Arsène Houssaye, né François Arsène Housset le à Bruyères-et-Montbérault (Aisne)Archives départementales de l'Aisne, cote 5Mi0097, vue 12/185. et mort le à Paris (8 arrondissement)Archives de Paris, acte de décès n°370 dressé le , vue 29/31., est un homme de lettres français. Il est également connu sous le pseudonyme d’Alfred Mousse.

Biographie Issu d'une famille bourgeoise apparentée à CondorcetSon grand-père maternel, ancien sans-culotte, sculpteur sur bois, était un petit-cousin de Condorcet. Voir Eugène de Mirecourt, Arsène Houssaye, Paris, Havard, 1855, 96, , lire en ligne., Arsène Houssaye s'enfuit de chez lui en 1832 pour mener une vie de bohème à Paris. Il s'engage dans une troupe de baladins pour qui il compose des chansons.. Il se lie avec Théophile Gautier, Gérard de Nerval – qui logent comme lui, impasse du Doyenné, à l'emplacement actuel de la place du Carrousel – Jules Janin ou Alphonse Esquiros : tous collaboreront à la revue L'Artiste, dont Houssaye devient le directeur en 1843 et où il accueille de jeunes écrivains comme Théodore de Banville, Henri Murger, Charles Monselet, Champfleury et Charles Baudelaire. Il collabore avec son ami Jules Sandeau et contribue également à La Revue des Deux Mondes et à La Revue de Paris.

En 1848, il participe au mouvement réformateur qui précède la révolution et harangue Picards et Champenois au fameux banquet des étudiants. Aux élections législatives dans le département de l'Aisne, il est battu par Odilon Barrot.

Administrateur et homme de presse De 1849 à 1856, grâce à l'influence de Rachel, il est nommé administrateur général de la Comédie-Française, où il fait entrer les pièces de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas père, d'Alfred de Musset de François Ponsard ou de Léon Gozlan. Malgré l'augmentation de la dette, son administration correspond à une période de remarquable succès pour le Théâtre-français. En 1857, il est nommé inspecteur des musées de province.

vignette|left|Arsène Houssaye, par Gill.

Il dirige le quotidien populaire La Presse. Baudelaire lui dédie les poèmes en prose du Spleen de Paris mais leur publication dans La Presse en 1862 est néanmoins à l'origine d'une brouille entre les deux hommes. Houssaye, cherchant à obtenir la suppression de certains poèmes qui pouvaient choquer ses lecteurs, en retarde la publication au prétexte que Baudelaire lui envoie des textes dont certains ont déjà été publiés dans des revues. Il en résulta une rupture de contrat qui affecta durement Baudelaire, qui avait alors un besoin impérieux d'argent.

Houssaye devient directeur, en 1866, de la Revue du . Après 1870, il fonde La Gazette de Paris puis, en 1887, La Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg., devenue La Grande Revue, Paris et Saint-Pétersbourg, qu'il anime avec Armand Silvestre jusqu'en 1893.

En 1884, il est élu président de la Société des gens de lettres.

Le tombeau de Léonard de Vinci En 1863, c'est comme inspecteur général des beaux-arts qu'Arsène Houssaye entreprend de diriger des fouilles à Amboise pour retrouver le tombeau de Léonard de Vinci dont on avait oublié l'emplacement dès le . Ainsi, lorsque la Collégiale Saint-Florentin est détruite sous le 1 Empire, les neufs pierres tombales encore visibles sont retirées de l'église et réemployées pour réaliser des réparations ailleurs dans le château. Après avoir fouillé en vain dans la nef, la presse ayant médiatisé ses recherches, Arsène Houssaye reçoit une lettre lui indiquant que Léonard de Vinci a été enterré dans le cœur, les pieds tournés vers l'Est car Léonard était un laïc. Le , Arsène Houssaye découvre un tombeau très ancien recouvert lors de la démolition, de pierres inégales. Selon les médecins, il s'agit d'un homme barbu de 70 ans environ. Toutefois, à ce stade des recherches, rien ne permet de certifier qu'il s'agit bien de Léonard de Vinci. Ce n'est qu'au cours des mois suivants que les fouilleurs mettent à jour des éléments qui permettent de connaître l'identité du défunt (des fragments de pierre avec quelques inscriptions partiellement effacées, des pièces de monnaies dont une à l'effigie de François 1, les fragments du vase à charbon, utilisé pour masquer l'odeur de décomposition et une sébile, ce dernier récipient contenant de l'eau bénite pour chasser les démons. Arsène Houssaye a publié le résultat de ses recherches dans la revue l'Artiste en , puis dans Histoire de Léonard de Vinci (1869).

