Le lycée français de Barcelone (abrégé en LFB ; , ) est implanté dans la ville espagnole de Barcelone depuis 1924. Le lycée est directement géré par l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) depuis 2004. Il a notamment pour objectif de . Il participe ainsi au renforcement des relations de coopération entre les deux systèmes éducatifs.

Il y a deux campus : le campus principal de Pedralbes"Localisation." Lycée français de Barcelone. Consulté le 24 septembre 2015. "Lycée français de Barcelone Bosch i Gimpera 6-10 08034 BARCELONA " et "Maternelle du Lycée français de Barcelone Munner, 5 08034 BARCELONA""Los hijos de Urdangarin vuelven al cole de tapadillo" (Archive). El Periódico. Mercredi 5 septembre 2012. Consulté le 22 janvier 2015. "Se supo porque una nube de fotógrafos les esperaba a las puertas del Liceo Francés, en Pedralbes,[...]" (primaire, collège, lycée), et le campus de Munner (maternelle) dans le quartier BonanovaTobarra, Sebastián. "460 familias se plantan y dejan de pagar las cuotas del Liceo Francés" (Archive). El País. 19 février 2010. Consulté le 24 septembre 2015..

Le lycée aujourd'hui

Enseignement L’enseignement dispensé par l’établissement est homologué par le ministère français de l’Éducation nationale, et va de l’école maternelle (petite section) jusqu’au baccalauréat conformément au système éducatif français. Le lycée, également reconnu et autorisé par le gouvernement espagnol, intègre des programmes complémentaires prévus par l’accord culturel franco-espagnol, en langue et littérature ainsi qu’en histoire-géographie (« sociales »).

Son personnel enseignant est composé d'enseignants autant missionnés depuis la France qu'employés localement. Les membres de direction sont pour leur part tous missionnés depuis la France. Les agents de service sont tous employés localement.

Évolution de effectifs scolaires

2012-20132014-20152015-20162017-2018Lycée636645648671 Collège 839918 976 Élémentaire 882895 893871 Maternelle 434403 405382 Total

Histoire Dès le Premier Empire est imaginé l'idée de créer un voire plusieurs lycées à Barcelone. La Catalogne est alors française depuis 1808. Le projet est abandonné en 1815, en même temps que l'Empire chute et que la Catalogne retourne dans le giron espagnol. L'enseignement français est finalement introduit par la Société de Bienfaisance Française de Barcelone, association en aide aux plus nécessiteux, en 1851. En 1859, cette école prend le nom d’Écoles Françaises et deviendra bien plus tard École Française Ferdinand Lesseps, en hommage au créateur de la Société de Bienfaisance Française de Barcelone.

Des cours secondaires de l'Institut au premier proviseur (1924-1939) Le lycée français de Barcelone est l'héritier des Cours secondaires par l'Institut Français de Barcelone (IFB). Ils sont inaugurés le . À l'époque les niveaux enseignés la 6º et la 5º. Ils sont installés Calle Consejo de Ciento, 338. Les Cours secondaires et l'IFB n'étant qu'une seule institution, ils se partagent donc le même édifice. En 1927, les Cours secondaires deviennent autonome et prennent le nom de Collège français de Barcelone. En 1930, l'IFB-Collège acquiert grâce au soutien de la Société de Bienfaisance de Barcelone un édifice, dans la rue de Provence, où il déménage avec l'administration du Collège.

En 1935, les cours prennent le nom de lycée sous la direction de François Duffas. L'établissement compte alors 200 élèves, français et espagnols. Il ne peut pas plus à cause de l'étroitesse des locaux. La guerre civile espagnole (1936-1939) va considérablement perturber l'organisation des cours. L'établissement est touché par les bombes. Les Écoles Françaises (actuel Lesseps) sont également touchées (son site de Sepúlveda est totalement détruit). Chaque année, les cours sont suspendus provisoirement. Les cours parviennent à être maintenus grâce au soutien de la ville et de la Generalitat qui fournissent des locaux à distance des zones à risque.

Reconstruction, développement et régime de Vichy (1939-1942) À la fin de la guerre civile espagnole, les établissements scolaires français de Barcelone se trouvent désorganisés. Après l’entrée des troupes franquistes dans la ville, le lycée rouvre le 30 janvier 1939, mais seuls 10 % des élèves inscrits reprennent immédiatement les cours.

Pierre Deffontaines est nommé à la direction de l’Institut français et du lycée,en qualité de proviseur, à l’automne 1939. Il réorganise l’établissement, qui est étatisé, développe les classes primaires et accompagne une forte augmentation des effectifs. De nombreuses familles catalanes cherchent alors à éviter à leurs enfants l’enseignement franquiste et se tournent vers les établissements français. En deux ans, le lycée dépasse les Écoles françaises (actuelle école Ferdinand-de-Lesseps) en nombre d’élèves.

Après l’instauration du régime de Vichy, l’État français renforce son contrôle financier et administratif sur le lycée. D’importants investissements favorisent alors le développement rapide de l’établissement, au détriment des Écoles françaises. Une différenciation sociale s’accentue entre les deux institutions : tandis que les Écoles françaises accueillent principalement les enfants des milieux populaires, le lycée s’adresse davantage aux classes moyennes et aisées. L'essor des effectifs et des activités de l'établissement conduit Pierre Deffontaines à ne plus cumuler la direction de l'Institut français et celle du lycée. En octobre 1942, André Dravet est ainsi nommé proviseur. Le soutien financier très conséquents de Vichy au lycée s'explique par que fait que Philippe Pétain entend protéger diplomatiquement les établissements français d’Espagne, mais aussi faire du lycée de Barcelone une vitrine de la politique éducative de la Révolution nationale. L’établissement célèbre le chef de l’État, diffuse les valeurs morales et familiales du régime et participe aux campagnes de solidarité organisées par la colonie française.

