Sandrine Rousseau , née le à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), est une économiste et femme politique française.

Enseignante-chercheuse en sciences économiques, elle mène ses travaux dans les domaines de l'économie de l'environnement, des emplois domestiques et de la responsabilité sociétale des entreprises. Elle est vice-présidente de l'université de Lille de 2008 à 2021.

Adhérente des Verts à partir des années 2000, elle est l'une des figures de la création d'Europe Écologie Les Verts (EELV) en . De 2010 à 2015, elle est vice-présidente du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle intègre le bureau exécutif d’EELV en , est nommée porte-parole en et devient secrétaire nationale adjointe de la formation trois ans plus tard.

En , elle quitte le parti à la suite de l'affaire Denis Baupin, dont elle est l'une des accusatrices. La même année, elle fonde et préside l'association Parler (devenue En Parler en 2021), promouvant l'entraide entre victimes de violences sexuelles. Alors que le mouvement #MeToo commence, elle est une figure de la lutte contre les violences conjugales et pour l'égalité hommes-femmes en France.

Elle réintègre EELV en puis se porte candidate à la primaire de l'écologie en vue de l'élection présidentielle de 2022. Au terme d'une campagne lors de laquelle elle émerge par ses prises de position radicales, elle est battue au second tour par Yannick Jadot, obtenant 48,97 % des suffrages exprimés.

Elle est élue députée dans la neuvième circonscription de Paris lors des élections législatives de 2022 sous l'étiquette EELV/NUPES puis réélue lors des législatives de 2024 sous l'étiquette EELV-NFP.

Biographie Famille Née à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), Sandrine Rousseau grandit à Nieul-sur-Mer (Charente-Maritime), dans une famille engagée à gauche.. Ses parents sont inspecteurs des impôts.. Son père, Yves Rousseau, est militant socialiste et maire de Nieul-sur-Mer de 2001 à 2008.. Sa mère s'est impliquée à la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Elle a un frère.

Elle a été mariée à François-Xavier Devetter, un économiste dont elle a divorcé.. Ils sont les parents de trois enfants, nés avant le début de son parcours politique en 2009 ; elle déclare que l'avenir de ses enfants la motive fortement à vouloir agir. En 2021, elle déclare vivre en concubinage avec un homme..

Études Installée dans le Nord-Pas-de-Calais pour ses études à partir de 1995, Sandrine Rousseau y mène sa carrière universitaire et politique.. Villeneuve-d'Ascq puis Lille sont ses villes d’adoption..

Elle étudie à l'université de Poitiers avant d'entrer à l'université de Lille. Elle s’engage à Chiche, un syndicat étudiant, et se syndique au Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNESUP-FSU).

En , elle obtient un doctorat en sciences économiques avec les félicitations du jury, pour une thèse intitulée « Économie et environnement, une analyse régulationniste de la rente environnementale », qui aborde les rapports sociaux à l’environnement et leur impact sur les processus d’accumulation.. Alain Lipietz fait partie de son jury de thèse.

Carrière universitaire Enseignante-chercheuse À partir de , elle est maîtresse de conférences en sciences économiques à l'université de Lille et enseignante-chercheuse au sein du Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (CLERSÉ).. Ses domaines de recherche portent sur l'environnement, la responsabilité sociétale des entreprises, le travail domestique.

Elle donne des cours à l’Institut d'études politiques de Lille, centrés sur les inégalités sociales et environnementales...

Responsabilités administratives En elle devient vice-présidente chargée de la vie étudiante, de la vie de campus, du développement durable et de l'égalité femmes-hommes de l'université.. Elle exerce ces fonctions au sein de l'université Lille-I d'abord puis, à l’issue de la fusion de cette dernière avec les universités Lille-II et Lille-III en , de l’université de Lille au sein d'une équipe composée de 19 vice-présidents où chacun est associé à un domaine précis... Elle ne se représente pas à cette fonction lorsque son mandat s'achève le .

vignette|redresse|Sandrine Rousseau .

Dans les actions qu’elle y initie ou accompagne, il y a notamment la création de chantiers « nature » pour restaurer les écosystèmes des campus. et de potagers participatifs à destination des étudiants, enseignants et membres du personnel de l’université. ou encore la mise à disposition gratuite de vélos pour traverser les campus. et l'ouverture d’une Maison du vélo à la Cité scientifique.. Sur le volet égalité femmes-hommes, elle soutient le projet « L’université avec un grand Elles », qui met en lumière les femmes qui ont fait l'université de Lille., le renommage au féminin de plusieurs amphithéâtres après un vote des étudiants., mais aussi la lutte contre les violences à travers l’organisation de manifestations culturelles et de sensibilisation (Les Monologues du vagin.., des « Semaines de l'égalité ».), la mise en place de référents « violences sexistes et sexuelles » dans les soirées étudiantes., les ateliers d’autodéfense verbale. ou le pilotage de la cellule de lutte contre le harcèlement..

Elle se déclare candidate à la direction de l'Institut d'études politiques de Lille en . et propose un programme écologique et social au sein de l'école... Elle échoue le face à l'ancien directeur Pierre Mathiot, avec 8 voix contre 21.., dont deux voix contre d'Olivier Duhamel et Gérald Darmanin.. Elle vise ensuite la tête de l'Institut régional d'administration de Lille : Gérald Darmanin, ministre de tutelle de l'Institut, écarte sa candidature.

En , elle est élue présidente de la Conférence permanente des chargé(e)s de mission égalité et diversité (CPED), qui fédère quatre-vingt quatorze établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche autour des politiques d’égalité-diversité..

Parcours politique Débuts chez Europe Écologie Les Verts Selon BFM TV, . Elle adhère aux Verts dans les années 2000, avec son mari.

