Saint-Marin, en forme longue république de Saint-Marin..., aussi appelée non officiellement sérénissime république de Saint-Marin (‚ prononcé , et ), est un micro-État européen enclavé à l'intérieur de l'Italie. C'est le troisième plus petit État d'Europe après le Vatican et Monaco, ainsi que le cinquième au monde après ces deux mêmes États, Nauru et Tuvalu. C'est aussi la plus ancienne république au monde existant de manière continue jusqu'à aujourd'hui, avec un système constitutionnel qui remonte au ..

Il est enclavé à l'intérieur de l'Italie, entre l'Émilie-Romagne et les Marches. En , il comptait dont , ainsi que résidant à l'étranger. La République fait partie intégrante de la région historique du Montefeltro.

Histoire

Selon la légende locale, vers , un modeste tailleur de pierres nommé Marinus aurait quitté son île natale d'Arborea, (actuellement Rab, en italien : Arbe) en Dalmatie pour s’installer dans la ville de Rimini en tant que maçon. Avant même que la grande vague de persécutions contre les chrétiens lancée par l’empereur Dioclétien en n'eût commencé, le pieux Marinus prit la fuite et se réfugia sur le mont Titano situé à proximité.. Un nombre grandissant de persécutés vinrent le rejoindre et établirent ainsi sur le Titano une communauté chrétienne. La date officielle de naissance de cette communauté est aujourd’hui conventionnellement fixée au .

En 313, à la suite de l'édit de tolérance de Constantin et de la fin des persécutions, saint Marin fut ordonné diacre par l'évêque de Rimini. Une patricienne romaine convertie au christianisme, du nom de , lui fit par ailleurs don du mont Titano, dont elle détenait jusque-là la propriété.

L'établissement définitif de la communauté de Saint-Marin est symbolisé par la mort de son fondateur à l’automne de l'an 366, et surtout par ses derniers mots : (« Je vous laisse libres des autres hommes »).

Vers l'an , l'accroissement continuel de la population avait fini par rendre nécessaire une expansion territoriale. L'achat de châteaux voisins et de leurs dépendances fut effectué à deux reprises. Peu de temps auparavant, Saint-Marin était devenue une cité-république à part entière dotée de son propre code juridique. Le plus ancien des codes ayant pu être conservé date de . Au cours des trois siècles suivants, les lois saint-marinaises furent constamment précisées et mises à jour dans de nouvelles versions : le sixième et dernier code, publié le , est constitué de six tomes et ..

Dès cette époque, la république comptait pour sa protection sur une armée parfaitement formée et organisée dans laquelle tout homme âgé de était susceptible de servir en cas de conflit. À partir de , la coutume fut prise d’élire deux capitaines-régents à la tête de la cité pour un mandat de six mois, une pratique encore en usage aujourd’hui..

vignette|gauche|Le , un des châteaux de Saint-Marin.

La deuxième moitié du fut une période difficile pour la cité. La république de Rimini, d'obédience guelfe et alors sous la domination de la famille Malatesta, tenta de prendre le contrôle de Saint-Marin : seule une alliance contractée avec le gibelin comte d’Urbin Guy , puis son fils Frédéric , permit de contrecarrer ce projet au bout de plusieurs années de combats qui ne s'achevèrent qu’en . Cette victoire ne mit cependant pas un terme aux tentatives d'annexion visant la ville. Dès , un ecclésiastique nommé Teodorico tenta de soumettre les Saint-Marinais au pape et à l’impôt : une longue dispute juridique s’ensuivit et fut résolue par un célèbre homme de droit et érudit originaire de Rimini, Palamède, qui trancha en faveur de Saint-Marin. À peine cinq ans plus tard, en , ce fut la famille Feretrani qui revendiqua ce territoire, mais sans succès : un nouveau jugement de Palamède, communiqué par ailleurs au pape Boniface VIII, établit cette fois clairement la souveraineté pleine et entière des Saint-Marinais..

vignette|Vue du mur défensif protégeant la forteresse de Guaita.

