'autres régions du pays, au point d'être considérées comme de véritables sous-espèces.
Great Orme est la limite septentrionale de l'aire de répartition de plusieurs espèces d'araignées, notamment : Segestria bavarica, Episinus truncatus, Micrargus laudatus, Drassyllus praeficus, Liocranum rupicola et Ozyptila scabricula.
Les cavernes et les galeries de mine abandonnées abritent de grandes colonies de rhinolophes, une chauve-souris de petite taille. Le jour, elles sont suspendues au toit des cavernes, les ailes repliées le long du corps ; elles quittent leur refuge au crépuscule pour se nourrir de larves et de chenilles.
Les falaises servent d'abri à plusieurs colonies d'oiseaux migrateurs (guillemots, rissas, petit pingouins et même fulmars et mouettes). Les autres oiseaux de Great Orme sont les corbeaux, les chouettes chevêches et les faucon pèlerins.
Au pied des falaises, les estrans sont colonisés par une flore aquatique riche et variée, ainsi que par les cirripèdes, les actinies rouges et les bernards-l'hermite.
Les puits vignette|L'église Saint-Tudno, première église de Llandudno. Les gouffres naturels sont toujours une attraction appréciée des régions de dolines et Great Orme n'y fait pas exception. L'exploitation du cuivre, les cultures et l'usage domestique nécessitaient de creuser des puits. Les puits actuellement actifs sont les suivants : Ffynnon Llygaid. Peut-être l'un des puits approvisionnant autrefois la populeuse ville de Gogarth, avant que celle-ci soit désertée par suite de l'érosion côtière. Ffynnon Gogarth. La principales source pour Gogarth et, de la fin du au début du , la source d'énergie permettant de faire fonctionner le moteur Tom and Gerry qui, par l'intermédiaire d'une multitude de bielles, actionnait les pompes d'exhaure du puits Higher non loin du sommet dominant Pyllau. Ffynnon Powel. Un des puits qui, avec ffynnon Tudno et ffynnon Rufeining, approvisionnait les fermes médiévales de Cyngreawdr. Ffynnon Galchog. Ce puits, près de Mynydd Isaf, au nord de Pen Dinas, est une source d'eau très fortement minéralisée réputée pour ses concrétions ; on sait qu'elle était employée au lavage des minerais. Ffynnon Tudno. Située de l'autre côté de la route, à l'angle nord-est de l'église Saint-Tudno ; avec le puits Rufeining, c'était le principal point d'eau de la paroisse. Ffynnon Rufeining (ce qui signifie « puits des Romains »). Selon la tradition, ses eaux étaient utilisées par les mineurs de l'époque romaine pour laver le minerai. Ffynnon Llech. Source souterraine de la caverne d'Ogof Llech, très difficile d'accès. Elle aurait été l'ermitage de , un moine du originaire de Bangor-is-y-Coed qui a établi la première église de Llandudno. Ffynnon Gaseg. Littéralement « puits aux chevaux », cette source a été creusée le long de la chaussée lorsque l'on traçait la route côtière de Marine Drive au . Elle était idéalement située pour abreuver les chevaux à mi-chemin entre le littoral et le sommet, route longue de .
Histoire Les mines de cuivre de 1700 BC au vignette|L'entrée des mines préhistoriques de Great Orme.
Great Orme est miné de 1700 à 900 BC, couvrant ainsi la majeure partie de l'âge du bronze britannique.. Plusieurs mines de cuivre y sont ouvertes et le site inclut des galeries souterraines d'exploitation, une rare occurrence à l'époque, que l'on retrouve dans la région seulement aux mines de la montagne de Parys sur l'île d'Anglesey. ; ainsi les autres grands sites miniers du Pays de Galles, les (ouest du Pays de Galles, classées Scheduled monument (monument historique d'importance nationale)), sont des mines à ciel ouvert.
L'exploitation minière atteint son apogée à l'âge du bronze moyen. : pendant la période 1600-1400 , cette industrie est si prospère que son cuivre se retrouve abondamment sur les abords de la Seine et jusque sur la Loire, et vers le nord jusqu'à Hönö (Suède) et jusqu'à la mer Baltique. Sa productivité est telle que la plupart des autres mines des îles britanniques ferment : toutes les mines de cuivre connues de l'âge du bronze britannique semblent avoir été relativement petites et ont fermé vers 1600 av. J.-C.. On estime qu'au cours de l'âge du bronze, Great Orme a fourni plus de de métal.
La période médiévale vignette|Ruines du palais épiscopal du de Gogarth, résidence des évêques de Bangor.
La paroisse médiévale de Llandudno comprenait trois hameaux, tous situés au pied de Great Orme. Le hameau Y Gogarth, à la pointe sud-ouest, quoique le plus modeste, était celui du palais des évêques de Bangor. Le fief de Gogarth (qui regroupait les trois hameaux) avait été attribué à l'évêque Anian de Bangor, par le roi Édouard en 1284, en reconnaissance des services rendus à la Couronne, notamment le baptême du premier prince de Galles anglais, né peu auparavant à Caernarfon. Ce palais a été incendié par Owain Glyndŵr en 1400 et ses ruines, comme celles des maisons, ont été dispersées par l'érosion côtière de l'estuaire de Conwy.
Le hameau orienté au nord, Cyngreawdr, était le plus productif et possédait l'église d'origine et le rectorat de , une fondation du . Après l'émeute de Glyndŵr, les villageois de la péninsule de Creuddyn furent lourdement taxés et dès 1507 ils avaient presque tous fui la région. Ainsi, les champs laissés en friche sont retournés à l'état de prairie et servent de pacage aux ovins. Le cimetière victorien de Llandudno, toujours en service, a été aménagée en 1859 autour de l'église de Saint-Tudno où l'on continue de célébrer des messes tous les dimanches matin d'été. Les grosses pierres, à proximité, font partie du folklore de l'endroit, de même qu'une chaussée pavée appelée Hwylfa'r Ceirw et qui mène jusqu'à Cilfin Ceirw (« précipice du cerf »).
Le dernier hameau, surplombé par le fort de l'âge du fer, Pen y Dinas, à la pointe nord-est, s'appelle Yn Wyddfid. Depuis la réouverture des mines de cuivre au début du , ce hameau s'est beaucoup étendu, ses rues et cottages ayant envahi les anciens champs cultivés.
La prospérité de l'ère victorienne vignette|Le complexe hôtelier de la cime de Great Orme.
En 1825 la capitainerie du port de Liverpool obtient le vote du Parlement en faveur d'une loi reconnaissant la nécessité d'améliorer la sécurité et les télécommunications pour la marine marchande opérant en mer d'Irlande et en baie de Liverpool. Cette loi autorisait la construction et l'entretien de stations de télégraphe entre Liverpool et l'île d'Anglesey. Elles allaient permettre aux armateurs, négociants et fonctionnaires de Liverpool de connaître la position de tous les cargos le long de la côte nord du pays de Galles.
En 1826, la cime de Great Orme est retenue pour l'emplacement de l'une des 11 stations de sémaphore formant une chaîne ininterrompue de entre Liverpool et Holyhead. Le premier sémaphore d'Orme, un petit pavillon avec un logement, est équipé d'un mât de navire de de hauteur, sur lequel est monté un télégraphe Chappe : il permet de communiquer soit avec Puffin Island à l'ouest, et avec Llysfaen à vers l'est. Un bon télégraphiste pouvait transmettre un télégramme de Liverpool à Holyhead en moins d'une minute.