vignette|alt=Photographie d'un château fort en schiste, avec insert linéaire de tuffeau. Sept tours imposantes et des jardins dans les douves au premier plan.|Le château. Angers compte inscrits à l’inventaire général du patrimoine culturel. et répertoriés à l'inventaire des monuments historiques, parmi lesquels 69 % de bâtiments civils et 21 % d’édifices religieux. Environ 41 % de ces bâtiments sont du Moyen Âge, 36 % de l'époque moderne, 18 % du et 3 % seulement du .. La ville est par ailleurs labellisée Ville d’Art et d’Histoire..

Des monuments médiévaux en schiste aux maisons contemporaines coiffées elles aussi d’ardoises, en passant par de nombreuses réalisations Renaissance ayant célébré la pierre de tuffeau, l’architecture de la ville est ici bien résumée. Le centre-ville voit se concentrer la majorité des monuments médiévaux et des hôtels particuliers, érigés de la Renaissance au , même si le quartier de la Doutre en rive droite est très riche en constructions médiévales. Le centre-ville comprend cependant une majorité d’édifices du , notamment des immeubles de rapport, parfois de style Haussmannien. L’architecture des faubourgs (urbanisés notamment au ) consiste principalement en maisons de ville à un étage sous combles. Celles-ci peuvent être légèrement ornées ou présenter un aspect d'architecture en série. On trouve assez peu d’exemples de constructions présentant une architecture originale : l’architecture récente est le plus souvent celle de zones pavillonnaires ou d’ensembles collectifs, parfois en contradiction avec l’ensemble ancien..

Les nombreux travaux d'urbanisme entrepris au ont profondément transformé la ville et détruit de nombreux édifices anciens, médiévaux pour une part, comme le raconte en 1910 le chanoine Urseau :

Architecture militaire

Le château

alt=Photographie d'un château fort en schiste et tuffeau. Deux tours imposantes marquent une ancienne porte d'accès.|thumb|Le château, vue de la porte des champs. Bâti au point le plus resserré de la rivière, sur un promontoire de schiste, le château occupe un site à l’occupation très ancienne. Un premier palais comtal y a ensuite été érigé à partir du dont il ne reste plus que la grande salle comtale et la chapelle Saint-Laud, dédicacée au . La forteresse actuelle voit sa construction débuter en 1232 sous l’impulsion de saint Louis et sa mère Blanche de Castille, concomitamment avec l’édification d’une enceinte fortifiée (actuels boulevards du centre-ville). La seule enceinte du château mesure de long et est composée de d’une douzaine de mètres de diamètre. et d’une trentaine de mètres de haut.. Elle est percée de deux portes, la porte de Ville (encore utilisée) et la porte des Champs donnant aujourd’hui dans le vide. Les ducs d’Anjou transforment ensuite les lieux et font édifier notamment une chapelle en 1403, le logis royal et le châtelet en 1450. En 1585, la ligue et le duc de Guise menaçant de s’emparer du château, Henri III donne l’ordre d’en détruire la partie nord. Donadieu de Puycharic sauve l’édifice de la mutilation en découronnant les tours pour y aménager des plates-formes d’artillerie, lui conférant sa physionomie actuelle. Il sert ensuite de prison (Nicolas Fouquet y sera emprisonné) tel une « petite Bastille ». Il faudra attendre 1856 pour que le château perde cette attribution carcérale. C’est finalement en 1947 que le Ministère de la défense cède le château à l’administration des monuments historiques. Ouvert à la visite, il accueille aujourd’hui la Tapisserie de l’Apocalypse. S’inspirant de l’Apocalypse selon saint Jean, elle illustre le contexte sociopolitique de la France pendant la guerre de Cent ans. Son ancienneté et ses dimensions ( conservés sur plus de à l’origine) en font un témoignage rare de l’art médiéval. right|thumb|upright=0.7|alt= Photographie d'une tour isolée en schiste, coiffée d'un toit d'ardoise.|La tour des Anglais. Tour des Anglais

Des fortifications urbaines décidées au ne subsistent que quelques pans de murs, une tour boulevard Carnot et la tour de la Haute-Chaîne, dite tour des Anglais. Sa date de construction n’est pas connue avec certitude mais la date de 1448 est évoquée, lorsque l’enceinte est perfectionnée, notamment le système de fortification de la rivière. Elle doit son nom (comme les deux ponts de la basse et de la haute-chaîne) à la chaîne qui était tendue en travers d’un étroit chenal dans la rivière pour en barrer l’accès. C’est au début du que la tour est mise hors d’eau, telle qu’aujourd’hui.. L'origine de son surnom, semble-t-il assez récent, est mal connu et probablement fantaisisteCélestin Port, Op. cité, ..

Architecture civile

Architecture médiévale

Le Palais du Tau

Attesté depuis le au chevet de la cathédrale, le palais épiscopal d’Angers est un témoin remarquable de l’architecture romane, l’un des plus anciens de France. En appui du mur d’enceinte gallo-romain du dont il conserve une tour, il est édifié dans la première moitié du sur le modèle de l’archevêché de Reims dont il reprend le plan en tau (ce sont les deux seuls du genre en France). Les nombreuses modifications qui y ont été apportées en font un témoignage rare et exceptionnel de huit siècles d’histoire architecturale. On y trouve en effet de prestigieux éléments tels que la salle synodale romane, la cheminée gothique de la bibliothèque, l’escalier d’honneur Renaissance ou encore un appartement d’honneur du ..