Le conflit séculaire opposant la petite république à la famille Malatesta se termina en par la victoire de Saint-Marin, à l'issue de laquelle le pape Pie II attribua à la République les trois seigneuries de Fiorentino, Montegiardino et Serravalle. L’année suivante, la seigneurie voisine de Faetano fut volontaire pour intégrer à son tour la communauté saint-marinaise : cet épisode constitue à la fois la dernière guerre et la dernière expansion territoriale de Saint-Marin. César Borgia, le célèbre duc de Valentinois et fils du pape Alexandre VI, a certes envahi Saint-Marin en pour y imposer sa domination autoritaire, mais cette occupation fut de courte durée : l'armée de Borgia fut anéantie lors d’une révolte du duché d’Urbin à laquelle participèrent d'ailleurs quelques Saint-Marinais. La République abrita une petite communauté juive., forte d'une cinquantaine de personnes, jusqu'à la fin des années . La communauté était organisée autour du banquier, qui favorisait la venue d'autres Juifs, commerçants, orfèvres ou encore merciers. Si la petite communauté était concentrée dans une rue, la « », surnommée aujourd'hui encore le « ghetto »., les Juifs de Saint-Marin, au contraire de leurs coreligionnaires des Marches, ne furent jamais reclus dans un ghetto.

vignette|Giuseppe Garibaldi a trouvé refuge à Saint-Marin, dont il a obtenu la citoyenneté.

Bonaparte, au cours de la campagne d'Italie (1796-1797), aurait donné l'ordre à ses troupes de s’arrêter aux frontières de Saint-Marin et de ne pas les franchir — le futur empereur était un grand admirateur de ce petit État qui n’avait jamais fait acte de soumission à quiconque. Il avait été conquis par les idéaux de liberté et d'humanité célébrés dans les institutions de Saint-Marin et a témoigné de sa valeur culturelle dans une lettre à Gaspard Monge, scientifique et commissaire du gouvernement français pour les sciences et les arts qui était à l'époque en poste en Italie..

vignette|gauche|La neutralité de Saint-Marin pendant la Seconde Guerre mondiale.

Au cours de la dernière phase du processus d'unification italienne au , Saint-Marin a servi de refuge à de nombreuses personnes persécutées pour leur soutien à l'unification, notamment Giuseppe Garibaldi et son épouse Anita. Garibaldi a permis à Saint-Marin de rester indépendant. Saint-Marin et le royaume d'Italie ont signé une convention d'amitié en 1862.

Le pays a la particularité d'avoir été le premier pays d'Europe de l'Ouest à avoir un gouvernement communiste : entre 1945 et 1957, le Parti communiste saint-marinais gouverna en coalition avec le Parti socialiste saint-marinais. Saint-Marin est ainsi le premier pays au monde dans lequel un parti communiste est arrivé au pouvoir à la suite d’élections libres. Une nouvelle coalition dominée par les communistes gouverna entre et , date à laquelle les communistes constituèrent un gouvernement avec leurs adversaires traditionnels du Parti démocrate-chrétien, qui étaient cette fois majoritaires. , le Parti communiste, imitant le Parti communiste italien, abandonna l'idéologie marxiste-léniniste et se rebaptisa « Parti progressiste démocrate ».

Saint-Marin est devenu en un membre du Conseil de l'Europe et a adhéré en à l’Organisation des Nations unies.

La pandémie de Covid-19 touche particulièrement Saint-Marin dès mars qui se trouve, au , être l'un des pays avec le plus de victimes par rapport à sa population..

Le , le gouvernement de Saint-Marin vote en faveur de la légalisation de l'avortement..

Politique upright|thumb|Le trône des deux capitaines-régents dans la basilique de Saint-Marin.

