Rachel Ertel, née le à Słonim en Pologne, est une essayiste et traductrice française, professeure émérite de l'université Paris-Diderot, spécialiste de la langue et de la littérature yiddish.
Biographie Rachel Ertel naît à Słonim, ville biélorusse alors située en Pologne. Sa mère, Riwa Mirski, écrit des poèmes et des récits yiddish, sous le nom de Menuha RamNotice BNF. Le Vent qui passe, éditions Julliard, 1974., son père Mendel Chalupsky est propriétaire d'une scierie[document audio] Stéphane Bou, « Rachel Ertel, mémoire du Yiddish. (1/5) Pologne-Sibérie-Pologne : 1939-1948 », À voix nue, France Culture, .. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père bundiste et menchevik est déporté au goulag, Rachel et sa mère sont quant à elles exilées en Sibérie et assignées à résidence.. Elles reviennent à Łódź en 1946, à Varsovie en 1948. Son père revenu plus tôt du goulag meurt dans un bombardement de Lodz.
Avec sa mère, son beau-père, Moshe Waldman, lui aussi poète en langue yiddish et journaliste. et le fils de celui-ci Aron Waldman., elle s'installe au cours de l'année 1948 au foyer « Le Toit familial », situé 9 rue Guy-Patin, dans le de ParisRachel Ertel, « Les fantômes du 9 rue Guy-Patin (en souvenirs) », in Les Temps modernes, mai 2015, , ..
Elle est agrégée d'anglais et soutient en 1978 une thèse d'État intitulée Aspects du roman juif américain : contribution à une ethnologie de la littératureThèse d'État, notice du Sudoc.. Elle est professeure de littérature américaine à l'université Paris 7, où elle fonde le Centre d'études judéo-américaines (CEJA) qui est, durant les décennies 1970-1980, le principal lieu d’enseignement de langue et de littérature yiddish en FranceNotice sur le site La règle du jeu (consulté le 12 décembre 2015). Elle contribue, dans un espace universitaire, à former des traducteurs de yiddish, dans un souci d'assurer la , et de son espace culturelRachel Ertel, conférence inaugurale, colloque international » La permanence du yiddish » (2012), éditée par la revue Vacarme, 2013, en ligne..
Dans le même souci de transmission, elle édite des textes yiddish devenus inaccessibles, notamment Khaliastra, revue littéraire Varsovie 1922-Paris 1924 : la bandeKhaliastra, revue littéraire Varsovie 1922-Paris 1924, notice du Sudoc, et traduit des œuvres d'auteurs yiddish de l'anglais en français, notamment les poèmes de Jacob Glatstein, Eli Chekhtman, Jerome RothenbergJerome Rothenberg, Khurbn : poèmes, Éditions Caractères . ou encore Leïb RochmanLeïb Rochmann, À pas aveugles de par le monde, éditions Denoël, 2012..
Son ouvrage consacré au « shtetl », terme yiddish qui désigne des bourgades ou quartiers juifs polonais, s'applique à montrer l'organisation de la société juive ashkénaze ; elle y voit un idéal-type, structurant pour l'historiographie, mais surtout pour la création littéraire yiddishJoëlle Bahloul, « R. Ertel – Le shtetl, la bourgade juive de Pologne : de la tradition à la modernité » [compte rendu], in L'Homme, 1988, ..
Elle publie en 2019 un livre d'entretiens avec Stéphane Bou, intitulé Mémoire du yiddish...
Rachel Ertel reçoit en 2020 le prix d'Académie de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvreRachel Ertel, site de l'Académie française..
Activités éditoriales et associatives Rachel Ertel dirige la collection « Domaine yiddish ». Elle est présidente d’honneur de la Maison de la culture yiddish – Bibliothèque Medem, à ParisOrganigramme de la Maison de la culture yiddish, Paris (consulté le 12 décembre 2015)..
Œuvres Essais et poésie En marge : sur les minorités aux États-Unis, avec Élise Marienstras et Geneviève Fabre, Paris, Maspero, coll. « Cahiers libres », . Le Roman juif américain, une écriture minoritaire, Paris, Payot, 1980. Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne de la tradition à la modernité, Paris, Payot, 1982 (rééd. 1986). Réédition Paris, Payot & Rivages, 2011. Dans la langue de personne : poésie yiddish de l’anéantissement, Paris, Le Seuil, 1993. Brasiers de mots, Paris, Liana Levi, 2003.. (trad.) Rajzel Zychlinski, Portes muettes, traduit du yiddish et préfacé par Rachel Ertel, Paris, L'Improviste, 2007 .
Articles « Nous sommes les souvenants qui refusons l'oubli ». Pouvoir de la poésie, Le Coq-Héron, « La vie des morts parmi les vivants », 2015, , . « Les fantômes du 9 rue Guy Patin (en souvenirs) », Les Temps modernes, , , . « La permanence du yiddish », Vacarme, , , , . .
Document audiovisuel New-York, tendances yiddish, avec David Unger, Paris, JEM productions, 2012, DVD 52 min.
Documents audio [Entretiens] « Rachel Ertel, mémoire du Yiddish », avec Stéphane Bou, À voix nue, France Culture, , ..
Références
Voir aussi Bibliographie . « Les fantômes du 9 rue Guy Patin (en souvenirs) », Les Temps modernes, , , .
Articles connexes Histoire des Juifs en Pologne Histoire des juifs en Biélorussie
Liens externes
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