PubPeer est un site internet qui permet aux utilisateurs (principalement anonymes) d'émettre des commentaires sur des articles scientifiques en post-publication. Ces commentaires peuvent porter sur l’interprétation des résultats, la méthodologie ou la qualité des données, et certains servent parfois à signaler des préoccupations liées à l’intégrité scientifique.
Origine PubPeer a été créé anonymement par Brandon Stell. en 2012. Ce chercheur au CNRS n'a révélé qu'en en être le fondateur. Le site est administré par Brandon Stell et Boris Barbour (CNRS et École normale supérieure). Boris Barbour explique que le site permet d'échanger instantanément avec d'autres chercheurs au sujet d'un article publié, par exemple si on le considère non-fiable.. En 2021, le site indexait et affichait .
PubPeer est structuré sous la forme d'une association à but non lucratif hébergée aux États-Unis (ce qui assure une protection juridique)..
Soutiens et oppositions Le site a mis en évidence des lacunes dans plusieurs articles de grande envergure, qui ont dans certains cas conduit à des rétractations et à des accusations de fraude scientifique...., comme remarqué par le blog Retraction Watch..
Certains chercheurs dénoncent en PubPeer un système de délation, mais Le Monde note dans un éditorial que le site . Ainsi, c'est par le biais de Pubpeer qu'une fraude majeure telle que les publications d'Haruko Obokata sur la génération de cellules pluripotentes dans Nature ont pu être révélées.
Des accusations de diffamation ont été adressées à certains des contributeurs de PubPeer... PubPeer se voit reconnaître le droit de refuser la transmission d’informations permettant l'identification des usagers du site.. Depuis, les commentaires sur PubPeer sont modérés et ne peuvent inclure que des faits objectifs et vérifiableshttps://pubpeer.com/howto .
Les fondateurs du site considèrent l'anonymat comme une condition essentielle au dépôt des commentaires. La divulgation de l'identité aurait un effet dissuasif. En vertu de la législation américaine, PubPeer est protégé contre les poursuites. Le Premier amendement de la Constitution des États-Unis protège également le droit à la liberté d'expression anonyme..
Le site est influent et l'audience centrée sur les États-Unis, la Chine et l'Europe (principalement la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni) ...
En France Le site PubPeer a joué un rôle déclencheur dans les affaires Voinnet, Jessus, puis Raoult, mais son principe fait l'objet d'une critique continue des dirigeants du CNRS, lequel est par ailleurs employeur des deux chercheurs qui l'ont créé.
Le président du CNRS Antoine Petit souligne qu'. À l'antenne de France Culture, il fait un parallèle entre les commentaires anonymes sur PubPeer et les accusations pour pédophilie.. Antoine Petit réaffirme son opposition à l'utilisation de cette plateforme lorsqu'il dévoile le le , enjoignant aux chercheurs de ne pas correspondre sur ce site.
En , dans une lettre ouverte « Éthique Scientifique, Éthique Journalistique » comptant plus de 500 signataires prenant la défense de Catherine Jessus, le principe du site est critiqué ainsi : .. Francis-André Wollman, biologiste membre du conseil scientifique du CNRS et impliqué d'après certains observateurs dans la gestion de l'affaire Jessus., décrit PubPeer comme .
Plainte prétendue de Didier Raoult À partir de , la chercheuse indépendante Elisabeth Bik publie sur PubPeer des signalements de problèmes concernant d'abord les deux publications de Didier Raoult sur l'hydroxychloroquine et le Covid-19, puis plus de soixante articles signés par Didier Raoult, et quatorze articles co-signés par un autre professeur de l'IHU, Éric Chabrière.... Le , Raoult et Chabrière portent plainte contre Bik, notamment pour et pour . Boris Barbour est également prétendument visé, pour complicité des chefs d’accusation, mais en , il affirme ne pas avoir été contacté par le Parquet. Dans un communiqué du , le comité d'éthique du CNRS défend la légitimité du travail d'Elisabeth Bik et de Boris Barbour, déplore la plainte, et condamne le contexte d'intimidation via les réseaux sociaux dans lequel cette plainte s'inscrit..
Prix et distinctions En 2024, PubPeer reçoit le prix institutionnel de la (200 000 €) pour sa contribution à l'amélioration de la communication scientifique et son rôle dans la détection des fraudes, ayant conduit à 19% des rétractations d'articles scientifiques depuis 2012.
Notes et références
Articles connexes Aide au diagnostic médical Lanceur d'alerte Retraction Watch
Liens externes
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