thumb|upright=2.2|L'utilisation de la houille extraite dans les différentes concessions par les salines.

L'histoire du sel de Haute-Saône retrace l'exploitation du sel gemme dans le sud-est de la Haute-Saône en Franche-Comté du . Le gisement, formé durant le Trias supérieur, est mêlé au bassin houiller keupérien de Haute-Saône, dont le charbon est extrait pour alimenter les fours des salines. Il est l'un des plus importants gisements d'exploitation de sel en France.

Des thermes utilisent également des sources d'eau salée.

thumb|upright|Or blanc ou sel gemme / halite composé de chlorure de sodium du Trias supérieur.

Géologie

Les gisements de houille et de halite en exploitation sont intercalés au sein du bassin houiller keupérien de Haute-Saône, qui montre aussi des alternances de couches de grès, de marnes irisées, de dolomies et de gypse. Les salines sont conçues pour fonctionner avec le charbon extrait sur place pour l'évaporation de la saumure, ce qui permet aux compagnies de diminuer le coût de revient du sel..

Le gisement est un prolongement de celui du Jura, qui s'est formé durant le Trias supérieur (). La mer Panthalassa, qui recouvre alors tout l'est de la France (partie intégrante du supercontinent Pangée), se retire et laisse une lagune peu profonde de saumure d'eau de mer qui, par évaporation, forme une épaisse couche de plus de d'évaporites contenant du sel gemme (halite). Le sel est ensuite recouvert avec le temps par différentes couches sédimentaires de marnes et de calcaires de plus de d'épaisseur.

Salines thumb|upright=1.5|En vert, les communes exploitées pour leur sel en Haute-Saône et en bleu les thermes.

L'exploitation du sel en Haute-Saône s'étale sur huit siècles dans trois principaux sites. La saline de Saulnot est exploitée pendant sept siècles du à 1826, soit la plus grande longévité du département. La saline de Gouhenans prend le relais à partir de 1831 et fonctionne de façon industrielle pendant plus d'un siècle. Enfin, la saline de Mélecey est exploitée d'une façon plus artisanale et éphémère entre 1850 et 1873..

Durée de vie des salines de Haute-SaôneLe ton foncé indique les périodes de production, le ton clair indique l'abandon.

Scey-sur-Saône

Les sources salées de Scey-sur-Saône sont connues dé l'antiquité et sont particulièrement exploitées au ..

Saulnot

Il y eut des salines à Saulnot. Leur production n'a cessé de croître et la consommation de bois également depuis 1147. Ses « muines » se cuisaient alors au bois pour en tirer l'halite, ce qui épuisait la forêt voisine. Cela explique l'exploitation d'une mine de houille du .. En 1637, la saline et le village deviennent la propriété des comtes de Montbéliard.. Les salines sont reconstruites après l'attaque de Charles le Téméraire. En 1639, les bâtiments sont incendiés par les Comtois puis reconstruits de 1761 à 1766.. Les salines déclinent de plus en plus de 1750 à 1789, puis les bâtiments sont brûlés avec les archives pendant la Révolution française. Les bâtiments sont rachetés par la commune en 1846, vingt ans après la fermeture des puits à saumure.

Gouhenans

Les houillères et la saline de Gouhenans forment un ensemble de mines et d'usines exploitant et transformant du sel gemme et de la pyrite de 1831 à 1945, ainsi que de la houille de 1828 à 1916. Le gîte de houille est identifié en 1819. Il s'étend sous les communes de Gouhenans et de Villafans. C'est avec l'exploitation des charbonnages que le sel est découvert. Une usine chimique et une verrerie sont ajoutées à ce complexe industriel qui marque une période de prospérité pour Gouhenans.

En 1847, l'exploitation du sel provoque un scandale impliquant des personnalités politiques de la monarchie de Juillet, le général Despans-Cubières et Jean-Baptiste Teste, pair de France et ministre d'État.

Des vestiges de ces industries (entrées de mines, terrils, voies ferrées, ruines, cité ouvrière, bâtiments reconvertis, cheminée d'usine) subsistent au début du . Le territoire reste marqué économiquement, socialement, paysagèrement, écologiquement et culturellement.

Mélecey

Une saline est exploitée sur le territoire des communes de Mélecey et de Fallon de 1778 à 1865 pour le charbon et de 1850 à 1873 pour le sel. La mine de sel est exploitée par abattage souterrain de 1850 à 1862, puis par évaporation de saumure de 1863 à 1872 pour en tirer l'halite. L'exploitation du charbon sur place par l'évaporation de la saumure permet à la compagnie de diminuer le coût de revient du sel.. Les charbonnages de la concession de Mélecey sont situés pour certains dans le bois de Fallon. L'un d'entre eux est à l’origine d'un incendie avant 1943..

Autres Une ancienne exploitation de sel se trouve à Athesans, à la limite de Gouhenans, faisant partie des salines de Gouhenans. D'autres sources sont exploités à Chenebier et Couthenans..

Thermalisme L'eau utilisée par l'établissement thermal de Luxeuil-les-Bains et l'eau minérale des Rêpes contienne du sel.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Saunerie - Mine de sel Histoire du sel du Jura Bassin houiller keupérien de Haute-Saône Bassin salifère de Franche-Comté Histoire de la Haute-Saône

Bibliographie

Catégorie:Bassin salifère de Franche-Comté Catégorie:Histoire du sel Sel Catégorie:Économie en Haute-Saône