Cette adhésion au maréchalisme ne se traduit cependant pas par une application uniforme de toutes les orientations idéologiques de Vichy. L’établissement conserve certaines pratiques issues de l’Éducation nouvelle chrétienne, accueille des élèves juifs et autorise notamment un rabbin à y dispenser des cours.

De la crypto-dissidence au ralliement à Alger (1942-1944) L’occupation de la zone libre française par l’armée allemande, le 11 novembre 1942, provoque une évolution progressive d’une partie des responsables français de Barcelone. À partir de la fin du mois de décembre, plusieurs d’entre eux soutiennent clandestinement les Français qui traversent l’Espagne pour rejoindre l’Afrique du Nord, tout en continuant officiellement à reconnaître l’autorité de Vichy. Cette stratégie a été qualifiée de « crypto-dissidence ».

En mars 1943, le conflit entre Vichy et les autorités françaises d’Alger devient public. Les partisans d’Alger tentent d’occuper les postes diplomatiques français en Espagne, mais l’administration franquiste intervient en faveur du maintien des représentants de Vichy. Après l’échec de cette tentative, l’affrontement se déplace vers les établissements culturels et scolaires français. Pierre Deffontaines refuse de céder la direction de l’Institut et du lycée aux responsables désignés par Vichy.

Deffontaines et le proviseur André Dravet sont finalement démis de leurs fonctions. Une grande partie des enseignants, des familles et des élèves refuse toutefois de reconnaître la nouvelle direction. Les dissidents quittent les locaux de la rue de Provence et poursuivent leur activité au sein de l’Institución Cultural Escoda, une école catalane acquise avec l’aide de soutiens locaux et de fonds destinés aux institutions françaises ralliées à Alger.

À la Libération, André Dravet retrouve ses fonctions et les élèves réintègrent les locaux de la rue de Provence. Le lycée devient financièrement autonome de l’Institut français et suite à l'appropriation des locaux de l'ancien collège allemand, prend ensuite le nom de « Lycée français-Collège international ».

Le lycée et sa section espagnole (1942-1968) Le lycée est alors doté de deux sections : l'une française où les programmes français sont enseignés en français (elle est l'héritière des Cours secondaires de 1924), l'autre espagnole où les programmes espagnols sont enseignés en espagnol. Ainsi, bien que le lycée ait été un refuge pour de nombreuses familles catalanes sous le franquisme, les programmes devaient y être enseignés. Des enseignants de la Phalange y étaient nommés pour délivrer des cours d'Esprit national. Les filles et garçons étaient séparés. Pour sa part, la section espagnole est née en 1939 avec 5 élèves. Elle va rapidement prendre de l'ampleur. De 1943 à 1968, c'est Pere Ribera i Ferran, le futur fondateur de l'école Aula, qui la dirige.

Pedralbes et la recomposition de l'enseignement francophone (1965-1972) L'un des grands projets de Dravet est de bâtir un nouvel établissement pour regrouper l'ensemble des élèves. L'État français acquiert un terrain à Pedralbes dans les années 1950. En 1963, les travaux sont enfin lancés.

Le lycée s’installe sur son nouveau campus de Pedralbes à la rentrée de 1965. Le déménagement est effectué alors que les bâtiments ne sont pas entièrement achevés : certaines salles sont encore dépourvues de mobilier et le campus n’est initialement raccordé ni au gaz ni au réseau téléphonique. Les sites de Provence, Munner et Moià demeurent provisoirement utilisés.

En 1966, Paul Chambord succède à Jean Camborde comme proviseur. Il souhaite centraliser la direction des différents sites et renforcer le caractère français de l’établissement, qu’il juge excessivement hispanisé. Son projet prévoit notamment une transformation progressive de la section espagnole, dirigée depuis 1943 par le pédagogue catalan Pere Ribera i Ferran.

La politique de « francisation » suscite des tensions au sein du lycée. Pere Ribera démissionne en mars 1968 et fonde, avec une partie des enseignants et des familles de la section espagnole, l’école Aula. En 1969, Claire Cabré, ancienne enseignante du lycée puis d’Aula, crée à son tour l’école Beau Soleil de Gavà, devenue par la suite le lycée français international Bon Soleil.

Cette succession de scissions affaiblit durablement l’image du Lycée français-Collège international. Elle contribue cependant à diversifier l’offre éducative francophone à Barcelone et dans sa périphérie : à partir des années 1970, le nombre d’élèves scolarisés en français ou selon des méthodes pédagogiques françaises augmente sensiblement.

Personnalités liées au lycée Professeurs

Élèves célèbres

Ricardo Bofill (1939-2022), architecte.; José-Maria Flotats (1939-), acteur, metteur en scène et directeur de théâtre; Mar Coll (1981-), cinéaste; Valentina Viso (1981-), scénariste et productrice de cinéma; Ernest Urtasun (1982-), ministre de la culture; Milena Busquets (1972-), femmes de lettres.

Notes et références

Sources et bibliographie

Ouvrages et témoignages

Études historiques

Articles connexes Institut français de Barcelone

Liens externes Lycée français de Barcelone APE, Association des parents d'élèves du LFB Association des anciens élèves du lycée français de Barcelone

Voir aussi

* Catégorie:École secondaire en Catalogne Catégorie:École en Catalogne