L'hôpital Saint-Jean

Il s’agit de l’un des plus beaux témoignages de l’architecture hospitalière en France. Sa construction remonte à 1180 environ, lorsque Henri II Plantegenêt fait édifier plusieurs établissements hospitaliers dans ses fiefs. Situé dans la Doutre, l'ancien hôpital Saint-Jean possède une salle des malades d’une longueur de , exemple majeur du gothique angevin. Après la prise en charge de l’hôpital par les filles de la Charité, saint Vincent de Paul visite les lieux en 1647. Abandonné en 1865 au profit du Centre hospitalier universitaire actuel, l’édifice accueille à partir de 1968 le « Chant du Monde » de Jean Lurçat puis le musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine avec des ateliers de création d’art textile. À proximité se trouvent les anciens greniers de l’hôpital, sur la place du Tertre-Saint-Laurent. Construits après 1188, ils se composent d’une part des greniers proprement dits et d’autre part de deux caves, de plain-pied derrière l’hôpital. Le bâtiment sert toujours partiellement de grenier à blé en 1865, lors de l’aménagement du nouvel hôpital. De nombreuses manifestations s’y déroulent dorénavant..

Les maisons canoniales de la Cité La Cité, petit ensemble médiéval perché sur un promontoire rocheux, est organisé autour du château et de la cathédrale. C’est le quartier le plus ancien de la ville, structuré en petites ruelles et comprenant nombre d’hôtels particuliers et autres maisons médiévales, notamment canoniales. Construite en tuffeau et en schiste, la maison canoniale Sainte-Croix est une demeure romane attestée dès 1415 mais dont certaines parties remontent au (rue Saint-Aignan).. La maison canoniale Saint-Maurille, dite aussi Hôtel de Cunault, est elle aussi attestée en 1415. Appuyée à l'enceinte urbaine du , elle est elle aussi un témoignage de l’époque médiévale de la ville (rue Donadieu-de-Puycharic).. Dans la même rue se rencontre également la maison canoniale Saint-Martial dont les corps de logis remontent au .. Enfin, la Maison de la tour (ou Maison du croissant) est un autre magnifique exemple d’architecture de la fin du . Elle possède une tour d’escalier en tuffeau à l’angle de deux rues qui lui donne son nom..

Hôtel d’Andigné

L’Hôtel d’Andigné est un imposant hôtel particulier du situé dans la Doutre. Malgré de multiples modifications au cours du , il reste l’un des plus beaux logis de la fin du Moyen Âge à Angers, notamment sa façade sur jardin de style gothique finissant..

La maison d’Adam

vignette|alt=Photographie d'une imposante maison à colombages.|Maison d'Adam, place Sainte-Croix. Il s’agit de la plus belle des maisons médiévales à pans de bois d’Angers, voire de France de par ses dimensions et son ornementation. Sa période d’édification est mal connue mais remonte à la fin du . Construite par un apothicaire, la maison d'Adam possède deux façades majestueuses de dix mètres chacune sur six niveaux. Situé à proximité de la cathédrale, ce chef-d’œuvre de charpenterie tire son nom des figures d’Adam et Ève qui y sont sculptées. L’ensemble de ses décorations en font la renommée, notamment ses personnages et animaux : la Vierge et l’ange de l’Annonciation, le pélican donnant son sang à ses petits, saint Georges terrassant le dragon, des musiciens, des centaures, griffons, chimères ou encore le père « Tricouillard »..

Autres maisons particulières à pans de bois De nombreuses maisons à pans de bois furent édifiées à Angers jusqu’à la fin du . Les plus beaux exemples peuvent être trouvés dans la Doutre (place de la Laiterie et rue Beaurepaire notamment), rue Saint-Laud (, maison construite vers 1520) ou rue de l’Oisellerie (, maison de 1532). Cette architecture médiévale tardive, en pleine Renaissance, est assez surprenante par ailleurs.

Architecture renaissance La première renaissance ne fait son apparition à Angers dans l’architecture urbaine qu’au milieu du (maison rue Baudrière () ou rue Saint-Laud ()). La seconde Renaissance à Angers offre de rares exemples d’architecture en bois, dans « un style maniériste au décor proliférant et aux figures anthropomorphes » (par exemple, maisons au , ou ). La maison de Simon Poisson (1582) située au dans la Doutre en est le plus bel exemple avec des allégories de la Science ou de l’Amitié.

Hôtel des pénitentes

Édifié à la fin du par les religieux bénédictins de Saint-Nicolas dans le quartier de la Doutre, l’hôtel des Pénitentes est à l’origine un refuge en cas de troubles appelé le logis de la Voûte. En 1649, une communauté de dames pénitentes y est installée pour recevoir les femmes de mauvaise vie enfermées sur ordre de police ou repenties. La communauté s’agrandit à la fin du , notamment d’une maison correctionnelle pour prostituées. Jusqu’en 1857, le bâtiment reste à la fois une prison et un hospice réservés aux femmes. L’hôtel présente un ensemble architectural hétérogène, du gothique flamboyant de la fin du (corps de logis de droite) à la Première Renaissance (aile centrale) et la Seconde (portail d’entrée). Une exceptionnelle cheminée Renaissance se trouve par ailleurs à l’intérieur..

Château du Pin Le château du Pin est un manoir de campagne d’architecture gothique et renaissance. Construit dans la seconde moitié du , il présente des murs de schiste et une belle tour d’escalier. Il fut embelli dès le début du de décors Renaissance. Une chapelle y fut également édifiée à la même époque. Devenue exploitation agricole au , la demeure devient la propriété en 1859 d’André Leroy, pépiniériste. Ce dernier fait moderniser les fenêtres, aménager une galerie à trois travées voûtées d’ogives et crée une verrière en l’honneur de saint André. L’édifice est encore remanié en style néogothique à la fin du : seconde tour d’escalier, bow-windows et galerie-terrasse..

Logis Barrault