En 2009, Sandrine Rousseau adhère au nouveau mouvement Europe Écologie Les Verts, fruit d’une ouverture du parti des Verts en vue de la constitution de listes aux élections européennes. Elle indique avoir été sollicitée après avoir invité le Secours populaire français à distribuer à la faculté des repas aux étudiants précaires, en tant que vice-présidente chargée de la vie universitaire à l’université de Lille, suscitant une polémique nationale. Poussée par un sentiment d’éco-anxiété et un besoin d’agir, elle accepte après avoir d'abord refusé la proposition, jugeant trop difficile d’être à la fois enseignante, mère de trois enfants et militante. Son profil d’économiste travaillant dans le milieu universitaire lui permet de progresser rapidement dans les instances locales du rassemblement écologiste..

Candidatures aux européennes de 2009 et régionales de 2010

Quelques mois après son adhésion, elle est candidate aux élections européennes de 2009, en position sur la liste Nord-Ouest menée par Hélène Flautre, qui l’emporte dans un contexte de victoire historique pour les écologistes.

L'année suivante, elle est candidate aux élections régionales françaises de 2010 pour la région Nord-Pas-de-Calais, en position sur la liste du Nord. À la suite de la fusion des listes de gauche, elle est élue au soir du second tour sur la liste d'union conduite par Daniel Percheron (PS). Elle est nommée vice-présidente du conseil régional, chargée de la recherche et l'enseignement supérieur (jusqu'en 2015)....

Elle met notamment en œuvre le plan campus, vaste projet de constructions et réhabilitations visant à améliorer les conditions de vie des étudiants de la région., et développe des programmes innovants de recherche comme « chercheurs citoyens » qui associent chercheurs et associations afin de travailler sur des sujets sociétaux.. Elle œuvre au projet de fusion des trois facultés lilloises en une seule grande université (fusion qui sera effective en 2018)., soutient et développe des programmes de démocratisation de l'enseignement supérieur, crée le dispositif des emplois étudiants afin de faciliter conciliation des études et emplois.. Elle pilote et coordonne le schéma régional d'enseignement supérieur et de recherche, crée une instance de concertation « le parlement du savoir ».. En matière de recherche, elle soutient de grands programmes et accompagne l'installation sur la région d'équipements, et de centres de recherche sur le diabète, le cancer. ou encore sur les sciences du visuel..

Élections législatives de 2012 dans le Nord

En , elle est candidate investie par EELV et le Parti socialiste dans la du Nord (Valenciennes).. Elle recueille 16,71 % des suffrages face à Jean-Louis Borloo (UDI) et Fabien Thiémé (Front de gauche)... Au second tour, elle appelle à soutenir Fabien Thiémé..

Entrée au bureau exécutif d'EELV Signataire de la motion « Maintenant » conduite par Cécile Duflot et Philippe Meirieu, elle intègre le bureau exécutif d'Europe Écologie Les Verts à l'issue du congrès de La Rochelle ().. Elle coordonne l'écriture du projet « Vivre mieux » présenté par EELV pour l'élection présidentielle et les élections législatives de 2012, et est chargée du programme et des négociations avec le Parti socialiste..

À la suite du congrès de Caen () où elle signe la motion « Pour un cap écologiste ! », elle est réélue en au bureau exécutif d’EELV., chargée cette fois du porte-parolat (avec Julien Bayou), poste qu'elle occupe jusqu'en 2016...

En 2014, lorsque Manuel Valls est nommé à Matignon, elle plaide pour que les écologistes restent au gouvernement, contre la décision finale prise par Cécile Duflot de le quitter.

Tête de liste aux élections municipales à Villeneuve-d'Ascq de 2014

Elle mène la liste écologiste aux élections municipales de Villeneuve-d'Ascq en , face entre autres au maire historique de la ville, Gérard Caudron, en place depuis quatre décennies.. Sa liste, séparée de celle du PS contrairement à ce qui est prévu dans de nombreuses autres villes, bénéficie d'une percée des écologistes et surtout de l'affaiblissement général du PS, principale victime de ces élections qui voient la gauche ne conserver que 349 des 509 communes de plus de 10 000 habitants. Elle double ainsi le score des écologistes en obtenant 9,94 % des suffrages au premier tour, mais, à douze voix près, ne peut pas se maintenir au second tour..

Élections régionales de 2015 en Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Pour les élections régionales de 2015 en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, elle mène la liste d'un rassemblement citoyen comprenant Europe Écologie Les Verts, le Parti de gauche, la Nouvelle Gauche socialiste (parti composé de dissidents venant du Parti socialiste) et de Nouvelle Donne..« Sandrine Rousseau : “Je veux faire gagner la gauche… mais une autre gauche” », DailyNord, 13 octobre 2015... Elle décline l'appel à l'union des socialistes, menés par Pierre de Saintignon, alors qu'EELV et le PS ont gouverné ensemble lors de la mandature précédente.

Ces élections régionales de 2015 en Nord-Pas-de-Calais-Picardie voient la gauche perdre la totalité des 108 sièges qu'elle avait obtenus en 2010 et la liste de Marine Le Pen réaliser une percée historique, passant de 18 % à 40 % des voix en cinq ans. La liste de Sandrine Rousseau est éliminée dès le premier tour avec un score de 4,83 % des voix, très loin de Xavier Bertrand (UMP) et Marine Le Pen (FN), mais aussi des scores réalisés lors des élections régionales de 2010 en Nord-Pas-de-Calais par les deux composantes principales de sa liste de 2015, le Parti de gauche, mené en 2010 par Alain Bocquet (10,78 %), et Europe Écologie Les Verts, menée en 2010 par Jean-François Caron (10,34 %), le total des deux scores de 2010 étant en 2015 divisé par quatre.

Affaire Baupin