NéfertariOrthographié également Néfertary Méretenmout (« La plus belle de toutes, aimée de Mout ») est la principale Grande épouse royale du pharaon qui vécut sous la aux environs du avant notre ère.

Généalogie

Si les origines de la reine ne sont pas certifiées, l'hypothèse qu'elle est issue d'une puissante famille d'Akhmîm liée à l'ancien pharaon Aÿ est avancée, en raison d'une part de l'attachement manifeste de la reine et de sa progéniture à la cité, et d'autre part de son titre d'Épouse du dieu qu'elle porte lors des grandes cérémonies du dieu Min. Enfin, la découverte dans son tombeau d'un bouton de coffre au nom du pharaon Aÿ pourrait être un indice supplémentaire qui la rattacherait à cette illustre famille qui marqua de son influence les dernières décennies de la . Toujours est-il que ceci n'est pas certain et reste à démontrer, surtout que le pharaon Aÿ fait partie des pharaons ayant été éliminés des listes royales, particulièrement celle d'Abydos dans le temple de , père de .

Néfertari fut le grand amour de Ramsès - preuve en est la façade du petit temple d'Abou Simbel que Ramsès lui a dédié, ainsi qu'à Sothis (personnification de l'étoile Sirius) et à Hathor (déesse de la joie, de la musique, de la beauté et de l'amour) que Néfertari incarnait sur terre. Sur la façade du temple, ses sculptures ont la même taille que celles du pharaon :

et Néfertari ont ensemble six enfants : Amonherkhépeshef (Amonherouenemef), le fils aîné du roi et héritier du trône de l'avènement de jusqu'aux environs des ans 30 à 34, Parêherouenemef (Rêherounemef), le troisième fils du roi, Méryrê, le onzième fils du roi, Méryatoum, le seizième fils du roi, Mérytamon - la « Reine Blanche » - , la quatrième fille du roi et grande épouse royale de , Hénouttaouy, la septième fille du roi et grande épouse royale de .

Certains chercheurs ont fait du neuvième fils Séthy et des deuxième, troisième et cinquième filles Baketmout, et Nebettaouy les enfants de Néfertari, mais rien n'indique qu'ils soient les enfants de cette reine car ils ne sont jamais représentés dans la liste des enfants du couple à Abou Simbel, particulièrement concernant Séthy dont la mère s'appelait bien Néfertari mais qui devait être une épouse secondaire du roi. De part l'homonymie, il est possible que soit la fille de cette épouse secondaire, mais cela n'est pas certain.

Biographie

Néfertari est probablement mariée à dès l'an 1 du règne de , faisant partie avec Iset-Nofret des épouses évoquées dans l'inscription dédicatoire d'Abydos. L'ordre de naissance de ses enfants et leur âge lors de l'avènement de sont des éléments forts allant dans ce sens-là.

Néfertari est la grande épouse royale du roi et figure sur de nombreux reliefs et statues. Néfertari porte d'ailleurs l'épithète Méretenmout, cette épithète semblant être le pendant féminin de celle du roi, qui est régulièrement nommé Ramsès Méryamon, Amon et Mout représentant le couple divin de la triade thébaine. Elle porte également le surnom de Moutnéféret, ce qui signifie « Mout la Belle », comme le montre une base de statue de la reine découverte à Héliopolis et portant l'inscription suivante :

Dès le début du règne, la reine porte une couronne spécifique : la couronne solaire à hautes plumes et cormes lyriformes. Cette couronne est liée à Hathor, déesse de l'amour et de l'éveil, mais aussi à Sothis, qui annonce le début d'une nouvelle année et promet la prospérité. Tant que Néfertari était vivante, aucune autre épouse n'a été figurée sur les monuments du roi, surtout, aucun autre monument semblable au petit temple d'Abou Simbel n'a été commandité par pour une autre épouse au cours de son long règne.

Tout comme la mère du roi Mouttouya, Néfertari envoya en l'an 21 deux lettres de félicitations à la reine hittite Puduhepa, épouse du roi hittite , à la suite de la signature du traité de paix égypto-hittite.

La date de la mort de la reine est inconnu. Si certains ont avancé l'an 24 ou l'an 26, rien ne permet de préciser une telle date. Ce qui est certain, c'est qu'en l'an 34, c'est-à-dire à la date du mariage entre et Maâthornéferourê, la fille du roi hittite , Néfertari n'étant jamais évoquée lors des négociations entre le roi hittite et le roi égyptien, il est alors probable qu'elle devait être déjà décédée depuis un certain temps.

Pour honorer la mémoire de la reine, Ramsès a fait construire, dans l'enceinte du Ramesséum, un sanctuaire dédié à Néfertari et à Mouttouya. Quelques éléments appartenant à ce monument ont été retrouvés, dont une colonne trouvée sur place et mentionnant le nom de la reine. La reine était par ailleurs également représentée ailleurs au Ramesséum, dont probablement sur le jambage sud de l'entrée de la salle hypostyle où la reine-mère Mouttouya est représentée avec une dame dont le nom est perdu et qui est coiffée de deux hautes plumes et cornes lyriformes, représentation typique de Néfertari.