Saint-Marin est un État indépendant et la plus ancienne république du monde ayant continuellement existé depuis sa création. Sa Constitution, qui date de , est la plus ancienne constitution encore en vigueur de nos jours.

Le pouvoir législatif revient au Grand Conseil général (), dont les soixante membres sont élus par les citoyens tous les cinq ans. Le Conseil approuve le budget de l'État et nomme les deux capitaines-régents. Ces derniers sont concurremment chefs de l'État et dirigent le Congrès d'État () : ils restent six mois en fonction et sont nommés solennellement deux fois par an le et le . Cependant, ils peuvent être élus pour un deuxième mandat, bien que cela n'arrive que très rarement. Certains ont à nouveau occupé ce poste après un certain laps de temps.

Le Congrès d'État, dirigé par les capitaines-régents, détient le pouvoir exécutif. Il est composé de dix secrétaires d'État ().

Le « Conseil des Douze » (Consiglio dei XII) est élu par le Grand Conseil général pour toute la durée de la législature. Il constitue le sommet de la juridiction administrative et la plus haute instance juridique de la République.

Les capitaines-régents, le Grand Conseil général, le Conseil des Douze et le Congrès d'État siègent en un même lieu : le palais public de Saint-Marin.

LArengo était autrefois une institution médiévale regroupant tous les chefs de famille, mais ses prérogatives ont depuis été transférées au . On désigne désormais sous le nom d'Arengo l'ensemble des Saint-Marinais disposant du droit de vote. Les citoyens sont convoqués deux fois par an au Conseil, le dimanche suivant l’entrée en fonction des capitaines-régents, et peuvent ainsi soumettre des questions d’intérêt public à leurs représentants.

La république de Saint-Marin entretient actuellement des relations diplomatiques et consulaires avec plus de , à l’intérieur comme à l’extérieur du continent européen. Les représentations diplomatiques du pays à l’étranger ont le plus souvent rang de consulats ou de consulats généraux, par exemple le consulat général de Francfort-sur-le-Main.

Saint-Marin est membre de nombreuses organisations internationales dont l'Organisation des Nations unies, l'UNESCODélégation permanente accréditée auprès de l'UNESCO., le Conseil de l'EuropeRapport de L’ECRI sur Saint-Marin (Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, mise en place par le Conseil de l’Europe (quatrième cycle de monitoring), Adopté le 21 mars 2013 et publié le 9 juillet 2013., le Fonds monétaire international, l'Organisation mondiale de la santé ou la Cour pénale internationale. La République entretient également des relations officielles avec l’Union européenne et participe aux travaux de l'OSCE. Le , un référendum a lieu avec comme résultat 50,28 % (soit ) en faveur de l'ouverture d'une procédure d'adhésion de Saint-Marin à l'UE ; cependant, le quorum n'est pas atteint pour valider ce vote..

L'achat de votes est une pratique commune et acceptée, surtout dans les années 1980 et 1990. En 2011, des personnalités politiques font l'objet d'accusations de corruption, dont plusieurs sont impliquées dans des affaires de blanchiment d'argent en lien avec le crime organisé..

Subdivisions

vignette|Castelli de Saint-Marin. Le territoire de Saint-Marin est divisé en neuf castelli (châtellenies équivalant des communes françaises), reprenant les anciennes délimitations des seigneuries. Chaque castello dispose d’un élu par les habitants, la , dont la présidence est assurée par un « capitaine » () élu tous les cinq ans.

Castello Code postalVille de Saint-Marin47890Acquaviva47892Borgo Maggiore47893Chiesanuova47894Domagnano47895Faetano47896Fiorentino47897Montegiardino47898Serravalle4789947891

Géographie

thumb|Paysage saint-marinais.

La république de Saint-Marin (43° 56’ 06’’ N, 12° 26’ 56’’E) se situe à la pointe orientale du massif montagneux des Apennins. Le pays est frontalier de deux régions italiennes : l’Émilie-Romagne au nord-est et les Marches au sud-ouest.