Publications Houssaye a publié de nombreux ouvrages, s'essayant à tous les genres : roman (La Couronne de bluets, Une Pécheresse, La Vertu de Rosine, Les Trois Sœurs, Mademoiselle Mariani, Mademoiselle Rosa) ; théâtre (Les Caprices de la Marquise, La Comédie à la fenêtre, Le Duel à la tour) ; poésie (Les Sentiers perdus, La Poésie dans les bois, La Symphonie de vingt ans, Cent et un sonnets), essais d'histoire de l'art et de critique, souvenirs (Les Confessions)… Il rend avec élégance l'atmosphère de la Régence ou du règne de Louis XV, introduisant un soupçon de sentiment romantique dans l'élégance spirituelle du , qu'il contribua, avec Edmond et Jules de Goncourt, à remettre au goût du jour.

Son livre le plus connu est sans doute son Histoire du quarante-et-unième fauteuil de l'Académie française (1845), qui passe en revue tous les grands écrivains qui n'ont jamais appartenu à l'illustre Compagnie et imagine leurs discours de réception.

Arsène Houssaye ne se porta jamais candidat à l'Académie française, mais son fils, l'historien Henry Houssaye (1848-1911) en fut membre en 1894.

Train de vie S'étant enrichi grâce à de fructueuses spéculations immobilières, Houssaye habite une propriété située à l'emplacement actuel du 39 avenue de Friedland (8 arrondissement), issue du lotissement du parc Beaujon (1824). Il y loge d'abord dans .. Dans les vignes du jardin, on célèbre des bacchanales restées célèbres.

Il fait ensuite construire, à la place de ce château, un hôtel de style Renaissance, orné de médaillons d'Auguste Clésinger.

À proximité, la rue Arsène-Houssaye est aujourd'hui seule à rappeler le souvenir de cette demeure.

Vie privée vignette|Portrait d'Anne-Stéphanie Bourgeois, première épouse d'Arsène Houssaye, 1848, par Henri Lehmann. Arsène Houssaye avait épousé en premières noces, le à Paris, Anne Stéphanie Bourgeois, dite Fannie (née le à Paris, où elle est morte le ), fille de Jean-Baptiste Bourgeois et de l'artiste-peintre Edmée BrucyArchives de Paris, état civil reconstitué, Acte de mariage reconstitué de François Arsène Houssaye et d'Anne Stéphanie Bourgeois, 5Mi1 2129, vue 7/50. Le couple a eu une fille, Edmée (1843-1846), et un fils, Georges Henry (1848-1911).

Veuf, il épouse en secondes noces, le à Paris, Marie Jeanne Nathalie Belloc (née en 1838 à Lima, au Pérou, et morte le à Paris). Le peintre Eugène Delacroix et l'écrivain Théophile Gautier furent témoins à ce second mariage dont est né un fils, Albert (1864-1888).

Sa première épouse est décédée à 33 ans, la seconde à 26 ans.

Citation Émile Zola, qui fréquenta les « mardis » de Houssaye, avenue de Friedland, l'appela, dans l'éloge funèbre qu'il prononça lors de ses obsèques le ,

Œuvres

En collaboration Avec Jules Sandeau Les Revenants (1840) Mademoiselle de Kérouare (1843) Madame de Vandeuil (1843) Marie (1843) Milla (1843)

Théâtre Les Caprices de la marquise, comédie en 1 acte, Paris, Odéon, La Comédie à la fenêtre, écrite le matin pour être jouée le soir, Paris, Hôtel Castellane, Juliette et Roméo, comédie en 1 acte en prose, Paris, Ambigu-comique, 1873 Mademoiselle Trente-Six Vertus, drame en 5 actes et 7 tableaux, Paris, Ambigu-comique,

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . Laurent Houssais , « Houssaye, Arsène », Dictionnaire critique des historiens de l'art, Paris, Institut national d'Histoire de l'art, 2009, (en ligne)

Liens externes

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