Représentation Statuaire

La reine est figurée sur de nombreuses statues de , gravée en relief ou sculptée en ronde-bosse. Une statuette du roi (CG 42140), découverte dans la cachette de Karnak, offre sa plus ancienne image, contemporaine du couronnement. Le relief à la gauche du trône montre la reine debout tenant le sceptre floral et une inscription, rappelant celles concernant Satrê (grande épouse royale de et mère de ) et Mouttouya (grande épouse royale de et mère de ), la décrit comme suit (le nom de la reine était d'ailleurs endommagé) :

La grande statue assise de Turin de ( 1380), de peu postérieure à la précédente, figure la reine en ronde-bosse adossée au trône derrière la jambe gauche du roi. Le texte associée à la reine est, comme précédemment, endommagé au niveau du nom de la reine. Certains y ont vu une vengeance de Mérenptah, successeur de , contre Néfertari qui a laissé dans l'ombre Isis-Néféret, la mère de Mérenptah. Mais ceci est refuté par la plupart des chercheurs car la très grande majorité des représentations de la reine n'a pas été endommagée.

vignette|Statue de Néfertari accompagnant un des colosses assis de la cour de au temple de Louxor. La reine est associée au roi sur les statues de ce dernier dans beaucoup d'autres temples, dont les deux colosses usurpés située à l'avant du du temple d'Amon à Karnak et qui appartenaient à l'origine à Horemheb avec une représentation de sa reine Moutnedjemet. Au temple de Louxor, certaines statues debout du roi présentent aussi la reine derrière la jambe gauche du roi légèrement avancée tandis que les quatre colosses élevés au tout début du règne à l'avant du temple la montrent à la droite du trône. Certaines de ces figurations ont été abimées avec le temps, jusqu'à ce que même le texte permettant d'identifier la reine représentée devienne illisible. Toutefois, sur toutes les représentations de datée d'avant l'an 21 et sculptées dès l'origine pour lui, il n'est accompagné que de Néfertari, tandis que celles qu'il a usurpées après l'an 21, en général d', il n'est représenté qu'avec Néfertari, Bentanat ou Mérytamon.

Au Ramesséum, le grand colosse effondré du roi présente deux figures féminines de part et d'autre du roi, ces figures devant être Néfertari et Mouttouya, la mère du roi. C'est également le cas pour l'une des grandes statues du grand temple d'Abou Simbel (la deuxième en partant de la gauche) qui représente de part et d'autre des jambes du roi Néfertari et Mouttouya. Une seconde représentation de la reine est située à gauche de la jambe du roi de la troisième statue, ce qui fait que la reine encadre l'entrée par cette représentation et celle de la deuxième statue.

La reine est également représentée sur des statues seules ou accompagnée de l'un de ses fils. Par exemple, une statue en calcaire, acquise en 1905 à Louxor, conservée aujourd'hui à Bruxelles et dont la partie inférieure, le corps et le bras droit ont disparu, la montre dans une robe unie laissant paraître les formes gracieuses de son corps. Le bras gauche tenait à l'origine un sistre, aujourd'hui disparu. Derrière la jambe gauche de la reine est gravée une figure de son fils Méryatoum. L'inscription en deux colonnes sur le piliers dorsales décrivant ses compétences en tant que chanteuse et joueuse de sistres, qualités importantes dans le cadre des fêtes et des rituels divins, est la suivante :

D'autres statues lui ont été attribuées, sans certitude pour certaines : un groupe statuaire fragmentaire découvert dans la cachette de Karnak représentent un fils royal et une grande épouse royale à la robe plissée et tenant un sceptre floral recourbé ; une colosse fragmentaire en calcaire cristallin découvert à l'angle sud-est du temple d'Hathor à Dendérah et dont l'inscription ne conserve que le début du cartouche de la reine composé du hiéroglyphe de la déesse Mout ; ce colosse pourrait aussi appartenir à Moutnedjemet (la reine d'Horemheb) ou Moutemouia (la mère d') ; un buste au double uræus de la reine (autrefois fautivement attribué à la reine Ahmès-Néfertary), conservé au British Museum, pourrait provenir d'une statue double (si c'est le cas, alors elle devait représenter le couple royal) ; le texte qualifie la reine de « grande épouse royale, maîresse des Deux Terres ».

Reliefs

Le rôle tenu par Néfertari dans les fêtes et rituels divins est illustré dans des scènes dans plusieurs temples. Les représentations la montrent généralement agitant des sistres, mais l'une d'elles la figure faisant une danse ; les textes, quant à eux, la décrivent comme chanteuse. Sur le mur occidental de l'avant-cour du temple de Louxor, la reine participe à une longue procession, coiffée d'une perruque courte surmontée de sa couronne habituelle, tandis que de longues tresses descendent derrière ses épaules ; elles agitent les sistres pour la triade thébaine. Le texte accompagnant la scène décrit les actions de la reine et ses qualités :

Dans les scènes du pylône du temple de Louxor illustrant les fêtes de Min, Néfertari est figurée à deux reprises derrière , portant une robe moulante, agitant les sistres et tenant le collier ménat, attribut de la déesse Hathor, afin d'inviter à la procréation le dieu de la fertilité. La reine apparaît également dans une scène illustrant les fêtes de Min au Ramesséum, dans la partie supérieure de l'un des murs de la seconde cour. Cette scène illustre un officiant offrant au dieu Min (sous la forme d'un taureau blanc) une gerbe d'épeautre que le roi vient de couper. La reine, figurée juste au-dessus de l'officiant, ne porte que sa perruque tripartite et fait un geste gracieux avec ses mains ; le texte accompagnant la scène porte sur des danses rituelles, auxquelles la reine semble participer.

Au Gebel Silsileh, la reine est représentée sur la grande stèle de l'an 1, elle est figurée agitant les sistres devant les trois divinités qui président à l'émergence de la crue du Nil : Taouret (déesse hyppopotame représentée ici avec une tête de femme), Thot et Nout. D'autres représentations sont également connues, même si certaines sont anonymes et donc incertaines, dont une stèle et deux blocs au Sarabit al-Khadim (les deux blocs ont également été attribués à Bentanat) et un bloc, aujourd'hui perdu, originaire d'Éléphantine, ce dernier la montrant agitant les sistres devant la barque de Khnoum.